‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 149 sur 179 · DES ANIMAUX OU FRAGMENTS D’ANIMAUX FRIS FOUR DES INFUSOIRES · texte numérisé non relu

DES ANIMAUX OU FRAGMENTS D’ANIMAUX FRIS FOUR DES INFUSOIRES

Nous ne pouvons vouloir parler ici de tous les petits animaux articulés que les premiers micrograpbes ont décrits avec les Infusoires , et qui sont si faciles à reconnaître pour ce qu’ils sont réellement , tels que les Entomostracés , les Hydracbnes , les Acariens en général , les petits Insectes et leurs larves , les Nais , etc. Parmi les animaux arrivés à leur complet développement, nous n’avons à mentionner que les Némaloïdes réuni* encore sous le nom d’Anguillules , et certaines petites espèces de Planariées; parmi les animaux non

DES INFUSOIBES.

complètement développés , nous citerons les Histrionelles, qui sont le premier â^e decertains Distonies, les œufs ciliés et mobiles des Éponges et des Polypes tuniciens ; enfin, parmi les parties vivantes détachées ou dérivées du corps des animaux , nous devons citer les Zoospermes et les lambeaux des branchies d’animaux invertébrés , et les particules détachées des membranes muqueuses des animaux vertébrés et des Mollusques.

Les Anguillules , ainsi nommées par M. Ehrenberg , sont des versNématoïdes très-voisins des Ascarides par leur organisation ; Müller les avait réunies à ses Vibrions sous les noms de Vihrio anguillula , V. gordius , V . serpentidus , V.coluber(JAv\\. Inf. PI. VIII et IX), M. Bory les classa de même; Bauer en Angleterre et Dugès en France , les étudièrent avec plus de soin et reconnurent les caractères tirés de leur organisation, mais ils leur laissèrent le nom de Vibrion. On trouve des Anguillules, d’espèces différentes, dans le vinaigre, où tous les anciens micrographes surent les voir, dans la colle de farine aigrie , dans le blé niellé , dans les eaux douces ou marines , dans la terre humide et dans le corps des Lombrics, ainsi que dans leur intestin et dans celui des Mollusques terrestres et des Insectes ; et enfin dans les touffes de mousses qui croissent sur les toits et les murs , et qui , exposées à des alternatives de sécheresse et d’humectation , contiennent en même temps des Rotifères et des Tardigrades. En outre de cette faculté de ressusciter après avoir été desséchés , faculté qui s’observe aussi d’une manière bien frappante sur les Anguillules du blé niellé , ces animaux offrent beaucoup d’autres particularités remarquables dans la faculté qu’ils ont de résister à certaine agents

et à certaines influences de température. IJ est rare que dans la recherche des Infusoires et des Systolidcs on ne trouve pas aussi des Anguillules parmi les débris de végétaux.

Les petites Planaires que l’on rencontre souvent avec les Infusoires soumis au microscope appartiennent au genre Dérostome de Dugès , leur corps est fusiforme , long de plus d’un millimètre , tout couvert de très-petits cils vibra tiles dont le mouvement les fait glisser sur les corps solides, plutôt que nager à la manière des Infusoires.

Le genre Histi'ionnelle de M. Bory avait été établi pour deux espèces de Cercaria de Müller , G. inquiéta et C. lemna (Inf. PI. XVIII , fig. 8 , 12), qui dillèrent en effet beaucoup des autres Cercaires de cet auteur ; je les ai tsouvées fréquemment au printemps , dans l’eau des marais de Gentilly , recueillie avec des Lymnées. Ces petits animaux se composent d’un corps oblong contractile et d’une queue plus longue que le corps, annelée ou peu marquée de rides transverses et continuellement agitée , ce qui fait que l’animal se meut en tourbillonnant et en vacillant avec rapidité. A un certain instant les Histrionnelles se fixent au corps des Lymnées et perdent leur queue pour se changer en Distomes ainsi que l’a démontré M. Bauer ( Act. nov. nat. cur. t. 13, PI. XXIX).

Les œufs des Polypes , des Eponges et de plusieurs autres animaux inférieurs sont revêtus de cils vibratils au moyen desquels ils se meuvent librement dans l’eau jusqu’à ce qu’ils se soient fixés à quelques corps solides pour se développer. Il me paraît certain que les œufs de Spongilles , dont je dois la connaissance à M. Laurent , ont été pris par Müller pour des Leuco-

phres ; ils sont blancs ovoïdes et paraissent à l’œil nu comme des points blancs qui se meuvent uniformément.

La substance molle , gélatineuse ^ qui porte les cils vibratiles sur les branchies des Mollusques et des Zoophytes , et sur les membranes muqueuses des divers animaux, est susceptible de se détacher par compression , ou par le frottement. Ses petits lambeaux contractiles , et conservant la vie pendant un temps assez long, continuent à se mouvoir en agitant les cils dont ils sont couverts ; lesquels cils entièrement semblables à ceux des Infusoires sont d’une consistance molle, glutineuse et non point de nature cornée ou épidermique. Müller a eu l’occasion d’observer de ces lambeaux ciliés détachés accidentellement des branchies d’une Moule , dans l’eau de laquelle il cherchait des Infusoires ; et il a décrit ces lambeaux comme des espèces de Trichode et de Leucophre.

Les Zoospermes ou animacules spermatiques , trèsimparfaitement étudiés d’ahord et représentés avec la forme des têtards de grenouilles , ont été classés par M. Borj^ dans sa famille des Gercariées ; mais il suffit de suivre le développement de ces prétendus animaux pour demeurer convaincu que ce ne sont pas des êtres doués d’une vie individuelle et susceptible de se reproduire eux-mêmes , mais que ce sont simplement des dérivés de l’organisme qui les a fournis , conservant une portion de vie, à la manière des cils vibratiles détachés des membranes muqueuses.

Si l’étendue de ce volume n’avait pas déjà dépassé de beaucoup les limites que nous avions dû nous tracer, il y aurait eu bien d’autres choses à dire sur les objets contenus dans ce cinquième livre ; mais alors il serait

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devenu un traité de micrographie. Nous espérons y suppléer par la publication prochaine de notre Manuel de l’ observateur au microscope , dont l’Atlas est déjà gravé depuis longtemps ; et d’ailleurs, nous le répétons en terminant , nous avons tant de faits inconnus à trouver encore dans l’emploi du microscope, que je n’ai livré cet ouvrage que pour hâter ou pour faciliter de nouvelles recherches , et non pour tracer les lois d’une science qui est encore à faire.

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