‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 34 sur 179 · Amibe bameuse. — jimiba rnmosa. — Tl. IV, fig · texte numérisé non relu

Amibe bameuse. — jimiba rnmosa. — Tl. IV, fig

Masse globuleuse ou ovoïde, longue de 0,028, rendue trouble par une grande quantité de granules , et émettant de nombreuses expansions d’une largeur à peu près égale, de 0,0016à 0,002 arrondies à l’extrémité , égalant la longueur de la masse , et le plus souvent rameuses.

Dans l'eau du canal des Étangs, à Cette, conservée quinze jours avec des animaux vivants.

Je citerai encore une Amibe que j’ai représentée , Planche 111 , ligure 2 , et qui mérite bien le nom à!Amiba inflaia; puis une autre espèce ou variété assez remarquable que j’ai observée en grand nombre dans l’eau de l’étang de Meudon , conservée avec des Spongilles. Cette Amibe, longue de o,o8, avait la forme de l’Amibe de Gleichen , mais elle présentait de nombreuses vacuoles dont le centre était occupé par un globule huileux , quatre fois moins large; elle montrait en outre à la partie postérieure des prolongements filiformes et traînants produits par l’étirement delà substance charnue glutineuse trop adhérente au verre en certains points ; quelques-unes de ces Amibes avaient aussi sur une partie de leur contour d’autres filaments immobiles formant comme une frange.

11 s’en faut bien que ce soient là toutes les formes d’Amibes que j’ai observées et dessinées; mais, je le répé’te, il est impossible d’établir des especes zoologiques avec des animalcules sans forme arretée, sans organisation appréciable , dont on ignore le mode d’origine ou de reproduction, etsur lesquels enfin on peutsupposer que la nature du liquide produit de très-grandes modifications. Car, de ce qui précède, on peut conclure que la plupart des Amibes décrites se sont développées dans des solutions salines plus ou moins saturées, et souvent aussi dans des liquides dont la fiuidité était diminuée par des substances organiques dissoutes. Eu décrivant avec tant de détail toutes ces Amibes et surtout les circonstances de leur apparition , j’ai donc eu seulement pour but de mettre les observateurs à même de les trouver et de les étudier.

lUilZOPODES.

Animaux consistant en une masse de substance charnue , glutineuse , sans organisation appréciable , et cependant sécrétant une coque ou un tôt souvent régulier, où ils peuvent se retirer complètement ; mais dépourvus de tégument sur une partie plus ou moins considérable de la masse , laquelle s’allonge et s’étend au dehors sous la forme d’expansions indéterminées , incessamment variables et complètement rétractiles , pour se confondre de nouveau avec le reste de la substance.

Les Rhizopodes sont en quelque sorte des Amibiens revêtus d’une enveloppe membraneuse résistante, ou d’une coquille régulière; ainsi, non moins surprenants que ces derniers animaux par la simplicité de leur organisation , ils excitent doublement l’admiration par la régularité, et souvent même par la structure délicate de leur têt. Cette structure a même paru à quelques naturalistes une preuve d’une organisation très-complexe chez certains Rhizopodes , et l’on n’a pas hésité à en faire des’ Mollusques Céphalopodes . Quand plus tard il a fallu renoncer à cette opinion, il s’est encore trouvé des hommes d’un grand mérite qui ont persisté à vouloir arguer de la complexité réelle du têt, contre l’exactitude des observations qui démontraient chez ces mêmes Rhizopodes , une organisation des plus simples. Et cependant l’observation directe doit siidlre pour lever tous les doutes, et quiconque aura bien vu les expansions variables de ces animaux , ne pourra s’empêcher de les

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juger semblables à celles des Amibes , et de conclure qu’ici encore, il n’y a ni téguments, ni fibres, ni membranes, ni tissu d’une structure appréciable. C’est tout simplement une substance glutineuse homogène qu’on voit s’étendre, s’allonger en lobes et en filaments qui s’avancent, se retirent, se soudent les uns aux autres , en présentant les mouvements les plus variés. Quant au têt ou à l’enveloppe sécrétée par cette substance vivante, il présente les formes les plus variées et les plus compliquées, et sa composition même varie depuis celle d’une simple membrane flexible, jusqu’à celle d’un têt calcaire épaissi, compacte ou poreux, simple ou soutenu par une membrane. Ces différences pourront servir à distinguer les genres et les tribus , mais une considération prise de la forme des expansions variables, devra, je crois, servir préalablement à diviser les Rhizopodes en deux sections, quoique sa valeur ne soit pas absolue. Une première section , répondant à la famille des Arcellina de M. Ehrenberg, ne comprendra que les espèces ptourvues d’expansions courtes, épaisses, arrondies à l’extrémité; ce sont les Difflugies , quand elles ODt une coque membraneuse, sans texture visible, flexible, ordinairement globuleuse, d’où sortent les expansions en se dressant; ou bien ce sont des celles , si leur têt discoïde est aplati du côté qui s’applique sur le plan de reptation , et qui , d’une ouverture ronde centrale , laisse sortir les expansions entre le têt et ce même plan; leur têt cassant se montre souvent réticulé , ou aréolé ; on y voit des indices de la disposition spirale, bien plus que de symétrie. Une seconde section , plus nombreuse , comprend toutes les variétés de forme qui présentent des expan- INFUSOIRES. 16

sions filiformes Irès-amincies à l’extrémité; je les divise en trois tribus, dont la première n’est distinguée des Difïlugies que par la ténuité de ses expansions ; néanmoins , dans un des genres de cette tribu , les Trinèmes , l’ouverture est latérale, et certaines espèces formant le genre Euglyphe , ont un têt marqué de tubercules ou d’aréoles suivant une disposition spirale ; ces deux genres se distinguent d’ailleurs par le petit nombre des expansions qui sont simples et souvent susceptibles de se dresser ; le troisième genre, Groniie , a une coque sphérique membraneuse, et ses expansions , ]>lus épaisses à la base , sont très-longues et trèsrameuses. Tout le reste des Rhizopodes a été compris par les auteurs sous la dénomination de Polytbalames ou Céphalopodes microscopiques, ou de Foraminifères ; ce sont des animaux marins revêtus d’une petite coquille calcaire, ordinairement très-délicate et très-élégante , offrant en petit une certaine ressemblance extérieure avec les Nautiles et les Ammonites, et toujours partagée en plusieurs loges. Mais dans un seul genre, Miliole ^ constituant notre seconde tribu, l’animal fait sortir par une large ouverture unique, des expansions semblables à celles des Gromies ; tandis que dans les genres nombreux et variés de la troisième tribu, les expansions , moins rameuses et presque aussi minces à la base qu’à l’extrémité , sortent par les pores nombreux dont est percé le têt. Parmi cette foule de genres établis sur des coquilles récentes ou fossiles, je cite seulement quelques types que j’ai pu observer vivants : ce sont, d’une part , les V orticiales et les Cvistellaires , qui rampent sur les différents corps marins à l’aide de leurs expansions , et qui diffèrent , parce (|ue dans celles-ci les expansions sor-

DES INFCJSOIHES.

tent tlii bord de la dernière loge seulement , et que dans celles-là elles sortent de tous les pores près du contour. D’autre part, ce sont les Bosalines et Planorbulines qui sont fixées par leur têt même aux plantes marines.

Les Rhizopodes marins sont connus depuis longtemps, d’après leurs coquilles qui sont très-abondantes dans le sable de certaines plages , à Rimini, par exemple, sur la mer Adriatique. ïls se trouvent plus abondamment encore à l’état fossile dans certaines roches calcaires des terrains crétacés ou tertiaires, qu’on a souvent nommés calcaires à Miliolites , parce que le plus grand nombre de ces coquilles fossiles appartient au genre Miliolë.

Les coquilles de Rhizopodes , en général , ont été décrites parSoldani; celles dont la forme extérieure rappelle la forme des Nautiles, ont été l’objet d’un travail de Fichtel et Mobl , en Allemagne ; Denjs de Monlfort , Lamarck , M. Defrance , M. Desbayes, en ont décrit beaucoup d’autres ; mais c’est M. A. d’Orbigny qui s’est le plus occupé de leur étude et de leur classification : il les a divisées en plusieurs familles , d’après la disposition relative des loges , et en un grand nombre de genres basés sur la présence et sur la position d’une ouverture qu’il leur attribue, mais que je n’ai pu apercevoir aussi distinctement cjue lui.

Les Rhizopodes vivants n’ont été connus dl’abord que par la découverte que fit M. Leclerc, à Laval , de la DifUugie vivant dans les eaux douces , et par la découverte de plusieurs espèces d’Arcelles vues par M. Ehrenberg, ainsi que des Difilugies faisant également partie de notre première section ; mais les Rhizoporles , proprement dits , n’ont été bien vus qu’eu

* 1835, époque où je les observai sur les côtes de la Méditerranée et sur celles de la Manche, et où j’en apportai de vivants <à Paris. L’année précédente, j’avais à la vérité recueilli des Rhizopodes vivants ; mais au lieu de les observer dans leurs mouvements, j’avais voulu les disséquer et procéder immédiatement à l’étude de leurs organes supposés ; et comme en brisant leur têt avec précaution je ne pouvais reconnaître à l’intérieur qu’une substance glutineuse homogène , sans intestin , sans fibre , sans cils vibratiles , sans aucun de ces organes ou de ces tissus qu’on trouve dans les polypes les plus simples, j’eus l’idée de dissoudre le têt par l’acide nitrique affaibli , mêlé d’alcool. Alors la substance glutineuse , dégagée de son enveloppe et devenue plus solide , se montrait sous la forme des loges qu’elle remplit toutes à la fois ; c’était une série de pièces en forme de feuilles, ou lobées sur leur contour, lesquelles , de plus en plus grandes , se suivaient en se tenant par un ou plusieurs points. Par l’action des réactifs employés, on trouvait quelquefois une apparence de fibres, de cordons, de membranes, mais rien que l’on pût rapporter à tel ou tel type connu de l’organisme , comme je n’avais étudié ainsi que les Rhizopodes , dont la coquille calcaire offre plusieurs loges , j e voulus , pour indiquer par un nom le singulier mode de pelotonnement de leurs parties, les appeler Sjmplectomcres ; mais quand plus tard j’eus observé leur manière de vivre et de ramper ; quand j’eus reconnu que la Gromie fait sortir d’une coque globuleuse uniloculaire, des expansions rameuses , filiformes , si semblables à celles des Milioles, je pensai qu’il fallait renoncer à la première dénomination qui impliquait une fausse définition , et je tâchai d’exprimer, par le mot Rhizopodes , le carac-

B£S INFUSOIRIS.

tère commun des expansions étalées en forme de fibres radicellaires , et servant de pieds ou de moyens de locomotion à ces animaux.

L’analogie des Rbizopodes marins et des Difflugies , indiquée d’abord par M. Gervais, a été confirmée par l’observation des Trinènes et des Gromies fluvialiles ; on est même conduit aujourd’hui à reconnaître que la distinction de ces animaux en deux groupes , d’après l’épaisseur ou la ténuité des filaments , n’a qu’une valeur très-secondaire.

Les Rbizopodes étant privés de la faculté de nager, et devant simplement ramper quand ils ne sont pas fixés à la surface des corps, ne peuvent se trouver que sur les plantes aquatiques, entre les feuilles qui leur offrent un abri , ou bien dans la couche de débris couvrant la base de ces plantes , ou encore entre les aspérités de la coquille des mollusques marins. On ne les voit pas dans les infusions, mais ils vivent longtemps dans les bocaux où l’on a mis les végétaux qui leur servaient d’habitation, et dans ce cas ils viennent bientôt ramper à la paroi intérieure du vase , et se prêtent mieux ainsi à l’observation. Des Arcelles et des Trinèmes se sont multipliés beaucoup dans les flacons où je conservais de l'eau et des végétaux de la Seine ou des étangs de Meudon et du Plessis-Piquet; au bout de deux ans je voyais encore , dans un même flacon, des Arcelles vivantes fixées aux parois.

Les espèces marines sont ordinairement visibles à l’œil nu ; leur longueur ordinaire est d’environ un millimètre , mais elle peut atteindre à deux et trois millimètres. Pendant la vie de l’animal , la coquille , si elle est calcaire , paraît quelquefois rosée ou jaunâtre, mais les coquilles vides sont toujours blanches. Quant

HISTOIIIE NATUr.EiaC

aux Gromies et aux Arcelles, leur couleur est jaunebrunâtre. Les plus gros Piliizopodes d’eau douce ont un demi-millimètre.

1**' Genre. ARCELLE. — Arcella.

Animal sécrétant un tét discoïde ou hémisphérique, d’où il fait sortir des expansions aplaties obtuses , par une ouverture ronde , au milieu de la face plane appuyée sur le plan de reptation.

IjCs Arcelles paraissent différer entre elles par la structure intime deleurtét, qui quelquefois paraît membraneux, uniforme, et qui chez d’autres est finement strié, réticulé, ou bien formé de granules réunis suivant des lignes spirales croisées. Certaines Arcelles ont des prolongements en forme d’épines au bord de leur têt. La pression détermine souvent la rupture de leur têt, comme s’il était très-fragile. Par les fentes qui se forment alors près du bord, on voit sortir la substance même de l’intérieur , qui s’étend en lobes et en expansions, et change de forme comme une Amibe ; j’ai vu un lobe plus considérable ( pl. II, fig. 3. c.), presque isolé , se mouvoir pour son propre compte comme s’il fût devenu un animal distinct. M. Peltier a vu deux Arcelles très- rapprochées se loucher par leurs expansions sans se souder , tandis que les expansions d’une même Arcelle se soudent et se confondent ensemble ; il a vu en outre une Arcelle, après avoir fait refluer plusieurs fois une partie de sa substance vivante dans une de ses expansions, abandonner sur le porte-objet l’extrémité plus gonflée de cette expansion qui devint une jeune Arcelle.

Les Arcelles jeunes ont leur têt d’une transpai'ence extrême; on n’en voit bien les granulations ou les stries que dans les individus plus grands ; il serait donc possible que les détails de structure signalés plus haut tinssent seulement h l'âge; aussi n’est ce que provisoirement que j'indique les espèces suivantes :

DES IXI'ÜSOIRES.

I. A.RCELLI: y{ii.ck\T.T..-- ^rcdlu vutgaris (i)- PI. 11, (îp. 3, /,, 5.

An. à tèt jaune-brunâtre , demi-transparent, plan coiivexe ou en segment de sphère, régulièrement marqué de granules de 0,0016G. — Largeur de 0,050 à 0,160.

Je l’ai.trouve'e plusieurs fois dans l'eau de l’étang de Meudon ronservée à Paris depuis plusieurs mois. C’est ainsi que j’observais, au îo janvier i83i), celle que je représente ici (pl. U, fig. 3. a) avec son têt fendu, et la substance vivante sortant en expansions lobées. Un autre Arcel le , que j’observais le 2 3 mars i838 dans l’eau de la même localité, prise deux jours auparavant , paraissait avoir le têt sans granulations; mais on voyait par transparence des vacuoles se produire et se contracter a l’intérieur, et dans le milieu de la substance glutineuse , un petit Infusoire (Thécamonadien) était emprisonné et se frayait une galerie en s’agitant.

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