‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 61 sur 179 · I. VOLVOX TOURNOVANT. VolvOX globcilOV. MÜll. (l). PI. IH · texte numérisé non relu

I. VOLVOX TOURNOVANT. VolvOX globcilOV. MÜll. (l). PI. IH

fig. 25 etPl. lV,fig. 3o.

Globules verts ou jaune - brunâtre, larges d'un tiers de inilli-

(i) Leeuwenhoek , Contin. arcan. natura , p. 1^9, lîg. 2, 1698. Kugelthier , Baker, Employ.-for llie micr. p. Tl. XII , iîg. 2^.

Kugelthier , Rœsel, t. III , Pl. Cl , fig. i-3 , p. G, 7.

Volvox globator , Linné, Syst. nal. eil. X, 1758.

Folvox glohalor , Pallas, Elencii. zoopli. p. 4'7*

Volvox globator , Millier , Inf. Pl. III , fig. 12 , l3 , p. l8.

Volvox , Spallanzani , Opusc. pliys. trad. franç. t. I , p. 198 , Pl. II , f. II*

Pandorina Lcauwenhoebii , Bory , 1824.

Volvox globator , VAn-enh. i83o-i834, l838 , Infu.':. Pl. IV, fig. i.

mètre à un millimètre, formés d’animalcules longs de 0,009 et larges de 0,0066, épars dans l’épaisseur d’une membrane sphérique, gélatineuse , diaphane , dont chacun est muni d’un filament flagelliforme , égalant trois fois sa longueur , et d’un point intérieur rouge. — Cinq à huit globules plus petits contenus à l’intérieur.

C’est ainsi que j’ai toujours vu le V olvox globaior, qui se trouve abondamment en été dans l’étang de Meudon (juin t838), et que j’ai revu en juin i83g dans les eaux stagnantes aux environs de Toulouse ; mais je n’ai pas vu la double trompe flagelliforme indiquée par M. Ehrenberg, ni les cordons qui, suivant cet auteur, uniraient comme un réseau tous les animalcules à la sui’face des globules. Quand on a mis dans un flacon de l’eau contenant des Volvox , on voit leurs globules monter et descendre en tournoyant lentement dans le liquide , comme pourraient faire des corps légers dans de l’eau agitée ; il suffit d’en approcher une loupe forte ou une lentille d’un court foyer pour distinguer la forme générale du globule, et les petits grains verts épars à la surface , et les cinq ou six globules colorés plus petits contenus à l’intérieur.

Leeuwenhoek le premier observa le Volvox dans l’eau des marais, le 3o août : « Je vis , dit-il , dans cette eau une grande quantité de particules rondes flottantes de la grosseur d’un grain de sable. En les approchant du microscope , je remarquai non-seulement qu’elles sont bien rondes, mais aussi que leur membrane extérieure est, çà et là , couverte de particules saillantes , nombreuses, qui me semblaient à trois facettes et terminées en pointes. Quatrevingts de ces particules également espacées occupaient la circonférence d’un grand cercle du globule, de sorte que le nombre total des particules, réparties sur la surface, n’est pas moindre que deux mille.

» Cela m’offrait un spectacle charmant, parce que ces globules n’étaient jamais en repos, et que leur mouvement avait lieu en tournoyant {per circumvolutionem').,. Mais plus ces particules étaient petites, plus elles montraient la couleur verte, tandis que, au contraii’e, dans la partie extérieure des plus grandes., on ne pouvait reconnaître aucune coloration.

» Chacun de ces globules avait à l’intérieur cinq , six , ou sept , et même jusqu’à douze globules plus petits , ronds , de même structure que le corps dans lequel ils étaient renfermés. Ayant tenu assez longtemps ma vue fixée sur un des plus gros globules placé

HISTOinE NATUHEtLE

dans une petite quantité d’eau , je vis se produire , dans sa partie extérieure, une ouverture par laquelle sortait une des particules rondes incluses qui montrait une belle couleur verte, et qui exécutait dans l’eau les mêmes mouvements que faisait précédemment le globule d’où elle était sortie.

» Ensuite le premier globule demeurait immobile et laissait sortir à peu d’intervalle, par la même ouverture, une seconde, puis une troisième particule, et il arrivait que toutes ces particules incluses sortaient successivement ainsi en acquérant un mouvement propre.

» Après un intervalle de quelques jours , le premier globule s’était en quelque sorte dissous dans l’eau; je ne pouvais en retrouver aucune trace.

» Dans l’observation de ces globules, j’étais surtout surpris de ce que, pendant tous leurs différents mouvements, je ne voyais jamais les particules incluses changer de place , quoiqu’elles né fussent point contiguës , mais quelles restassent écartées d’une certaine distance. »

Leeuwenhoek dit ensuite comment, ayant renfermé dans un tube de verre , gros comme une plume à écrire et en partie rempli d’eau , deux gros globules de Volvox contenant chacun cinq globules plus petits , et un troisième Volvox contenant sept globules très-petits , il vit quatre jours après que la membrane externe des deux premiers , devenue très-mince et transparente , , s’était déchirée , et que les dix petits globules inclus se mouvaient en tournoyant dans l’eau tantôt d’un côté , tantôt de l’autre. Au bout de cinq jours , il vit que les globules plus petils , renfermés dans le troisième Volvox, avaient augmenté de volume, et qu’on y pouvàit distinguer d’autres particules devant naître à l’intérieur. Après cinq autres jours, le troisième Volvox s’était déchiré d’un côté, et les particules contenues étaient devenues libres; néanmoins le Volvox, quoique ouvert d’un côté , continuait à se mouvoir en tournant dans le liquide comme auparavant. Quelques autres jours après , on ne pouvait reconnaître que quelques fragments des grands Volvox , lesquels bientôt ne furent plus du tout visibles. 11 continua à observer chaque jour les petits Volvox ' sortis des grands , et remarqua non-seulement qu’ils grossissaient peu à peu , mais aussi que les particules incluses devenaient plus grandes. Quand ces nouveaux Volvox se rompaient à leur tour pour mettre au jour les particules incluses , ils étaient quatre fois

pins petits que ceux dont ils étaient issus, ce qui fait penser à Leeuwenhoek qu’ils n’avaient point atteint tout leur développement, ou qu’ils n'avaient pas reçu assez de nouri’iture. Sans se prononcer sur la nature et sur la destination de ces globules , Leeuwenhoek est conduit à reconnaître qu’ils ne naissent pas spontanément , mais qu’ils se propagent comme toutes les plantes dont nous savons que chaque graine , si petite qu’elle soit , contient déjà la jeune plante qui en doit provenir. Cette opinion de Leeuwenhoek , basée sur l’idée que le globule du Volvox est un être individuel , a été adoptée et développée par tous les auteurs qui, après lui, ont observé le Volvox ; et, jusqu’à ces derniers temps, on a regardé ee phénomène de sa propagation comme une des preuves les plus manifestes du principe de l’emboîtement des germes.

Baker vit le Volvox comme Leeuwenhoek , mais de plus, il aperçut les cils partant des granules de la surface , et reconnut que ce sont là les vrais moyens de locomotion de cet être. Rôsel n’ayant pu, après Baker, distinguer les cils moteurs, en nia l’existence et proposa, pour expliquer le mouvement du Volvox, un mode d’explication fort bizarre, en supposant que chaque granule de la surface aurait un orifice susceptible de s’ouvrir et de se fermer au gré de l’animal .

Müllerne vit point non plus les cils moteurs du Volvox, il le décrit comme formé d’une membrane diaphane couverte et comme héi’issée de molécules répandues abondamment à la surface, et renfermant à l’intérieur plusieurs globules immobiles transparents au centre. Les molécules de la surface peuvent, ditil , se détacher , et la membrane alors reste nue. Cet auteur décrit ainsi la parturition : « La membrane se fend , et les petits, ou les globules inclus, sortent par la déchirure, et la mère ellemême ou la membrane se dissout. Ainsi cette mère , par suite d’un admirable emboîtement de sa race, se montre souvent grosse de ses fils, de ses petits-fils , et de ses arrière-petits-fils. »

* V olvox aureus et Kolvox stellalus , etc.

M. Ehrenberg décrit comme une espèce dislinctele Volvox jaunâtre que Millier regardait comme simple variété du Volvox glohutor ; j ai vu moi-même beaucoup de nuances diverses parmi des Volvox que je crois devoir laisser dans la même espèce. Quant

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au V olvox slellalus , qui aurait été signalé d’abord par Schrank, il différerait parce que les globules internes seraient tuberculeux et paraîtraient comme dentelés en étoile sur leur contour. Les dimensions de ces espèces sont les mêmes que pour la précédente.

* Sphœrosira Volvox. Eh. Infus. i838, pl. III, fig. 8.

Le même auteur fait un genre particulier de cet Infusoire qui , suivant lui, n’aurait qu’une trompe flagelliforme simple, au lieu de l’avoir double comme les Volvox ; mais, ainsi que je l’ai dit plus haut , je n’ai pu voir qu’un filament simple à ceux que j’ai observés dans plusieurs lieux. Les animalcules du Sphœrosira sont décrits comme ayant de longueur 0,022 , et formant des globules de 0,56.

Genre. PANDORINE. — Pandorim. Bory.

Animaux verts Irès-pctits, groupés en plusieurs globules épars dans l’intérieur d’une masse gélatineuse, diaphane, ovoïde ou globuleuse.

Les Pandorines ne montrent pas, comme les Volvox, les animalcules fixés à la surface, mais ce sont des animalcules plus ou moins rapprochés ou groupés au milieu d’un globule transparent} par conséquent aussi le mode de propagation ne peut être le même, et l’on ne voit pas, comme chez les Volvox, des globules intérieurs être mis au jour par suite de la rupture de la membrane externe, pour se développer à leur tour en une membrane parsemée de grains verts.

Muller avait distingué, comme espèce de son genre \ olvox, la seule Pandorine qu’il connût. M. Bory réunit cette même espèce et le vrai Volvox dans le genre Pandorine qu’il créa. M. Ehrenberg, enfin, a circonscrit plus exactement le genre Pandorine; mais il en a voulu séparer aussi, sous le nom d’Æudorina, une espèce qui n’en diffère que par la présence des points rouges pris par lui pour des yeux.

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