Cryptomonas inégale. — Crypiomonas inaqualis, — Pl. VII
fig. 3.
Corps ovoïde vert , moins épais rpie large , avec une dépression
IIISTOinE WATUHELLE
longitudinale , et une ou deux échancrures inégales dans la partie colorée , qui est toujours beaucoup plus étroite que l’enveloppe. — Longueur de ü,010 à 0,011. — Marin.
Cet Infusoire colorait en vertl’eau demer stagnante sur la plage à côté du port de Cette.
* Crfjiiomonas . — Ehr.
M. Ehrenberg décrit dans son dernier ouvrage , en i838 , sept espèces de Cryptomonas, dont deux, Cr. glauca ( Ehr. Inf. El. II, fig. 20) eiCr.fusca (Ehr. Inf. PI. II, fig. 21), sont indiquées par luimême comme douteuses. Celle-ci , en effet , nommée d’abord par lui Bactcrium fuscum, a le corps brmi, oblong, prismatique à angles émoussés , arrondi aux deux extrémités, long de 0,018. Elle n’a été vue qu’en Sibérie, et Tonne peut dire ce qu’ elle est réellement. L’autre munie d’un double filament, avait déjà été citée par l’auteur comme pouvantêtre le type d’un nouveau genre qu’il aurait nommé Diplotricha. Une troisième espèce, Cr. curvnta (Ehr. Infus. PI. II, fig. 16), longue de 0,094, est tellement comprimée , qu’elle doit appartenir à notre genre Crumenula. Les quatre autres sont probablement de vraies Cryptomonas , mais ne les ayant pas rencontrées moi-même, je n’en puis parler avec certitude. L’une, Cr. ocaia (Ehr. Infus. PL II, fig. 17), longue de 0,047 à 0,094, a le corps vert, ovale, dépi’imé, deux fois plus long que large. Elle est rapportée avec doute par l’auteur à YEnchelys viridis de Millier, dont M. Bory avait fait une Craterine ; une deuxième, Cr. erosa (Ehr. Infus. PI. II, fig.18), longue de 0,028 , également verte , ovale et déprimée , présente en avant une place diaphane, comme une large érosion de la partie verte; une troisième , Cr. cylindricn (Ehr. PI. lî , fig. 19), longue de o,o3i, oblongue, presque cylindrique, trois fois plus longue que large, obliquement tronquée et échancrée en avant, n’a pas laissé voir son organe moteur ; sa coloration est produite par des granules verts dont le diamètre est la vingtième partie de la longueur du corps; une quatrième enfin , Cr. lenticidaris (Ehr. PI. 11, fig. 22), longue de 0,016, verte, de forme lenticulaire et à cuirasse épaisse, n’a point non plus laissé voir son filament moteur.
** Crj'ploglena , Ehr.
Des trois espèces de Cryptoglena de M. Ehreuberg, l’une, Cr. conica (Ehr. PI. II , fig. a5) , lui ayant montré un double filament flagelliforme, ne doit pas être comptée parmi nos Crjrptomonas ; les deux autres , trop imparfaitement observées avant i832 , ne peuvent être rapportées avec pi'obabilité à aucun de nos genres caractérisés par leurs filaments moteurs , puisqu’à cette époque l’auteur n’y a rien vu de tel. L’une, Cr. cœrulescens (Ehr. PI. II, fig. 27), longue de 0,0046, a le corps ovale déprimé, échancré en avant , vert bleuâtre avec une bande plus claire longitudinale , et un point rouge au milieu ; l’autre, Cr. pigra (Ehr. PI. II, fig. 26), longue de 0,009, mo'ûs déprimée et d’une coulem- plus verte. L’une et l’autre ont été observées près de Berlin entre des Conferves.
3. Cryptomonas (Lagenelle) enflée. — Cr. (Lagenella) injlala. —
PI. V, fig. 2.
Corps ovoïde , renflé en arrière , rétréci en forme de goulot à la partie antérieure; tégument diaphane plus épais en avant et autour du goulot , rempli d’une substance verte avec un point rouge au milieu. — Mouvement en zigzag. — Long. 0,0223.
J’observais , le 24 février i838 , cet Infusoire dans un flacon où je conservais depuis l’automne de l’eau de marais avec des Lemna. M. Ehrenberg décrit sous le nom de Lagenella euchlora un Infusoire de même grandeur qui diffère du nôtre par sa forme plus allongée, et surtout parce que la substance verte s’avance davantage près du goulot , tandis que dans le nôtre l’épaississement du tégument est tel à la partie antérieure qu’il paraît ne laisser qu’un passage étroit pour le filament flagelliforme.
4. Cryptomonas (Tetrabæne) sociale. — Cr. (Telrahœna) socialis. —
PI. V, fig. I.
An. à corps ovoïde , régulier , vert avec un point rouge au milieu , enveloppé d’un tégument épais , diaphane et offrant souvent à l’intérieur un commencement de division spontanée. — Vivant
agrégés en groupes réguliers de quatre individus simplement agglutinés, et ayant leurs filaments flagelliformes dirigés du meme côté. — Long, de 0,0ib6 à 0,020.
Le 26 janvier, dans l’eau d’un tonneau d’arrosage au jardin du Roi , à Paris , j’observais ces Infusoires formant des groupes nombreux de quatre individus faiblement agglutinés et se mouvant lentement par l’effet de l’agitation simultanée du filament flagelliforme de chacun d’eux. Je les aurais pris pour des Gonium s’il m’eût été possible d’y apercevoir quelque trace d’enveloppe commune; je ne peux douter néanmoins qu’ils n’aient la plus grande analogie et avec les vrais Gonium , et avec ce que M. Ehrenberg a nommé Sj-ncrfpta dans sa famille des Volvocina. On conçoit d’ailleurs que la division spontanée, dont on voit le commencement dans quelques individus, étant suivie de la dissolution du tégument , a dû produire de telles agrégations dans ces divers genres d’infusoires. Ce mode de propagation a sans doute lieu dans la plupart de ceux dont le tégument est mou et glutineux ; mais dans des animaux comme les Trachélomonas , dont le tégument est dur et cassant, on ne sait pas comment s’opère la multiplication.
3® Genre. PHACUS. — Phacus. Kitzsch.
An. à corps aplati et comme foliacé , ordinairement vert et orné d’un point rouge en avant , avec un filament flagelliforme , et revêtu d’un tégument membraneux résistant , prolongé postérieurement en manière de queue.
Le genre Phacus a été proposé par M. Nitzsch pourlaCercaria pleuronectes de Millier; il comprend quelques autres espèces que M. Ehrenberg aréiinies à son genre Æ/g/è/ze à cause de l’analogie de coloration ; la différence entre ces deux genres est cependant tiès-considérable, cardans celui-ci se voit un tégument contractile qui permet à l’animal de changer de forme à chaque instant; chez les Phacus, au contraire, le tégument paraît totalement privé de contractilité et la forme est absolument invariable. Les Phacus montrent d’ailleurs une tendance bien marquée à la disposition spirale par la manière
dont leur corps foliacé est quelquefois légèrement tordu ou contourné autour de l’axe lopgituclinal; leur surface est souvent sillonnée dans le sens de la longueur, et leur loord antérieur offre une sorte d’entaille , dont un des bords s’avance obliquement plus que l’autre , et de laquelle part le filament flagelliforme qui est très-long et très-délié. Ce filament , qui par son agitation continuelle produit le mouvement lent et régulier de l’animal, a été, je crois , aperçu pour la première fois tel qu’il est réellement par moi à la fin de 1835, et représenté dans les annales des sciences naturelles ( 1836 , tome V, pl. 9); cependant M. Ehrenberg, qui précédemment avait vu imparfaitement dans divers Infusoires un filament flagelliforme , et qui, sous le nom de trompe, l’a toujours repi-ésenté trop court et trop épais, a peut-être la priorité pour cette observation.
Le tégument des Phacus persiste après la mort de l’animal, et même après la destruction de la substance verte intérieure , et après l’action de divers agents chimiques ; il devient alors d’une transparence parfaite. Le filament moteur disparaît au contraire comme le reste de la partie vivante ; mais parmi les globules ou disques qu’on aperçoit au milieu du corps, il en est un ou plusieurs qui persistent aussi après la mort. Comme on n’a jamais observé aucun indice de contractilité dans ces disques ou globules ou vésicules apparents de l’intérieur, comme on n’y a jamais vu pénétrer ni substances colorées, ni aucun corps étranger, et comme d’ailleurs on n’aperçoit aucune relation ou communication entre eux, il est impossible de se faire une idée juste de leur nature et de leurs fonctions ; cependant M. Ehrenberg, qui a nommé œil le point rouge antérieui- , et œufs les prétendus gi’anules dont serait formée la substance verte, veut reconnaître aussi des estomacs dans les globules incolores, et des testicules dans les disques persistants. Il suppose aussi c[u’il y aurait une bouche dans l’échancrure antérieure. Nous pensons qu’il serait plus convenable de dire que les Phacus, par le manque absolu de contractilité dans leur en-
HISTOinE NATURELLE
veloppe et dans leur substance interne, sembleraient être des végétaux si on ne connaissait pas leur filament flagelliforme , qui est l’attribut des Infusoires de notre troisième ordi’e.
L’espèce la plus anciennement connue est une Cercaire de Millier dont M. Bory a fait une Virguline, et que M. Nitzsch a pris pour type de son genre Pliacus j elle se trouve, ainsi que les autres espèces , dans les eaux stagnantes ou même dans les eaux vertes des ornières et deS fossés ; ou bien dans ces mêmes eaux conservées très-longtemps dans des flacons ; mais on n’en voit pas dans les infusions artificielles.
I. Phacds PLEuuoiNECTE. — Pliacus pleuronecUs . Nitzsch (i). — Pl. V,
fig- 5.
, Corps très-déprimé, ovale , presque circulaire , vert, avec des sillons longitudinaux peu marqués, et un prolongement caudiforme trois ou quatre fois plus court. — Longueur de 0,040 à 0,045; mouvement vacillant.
Cet Infusoire, très-commun dans les eaux stagnantes, a été observé dans presque toute l’Europe ; cependant , il serait possible que plusieurs espèees très-voisines eussent été confondues sous le même nom, car j’en ai vu de plus allongées et de plus circulaires dont les sillons longitudinaux étaient plus ou moins nombreux, plus ou moins prononcés. Son filament flagelliforme est un des plus difficiles à distinguer; il est plus long que le corps, et s’agite vivement soit à côté, soit devant le corps même. Son épaisseur au grossissement de 3oo ne paraît pas plus forte que celle d’un brin de laine fine , vu à l’œil nu ; on ne peut donc lui supposer plus de o,ooooG d’épaisseur réelle. J’ai observé fréquemment cet Infusoire ; en ibo5, je le trouvais dans une eau douce stagnante des côtes du Calvados , son point rouge oculiforme était très-marqué ; en décembre i836 , je l’avais vu dans des eaux mai-écageuses infectes des environs de Paris ; il n’avait pas de point rouge bien
(0 Cercaria pleiironccles, Müller, Infus. Pl. XIX, fig. 19-21. Virgulina pleur on.ec Les, Bory, Encycl. 1824 , ificl. class. lS3o. Euglena pleuronecles jTEMr . Iiifus. i838, Pl. VII, fig. 12.
marqué; sa forme était plus oblongue ; en novembre 1887, je l’étudiai de nouveau dans l’eau de l’étang de Meudon; il était plus circulaire, montrait un ou deux disques incolores bien nets à l’intérieur, et douze sillons longitudinaux bien prononcés , son point rouge était aussi net. Enfin, le Phacus que jusque-là je n’avais rencontré qu’isolément , je l’ai vu à Toulouse, le 10 janvier 1840, colorer en vert foncé l’eau des fossés du boulevard ; il était long de 0,04 à 0,048, large de 0,0226 à 0,08 avec dix à douze sillons granuleux, presque effacés, avec un point rouge trés-irrégulier que je ne pus prendre pour un œil , et avec plusieurs disques incolores à zones concentriques (PI. V, fig. 5. c. ), souvent perforés au centre , et de forme tout à fait invariable. Voulant m’assurer de la nature de ces disques, je les traitai sur la plaque de verre, successivement par l’acide nitrique, par une solution bouillante de carbonate de soude, par l’ammoniaque, par l’alcool et par l’élher, sans les attaquer ni les dissoudre ; l’éther laissait après le traitement quelques gouttelettes vertes , huileuses, provenant de la substance verte intérieure, 11 m’est donc bien impossible de voir dans ces disques si invariables les organes que M. Ehrenberg a voulu y reconnaître. Dans un de ces Phacus , on voyait au centre un grand disque bien transparent, à moitié entouré par une plaque marquée de zones et recourbée en arc de cercle qui paraissait être de même nature.
2. Phacüs A LONGCE ocEüE. — Phdcus longicaudu. — Pl. V, fig. G.
Corps déprimé en forme de feuille, ovale, arrondi, tordu sur son axe, marqué de douze à quinze larges sillons longitudinaux avec une fente ou une entaille au milieu du bord antérieur , d’où part un long filament flagelliforme , et prolongé postérieurement en une queue diaphane , droite, presque aussi longue que 1e corps. — Longueur, 0,092 avec la queue.
De l’eau rapportée de l’étang du Plessis-Piquet, le 28 novembre i835, et conservée dans un flacon avec des débris de plantes marécageuses, me fournissait abondamment ce Phacus que j’ai représentédanslesAnnalesdessciencesnaturelles(i83fi, t. 5,P1. IX), pendant les mois de décembre et de janvier. Le filament, aussi long
(l) Euglena longicauda, Ehr. l83l-l838, Inf. Tl VII, fig. l3. INFUSOIRES. 22
que le corps, était notablement plus épais et plus visible que dans l’espèce précédente; son épaisseur à sa base n’était pas moindre que 0,0001, les intervalles des sillons de la surface étaient régulièrement tuberculés; il n'y avait pas de point rouge antérieur, quoiqu’on l’y voie quelquefois, M. Ehrenberg regarde, au contraire , ce point rouge comme un organe essentiel et caractéristique j il attribue au Phacus longicauda des œufs verts de o,ooz3 à 0,0028, des estomacs, un testicule et deux vésicules séminales contractiles, et enfin , il dit avoir vu , dans cette espèce , un ganglion nerveux , clair, nettement circonscrit au-dessous du point oculaire rouge. Quant au filament flagelliforme , que cet auteur persiste à nommer une trompe partant d’une lèvre supérieure , il ne l’a représenté, pour la première fois, que dans un mémoire imprimé à la fin de i836, et envoyé le i3 mars i83y , à l’Institut de France. A la vérité , dans son troisième mémoire. 833) , il dit quelque part (pag. io4-io5) avoir reconnu que le mouvement de certaines Euglènes est produit par une trompe et non par les cils qu'il avait figurés et décrits précédemment ; mais dans ce mémoire même , il n’a point représenté d’Euglènes avec cet organe.