‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 66 sur 179 · OXYRRIIIS · texte numérisé non relu

OXYRRIIIS

1®” Genre. TRACHELOMONAS. — Trachelomonas. Ehr.

An. sécrétant un têt globuleux ou ovoïde , dur et cassant , par une petite ouverture, duquel sort un long filament flagelliforme.

I . Traciiei.omonas volvocine. — Trachelomonas volvocina. Elir.

PI. II, fig. II.

Corps sphérique , jaune-brunfltre ou rougeâtre , avec un point oculiforme, rouge. Bord de l’orifice épaissi intérieurement. — Long de 0,0167.

Cette espèce se trouve en hiver (28 janvier 1887) dans le grand bassin du Jardin des Plantes à Paris , et au premier printemps dans la mare d’Auteuil ; son têt est dur et cassant. M. Ehrenberg dit avoir constaté qu’il est siliceux et résiste à la combustion ; je n’ai point répété cette expérience , mais il m’a paru que l’acide nitrique le dissout lentement sans effervescence et en le rendant transparent. Le filament, long de o,o4, très-délié, s’agite toujours auprès et autour du têt, et produit souvent l’appai’ence d'un nœud qui de sa base s’avance vers l’extrémité.

* Trachelomonas nigricans Tr. c^-lindrica. Ehr.

M. Ehrenberg distingue sous le nom de Tr. nlgricans une espèce qu’il avait d’abord confondue avec la précédente, et qu’il décrit comme ayant le têt ovoïde , presque globuleux ; une troisième espèce, Tr. cj'lindrica , est décrite par lui comme ayant le corps, oblong presque cylindrique ; mais elle avait également été nommée d’abord Microglena volvocina comme les deux autres , dont elle ne paraît en effet différer que par sa forme moins globuleuse.

Chœlotrphla armata , Ehr. Infus. i838 , p. 35o, PI. XXII, f. 10.

M. Ehrenberg a placé dans sa famille des Peridinea un genre Chœlolj-phla qui paraît ne différer des Trachelomonas que par les soies et les épines dont son têt est entouré. 11 créa ce genre en 1 83a et le définit ainsi : « Polygastriques , anentérés, épitriques, revêtus d’une cuii'asse roide tout entourée de soies. OEil nul. » Il supposait que le mouvement vibratile à la partie antérieure était plus probablement dû à des cils qu’à une trompe. Dans la description qu’il en donne plus tard en 1 838 , il paraît douter davantage delà pi’éscnce des cils, en ajoutant que le mou-

vement de rotation autour de l’axe longitudinal peut bien être dû à une trompe; il dit que le têt siliceux est couvert de petites pointes ou soies dont les postérieures sont les plus fortes, et attribue comme toujours la coloration à des œufs. II n’a pu faire pénétrer à l’intérieur le carmin ou l’indigo. Le Chcetotyphla armatn , qu’il avait d’abord nommé Pantotrichum armalum , est brun, ovoïde, hérissé de soies courtes dont les postérieures plus fortes et noires, au nombre de huit environ , forment une couronne assez régulière en arrière ; l’auteur ajoute que les soies Hnes de la surface sont quelquefois indistinctes. Il a fait une seconde espèce, Ch. aspera , pour des individus trouvés près de Berlin avec ceux de la première espèce, dont ils ne diffèrent que par une forme un peu plus allongée, et par les épines postérieures éparses sans ordre. Leur longueur est de o,o43. Il a aussi rapporté à ce genre , mais avec doute, mi corps fossile, oblong , hérissé de soies , observé dans le silex pyromaque de Delitsch.

Chcetoglena volvocina, Ehr. Inf. 1 838 , p. 3.5s , PI. XXII, f. 12.

Le même auteur a désigné ainsi depuis i832 un Infusoire qui se rapproche encore plus que les précédents du Trachelomonas ; il est ovoïde , long de 0,023 , vert brunâtre , tout hérissé de soies courtes avec un point rouge oculiforme et un filament flagelliforme plus long que le corps. Il fut trouvé auprès de Berlin entre les Conferves, et c’est un des premiers Infusoires chez lesquels a été reconnu le filament que M. Ehrenberg nomma alors une trompe. Son têt dur, siliceux , se rompt par la pression en fragments anguleux , et montre autour de la trompe un prolongement court en forme de goulot. Le genre Chœioglenn , placé par l’auteur dans la famille des Peridinea, ne diffère du Chcctotj'phla que par le point rouge pris pour un œil.

2' Genre. CRYPTOMONAS. — Cryptomonas. Ehr.

An.^ de forme globuleuse ou peu déprimée , sécrétant un têt membraneux , flexible , et pourvus d’un filament flagelli forme très-délié.

Dans ce genre Cryptomonas, je comprends tous les Thécamonadiens à un seul filament dont le têt n’est pas dur et

cassant, et dont le corps n’est pas dépi-imé comme celui des Phacus et Cmmenule : aussi ne douté-je pas que parmi ces Infusoires, quand ils seront mieux connus, on ne doive trouver à établir plusieurs genres bien distincts par leur forme plus ou moins globuleuse, par le degré de consistance de leur enveloppe, et surtout par leur manière de vivre. J’indique déjà au moins comme sous-genres les Lagenella , dont l’enveloppe est prolongée en manière de goulot, et les Tetrabœna^ qui vivent agrégés par quatre, sans cependant être réunis comme les Volvociens dans une enveloppe commune. Quant au caractère fourni par la présence chez certains individus d’un point rouge pris pour un œil par M. Ehrenberg, je ne peux y trouver un caractère générique pour distinguer ces animaux ; non plus que, chez les Cryptomonas et Cryptoglena de cet auteur, je ne peux reconnaître un têt en forme de bouclier et ouvert d’un côté J bien au contraire, j’ai vu dans tous ceux que j’ai observés ce têt enveloppant entièrement la partie vivante de l’animal et paraissant seulement dans certains cas déprimé d’un côté pour s’appuyer plus exactement sur cette partie vivante. Le tégument dans tous les cas est notablement plus large que le contenu, et en paraît écarté sur tout son contour par un espace diaphane en forme d’anneau qui donne bien nettement la notion de l’existence d’une enveloppe.

M. Ehrenberg, en 1830, créa une famille des, Crypto^ monadina caractéi'isée par une enveloppe globuleuse ou ovoïde , et ayant pour type son genre Cryptomonas, auquel il attribuait une bouche ciliée ; il distinguait en outre ce genre par l’absence du point rouge qu’il nommait un œil chez ses Cryptoglena. Plus tard , en se fondant sur des observations plus récentes, il caractérisa ainsi en 1838 le genre Cryptomonas « Anim, dépourvu d’œil, à cuirasse courte , obtuse en avant , divisible spontanément dans le sens longitudinal ou jamais divisible. » La cuirasse, ajoutet-il , est dans la plupart des espèces un bouclier ouvert en

dessous et en avant , et recourbé au bord ; dans une seule espèce, C. ovala, elle paraît être une utricule fermée. Comme organe locomoteur , trois de ses especes , C. curvata , C. ovata et C. erosa, lui ont montré un fdament flagelliforme, simple, et le C. glauca lui en a laissé voir deux. Il désigne d’ailleurs comme des estomacs les vacuoles ou vésicules internes, et comme des œufs les granules colorés; de plus , il attribue deux testicules ovales ou ronds à trois de ses espèces, et une vésicule séminale contractile au C. ovata. Son genre Cryptoglena ne diffère absolument que par le point rouge oculiforme ; il lui attribue également une cuirasse ouverte en avant et en dessous, et formant un petit bouclier roulé sur les bords. Dans une seule espèce, C. conica, il a observé un double filamentmoteur qu’il nomme une trompe , et d’ailleui’s il reconnaît dans ces Infusoires , comme dans les précédents , des estomacs et des organes sexuels.

Nos Ci’yptomonas, et nous ne parlons sous ce nom que de ceux qui n’ont qu’un filament moteur, sont toujours colorés, et le plus souvent ils sont verts ; on les trouve dans les eaux de mer ou de marais, quelquefois dans des eaux stagnantes infectes, mais non dans les vraies infusions.

1, Crvptomonas GLOBULE. — CryptomoTias glohuîui. — Pl. VU, fig. 2.

Corps globuleux vert, souvent plissé , presque aussi large que l’enveloppe diaphane. Longueur de 0,010 à 0,015.

Dans un flacon où je conservais depuis deux jours de l’eau puisée à la mare d’Auteuil avec des Conferves, le 16 mars, je voyais un grand nombre de ces globules verts munis d’un filament très-délié, s’agiter en tout sens dans le liquide, et venir se fixer à la paroi éclairée du flacon ; alors ils cessaient d’être aussi ronds , et montraient quelques grands plis et des rugosités.

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