‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 81 sur 179 · EüglÈne sanguine. — Euglena sanguinea, Ehr · texte numérisé non relu

EüglÈne sanguine. — Euglena sanguinea, Ehr

Corps oblong , cylindrique on fusiforme , arrondi en avant , terminé par une queue courte , conique , un peu aiguë. — Filament flagelliforme plus long que le corps. — Couleur d’abord verte , puis d’un rouge sanguin. — Long de 0,112.

(1) Enchelys deses , Muller, Infus. PI. IV, fig. 45.

Enchelys deses , Bory , Encycl. 1824.

Euglena acus, var. Ehr. i83o, Pl. l , fig. 3.

Euglena deses, Ehr. 3® mém. 1 832-33. Infus. i838, Pl. VII, fig. 8.

(2) Leeuwenhoek, Cont. arc. nat. p. 882, 1701.

Enchelys sanguinea, Nees et Goldfuss. Archiv. fur Nalurl. VII, p. 1 16. Euglena sanguinea , Ehr. i83l. Inf. i838,Pl. VU, fig. VI, p. lo5.

Celte espèce avait été aperçue par les anciens micrographes , mais c’est M. Ehrenberg qui , le premier , l’a décrite en lui attribuant d’abord (i83i) une bouche entourée de cils vibratiles, et plus tard (i838) une trompe filiforme qui est, dit-il , le prolongement de la lèvre supérieure, qui lui semble en outre rétractile, et au-dessous de laquelle doit se trouver une bouche bilabiée. Une seule fois, il a vu deux trompes ou filaments, et regarde cette particularité comme un indice de division spontanée commençante. Le mouvement des Euglènes sanguines est lent , cependant elles nagent souvent en tournant sur elles-mêmes; c’est à elles que M. Ehrenberg attribue la coloration des eaux en rouge ou le prétendu changement des eaux en sang observé dans l’antiquité.

UAstasia hœmatodes (Infus. i838, PI. VII , fig. i), imparfaitementobservée par le même auteur pendant son voyage en Sibérie, 'pourrait être un degré de développement de cette espèce dont elle diffère principalement par sa taille 0,068 , et par l’absence du point rouge auquel nous ne voulons pas accorder une trop grande importance.

6. EuglÈne aiguille. — Euglena acus , Ehr. (i). — PI. V, fig. 18.

Corps très-efiîlé, en forme de fuseau mince, ordinairement droit , quelquefois renflé ; vert au milieu , diaphane aux deux extrémités. — Queue très-aiguë. — Longueur de 0,047 à 0,123.

Je n’ai vu cette Euglène que dans les eaux douces des côtes du Calvados en septembre ; Müller la trouva deux ou trois fois seulement dans les fossés du château de Copenhague; M. Ehrenberg l’a observée à Berlin et en Sibérie , et l’a représentée en 1 83o comme se divisant spontanément suivant sa longueur, ce que je ne puis aucunement comprendre ; il a reconnu depuis en i835 son filament moteur , et regarde les nombreux corpuscules bacillaires de l’intérieur comme des testicules.

( 1) Fibrio actes , Müller , Tnf. Pl. VIII, fig. 9- 10.

Closleriuni acus, Nilzscli. Beylr.

Lficrymaloria acus , Bory , Encyclop. 1824-

Euglena acus, Ehr. i83i , Infus. i838 , pl. VII , fig. XV, p. I12.

7. EdclÈne spinocYRE. — Euglena spirogjra , Ehr. (1). — Pl. V ,

fig. 17.

Corps oblong , fusiforme , cylindroïde ou déprimé , arrondi en avant , terminé par une queue courte , pointue. — Vert , obliquement strié en hélice. — Mouvement lent. — Longueur 0,106 à 0,123.

Je l’ai trouvée dans l’eau de Seine recueillie avec des Conferves le 11 octobre 1887. M. Ehrenberg , qui l’a fait connaîtx-e en i83o, l’a recueillie seulement dans les eaux courantes ou remplies de végétation , parmi les Conferves et les Bacillariées; il lui attribue une longueur de 0,1 1 2 à 0,228 , une couleur vertbrunâtre foncée , et la décrit comme sillonnée obliquement par des stries très-granuleuses dont quatorze sont visibles à la fois d’un côté ;.il a vu souvent , dit-il , ces lignes , d’abord longitudinales et parallèles, devenir obliques par suite de la torsion du corps. Le filament flagelliforme que je n’ai pas vu moi-méme .est indiqué par cet auteur comme ayant environ le tiers de la longueur du corps. Deux pièces ovales ou annulaires observées dans l’intérieur ont été nommées aussi des testicules par M. Ehrenberg.

* Euglena hj'alina. (Ehr. Inf. Pl. Vil , fig. 7.)

M. Ehrenberg a décrit sous ce nom, une Euglène de même forme que l’E. verte, mais incolore; elle se trouvait le 14 mars i835 , prés de Berlin , avec le Meridion vernale,

" Euglena roslrata. (Ehr. Inf. Pl. VU , fig. iG.)

ILe même auteur désigne ainsi une espèce qui paraît réellement distincte par un prolongement antérieur et aminci , dépassant beaucoup le point d’insertion du filament flagelliforme. Cette Euglène, longue de 0,046 à o,o5G, verte au milieu, incolore aux |i extrémités, rétrécie en arrière, et terminée par une queue courte,

Ij (i) Euglena Spirogyra, Ehr. i83o, jcr méin. pl. IV, f. IV.— Inf. ii i838, pl. Vil, lig. X.

HISTOIRE NATUREEEE

a été observée à Berlin entre les Bacillariées. Elle ne paraît pas se contracter en mourant, ce qui la rapprocherait beaucoup des Thécainonadiens.

*** Euglena pj-rum. (Ehr. Inf. PI, VII, fig, ii. )

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1 83 1, comme ayant le corps ovoïde gonflé, pyriforme, obliquement sillonné, vert , avec une queue presque aussi longue. Elle se meut lentement en toiu’nant sur son axe, ce qui fait supposer l’existence d’une trompe inaperçue. Sa longueur est de 0,028 à o,o3i.

**** Jmblj’ophis viridU. (Ehr. Inf. pl. VII, fig. 5.)

Cet Infusoire , long de o, 1 28 à 0,228 ,' de forme alongée cylindricjue ou comprimée , arrondi en arrière, vert avec l’extrémité antérieure incolore , orné d’un point oculiforme rouge , a été pris dès i83i pour type d’un nouveau genre par M. Ehrenberg. Ce genre, caractérisé d’abord par une forme comprimée, non prolongée en queue, et par la présence d’mi œil , était représenté alors avec une couronne de cils autour d’une bouche bilabiée; mais en i838, il a été caractérisé comme une Euglènesans queue, plutôt cylindrique ou renflée , que comprimée ; avec une trompe filiforme ayant la cinquième partie de la longueur du corps et portée par la lèvre supérieure de la bouche bilabiée. M. Ehrenberg regarde la substance verte intérieure comme formée d’œufs; il désigne comme organes génitaux, divers corpuscules bacillaires, et nomme ganglion nerveux, une masse globuleuse, située sous la tache rouge oculiforme. Cette espèce qui, je crois, peut être réunie aux Euglènes, se distingue par la lenteur de ses mouvements; on la trouve rampante au fond du liquide, comme les E.spirosjrrc etjE. lenle, avec lesquelles elle a beaucoup de rapport.

*«**» chlorogonium euchlorum, (Ehr, Inf. Pl. VII, fig. 17.)

C’est ainsi que M. Ehrenberg nomme un Infusoire appelé d’abord par lui (i83o-i83i) ^slasia cuchlora •, il en fait le type d’un nouveau genre que caractérisent la px'ésence d’un œil unique et de deux trompes filiformes, et la forme du corps non fixé par un pédoncule, mais libre et terminé par une queue. Le Chlore-

goniimi est surtout remarquable, suivant l'auteur, en raison de sa division spontanée multiple , suivant plusieurs lignes obliques. 11 se réunit souvent avec d’autres individus en groupes roulants, au moyen de sa queue. Son corps, qui paraît ordinairement peu contractile , prend quelquefois par la contraction , la forme d’une grappe de raisin fusiforme. 11 vit en commun avec l'Euglène verte et le Chlamidomonas {Diselmis) dans l’eau verte des ornières; sa longueur est de 0,028 à 0,098.

* Genre Colacium, — Elir. Infus. 1838, p. 114.

Ce genre très-imparfaitement connu a été institué par M. Ehrenberg dans son III° mémoire (1832) , et caractérisé ainsi : « An. polygastriques anentéi’és, gymniques, non cuirassés , de forme variable , se fixant au moyen de leur queue (avec ventouse terminale?) (trompe nulle?) cils de la bouche rotateurs ? yeux nuis ? » . Mais cette caractéristique si dubitative a été modifiée en 1838, et le Colacium est aujourd’hui pour l’auteur a un animal pourvu d’un œil unique , fixé par un pédoncule simple ou rameux (par suite de la, division spontanée); dont les organes du mouvement ne sont pas encore assez connus, mais se manifestent par un tourbillon produit à la partie antérieure dans l’eau colorée, lequel on peut attribuer à une trompe filiforme simple, s» Des vésicules ou vacuoles internes sont pour lui des organes digestifs I bien connus ; les organes génitaux femelles sont les granules verts qui produisent la coloration ; quant aux organes mâles, ils sont, dit-il, inconnus, de même que les vaisseaux sanguins.

Une première espèce indiquée comme douteuse, Colacium? vesiculosum ^ et nommée d’abord Stentor? pv g mœus , a le corps ovale fusiforme , variable , d’un vert gai , avec des vésicules internes distinctes et un pédoncule très-court, rarement ramifié. L’auteur y a vainement cherché le point rouge caractéristique , et il dit que les vésicules internes pourraient être des estomacs. Ce Colacium vit fixé sur le corps des Cy- > dopes , mais si on l’en détache , il se meut en rampant et en

se tordant avec lenteur comme VJEiiglena deses. Sa loni^ucur est de 0,31.

Une deuxième espèce, Colaciuni stentorinum , également nommée d’abord Slentoi'? pygmæus , se trouve aussi fixée sur les Cyclopes , mais elle diffère de la précédente par sa longueur moindre 0,023 , par sa forme variable presque cylindrique, conique , ou presque en entonnoir, et surtout par ses pédoncules le plus souvent rameux» d’où résultent des groupes de 2 à 12 animaux. Le point coloré pris pour un oeil est quelquefois tellement pâle, qu’on ne peut l’apercevoir ; ce qui , suivant nous , tend à montrer combien a peu de valeur le caractère fourni parce prétendu organe de vision.

”” Genre Distigma. Ehr.

Le genre Distigma^ établi en 1830 par M. Ebrenbergpour des Infusoires de forme très-variable, pourvus de deux points oculiformes et sans queue , est caractérisé dans le dei’nier ouvrage de cet auteur, 1838 , par les seuls mots : liberum ^ oculis duobus insigne. Les organes locomoteurs, dit l’auteur, ne sont pas visibles, et il paraît n’en point exister à l’extérieur, car les Distigma ne nagent point , ne produisent pas de tourbillons dans l’eau colorée, et rampent plutôt comme les sangsues en changeant la forme de leur corps , sans cependant émettre de prolongements , comme les Amibes. De nombreuses vésicules observées dans deux espèces ont été prises pour des estomacs, quoiqu’on n’y voie point pénétrer la couleur délayée dans l’eau. Comme organes de reproduction , l’auteur cite seulement la couleur verte d’une espèce qu’il dit produite par des œufs; mais dans les autres espèces , il déclare n’avoir pu reconnaître aucun organe sexuel. Enfin, il veut nommer des yeux les trèspetits points noii's qu’il indique près du bord antérieur. N’ayant moi-même rien vu qui se rapporte entièrement à cette description , je ne puis avoir d’opinion sur la vraie uaturo des Distigma. Les espèces décrites au nombre de quatre

sont : le Distigma? tenax (Ehr. Inl’us. PI. Vlll, fig. 3), long de 0, 112, hyalin jaunâtre, tour à tour renflé et resserré çà et là , avec des yeux peu distincts : il est donné à tort comme synonyme du Proteus tenax de Millier (Inf. PI. II, fig. 13-18); 2" le Distigma proteus (Ehr. Infus. PL YIII, fig. 4), long de 0,0625, incolore, tour à tour trèsrenflé et très-resserré çà et là , avec des yeux distincts ; S” le Distigma viride (Ehr. Infus. PI. VIII, fig. 5), long de 0,0625, vert, donné avec doute comme synonyme de V JEnchelys punctifera Ae'^lüWev (Inf. PI. IV, fig. 2-3); 4° enfin, sous le nom de Distigma planaria^ un animal long de 0,112 , moins renflé que les espèces précédentes , ellilé et pointu aux deux extrémités , observé seulement pendant le voyage de l’auteur en Afrique, et qui, vraisemblablement, n’est pas même un Infusoire.

4' Genre. ZYGOSELMIS. — Zygoselmis.

An. de forme variable , nageant au moyen de deux filaments flagelliformes égaux , sans cesse agités.

C’est la contractilité et la variabilité du corps des Zygoselmis qui les distinguent des Diselmis ; la seule espèce connue ne montre pas de tégument réticulé, distinct, et c’est plutôt par ses changements de forme que par l’observation directe, qu’on est conduit à y admettre ce tégument.

I . Zygoselmis nÉbl'Lecse. — Zygoselmis nebulosa, V\. \U, 6g. 23.«

Corps incolore , tantôt globuleux , tantôt diversement renflé en poire ou en toupie, rendu trouble par des granules nombreux. — Long de 0,02 avec deux filaments égaux, de cette même longueur, et qui sont épais de 0,0006 environ.

Cet Infusoire , qui change incessamment de forme en nageant, se trouvait, le i8 mars i838, dans l’eau d’une fontaine (fontaine Amular), au sud de Paris.

infusoires.

lUSTOIllE NATURELLE

5« Genre. HETÉRONÈME. — Hderomma.

, Au. do forme variable , oblonguç , irrégulièrement renflée en arriére ; ayant un filament llagelliforme plus fin et un filament traînant plus épais , rétracteur.

Je ne puis que répéter ici ce que j’ai dit précédemment en parlant des Hétéromites et des Anisonèmes, au sujet des deux filaments de ces divers Infusoires , et du rôle difiérent que chacun d’eux remplit dans la locomotion. Les Hétéronèmesse distinguent par la présence d’un tégument contractile , obliquement strié j mais on ne peut méconnaître leur rapport bien prononcé avec les Anisonèmes.

I. HÉTÉaoNÈME MARINE. — Eeicronema marina. — l’I. V, fig. i4<

Corps oblong, irrégulièrement renflé en arrière, plus étroit en avant , marqué de stries obliques très-nombreuses. — Longueur , 0,06.

J’observais, le 28 mars 1840, cet Infusoire dans de l’eau de mer apportée de Cette depuis quinze jours ; les filaments étaient plus longs que le corps.

6® Genre. POLYSELMIS. — Polysebnis.

An. oblongs, déformé variable, nageant au moyen de plusieurs filaments flagelliformes parlant du bord antérieur.

Le seul Infusoire que j’aie trouvé avec ces caractères , ressemblait à une Euglène oblougue et arrondie aux deux extrémités; un filament plus long s’agitait en avant; et autour de sa base , se voyaient distinctement trois ou quatre filaments très-déliés plus courts.

I. PoLYSELMis verte. — Polj'selmis viridis. — Pl. III fig. 26.

Corps alongé , arrondi aux deux extrémités , plus on moins renflé et plié au milieu , vert avec un point oculiforme rouge. — longueur, 0,04.

Observé le 7 décembre 1808 dans un verre où était conservée depuis plusieurs mois do l’eau do marais avec dos Lcmna.

PÉRIDINIENS.

x\nimaux sans organes intérieurs connus , enveloppés d’un têt résistant ou membraneux régulier, d’où sort un long filament flagelliforme , et qui présente en outre un sillon ou plusieurs sillons occupés par des cils vibratiles.

Les Péridiniens sont encore très- imparfaitement connus , parce qu’il n’en existe que fort peu dans les eaux douces , et que l’épaisseur et le peu de transparence de leur têt roide et non contractile empêchent d’apercevoir distinctement ce qui se trouve à l’intérieur ; il semble toutefois que ce têt ne présente aucune ouverture béante, car on n’y voit point de coi'ps étrangers , et les substances colorées , si facilement avalées par d’autres Infusoires , n’y pénètrent point pendant la vie de l’animal. On ne voit de vivant , au dehors , qu’un long filament analogue à celui des Thécamoniens, dont les Péridiniens se rapprochent par la non contractilité de leur têt, mais dont ils sont suffisamment distincts par des cils vibratiles, occupant un sillon ordinairement transverse. Plusieurs d’entre eux ont leur têt prolongé en pointes, ou en cornes de la manière la plus bizarre; plusieurs aussi montrent à l’intéi’ieur nn point coloré, queM. Ehrenberg prend pour un œil comme chez certains Tbécamonadiens.

Deux ou trois espèces seulement de Péridiniens , dont une marine, ont été ajierçues par Müller, qui ne soupçonna pas leurs organes locomoteurs, et plaça l’une ekins son genre Bursaire {B. hirunclinclla), l’autre

Page 1