PI. XXII, F. XIV
Corps brun , lisse , presque globuleux , à trois lobes peu marqués, avec un sillon transverse, long de 0,0117 à 0,025. ‘
M. Ehrenberg, qui seul a observé cet Infusoire près de Berlin, dit avoir pu , en i83o , y reconnaître , par l’introductioii du c.irmin ou de l’indigo , plus de vingt estomacs très-petits. Depuis lors (i835), il y a constaté l’existence du filament flagelliforme.
* Peridinium ceinturé. — Peridinium cinctum. (Ehr. Infus. PI.
XXII, F. XIII, p. 253) (i). ‘
Corps vert, lisse, presque globuleux, à trois lobes peu marqués; avec un sillon transverse. — Diamètre, 0,0468.
Ce n’est qu’avec doute que cette espèce peut être inscrite dans le genre Peridinium , car M. Ehrenberg n’a pu y voir le filament flagelliforme , et il assure avoir une fois vu les vésicules internes ou estomacs se remplir d’indigo. Millier, qui l’avait plusieurs fois observée au mois de novembre, dans l’eau des marais , la décrivit comme étant opaque , d’une couleur noire-verdâtre , de forme irrégulière , trapézoïde , entourée de cils très-déliés , tous vibratiles et plus longs d’un côté : elle se montre souvent, dit-il , ovale et entourée d’une carène transversale , et présente sur ses bords deux ou quatre entailles correspondantes. Elle se ment lentement en tournant sur son centre. '
(i) Forticella cincta , Millier, Inf. Pl. XXXV, f. 5-G, p. aSG.
** PEnimmuM iuujn. — Peridinium fuscum. — (Ehr. Inf. PI. XXII ,
F. XV, p. 284.)
Corps brun, lisse , ovoïde , un peu comprimé , aigu en avant et arrondi en arrière , avec un sillon transversal, et un autre sillon partant à angle droit pour se rendre au sommet. — Longueur de 0,062 à 0,094.
Cette espèce a été également observée à Berlin par M. Ehrenberg, qui n’y a point vu le filament flagelliforme.
*** Peridinium acuminé. — Peridinium acuminaium, (Ehr. Inf.
PL XXII. fig. 16, p. 254.)
Corps brun-jaunâtre , lisse , globuleux, à trois lobes peu marqués avec une pointe saillante en arrière, et un sillon transverse cilié. — Longueur , 0,o43.
Dans l’eau de la mer Baltique à Riel.
**** Peridinium Michaelis, — (Ehr. Inf. PI. XXII, fig. ic).)
Corps jaune, lisse, globuleux avec une pointe saillante en avant, deux pointes en arrière , et un sillon transverse. — Longueur , 0,047.
Cette espèce , qui habite aussi la mer Baltique, est phosphorescente dans l’obscurité. C’est une de celles que M. Michaelis avait fait connaître, en i83o, dans un mémoire sur la phosphorescence des eaux de cette mer.
2® Genre. CERATIUM. — Cerathm, Schrank.
Corps irrégulier , concave sur une partie de sa surface et prolongé en cornes , avec un seul sillon garni de cils , et un long filament llagelliforme.
Cette dénomination ayant été employée par les botanistes, M. Ehrenberg a cru devoir la rejetei'; mais il nous a paru convenable de la conserver comme bien significative pour les espèces à têt cornu ( Y.épou; , corne
I. CERiTitM ninoNDiNELLE. — Ccratium hirundinella (i). — PI. IV,
fig. 2.
Corps brunâtre ou verdâtre , à surface rude , irrégulièrement rhomboïdal ou trapézoïdal à côtés convexes ; latéralement prolongé dans le sens de la grande diagonale en cornes courbes , et présentant en outre un tubercule oblique plus ou moins saillant ou aigu à chacun des autres sommets ; concave d’un côté, convexe de l’autre, avec un sillon dans le sens de la petite diagonale sur le côté convexe. — Longueur de 0,150 à 0,180.
J’ai trouvé abondamment dans l’étang de Meudon, le 28 mars i838, un Peridinium d’une couleur vert-brunâtre, dont je donne la figure , et que je crois analogue à l’espèce de Millier , quoique je n’aie pu y voir les deux dents obliques représentées à tort , je crois, par l’auteur danois aux extrémités du sillon. Millier l’avait observé , aux mois de juillet et d’août, nageant en foule comme une fine poussière autour des Lemna , dans l’e.iu des mares d’une forêt; il le décrit comme formé d’une membrane ti’anslucide , excavé au milieu , prolongé sur ses bords en quatre lobes ou en quatre pointes opposées deux à deux , et présentant une double ligne saillante en travers; il nomme latérales les deux plus petites pointes , et regarde, comme l’antérieure et la postérieure , les deux plus longues. « Ces Infusoires, dit-il, tournoyant lentementavec leurs bras étendus , rappellent la figure des hirondelles l'asant les eaux, ou des navires à la voile aperçus dans le lointain. » L’espèce deSchrank et celle de M. Ehrenberg ne sont peut-être pas identiques avec la mienne. Ce dernier a bien vu le filament flagelliforine , mais il n’a pu faire absorber de substances colorées , ce qui ne l’empêche pas de nommer estomacs les globules nombreux , transparents, qu’on aperçoit à l’intérieur. Il donne aussi le nom d’œufs ou d’ovaire, suivant son système, à la masse grenue qui produit la coloration de l’animal. Enfin, il s’est as-
(1) Bursaria hirnndinclla, Miïller, Inf. Pl. XVII , f. p-12, p. 117- Ccratium Cclrnceros. Schr.ank. N.iUiig. 1793, lit, p. çfi. J/iriindiiietln qiindricuspis , Bory , Encycl. 1824.
Pcndinitiin coniHlum , Klir. Inf. i838 , XXII, f. XVII.
378 HISTOinE NATURELLE
snré que la carapace, ainsi que celle de son Glenodinium cinctum, n’a rien de siliceux , car elle dispai’aît entièrement par la combustion.
2. CÉnATiDM TRÉPIED. — Ceratiunx iripos [i). — PI. IV, f. 2g.
Corps jaune, lisse, phosphorescent, triangulaire à côtés convexes, largement excavé; avec deux longues cornes latérales recourbées en arriére, une troisième corne droite encore plus longue en forme de queue , et un sillon cilié , obliquement transverse. — Longueur totale , 0,187 , où sans les cornes, 0,06.
Muller, qui avait vu très-rarement cette espèce dans l’eau de la mer Baltique récemment puisée , la décrit comme ayant le corps déprimé , transparent ; il attribue à des cils cachés son mouvement de translation lent et sans aucune agitation; remarquant que, toutes les fois que l’animal se trouve arrêté par l’adhérence de sa queue , il se produit le long de son corps un courant qui part de son extrémité antérieure.
M. Michaëlis, qui l’observa depuis (i83o) dans le même lieu, et qui a fait connaître le phénomène remarquable de phosphorescence qu’il présente , a aperçu le premier chez cet Infusoire le filament. flagelliforme caractéristique des Péridiniens ; mais trompé par une illusion d’optique, il le crut multiple, et d’ailleurs il ne vit pas les cils vibratiles du sillon. C’est M. Ehrenberg qui , étudiant de nouveau les Péridiniens phosphorescents de la mer Baltique, a définitivement fait connaître leurs organes locomoteurs.