Acinêrie AICC . — Acineria acula. Pi. \1, fig- i
Corps diaphane, avec des granules disséminés à l’inlérieur, oblong, comprimé, pointu aux deux extrémités ou lancéolé, avec un des côtés plus convexe en avant, et garni sur presque toute sa longueur d’une rangée de cils fins dirigés en avant. Une vacuole à l’extrémité postérieure. — Longueur, 0,043.
.l’observai cet Infusoire, avec boaucou|) d’autres es|ièccs remarquables, dans l’eau d’une ornière des Balignolles, au nord de
Dia INFUSOIRES.
l’ai'is, en novembre i838. H me parut n’avoir pas d'autres cils que ceux du bord convexe, sa surface e'tait bien lisse, sans cotes granuleuses , et sa consistance semblait être gélatineuse. Les granules dissémines dans rinlcrieur étaient plus abondants sur deux bandes longitudinales, entre le lord et l’axe; je crois qu’ils étaient étrangers à l’organisme, c’est-à-dire que ce n’étaient pas des œufs.
4® Genre. PELÉCIDE. — Pelecida,
An. à corps ficxiblc, contractile, oblong, comprime, arrondi en arrière , recourbé en fer de hache en avant, cilié partout , cl pourvu d’une bouche visible ou démontrée par la présence à rintéricur de divers objets avalés [tar l’animal.
Dans les genres précédents , la pi’ésencc d’une bouche u’est que soupçonnée, ici au contraire , elle est démontrée comme dans la plupart des Paraméciens dont les Pélécides ne difi'èrent que par l’absence d’un tégument contractile.
• Le type de ce genre a été placé par Müller avec les Kolpodos et par M. Ehrenberg avec les Loxodes.
1. rÉLÉciDE ROSTRE. — Pclecida roslrum (i). — PI. XI, fig. 5.
Corps oblorig, un peu épaissi en arrière, lamelliforme et plus flexible en avant, où il est obliquement recourbé en forme de virgule, on en fer de liacbe, contenant à rintéricur des vacuoles nombreuses , et divers objets avalés. — Longueur de 0,13 à 0,20.
.l’ai observé celte espèce , le 24 octobre i835, dans l’eau de l’Orne, conservée depuis 34 jours avec des fontinales. Elle contenait un grand nombre de naviculesqui lui communiquaient une couleur jaunfdre et qui semblaient réellement être engagées dans la substance glutineuse vivante de l'intérieur; entre elles, se voyaient aussi beaucoup de vacuoles bien distinctes, ne contenant
(1) Kolpoda roslrum , Müller, Infu.s. l’I. Xlt, fig. 7 , 8 , p- {/(■ Loxodoe roslrum, lihr. Infiis. i838, Tl. XXXIV, %. i, p.
IIISIOIIŒ NATUlitLLE
que de l'eau. Les cils épars sur toute la surface sont d’une ténuité extrême.
Il est vraisemblable que e’est la meme espece que Millier a décrite sous le nom àe Kolpoda roslrum, en la désignant par ces trois mots : ohlongn, anlicè uncinala. C’est, dit-il, « un animal gris, recourbé d’un côté en crochet vers l'extrémité antérieure, obtus en arrière, rempli de molécules noirâtres, et dont un des bords se replie souvent en avant jusqu’au milieu, de telle sorte que le corps, d’ailleurs aplati dans cet endroit, paraît épais et triangulaire. Les plus grands individus, quand ils tournoyent, semblent avoir le corps triangulaire ; ils montrent à l’intérieur 5 à 7 globules plus grands (ovules?); ils égalent dix fois la longueur des plus petits, et sont jaunâtres, tandis que ceux-ci sont gris : quelques-uns échouant sur le rivage, se décomposent peu à peu en granules très-petits ; d’autres se dissolvent subitement en molécules ; leur mouvement est lent et horizontal , avee de fréquents changements de face (Müller, Infus. p. 94). » Müller indique cette espèce comme assez rare dans les eaux couvertes de Lemna. M. Ehrenberg, qui la nomme Loxodes roslrum, la caractérise ainsi : <t Corps blanc , lancéolé , légèrement courbé en S , à cause de la lèvre qui forme un crochet latéral. » — « Elle se trouve entre les conferves, et elle devient très-grande; cependant, dit-il , j’en ai vu aussi de petites en voie de se diviser spontanément , en même temps que les grandes. J’ai vu souvent dans l’intérieur, des Navicules, des Synédres et des Chlamidomonas avalées; mais elle n’avale jamais de couleur. La bouche est à la base de sa trompe sécuriforme qui a un pli longitudinal. Les œufs forment souvent deux bandes aux deux côtés du corps. Les organes mâles ne sont pas distincts (Ehr. Infus. 1808, p. o24-).»
5® Genbe. DILEPTE. — Dileptus.
An. à corps fusiforme, Irès-proloiigé en manière de cou de cygne en avant , avec une bouche latérale à la base de ce prolongement antérieur ; cils vibratilcs sur toute la surface , mais plus prononcés en avant , et près de la bouche.
Les Infusoires rapportés à ce genre ont été placés par Muller ])armi les VilDi ions , en raison de leur flexibilité et de leurs mouvements analogues à ceux des ilaiguillules, qui,
DES INFUSOIIIES. /|.05
pour cet auteur, semblent avoir été le type des Vibrions. M. Ehrenberg les a rangés dans son genre Amphileptus avec d’autres Infusoires d’une forme à peu près analogue , mais qui sont évidemment pourvus d’un tégument réticulé, lâche comme les autres Paraméciens; tandisque nos vrais Dileptes, par leur aspect , par leur mode de diffluence ou de décomposition , semblent bien être sans tégument d’aucune espèce. Leur corps paraît uniquement formé d’une substance molle glutineuse assujettie à conserver une certaine forme pendant la vie de l’animal , mais se répandant, se dispersant en disques et en globules de sarcode aussitôt que la vie commence à décroître ou à s’affaiblir en lui. La surface est couverte de cils épars sans ordre , elle est parsemée de granules engagés dans l’épaisseur même de la substance glutineuse et qui découlent avec les expansions sarcodiques, lors de la décomposition par diffluence. Cette décomposition, d’ailleurs , peut être provoquée par la plus légère cause de modification du liquide où nagent les Dileptes.
Ainsi, il suffit d’approcher du porte-objet une plume trempée dans l’ammoniaque, pour voir aussitôt l’Infusoire se contracter et mourir en laissant échapper à la fois toute la masse glutineuse farcie de granules ; mais si au lieu d’agir brusquement, on soumet l’animal à une action délétère plus faible et plus lente, on voit la matière glutineuse former tout autour du corps des expansions en lobes arrondis qui s’étalent et s’agrandissent peu à peu. Il se produit alors un phénomène bien digne d’attention , et dont l’explication pourrait être très-utile ; les granules primitivement immobiles dans la substance glutineuse vivante où ils sont engagés, commencent à être agités vivement du mouvement Brownien dans les expansions sarcodiques , à mesure que ces expansions se forment. C’est ensuite ce mouvement Brownien des granules , lequel a lieu plus vivement dans le sarcode que dans l’eau pure , c’est ce mouvement qui détermine l’agrandissement des lobes ondes disques sarcodiques , car les globules de sarcode qui ne contiennent pas de granides
UISTOinE NATURELLE
ne s’étalent point ainsi. Ces phénomènes démontrent clairement l’absence de toute membrane extérieure , de toute espèce de tégument chez les Dileptes. On doit cependant reconnaître que la surfiice présente un certain degré de résistance excepté à la base du prolongement antérieure dans un endroit qu’on peut nommér bouche. C’est par là , sans doute, que les substances étrangères pénètrent à l’intérieur et l’on peut croire que le mouvement des cils déterminant en cet endroit l’afflux du liquide chargé de ces substances , une cavité produite par cette impulsion se creuse et s’augmente jusqu’à ce qu’elle puisse se refermer par le rapprochement des parois contre l’orifice ; il en résulte la formation d’une vacuole pleine d’eau et de substances étrangères ou une vésicule stoinachale sans parois propres , qui, par suite de l’impulsion sans cesse renouvelée au même orifice et communiquée à toute la masse intérieure , se trouve peu à peu transférée jusqu’à l’extrémité postéi’ieure (1). Plusieurs vacuoles ou vésicules, venant alors à se rencontrer au même endroit , elles se soudent et se fondent en une seule vésicule plus grande, à la manièi’e des gouttes d’huile ou des bulles de gaz qui se trouvent en contact dans l’eau. La grande vacuole qui en résulte , se rapproche peu à peu de la surface extérieure , et finit par percer la paroi et par se vider en partie au dehoi’s. C’est donc un anus accidentel , sans aucune relation avec un intestin qui n’existe pas. Il faut mentionner aussi les vacuoles qui se forment en grand nombre , quapd l’animal est retenu entre des lames de verre.
(i) Je dois dire cependant que je n’ai pas vu directement l'introduction des matières étrangères s’effectuer ainsi, comme je l'ai vu dans les Paramécies, et qu'il serait possible que l'animal, en rampant et cri appuyant cet orifice sur le plan dé reptation, fît entrer par pression dans sa propre substance les objets qu'il rencontre. Ce qui tendrait à faire croire qu’il en est ainsi , c’est que d'une part les substances colorées n’ont pas été introduites à l’intérieur par le tourbillon comme chez les Paramécies, que d'autre part on voit des vacuoles semblables .à celles qui contiennent les aliments, se former et disparaître dans les diverses parties du corps, même en avant deJa l)ouclic.
Tels sont les seuls détails d’organisation que nous connaissions chez les Diieptes , et nous ne voyons rien qu’on y puisse désigner comme des organes génitaux, pas même les granules disséminés dans toute la masse sarcodique, et dont le diamètre varie de 1/400 à 1/700 millimètre, (de 0,0025 à