et que rien n’autorise à nommer des œufs
Les Diieptes ne se trouveht que dans les eaux de rivière ou de marais enti’e les herbes, ou dans des eaux stagnantes , mais non dans les infusions.
1. Dilepte a long coü. — Dileptus nnser (i). — PI. VII, fig. 17.
Corps mou, demi-transparent, très flexible, changeant déformé par ses flexions et contractions conünuelles. — Long de 0,20 à 0,40. — Large de 0,0o à 0,i0.
J’ai vu souvent cet Infusoire dans l’eau de la Seine ou des étangs des environs de Paris; mais une seule fois, le 4 décembre i83G, je l’ai trouvé eh quantité prodigieuse dans l’eaü des ornières, le long du parc de Monceaux, à Paris. 11 colorait en brun la surface de la boue, naturellement blanchâtre sous le liquide limpide; avec lui se trouvaient des Hydatibes, des Euglônes et des Diselmis. La couche brune ayant été recueillie dans un flacon avec de l’eau , je vis , avec surprise , cette eau fourmiller de Diieptes , que je pus alors étudier complètement. Ils se mouvaient dans l’eau avec agilité, et en recourbant leur long cou en tout sens , ils montraient distinctement un orifice latéral un peu saillant à la base du cou. Je voyais des vacuoles se former spontanément à l’intérieur, puis s’effacer; et quand l’eau commençait à leur manquer, ils se contractaient de manière à faire disparaître presque entièrement le cou , et alors les vacuoles y devenaient plus nombreuses et plus rapidement contractiles. Je voyais bien, pendant le mouvement de l’animal , quelques vacuoles peu à peu re-
(l) — Joblot , Obs. micr. 1-2 , p. 66 , Pl. VIII , fig. 8.
Goeze , Trad. ail. de l'Inseclologie de Bonnet , p. 38l , PL IV, fig. 9. Vibrio anser, Müller, Inf. Pl. X, fig. 7-II , p. çS.
Amphileplus atiser ,^\\r. i83o-l838, Infus. Pl. XXXVII, fig. 4> p. 355.
lIISTOinE NATURELLE
poussées vers l’exli émilé posléricure oi’i elles se fondaient en une seule grande vacuole irrégulicre ou lobée, contenant de petits Infusoires verts et d’antre objets avalés, qui étaient expulsés au de hors, comme excréments, par une ouverture fortuite qui se refermait ensuite. Le carmin délayé dans l’eau ne pénétrait pas dans les vacuoles , c’est à peine si l’on en apercevait quelques granulesdisséminés. Cet Infusoire se décomposait par diflluence d’une manière fort remarquable en s’entourant de lobes sarcodiques, dans lesquels s’agitaient vivement les granules auparavant immobiles dans la substance charnue, et dans ce mode de décomposition , on acquérait l’entière conviction de l’absence d’un tégument. Les cils, qui étaient irrégulièrement épars à la surface , avaient environ o,ooG6 de longueur, et 0,00028 d’épaisseur.
Millier, en décrivant cet Infusoire sous le nom de V tbrio anser, lui donna pour caractère d’avoir le corps elliptique avec un tubercule dorsal à la base d’un long cou; ce tubercule que j’ai vu de mon côté, ainsi que M. Ehrenberg , est la bouche. Voici la description qu’en fait Millier (Infus. p. 78) :
« Le tronc elliptique, arrondi, sans bosse latérale, est diversement extensible et flexible, jusqu’à devenir membraneux; il est rempli de molécules, aminci et diaphane en arrière, prolongé à l’extrémité antérieure en un cou diaphane, comprimé, plus long que le tronc, et très-flexueux. Le cou est égal, non renflé àl’extrémité, mais obliquement tronqué , et montre des canaux (i) bleuâhes le long de chaque bord ; un courant rapide se voit dans le liquide, depuis l’extrémité du cou jusqu’au commencement du tronc ; une rangée de globules cristallins occupe souvent toute la longueur du cou.
» Le mouvement du corps est lent, celui du cou flexuenx, plus vi f, souvent en spirale. Il aime à se reposer sur un point en tenant la moitié de son tronc repliée d’un côté et immobile , et en repliant son cou et le portant de différents côtés.
« Dans le P^ihrio anser , j’ai observé un phénomène ram. An milieu du tronc opaque, envoyait une ligne oblique de division; un rudiment de cou déjà distinct pour la partie postérieure, ou une sailliecristalline, anguleuse, s’y appliquait sur lapartie antérieure. La partie postérieure s’agitant de côté et d’autre en cet endroit, s’efforçait de s’en séparer : en quelques minutes, la séparation
(1) C’est .Tssurément une illusion d’optique.
s’eflectiiR ; puis , sous mon œil , le cou de la partie postérieure continuant à s’accroître en même temps que la queue de la partie anterieure, l’une et l’autre moitié, dans l’espace d’une heure, étaient devenues un animal complet qui n’eût pu être distingué des autres. »
M. Ehrenberg, qui nomme ce même Infusoire Amphilepius anser, le décrit ainsi : « Corps gonflé, filiforme , blanchâtre, avec une trompe obtuse de la longueur du corps , et une queue courte pointue. » 11 ajoute que la trompe , quoique en forme de cou, n’est pas un cou , mais un front ou une lèvre supérieure , puisque la bouche est à la base ; il n’a pu lui faire avaler de couleur , mais il a vu des Chlamidomonas avalées dans les vésicules intérieures ; il prétend aussi avoir vu une vésicule séminale contractile , et deux testicules arrondis.