HISTORIQUE
L'histoire méthodique des acalèphes est en quelque sorte toute moderne, car c’est à Péron et Lesueur qu'il faut seulement remonter pour les recherches les plus précises sur ces animaux obscurs, que d’autres écrivains ont pris pour objet de leurs travaux dans ces dernières années. Mais toutefois les anciens en connaissaient un certain nombre, et si leurs idées ont été le plus souvent erronées, on doit cependant chercher à les apprécier à leur juste valeur, car on leur doit aussi quelques bonnes observations. M, Rang * a dit avec justesse : « Il est une classe d'animaux qui, bien qu'elle ait toujours intéressé les naturalistes par la singularité des genres qu'elle renferme, par la variété et l'élégance de leurs formes, la richesse de leur parure, leurs mœurs paisibles et surtout par la simplicité de leur organisation, n’a pourtant point attiré d’une manière spéciale l'attention des maîtres de la science : cette classe est celle des acalèphes. Peu alimentée par les recherches des voyageurs, elle est toujours restée en arrière des autres, et ses matériaux épars dans beaucoup de relations seraient bien loin de suffire pour l'élever jusqu'à leur niveau. Un voile obscur dérobe à nos yeux la connaissance physiologique de ces animaux extraordinaires. Il semble que le génie de l’homme, si pénétrant devant les grandes productions que la nature a placées à la tête de l'échelle des êtres, soit insuffisant dans l'examen de ceux qui, bornés dans la possession des sens , des fonctions et plus encore dans les organes qui en sont les instruments, n’en occupent que les derniers échelons, et paraissent par cette diminution apparente de la
‘ Bulletin d'Histoire naturelle de la Société linnéenne de Bordeaux, 1.1, p. 314. (Description d’un nouveau genre de la classe des acaléphes.)
vie se rapprocher de ceux qui végèient à la surface du sol. Tels sont les animaux dont nous voulons parler. Mais il est juste de dire que, si leur connaissance n’a pas été encore aussi approfondie que celle des autres classes de l'histoire naturelle, cela vient en partie de la difficulté qu'il y a à les observer, le plus grand nombre n'habitant que les hautes mers, sous les feux de la zone torride ou dans les régions glacées du cercle polaire. » Les acalèphes, par la mollesse de leur tissu, la fragilité de leurs parties, leur décomposition rapide aussitôt leur sortie de l'eau, ont présenté et présenteront toujours de grands obstacles pour leur étude. Les naturalistes de cabinets auront beau, en effet, discuter le mérite des descriptions, faire des à priori, leurs travaux resteront incomplets, sinon dangereux, car c'est pour ce groupe de zoophytes qu'il faut surtout s'aider de la vue et du pinceau pour fixer sur le papier les traits fugitifs de leurs formes mobiles. C'est pendant que les acalèphes sont en vie, lorsqu'ils nagent dans l’eau de mer, emprisonnés dans un bocal en verre transparent, qu'il faut dérober leurs caractères nuageux, car hors de l’eau ils deviennent informes et se brisent au moindre effort. Certes, parmi les acalèphes aujourd'hui connus, ceux dont d'anciens auteurs nous ont légué les descriptions , il a fallu enregistrer de graves erreurs; car ces êtres, n'ayant pas été revus par des zoologistes habiles, ne reposent souvent que sur des données informes ou sur des aperçus incorrects. Et cependant il est nécessaire de conserver ces premières ébauches, toutes grossières qu'elles sont, pour mettre les naturalistes à venir en mesure de résoudre la question de leur existence ou bien d'en donner des caractères plus précis et plus vrais. Cette marche sage et logique n’a pas toujours été suivie cependant, car il est tel auteur qui n’a pas craint de rendre leur histoire inextricable, en substituant souvent
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 21 sa manière de voir à celle des premiers observateurs. Que cela se fasse pour des objets primitivement mal vus et décrits postérieurement d'une manière plus fidèle où plus scrupuleuse, cela se conçoit, car c'est le but de tout livre destiné à faire faire des progrès. Mais rayer volontairement tel ou tel animal dont la diagnose laisse beaucoup à désirer , est une erreur tout aussi préjudiciable aux vrais intérêts de la science, quand c'est un simple caprice de l'intelligence qui la dicte.
Il est peu d'animaux plus variés et plus intéressants à connaître que les acaléphes ; les océans en recèlent des masses inouïes, destinées à fournir des découvertes pendant des siècles à ceux qui voyageront sur mer pour les étudier. Leur organisation si obscure renferme de nombreux problèmes d'anatomie comparée à résoudre, et on ne sait rien, à bien dire, de leurs mœurs, de leurs appéüts et de leur mode de reproduction. Ils rivalisent avec les fleurs par l'éclat de leur coloration. Souvent les gemmes ne scinüllent point avec plus d'éclat que certains d’entre eux. Inertes en apparence, on les voit dépecer par la succion des animaux de grande taille que des venins subüls ont frappés de stupeur. Vaguant solitaires ou par essaims de myriades d'individus sur la surface des mers, par le temps de calme, cachés lors des orages ou lorsqne les vagues se heurtent, et cherchant un refuge dans les couches d'eau plus paisibles, ils viennent pendant la sérénité des nuits émailler le bleu azuré de la mer par une phosphorescence vive et merveilleuse
Anstote et Pline sont dans i antiquité les auteurs qui nous ont laissé quelques passages relatifs aux acalèphes ; mais Aristote surtout s'en est occupé en maints endroits de ses livres, et nous donnerons quelque étendue à l'analyse de ses opinions.
Acalèphe et knide sont deux noms servant à désigner,
au dire d'Aristote *, les mêmes animaux que les vieux auteurs français et quelques modernes, à leur imitation, ont nommé orties de mer. Gessner va jusqu'à dire que le mot exxhfon était la diction grecque commune, et celui de xviôn le nom usité dans l’Attique. Au livre IV, chap. 6, Aristote dit : « Les orties de mer font un autre genre particulier. Elles s’attachent aux rochers comme quelques-uns des testacés, mais quelquefois aussi elles s’en détachent, etc., etc. » Tout ce passage sur les acalèphes se rapporte évidemment dans Aristote aux actinies ou anémones de mer. Il n’en est pas de même de ce qu'il dit d'une autre sorte « d'ortie de mer qu'on ne sait à quel genre rapporter, ortie de mer qui se détache de son rocher pour manger ce qu'elle rencontre (oursin ou pétoncle), et qui ressemble à une plante. »
Au livre E*, chap. 1, on retrouve ce nom d’acalèphe pour des animaux aquatiques, tantôt fixes et tantôt errants, dans le genre de ceux qu'on appelle orties de mer, et parmi lesquels 1l en est qui se détachent la nuit pour aller chercher leur nourriture. Cette phrase d’Aristote semble désigner exclusivement des actinies et des méduses. Quant aux idées du philosophe de Stagyre sur la nature de ces zoophytes, 1l formule son opinion au livre VIE, chap. 1, en ces termes : « Des plantes aux animaux le passage n'est pas subit et brusque; on trouve dans la mer des corps dont on douterait si ce sont des animaux ou des plantes... quelques-uns sont charnus comme les orties de mer , etc. » Plus loin, au chap. 11, S 3, Aristote décrit fort exactement, toujours par le terme d'acalèphes, les orties de mer connues aujourd'hut sous le nom d'actintes.
Mais tout porte à croire qu'Aristote a confondu sous le
! Aristote, Hisloire des Animaux , traduction de Camus, 2 vol. in-4°, Paris, 1783, livre 1, ch.r, p.7;liv. IV, ch. vr, p. 203; liv. V, ch. xvr, p. 275; et iv, VIII, ch,retax, p. 451 et 459.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 23 nom d’acalèphe des animaux de plusieurs natures. Leur propriété urente, comparée à celle de l'ortie et qui leur a valu ce nom, est décrite au chap. xxx vu du livre IX, et semble plutôt appartenir aux physales et à certaines méduses qu'aux actinies proprement dites. Quand Aristote parle de la chair des acalèphes qui se dissout, il s'agit évidemment des orties de mer errantes ou des méduses , sans doute ses lnidè. Ainsi, Aristote confond sous le nom d'acalèphes des êtres obscurs qui vivent dans la mer, et les plus caractéristiques pour lui sont les actinies et les méduses, bien qu’il ait mieux connu les premières que les dernières; car quelques naturalistes pensent que ce n'est pas d'elles qu'il s'agit quand il décrit son pneumon.
S1 l’histoire des animaux d’Aristote, ce monument précieux de la science des anciens, n’est pas plus explicite sur les êtres qui nous occupent, Pline ne sera pas plus catégorique, et se bornera assez volontiers au rôle de copiste et de simple narrateur des faits qu’il a lus dans Aristote sur les acalèphes; bien qu'il semble, sur les côtes d'Italie, avoir vu des méduses et d’autres acalèphes qu'il désigne, mais assez imparfaitement.
Ainsi, Pline (lib. IX, cap. xL) dit : « Quant à ces êtres qui n'appartiennent précisément ni à la classe des animaux ni à celle des végétaux, mais qui forment comme une troisième classe participant de l’une et de l’autre, je suis persuadé qu'ils ne sont pas plus dépourvus de sentiment : je parle des orties et des éponges. Les orties se déplacent et voyagent pendant la nuit; c’est une espèce de feuillage carniforme et qui se nourrit de chair. Ainsi que les orties de terre, elles causent une vive démangeaison; quelquefois elles se contractent fortement, et, lorsque les petits poissons s’'approchent, elles étendent tout à coup leur feuillage, les enveloppent et les dévorent. D’autres fois, paraissant flétries , elles se laissent ballotter par les flots comme
de l’algue, et tandis que les poissons qu'elles ont touchés se frottent contre une pierre pour apaiser leur démangeaison, elles se jettent dessus. Pendant la nuit, elles vont à la chasse des peignes et des oursins. Quand elles sentent l'approche de la main de l'homme, elles se contractent et changent de couleur. Si on les touche, elles causent une démangeaison brûlante, et se cachent pour peu qu'on tarde à les saisir. On dit qu'elles ont la bouche au bas du corps, et qu'elles jettent leurs excréments par un petit conduit placé à la partie supérieure. » Cuvier, dans les notes qu'il a ajoutées à la traduction de M. Ajasson de Gransagne, dit : « Les urficæ, ou orties de mer errantes, sont les medusæ de Linnæus, et les orties fixes ses actiniæ. Le vis pruritu mordax convient à plusieurs espèces de méduses et d'animaux de la même classe, surtout à la physale, qui fait éprouver une cuisson à la peau qu'elle touche. Le complectensque devorat est plus vrai pour les actinies, qui ont la bouche entourée de quantité de tentacules charnus au moyen desquels elles saisissent les petits animaux qui passent à leur portée et les engloutissent. Jactari sepassa, etc., se rapporte surtout aux méduses et aux physales. Ora ei in radice distingue assez nettement les espèces du genre rluzostome, qui paraissent se nourrir exclusivement par le moyen d'an appareil très-rameux, divisé en une multitude de filaments dont l'ensemble représente assez bien la racine d'un végétal.
On ne peut se dissimuler que Pline semble confondre divers animaux sous le nom d'orties de mer errantes, et que les propriétés urentes qu'il accorde à quelques-uns , ne soient empruntées à la puissance vénéneuse que possèdent les physales, et, à un degré moindre, quelques méduses ; car pour les actimies, leur innocuité est assez volontiers reconnue, bien qu'on en ait qui causent, par le contact, un prurit imcommode, mais généralement peu per-
sistant. La description de Pline réunit donc évidemment les méduses et les actinies, tout en faisant soupçonner que de son temps les pêcheurs donnaient le même nom à des physales, à des callianires ou à d'autres acalèphes.
Élien , Oppien n'ajoutèrent rien à ce qu’Aristote et Pline avaient fait connaître, mais le premier parle du poumon de mer.
Un immense intervalle sépare les écrits des anciens de ceux où il sera question des acalèphes. Sextus Empiricus se sert le premier du mot zoophyte nour désigner des sortes de nostocs, et ce terme, appliqué par Isidore de Séville, puis par Albert le Grand, à de véritables zoophytes, est passé dans le langage des traducteurs d'Aristote, qui l'emploient pour désigner les êtres intermédiaires que le naturaliste grec avait placés sur les confins des animaux et des plantes. C'est ainsi que Budée et Gaza se scrvirent de ce nom en lui réservant cette désignation propre. À dater de ce jour il est resté dans la science, bien qu'appliqué d’une manière arbitraire , à une foule d'animaux disparates.
En 1552, Wooton (Édouard), dans son ouvrage : De differentüs arimalium libri decem, comprend dans ses z00phytes les poumons marins et les orties de mer, et établit une classe des purgamenta maris.
En 1553, Bélon, ce père de l'ornithologie française, ce naturaliste, bon observateur, traita de quelques acalèphes dans deux de ses ouvrages, mais, il faut le dire , avec une grande confusion et sans établir de rapports judicieux Le premier, il affecta aux actinies seules le nom d'orties de mer, jusqu’à lui généralisé par ses prédécesseurs. Dans son traité : De aquatilibus, liber secundus, de mollibus, il place, sous le nom d’acalèphe des Grecs , l'urtica des Romains , le colicena des Grecs modernes et le cul-d'âne des Français, ce qui n’est autre qu'une actinie, qui est appelée , ajoute Bélon, zoophyta , ou plante-animal par Théo-
dore. Dans ses Dejectamentis marinis, le naturaliste Manceau classe d'une manière fort hétérogène ce qu'il appelle genitale marinum , veruca marina, lepus marinus , puimo marinus, pediculus marinus, et jusqu'à un poisson, l'hippocampe. Son pulmo marinus est évidemment le rhizostome d'Aldrovandi, le mogni des Grecs modernes et la potia marina des Italiens. L'hepar marinum de Bélon est un alcyon, mais fort mal décrit. Son remora repose sur des descriptions fort mal faites d'aplysie et d'holothurie, et son gentiale marinum, auquel 1l donne pour synonyme le nom italien cazo-marino , est une holothurie.
Guillaume Rondelet, dans son histoire entière des poissons, publiée en 1558, n'a donné sur les acalèphes que des renseignements peu satisfaisants ; l'idée qu'il s'en était faite était fort confuse. Dans son livre des insectes et des zoophytes, il discute la nature des animaux que les Grecs appelaient entoma et zoophyta, et les Latins platanimes ou plantanimalia. Or, nulle part dans Aristote n'est le mot zoophyte, que l’on sait avoir été forgé par ses traducteurs, et ici Rondelet est dans l'erreur sur la valeur de ce terme. Son poumon de mer est évidemment l'alcyon pelote de mer. C'est dans son dix-septième livre, avec les sèches, les poulpes, les aplysies et les actinies, qu'il figure deux espèces de méduses. Sa cinquième espèce d'ortie est, suivant cet auteur, le potes des Languedociens , le capell di mare des Génois et le capeau carnu des Marseillais ; c’est évidemment le rhizostome d'Aldrovandi, tandis que sa sixième espèce d'ortie est, suivant Linné , la medusa aurua.
En 1604, Conrad Gesner a reproduit les orties de mer de Rondelet en même temps que quelques saines idées sur les lois progressives qui ont présidé à l'organisation ascensionnelle des zoophytes, idées qu'Aldrovandi (Ulysse) a converties en une sorte de méthode qui marque le premier pas de la science. Sous le nom d’orties de mer libres, les
méduses se trouvent, dans ce dernier auteur, occuper une place distincte. Le nom de poumon marin est encore réservé à des alcyons. L'Historia naturalis d'Aldrovandi est une vaste compilation, publiée de 1599 à 1640 , en 14 volumes in-folio.
En 1650, Jean Jonston, dans son Encyclopédie naturelle, intitulée : Historia naturalis, et dans la partie de piscibus et cetis, a consacré le livre EV aux animaux qu'il intitule zoophytis seu plantanimalibus. Jonston réunit les animaux ambigus que Budæus et Gaza ont traduits, dans Aristote, par le nom de zoophytes, sous les noms d'urtica, pulmo marinus , etc. , et suit en cela les errements d'Aldrovandi. Ses urticæ répondent aux acalèphes des Grecs et aux animaux que les Italiens nomment flammæ maris, et, dans Trottula, carnes marinæ. Son urtica soluta est le rhizostome d’Aldrovandi, des naturalistes modernes, nommé vulgairement poita marina, et dont il reproduit une fort bonne figure qu’Aldrovandi avait publiée dans son ouvrage. Jonston à aussi copié les deux figures de méduses, toutes deux presque méconnaissables, que Rondelet avait fait graver sur bois.
Mais dès 1599, puis en 1672, avait paru lAroriale naturale de Ferrante Imperato, ouvrage d'autant plus remarquable qu'il est riche en écnatione directes et neuves sur les zoophytes. Pour ce qui est relatif aux acalephes, il est question des vélelles, qu'il nomme velum marinum cotocis cœruleis.
En 1616, Fabius Columna, dans ses Observationes, faisant suite à l'ecphrasis, donne la description et la figure (p. 22, fig. 1 et 2), sous le nom d'urtica marina soluta, d'une espèce dont Linné fit une méduse en la nommant medusa velella, et qui est la vélelle de la Méditerranée.
En 165% parut la première édition de l'Histoire des Antilles habitées par les Français , par Dutertre, qui agrandit
son œuvre de 1666 à 16714, en la portant d'un volume à quatre. Îl y est question de quelques médusaires, mais surtout des propriétés vénéneuses de la physale.
En 167%, Boccone, dans un petit livre intitulé : Recherches et observations naturelles, discuta la valeur des opinions adoptées de son temps sur la nature végétale du corail et de quelques autres lithophytes, qu'il propose de placer dans le règne minéral; mais cet auteur ne paraît point avoir eu connaissance d'aucun acalèphe. Seulement ses travaux eurent pour but de combattre l'opinion de Marsigh, qui trouvait dans le corail des fleurs, des graines, etc. L'étude des zoophytes, appelés polypiers pierreux ou flexibles, s'enrichit, à partir de cette époque, des belles découvertes de Peyssonnel , Trembley, Donati ; des recherches de Jussieu, Guillard, Réaumur : mais ces faits, destinés à éclairer la zoophytologie générale, seraient déplacés dans le résumé que nous consacrons aux auteurs qui ont décrit des acaléphes, :
En 1675, Martens ”, chirurgien sur les navires occupés à la pêche de la baleine sur les côtes du Spitzherg, porta son attention sur les acalèphes des mers du Nord, et en publia des figures grossières qui restèrent longtemps négligées. On lui doit des descriptions, toutefois fort superficielles, de quelques béroïdes, entre autres de la martensie, qu'il appelle cap-wish, bonnet-poisson, et de la médée douteuse, quil appelle fontaine de mer, etc.
En 1694, Hannemann, chimiste allemand, fit insérer dans les Éphémérides des curieux de la nature une note sur l'analyse chimique des méduses, qu'il appelle orties de mer. Il en retira beaucoup d'eau insipide, et un résidu qui, traité par le feu, donna une huile rouge et un dépôt salin.
Recueil de Voyages au Nord. Amst., 1716, 3 vol. in-19, t. IT.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 29 En 1710, Réaumur publia, dansles Mémoires de l Academie des sciences, un travail excelient sur ce qu'il appelle, à l'exemple des anciens, ortte de mer errante ou gelée de mer, et qui est la grande méduse rhizostome de Cuvier. C'est sur les côtes du Poitou et de l'Aunis que Réaumur observa cet acalèphe qui y est fort commun, et la planche qu'il fit graver, fort exacie et peut-être la meilleure figure que nous possédions de cette espèce, montre en même temps des détails d'organisation qui portent le cachet de sagacité de l'habile observateur rochelais : cette méduse eût dû recevoir le nom de Réaumur au lieu de celui de Cuvier si les naturalistes étaient toujours équitables dans leurs dédicaces.
De 1707 à 1727, Hans Sloane fit paraître son Voyage aux îles de Madère, Barbade et Jamaïque , enrichi de plus de 200 planches in-folio ; on y trouve pour la première fois une figure de physale que ce voyageur nomme urtica murina soluta, purpurea, oblonga, cirris longissimis. La même qu'en 1756, Brown (Patrice) publia de nouveau dans son the civil and natural History of Jamaica, sous le nom d'aretusa crista subrubella, venosa; mais Brown fit connaître de plas un béroé, et sans nul doute la vélelie et la porpite, sous le nom de thalia.
En 171% parut le Journal d'observations faites sur les côtes orientales de l'Amérique par le minime Feuillée , et en 1725 le Journal de ses Voyages à la Nouvelle-Espagne el aux iles de l'Amérique; 1 y est question de la galère ou physale, qu'il appelle imgénieusement vessie de mer. il dit que ce zoophyte lui causa de si vives cuissons qu'il en eut des convulsions.
En 1726, Stroem (Jean), pasteur en Norwège, a publié dans les journaux scientifiques du Danemarck des détails sur la medusa capillata. |
Ici doit apparaître le grand nom de Linné, dont les écrits
furent publiés de 1735 à 1766. Dans la Fauna suecica, qui vit le jour en 1746, on trouve, sous le nom de vermes z00phyta, classés les genres les plus disparates, tels que limax, sepia, aphrodita, medusa, etc. ; dans ce dernier genre Linné admet trois espèces sans noms spécifiques , et qui sont décrites sous les n°° 1286, 1287 et 1288.
Linné, dans la sixième édition du Systema naturæ, publiée en 1748 en un volume in-8° de 223 pages, fait des vers, vermes, sa classe V[°, et la divise en quatre ordres, les zoophytes, les testacés et les Lihophytes. Les zoophytes renferment treize genres fort dissemblables, puisqu'ils appartiennent aux annélides, aux mollusques et aux vers. Les seuls genres qui doivent nous occuper pour les acalèphes sont au nombre de deux, les méduses (medusa), qu'il caractérise ainsi : corpus orbiculaium , convexum, læve, gelatinosum , tentacula plicære subtus centrales. 11 admet quatre espèces qu'il nomme urtica marina, pulmo marinus, urtica crinita et urtica astrophyta. Le second genre est celui qu'il a établi pour recevoir la galère, et qu'il nomme salacia, avec cette caractéristique : corpus ovalo-oblongum, tentacula per fasciculos disposita. L'espèce unique est sa selacia physalus. Dans les éditions subséquentes, Linné ajouta de nouvelles espèces ; mais c’est surtout Gmelin qui compléta le Systema naturæ, ainsi que nous le verrons quand nous nous occuperons de cet auteur. Dans Îa dixième édition apparaît la medusa beroe, dans la douzième lamedusa pileus, autre béroé, etc., et les espèces de Gronovius et de Baster; enfin le genre selacia est supprimé. Dans les Amænitates academicæ (t. HE, fig. 7 et 9 ), Linné décrivit la porpite, que l'on voit reproduite dans le musée Tessin sous le nom de medusa parva figura porpiæ, et dans les Actes de Londres, sous le n° 2050, le même zoophyte est appelé animalcula ex yoica maris Mediterranei. Dans son Voyage en Laponie, Linné mentionne la
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 34 medusa aurita, dont Merret s'était occupé dans son Pinax (PI. LXX VI et LXX VIT). Il en est de même de la medusa capillata.
De 173% à 1765, Séba fait paraître son vaste recueil de figures intitulé : Locupletissimi rerum naturalium Thesauri; dans le volume IT, qui a paru en 1758, on trouve des méduses grossièrement représentées dans la PI. I", et décrites d'une manière plus incomplète encore. La fig. 1 représente ce qu'il nomme un champignon marin, blanchâtre, dont le chapiteau est large et de figure orbiculaire. La seule espèce de méduse reconnaissable est la rhizostome d’AIdrovandi.
En 1752, Hill ( Jean ), dans an History of animals, tenta le premier essai de classification des zoophytes connus de son temps. La section des biota est consacrée aux méduses, aux actinies et aux hydres.
En 1754, Kalm publia, dans son Voyage dans l’Amérique septentrionale, la description de la medusa aurita, et en 1757, Osbeck, élève de Linné, aumônier d’un vaisseau destiné pour la Chine, donna dans la relation de son voyage une figure (PI. XIL, fig. 1, p. 284) de la galère, qu'il nomme physalis pelagica.
En 1758, Borlase, ecclésiastique d'Oxford, en donnant aux sciences son Histoire naturelle de Cornouailles, imprimée in-folio , fit connaître pour la première fois, sous le nom d'urtica marina ex trunco octo-pedalis limbo imbricatm undante , la medusa octopus des mers du Nord, dont il donne une assez bonne figure (PI. XX V, fig. 16 et 17, et PL LXXV, fig. 15).
En 1760, Plancus, ou plutôt Jean Bianchi, médecin italien, donna la seconde édition, fort augmentée, de son ouvrage portant pour titre de Conchis minus notis, publié pour la première fois en 1739. Il décrit une nouvelle espèce de méduse sous le nom d'urtica follata marsupium referens, et
cette espèce, de la Méditerranée, est la medusa marsapialis des auteurs systématiques.
Mais dans cette même année 1760, Gronovius ( Laurent- Théodore ) s'occupa directement de quelques méduses dans le tome IV des Acta helvelica. Cet auteur est le créateur du genre béroé, que Linné n’a point adopté, car il décrit sous le nom de beroe corpore octogono tentaculis longissimis, le beroe pileus des auteurs modernes ; on lui doit aussi une figure de la medusa hemisphærica accompagnée d'une assez bonne description.
En 1761, Bohadsch, Allemand, donna un volume in-4°, sous ce titre : de quibusdam Animalibus marinis, dans lequel sont consignées de bonnes observations sur les aplysies , les holothuries, etc. À la PI. VIE est la figure d'un grand béroé , peut-être du macrostome.
De 1762 à 1765, Baster, dans une série de thèses appelées Opuscula subseciva, et enrichies de figures coloriées, a fourni à l’histoire des zoophytes d'importants matériaux. Pour les acalèphes, nous ne trouvons que de faibles secours, car l’auteur hollandais s'est borné à quelques généralités sur les méduses, en figurant et décrivant le beroe pileus, les medusa hysocella, æquorea, aurita et capillata.
En 1763, Chanvallon mit au jour son Voyage à la Martinique , exécuté en 1751 : à la page 107 il décrit d'une manière reconnaissable la physale, qu'il dit être la galère des créoles de la Martinique, la vélelle de la Méditerranée et le moucieu des Brésiliens.
{ci doit apparaître le grand nom de Pallas, le zoologiste le plus laborieux de son temps, et qui a concouru à enrichir toutes les branches de l'histoire naturelle, bien que les acalèphes ne lui doivent que peu de lumières. Pallas, en eflet, n'a point traité de ces animaux dans son Elenchus zoophytorum , publié en 1766, ni dans ses Miscellanea, qui virent le jour en 1778. Mais dans le dixième fas-
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 34 cicule des Spicilegia, imprimé à Berlin en 1774, se trouve gravée et accompagnée d'une description fort soignée l’espèce nouvelle de méduse des Antilles que Pallas nomme medusa frondosa.
Les Voyages de Cook, dont l'édition française fut publiée in-4° de 1774 à 1785, n'avancèrent point les connaissances sur les acalèphes. Solander, dans le premier voyage exécuté. de 1769 à 1771 sur l’Endeavour, parla très-suceinctement de quelques-uns de ces zoophytes , mais sans les décrire d'une manière satisfaisante. El en fut de mème de Forster, dans le second voyage qui eut lieu de 1772 à 1775, et d'Anderson, qui exécuta le troisième de 1776 à 1780.
En 1775, un ouvrage capital pour les acalèphes, intitulé : Descriptiones animalium, fut mis au jour par Carsten Niebuhr, après la mort de Forskahl, son auteur, l'un des élèves les plus célèbres de Linné, et l'année suivante furent publiés, à Copenhague, les Zcones rerum nataralium quas in tinere ortentali depingt curavit, du mème auteur. Dans ces deux ouvrages, Îles acalèphes s'enrichirent d'espèces nouvelles curieuses , bien décrites et bien figurées , disposées dans la classe des vers, telle que Linné l'avait admise. Gn y trouve douze méduses nouvelles de la Méditerranée et de la mer Rouge, trois béroés, et l'établissement du nouveau genre physophora, avec trois espèces, et la porpite, sous le nom d'holothuria nuda.
En 1776, Spalanzani, dans ses opuscules, Opuseula di fisica animale vel vegetabile , donna le résultat d'expériences ingénieuses sur les propriétés phosphorescentes d'une méduse de la Méditerranée, la pelagia phosphorea.
Dans cette même année, Thomas Pennant fit paraître sa british Zoology, dont le second volume vit le jour en
1777; 11 y est question de quelques méduses des mers du Nord,
RP ee
Dans la même année Læfling donna en suédois, dans les Mémoires de l'académie de Stockholm, une description de la medusa velella seu galera et de la medusa cyanella, qu'il fit connaître pour la première fois, bien que Bosc ait cru en avoir fait la découverte.
Mais nous arrivons à un naturaliste qui , sans beaucoup avancer la partie systématique de l'étude des êtres qui nous occupent, a cependant contribué à faire connaître un certain nombre d'espèces nouvelles. Otton Frédéric Müller, aussi laborieux qu infatigable, a, dans une série d'ouvrages publiés de 1776 à 1789, décrit et figuré, surtout dans la Zoologica danica, un grand nombre d'acalèphes, entre autres les beroe infundibulum et pileus, les medusa œquorea, aurita, capillata, hemisphærica, dimorpha, digitala ; et le même auteur, dans les Mélanges de Berlin, a figuré (PI. IX, fig. 2) la physale ou la medusa caravella de Linné.
Dans la Zoologica danica, Müller, tout en adoptant la classe des vers, telle que l'avait créée Linné, crut devoir établir des modifications dans les coupes , et c'est ainsi que dans son troisième ordre des Rien il place les hé-
roës, etc.
Après Müller, Scopoli, en 1777, se livra à quelques vues de classification, et c'est ainsi qu'il modifia les idées de Linné, en plaçant dans sa classe des vers helminthica une section des nuda, divisée en quatre groupes, dont l'un, brachiata, comprend les médusaires.
En 1778, le Napolitain Xavier Macri publia de nouvelles observations sur le poumon marin, et admit trois espèces de méduses du golfe de Naples, que Gmelin adopta sous les noms de medusa pulmo, iyrrhena et tuberculata ; l'espèce est le rhizostome d'Aldrovandi.
En 1779, Blumenbach donna son Mentel d'histoire nalurelle, qui obtint en Allemagne une grande popularité. Les acalèphes ne reçurent aucun éclaircissement important
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 39 de cet ouvrage ; car il n'y est question que de médases faisant partie de la section des vers mollusques. Cet ordre entasse pêle-méle les limaces, les aplysies, les glaucus, les aphrodites, les naïades, les ascidies , les actinies, les holothuries , les sèches et les méduses. Blumenbach appelle méduse à voile la vélelle, et ne mentionne nominalement que les medusa aurita et octostyla.
En 1780, l'abbé Dicquemare imprima, dans les Transactions plulosophiques et dans le Journal de Physique, de bons détails sur les orties de mer, en s’occupant principalement de l'explication à donner de leur propriété brülante, qu'il attribue à une liqueur caustique, lubrifiant leur enveloppe , et de la propriété qu'ont les actinies de se reproduire de gemmes détachées.
Mais un ouvrage remarquable par la sagacité de son auteur et par le nombre des observations bien faites qu'il fit connaître , est la Fauna groenlandica, du pasteur Othon Fabricius, publié en 1780. La classification admise par Fabricius est celle de Linné, et sa classe des vers comprend les mollusques, les vers, les polypes et les polypiers. Mais si nous n'avons rien à citer de la partie méthodique, il n’en est pas de même pour les observations de détails, et les descriptions des beroe infundibulum, cucumis, pileus, ovum ; des medusa aurita, æquorea, capillata, bimorpha, campanula et digitale, sont satisfaisantes. La seule espèce qui soit nouvelle dans cette nomenclature est la medusa campanula.
En 1787, dans le Journal de Physique parurent quelques observations de Lamartinière sur des animaux parasites et sur une physale, et ces observations, accompagnées de figures, se trouvent reproduites dans la PI. 20, fig. 13 et 14 de l'Atlas de l'expédition de La Pérouse; car Lamartinière fut un des malheureux compagnons de ce célèbre navigateur. Dans la même année et dans le même
recueil, Eamarck décrivit, d'après Tilésius, la petite galère sous le nom de medusa utriculus.
En 1788, Olivier Swariz donna, dans les Nova Acta de Stockholm, un mémoire sur les méduses; le premier il fit connaître cette singulière espèce de la Jamaïque appelée medusa unguiculata, et devenue le type du genre linuche.
4789 fait époque; car c'est alors que fut publié un inventaire général du règne animal, réunissant dans un cadre systématique tous les travaux anciens, devenant ainsi le temps d'arrêt entre les écrits du xvrm° siècle et ceux du xix° siècle, Gmclin, en pubiiant, en 1789, la 13° édition du Systema naturæ de Linné, a rendu le grand service de compiler dans son catalogue toutes les espèces que l'immortel Suédois n'avait pu connaître ; mais à cela seulement se sont bornés les services que Gmelin a rendus à la science; car il n'y a aucune amélioration dans les principes de classification, et les acalèphes se trouvent encore occuper la classe des vers mollusques au milieu d'animaux les plus disparates. Gmelin, d'ailleurs, réduit au rôle de compilateur, souvent sans critique, a dü admettre une foule de doubles emplois et consacrer de notables erreurs. Ainsi, pour nous renfermer dans les acalèphes, Gmelin a placé la physale parmi les holothuries, puis parmi les méduses, en faisant ainsi évidemment double emploi. Le genre medusa, dans Gmelin, comprend trente-huit espèces, et dans ce nombre sont cempris les quatre béroés de Fabricius; la porpite, sous le nom de medusa porpita ; la vélelle, deux physales, les medusa utriculus et caravella, celle-ci étant Ja même que l'holothuria physalis : à la suite des méduses est placé le genre physophora de Forskahl et les trois espèces qu'il avait fait connaître.
De 1789 à 1810, Georges Shaw publia les Naturalist Miscellany, enrichies de planches coloriées, copiées pour la plupart, car 1l n'y en a qu'un petit nombre d'originales.
Dans le tome VI, PI. 196, est représentée la thaumantia cymbaloide avalant un poisson, sous le nom de medusa campanella. Dans le tome VIT, la medusa cephea occupe la PI. 221, et l’oval bleu medusa où medusa navicula, vélelle de la Méditerranée, est gravée à la PL. 247. Enfin Shaw représente une autre vélelle à la PI. 250, sous le nom de medusa velella de Linné, ou the sailing medusa. Leach continua cette publication en 1814, sous le titre de Zoological Miscellany.
En 1791, Brugnière commença la publication de son Dictionnaire des vers, accompagné de 189 planches gravées, faisant partie de la grande Encyclopédie. Ces planches, d'ailleurs copiées, sont utiles par le nombre des figures qu'elles réunissent, et doivent encore être consultées pour les acalèphes. Les figures de Forskahl sont reproduites, et Brugnière admet les genres thalia pour la physale, gleba, physophora, lucernaria, beroe , dans lequel il confond un jarira et une medusa. Dans ce dernier genre il range les vraies méduses et de plus les vélelles et les porpites.
En 1791, Modeer publia dans les Actes de l'académie de Stockholm, un mémoire sur les méduses , qui a peu avancé l'étude de ces animaux.
Une ère nouvelle s'ouvre pour les acalèphes à partir de 1800; la science s'enrichit de faits plus rigoureusement observés, et, bien que cette branche semble devoir rester longtemps encore une mine inépuisable de découvertes, c'est avec le commencement du siècle qu'on voit une émulation générale s'emparer des naturalistes, et tous les voyageurs apporter successivement leurs matériaux à cette œuvre que les plus célèbres professeurs essaient d'édifier. De 1800 à 1804, Péron et Lesueur préludent dans le Voyage de découvertes aux terres Australes, exécuté sur les corvettes le Géographe et le Naturaliste, aux beaux travaux
qui les ont immortalisés. Aucun auteur peut-être n’a eu une plus grande influence sur l'intérêt que cette branche de zoologie, jusqu'à ce jour obscure, a généralement inspiré aux sayants. Dans l’atlas du Voyage aux terres Australes, l’habile et gracieux pinceau de M. Lesueur a reproduit avec une pureté de coloris remarquable le beroe macrostomus, la medusa panopyra, la porpita gigantea, la velella scaphidia, la belle cuviera carisochroma, la physalia megalista le rhizophysa planestoma, la physophora muzonema et la stephanenia amphiridis. Mais bientôt Péron et Lesueur donneront des travaux d'une tout autre importance encore, et ces deux auteurs resteront à toujours le premier jalon qui signalera les progrès de l'acaléphologie.
En 1800, Georges Cuvier, qui préludait à son immense renommée par de savantes leçons, publia une note insérée dans le n° du Bulleün de la Société Plilomatique, pour le mois de frimaire an vrrr (n° 33, p. 69), sur l'anatomie de la méduse que Réaumur avait si bien décrite dans les Mémoires de l’Académie des Sciences. Péron et, à son exemple, les naturalistes modernes, afin de rappeler ce premier travail de lillustre anatomiste , ont appelé cette méduse rhizosiome de Cuvier, parce que Cuvier se servit d'une injection de lait, coagulé dans les vaisseaux à l’aide de vinaigre, pour prouver la nécessité de séparer les méduses en deux groupes formés de vraies méduses et de rhizosiomes , et ce d’après les lois de leur organisation.
De 1802 à 1815, Bosc fut chargé de la rédaction des vers dans le Petit Buffon de Déterville, et publia sur les acalèphes un travail qui n’est guère que la reproduction du tableau systématique de Gmelin. Cependant on lui doit quelques généralités intéressantes et une description faite de visu, accompagnée d’une figure de la panopyre eyanella qu'il appelle medusa pelasgica. Dans les éditions suivantes, Bose améliora son travail ; car on lui voit admettre l’ordre
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 39 des radiaires proposés par Lamarck, et les coupes génériques déjà sanctionnées par l'autorité de Cuvier dans ses leçons. Le genre medusa comprend vingt-six espèces ; le genre béroé, trois ; le genre porptte, deux; le genre vélelle, deux ; le genre physalia , une, et le genre physophora, trois. Bosc place les biphores ou sapa et les holothuries parmi les radiaires.
En 1804, le Voyage.dans les quatre principales tles des mers d'Afrique, de M. Bory de Saint-Vincent, fut publié. Naturaliste en chef de l'expédition Baudin, M. Bory laissa la corvette le Naturaliste, qu'il montait, à l’Île-de-France, et se livra à de persévérantes recherches sur les îles des mers d'Afrique; son atlas contient dans la Planche 5 une bonne figure de la porpite radiée, et. à la Planche 6 on trouve, sous le nom de biphore bipart, la première mention des diphyes qui plus tard se sont tant accrues par les découvertes des voyageurs navigateurs; enfin la Planche 5% représente la physalide pélasgique et la porpite vélelle.
En 1806, Tilésius enrichit l’atlas du Voyage autour du Monde, du capitaine de Krusenstern , de quelques figures d'acalèphes qui furent longtemps inconnues en France. En même temps que M. Bory, Tilésius décrivait l'animal qui a reçu plus tard de M. Cuvier le nom de diphye; mais les observations de cet auteur se portèrent principalement sur les physales, dont il décrivit sept espèces sous les noms de physalia arethusa, glauca, Lamartinieri, cornuta, afra, Osbechu et pelagica. Les deux premières paraissent ne devoir former qu'une espèce , la physalia pelagica de Lamarck; les physalia cornuta, afra et Osbecku, rentrent dans la physalia megalista de Péron.
En 1806, Abildgaardt, naturaliste danois, fit paraître une continuation de la Zoologica danica de Müller, et traita de quelques points de l'organisation des acalèphes.
En 1809, Péron et Lesueur firent paraître dans le
tome XIV (p.325) des Annales du Muséum, le prodrome d’un travail capital sur les méduses. Riches d'observations neuves, ces auteurs compulsèrent en outre tous les travaux de leurs devanciers pour grouper ces animaux en tribus et en genres dans une méthode dont nous donnerons le canevas. Ce prodrome n'était que le sommaire d'une histoire générale des méduses que de magnifiques planches peintes et gravées par M. Lesueur devaient accompagner. La mort précoce de Péron a interrompu ce beau travail, et quelques rares savants, MM. de Blainville et Desmarest entre autres, ont seuls recu de M. Lesueur un certain nombre d'épreuves de ces belles planches que lon trouve citées dans la Zoophytologie du premier. Cest à M. Desmarest que nous avons dû la communication de ces figures que nous avons fait copier pour notre monographie peinte des méduses.
En 1809, M. Descourtlz, dans les Voyages d'un naturaliste, donna une mauvaise figure de la physale en l’accompagnant de quelques légères indications descriptives et de quelques mots sur ses propriétés toxiques. M. Descourtilz n'imprima rien de neuf, et on peut en dire autant de la notice consacrée à cet acalèphe, par Leblond, dans son Voyage aux Anülles {t. 1, p. 350).
Dans la même année, Jules-César Savigny, en pabliant, dans le grand ouvrage de la Commission d'Égypte, les admirables planches où sont représentées tant de dissections délicates, contribua beaucoup à éclaircir l'étude des zoophytes. Mais Lesueur et Desmarest, dans leur Mémorre sur le botrylle étoilé et sur le pyrosome (avril 1815), et Savigny lui-même en mettant au jour, en 1816, son beau travail sur les ascidiens composés, ont singulièrement éclairci l'étude des acalèphes parmi lesquels quelques raturalistes avaient placé les salpa et les pyrosoma. Ce dernier osenre, créé par Péron et Lesueur, dans le Voyage aux
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 41 terres Australes, est le monophore noctiluque déjà figuré dans l'atlas de M. Bory de Saint-Vincent.
En 1810, M. Beudant traita, dans le tome XVI des Annales du Muséum d'Histoire naturelle, de la structure des parties solides des mollusques, des radiaires et des zoophytes.
Dans la même année et dans le même recueil, M. Laugier fit paraître une analyse chimique de la rhizostome de Cuvier.
Au mois de juin 1813, M. Lesueur fit paraître, dans le Nouveau Bulletin de la Société Philomatique de Paris, la description, enrichie d’une bonne figure, d'un genre de béroïde aussi curieux qu'insolite ; 1l le nomma cesée, et donna à l'espèce des côtes de Nice le nom de cestum veneris. On doit encore à Lesueur la connaissance d'une magnifique espèce de la Méditerranée, qu'il a fait graver sous le nom de siephanomia uva et qui appartient au genre apolenua d'Eschscholtz.
En 1816 Heinrich Moritz Gaëde publia à Berlin un volume in-8° sur l'anatomie et la physiologie des méduses ; ce livre est remarquable par les précieuses observations dont on est redevable à son auteur, et Gaëde a ouvert la voie aux travaux anatomiques entrepris dans ces dernières années. Ses observations portèrent sur la cyanea capillata.
En 1816, parut aussi le dernier résultat des longues études de Lamarck sur les Animaux invertébrés, et en 1817, la première édition du Règne animal de Cuvier, deux ouvrages dont la méthode de classification relative aux acalèphes précède cet article et sur lesquels il est inutile de revenir, puisqu'ils ont eu une influence considérable sur les écrits publiés après eux.
En 1817, Oken, qui dès 1815 et 1816 avait publié un Manuel d'Histoire naturelle, donna dans le journal l'Est, dont 1l était le principal rédacteur, des descriptions d'aca-
lèphes empruntées aux auteurs originaux; on lui doit la création du genre janira dans les béroïdes, et des observations sur le genre ceste.
En 1818, Nillson, dans un travail inséré dans les Mémoires de l'académie de Stockholm, ajouta à la zoologie danoise une méduse très-belle qu'il nomma medusa palmstruchi, des parages de Bohus-Lœn.
En 1820, parut la relation du Voyage autour du monde , exécuté de 1815 à 1818, sur le brick le Rurick , commandé par Otto de Kotzebue; à la suite du voyage sont des observations d'histoire naturelle du docteur Eschscholtz relatives aux physalies, aux vélelles et aux porpites , dont cet auteur distingue un assez bon nombre d'espèces qu'il admet comme nouvelles.
En 1820, dans l'ouvrage intitulé : Artich regions (an account of the), par W. Scoresby, on trouve, à la fin du deuxième volume, mentionnés et figurés divers acalèphes, parmi lesquels il s'en trouve qui rappellent évidemment les formes entrevues par Mertens et que l'on avait généralement négligées. Sous le nom de boile-shaped-medusa Sceresby a figuré une espèce nouvelle de béroïde, et une 1dya sous le nom de purse-shaped-medusa. Enfin on lui doit un bon dessin de la medusa ovum, type de notre genre mertensia.
En 1820 parurent le Manuel d'Histoire naturelle , de Schweigger, et le Manuel de Zoologie, de Goldfuss. Les animaux inférieurs sont distribués en quatre classes en partie basées sur les idées de M. Cuvier. Goldfuss nomme medusina les acalèphes qui forment la quatrième classe de sa méthode, et il y place les genres déjà admis par Schweigger. À
En 1821, Adolphe-Frédéric Otto publia dans les Actes de l’Académie léopoldine des curieux de la nature un mémoireintitulé : Conspectus animalium quorumdam maritimorum nondum editorum. On lui doit la création du genre
DISCOURS PRÉLIMINAIRE, 43 doliolum pour un acalèphe fort obscur et dont l'existence comme être est niée par plusieurs habiles zoologistes, 11 a créé aussi le genre pyramis, très-probablement sur ja pièce d'enclavement d'un pléthosome, et il a figuré sous le nom de gleba exisa très-probablement une vésicule de protomédée. 0n :0 |
En cette même année, Eysenhardt mit au jour, dans les Actes de l'Académie léopoldine (t. X, p. 420 à 4992, PL. 35) des curieux de la nature, un mémoire sur deux physales qu'il nomme physalia arethusa et pelagica, et sur les rodophyses; et dans le même tome, profitant des observations faites par de Chamisso, dans son Voyage autour du glçbe, il publia un travail commun sous ce ütre : de quibuslam Animalibus e classe vermium, avec planches coloriées Ce mémoire comprend quatre espèces de physales, trois vélelles, des observations sur les stéphanomies et les diphyes, des ui et les descriptions des méduses appelées nrdusa campanulata, mucilaginosa, globularis, aurita, capllata, crenala et leptopus, etc. On doit encore à Eysenhardt un Mémoire sur l’anatomie et sur l’histoire naturelle decephea rhizostomata inséré dans le même tome X.
En 1821, Baër et, en 1822, Rosenthal donnènt, le premier dos le tome VIII des Mémoires de Meckd, et le second dans un autre-:recueil allemand, des détails sur l'anatomie des méduses. |
En 1822, Choris, peintre de l'expédition russe autour du monde, exécutée sur le brig le: Rurick, aux fais du comte de Romanzoff, publia, in- folio et sous le tire de : Voyage pittoresque , les dessins recueillis pendant h campagne. On y trouve les descriptions de deux aalèphes faites par M. de Chamisso pour accompagner deux planches coloriées intitulées physalia arethusa et pelagia nçctiluca.
En 1823, Van-Hasselt, dans une lettre adressée au professeur Van-Schwinden, insérée dans le douzème ca-
hier de l'Jsis, a donné de bons détails anatomiques sur les physales, dont 1l ne reconnaît qu’une espèce qu'il nomme physalie (aréthuse) mégaliste, et dont sa physalia obversa ne serait qu'une variété. Cette curieuse notice a été peu citée en France, et cependant elle est fort intéressante par la hardiesse de quelques-unes des vues de son auteur.
En 1893 parut à Naples le premier volume des Memorie sulla storia e notomia degli animali senza vertebre, de Stephano Delle Chiaje; les trois autres tomes furent publiés successivement jusqu’en 1829 , que parut le quatrième. Observateur admirablement placé, au fond du golfe de Naples, pour étudier les productions de la Méditerranée, Delle Chiaje à joint au mérite de ses propres études l'exécution des dessins et des gravures destinés à accompagner son texte. On doit à cet auteur d'excellentes observations sur le ceste de Vénus, une curieuse notice sur ce quil nomme alcinoe papillosa, la connaissance d’un béroëé nouveau, bien que confondu par l’auteur avec le beroe svatus, enfin des détails anatomiques sur la physophore hydrosiatique , le racemüde ovale, la rhizophyse filiforme, l'hippone taillé et la stéphanonue serpent, nouvelle espèce
En 182%, M. Bory de Saint-Vincent acheva la partie des zoiphytes de la grande Encyclopédie commencée par Brugnère, et traita 1 divers acalèphes suivant l'ordre alphabitique. Vers la même époque parurent aussi et successivament les articles sur les acalèphes de MM. Lamoureux & Eudes Deslongchamps, insérés dans le Dictionnaire dassique d'hustotre naturelle.
En 1824, M. le docteur E. Eichwald a publié, dans les Ménoires de l Académie impériale des Sciences de Saint- Péterslourg (t. IX, p.455), une figure et une description aratomique de la physale, sous le titre : Observationes nomullæ circa fabricam physaliæ.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 716 En 1824, MM. Quoy et Gaimard rédigèrent en un volume in-%° la partie zoologique du Voyage autour du monde, exécuté sur la corvette l'Uranie dans les années 1817-1820 , sous le commandement de M. Louis de Freycinet. Les animaux rayonnés furent enrichis par les découvertes de ces deux voyageurs, qui firent précéder, par des généralités sur les méduses, les descriptions des æquorea cyanogramma, grisea, punctata et semi-rosea; les dianæa balearica, endrachlensis, cephea capensis et mosaïca. Après quelques considérations sommaires sur les béroés, viennent les beroe multicornis et roseus; les diphyes bory; le tetragonum belzont; les genres cupulita , lemniscus et polytomus ; les stephanomia lœvigata et velella emargtnata. De magnifiques planches accompagnent le texte et les auteurs ont supprimé depuis deux des genres qu'ils avaient établis sur des portions incomplètes d'acalèphes alors mal connus.
En 1826, M. Risso donna son Æistoire naturelle de l'Europe méridionale, et le cinquième volume renferme Les acalèphes disposés méthodiquement. L'auteur nous paraît s'être borné à copier Péron, Lesueur et Lamarck ; car nous n'avons reconnu aucune observation nouvelle dans les courtes caractéristiques des espèces qu'il donne, seulement il décrit comme nouveau le beroe elongaius, et décrit sous le nom de porpita monneta une méduse du genre eudore.
En 1827, J'ai inséré textuellement dans le tome XI (p.163) du Bulletin pour les sciences naturelles du baron de Férussac, la copie originale d’une longue description de la grande physale que j'avais adressée à l’Institut pendant la relâche au Brésil de la corvette la Coquille, en 1622,
En 1827, M. de Haan (n° 3, p. 489 du Bijdragen tot de nat.) donna en hollandais un mémoire sur les vélelles , les porpites et les physales. Pour les vélelles, il admet la
coupe de MM. Chamisso et £ysenhardt, fondée sur la ie ou crète, et reconnait cinq espèces.
En 1827, dans le X1° n° du Z'oological Journal (t. IX, p. 403), le révérend Lansdown Guilding a inséré une note dans laquelle il établit la famille des porpitidæ et remplace le nom de porpita, créé par Lamarck, par celui de polybrachionia, et donne le nom de linnæana à l'espèce qu'il regarde comme nouvelle et qui vit dans les mers des Antilles.
En 1828, Van-der-Hoeven donna une méthode ï classification des animaux, sous le titre de Tableau du règne animal, et les acalèphes, disposés d'après les idées de Cuvier et de Lamarck, se sont accrus, d'après l’auteur, des actinies et d’un appendice intitulé Entozoa acalephoidea. On doit de plus à M. Van-der-Hoeven une note sur les porpites, dont il admet le genre en en décrivant trois espèces comme nouvelles. |
Dans la même année, M. Poeppig communiqua une note de Mertens, au tome XX (p. 153) du Floriep noüzen, sur la diphye Bory de MM. Quoy et Gaimard, et sur la stéphanomie. Mertens admettait que cette dernière m'était que l'ovaire de la diphye, proposition au moins singulière.
Dans la même année, le révérend Fleming donna , à Édimbourg, l'histoire des animaux de la Grande-Bretagne, dans laquelle il à rangé dans quatre classes les zoophytes, qu'il appelle radiata. Les acalèphes comprennent, outre les médusaires et béroës, les lucernaires, etc. M. Fleming a formé le genre pleurobrachia aux dépens du beroe pileus de Müller, le mème que plus tard Eschscholtz a nommé cydippe.
En 1828, M. Ricord-Madiana, médecin à la Guadeloupe, publia sur les propriétés toxiques de la grande physale un mémoire fort intéressant.
En 1828, John Stark, en donnant ses Elements of natural history, a suivi les vues de M. Fleming, auxquelles il a appliqué les idées émises par Cuvier et Lamarck. Dans sa XIT° classe, les acalepha, 1l range les actinia, puis les méduses, etc. Au reste, il ny a aucun fait nouveau qu'on puisse signaler.
En 1828, M. Rang, officier de marine, a publié dans la sixième livraison (p. 314) du Bulletin d'lustoire naturelle de Bordeaux, puis dans le tome IV (p. 167) des Mémotres de la société d'histoire naturelle de Paris, un travail dans lequel il propose la création de la famille des béroïdes et les nouveaux et curieux genres alcinoé et ocyroë. Les quatre espèces décrites sont accompagnées de bonnes figures coloriées.
En 1829, le Système des acalèphes, du docteur Eschscholtz, vint, par sa publication, fixer les bases de cette branche de l’histoire naturelle et l'enrichir par une série d'observations neuves et importantes. La méthode de classification, remarquable par sa nouveauté, comprend en outre des coupes secondaires bien faites, la création de senres nouveaux et beaucoup d'espèces inédites. Ce livre, publié en allemand, excepté les phrases triviales qui sont en latin, est fondamental pour l'étude des acalèphes , bien qu'il renferme des erreurs dans l'appréciation des documents anciens principalement. |
En 1829, M. Piet fit insérer dans le Lycée armoricain (t XIT, 69° cahier, p. 189) la description de la grande physale et d’une curieuse espèce de médusaire, trouvées sur les rivages de la Bretagne. En juillet 14828, les côtes de Noiïrmoutiers présentèrent un grand nombre de physales que le vent y avait jetées. Deux lithographies fort médiocres accompagnent la notice fort incomplète que M. Piet donne des acalèphes qu’il a observés.
En 1829, j'ai publié le texte des acalèphes découverts de
1829 à 18925, dans le Voyage autour du Monde de la corvette la Coquille, et dont Les planches in-folio et coloriées avaient successivement été livrées au public depuis 1827 ; mais ce texte, mis en magasin chez le libraire, n’a pu paraitre qu'avec celui des insectes et des crustacés , fait par un autre auteur, et n’a été livré au public qu'en 1838. Cependant la description des acalèphes de la Coquille a souvent été citée sous sa date dans plusieurs publications. Le chapitre XV, consacré aux acalèphes , renferme un mémoire sur la famille des cystisomes, et la description de cinq espèces dessinées sur nature; enfin on y trouve des physophores, des vélelles, des porpites , et les DS ue veaux rats, actes et plethosoma.
En 1829, M. Sars, dans un ouvrage norwégien, et en 1835, dans un petit in-4° enrichi de quinze planches, publiés à Bergen, et dont on trouve l'analyse dans les Annales françaises et étrangères d' Anatomie et de Physiologie (t. El, p. 81), a fait connaître un acalèphe singulier qu'il nomme strobila, lequel, représentant d'abord un polype, se désagrége en corps médusiformes qui ne seraient autres, suivant fui, que le jeune âge de la medusa aurita des auteurs. | | En 1830, j'ai donné dans ma Cemturie zoologique (PI. 55, 56 et 57) une histoire de la diphye jumelle, accompagnée d'une figure originale dessinée en mer pendant le voyage de la Coquille.
En 1838, le London’s Magazine (t. HI, p. 308) donna deux méduses nouvelles, notamment la dianæa Bairdü.
En 1830, le grand travail de M. de Blainville sur les zoophytes fut publié dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, dont il occupe le quarante-neuvième volume , et plus tard, en juin 183%, ce travail, corrigé et accru de toutes les découvertes récentes, fut tiré à part sous le titre de Manuel d’Actinologie ou de Zoophytologie, et enri-
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 49 chi d’un atlas de nombreuses planches coloriées. Cet atlas avait primitivement fait partie de la collection des planches du Dictionnaire des Sciences naturelles, mais il fut augmenté de quelques planches nouvelles pour le Manuel. La classification que nous avons donnée plus haut de ce professeur, donnera une idée du puissant intérêt de celivre.
En 1832, M. Ehrenberg donna à Berlin un travail original enrichi de belles figures sur quelques acalèphes.
En 1833, M. Milne Edwards inséra dans le t. XX VIE, p. 248 des en des Sciences naturelles un mémoire sur la méduse marsupiale de Plancus , ou carybdée marsupiale de Péron et Lesueur. Riche d'observations anatomiques neuves, ce travail est suivi de déductions empruntées aux auteurs sur le rhizostome d'Aldrovandi, soumises par M. Milne Edwards à quelques expériences dont il rapporte les résultats.
Le 7 novembre 1832 Mertens publia dans le t, IT des Mémoires de Saint-Pétersbourg (p. 479, 1833) un travail sur les béroïdes, intitulé : Beobach und unter beroe artigen akalephen, etc., où plusieurs genres nouveaux sont proposés. Malheureusement ce mémoire est écrit en allemand, et nous n'avons pu étudier que les figures et non le texte.
En 1833, j'insérai à la page 600 demon Manuel d'Histoire naturelle et de Pharmacologie une analyse chimique de la méduse rhizostome de Cuvier.
En 1833, MM. Quoy et Gaimard, dans le tome IV de la partie zoologique du Voyage de découvertes de l'Astrolabe, exécuté de 1826 à 1829, pubiièrent, avec de magnifiques planches , leurs nombreuses découvertes sur les acalèphes, et c'est ainsi qu’ils s’occupèrent des béroés, des galéolaires, des physogrades comprenant les physophore, stéphanomie, des diphydes, dont ils font connaître quinze espèces , en
supprimant les genres qu'ils avaient précédemment établis ACALÈPHES, 4
dans les Annales des Sciences naturelles; des médusaires, qu'ils ont accrus des espèces nouvelles nommées carybdée bicolore, bitentaculée et orythie incolore, etc.
En 1835, M. Brandt mit au jour le Prodromus descriponis Animalium ab H. Mertensio in orbis terrarum circumnavigatione obsereatorum , et dans cet ouvrage les acalèphes tiennent une grande part, et sont enrichis de genres curieux et d'espèces nombreuses. Les méduses, les diphyes, les physophores, les rhizophyses et les vélelles érigées en familles, sont subdivisées en sous-familles et en sections qui dénotent une étude consciencieuse.
En 1835, parurent dans le tome IV des Annales des Sciences naturelles (p. 290) les Remarques sur l'organisation des Méduses, de M. Ehremberg.
En 1835, Robert Grant a donné dans les Transactions de la Société zoologique de Londres (t. E, p. 12, 1835) un mémoire sur le système nerveux et sur la structure des cils du cydippe pileus des mers d'Angleterre.
En 1836, dans le tome VII (p. 54) de la traduction française du Traité général d'Anatornie comparée , de J.-F. Meckel, on trouve un article analytique sur les recherches anatomiques dont les méduses ont été l'objet. En janvier 1836 on inséra dans les Proceedings of the z0ological Society of London (p. 2) mon tableau systématique des acalèphes.
En 1836, M. Suriray fit imprimer dans le Magasin de Zoologie de M. Guérin des recherches sur la cause ordinaire de la phosphorescence marine, avec une description de la nocüluca miliaris, accompagnée de figures. Dès 1810 M. Suriray avait présenté à l'Institut ce mémoire, connu par diverses analyses, et qui a été souvent cité.
En 1837, Je fis autographier le Prodrome d’une Monographie des Méduses, et jen envoyai plusieurs copies à l'Institut et à divers savants. Deux cent trente-cinq es-
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 51 pèces sont rangées dans soixante-dix genres, et le grand ouvrage manuscrit, depuis longtemps achevé, renferme deux cents planches coloriées.
En 1736, j'avais envoyé aux Annales des Sciences naturelles le prodrome de la famille des béroïdes, qui se trouve inséré dans le tome V de la nouvelle série.
En 1837, M. George Bennett donna quelques observations sur la physale qu’il nomme physalia pelagica, et qui n'ont rien de neuf, dans une lettre imprimée dans les Proceedl., p. 43, pour 1837. Ces observations, plus complètes, sont reproduites dans la Bibliothèque universelle de Genève, cahier de juillet (1838 ).
En 1838 parut un travail capital sur les méduses , que son auteur avait lu le 24 avril 1835 à l'Académie de Saint- Pétershbourg ( Mém., t. IV, p. 239, avec trente-trois planches coloriées). Ce travail de M. Brandt est intitulé : Aüsfuhrliche Beishreibung der von Merters, etc.
En 1539, M. Robert Patterson publia dans les Transactions de l'Académie royale d'Irlande (vol. XIX , part. 1, p. 109) un bon mémoire enrichi d'une très-belle planche sur le beroe ovatus du docteur Fleming, que l'auteur nomme cydippe pomiformis ; on lui doit aussi une description d’une espèce inédite de bolina hybernica , trouvée également sur les rivages d'Irlande.
En juin 1839, MM. Edouard Forbes et 3. Goodsir firent une excursion sur les rivages des îles Shetland et Orcades, dont ils ont publié le résultat dans la même année. Parmi les acalèphes rencontrés dans ce mois, ils signalent les méduses suivantes : la cyanœæa capillata, la medusa aurie, une dianæa et une oceania nouvelles ; une espèce inédite du genre alcinoe , et un petit Ans Aie à constituer un nouveau genre.
M. Varrell parla à la Société zoologique de Londres (Proceed., 1839, p. 171) d'une physalia pelagica, man-0f-
war, trouvée par le révérend Robert Holdsworth, sur les côtes du Devonshire (Angleterre), à Brixham.
Owen (Proceed., 1839, p. 178) signale l'existence de spermatozoaires dans les méduses. Van-Sieboldt de Dantzick les avait trouvés dans la medusa aurita, et Gwen dans les pelagia, aurelia et cassiopea des côtes de Nice.
Suivant lui, les méduses ont donc des sexes; les mâles, par l’activité avec laquelle se meuvent leurs spermatozoaires (même dans les capsules des testicules), sont faciles à distinguer des femelles, dont les ovaires recèlent des œufs à divers degrés de développement.
M. Forbes, en 1841 ( Ann. and Mag. of nat. Hist. (avril 1841), décrit une espèce nouvelle d'hippocrène et quatre thaumaties des côtes d'Irlande et d'Écosse.
En 1841, M. Hyndmann a publié dans les Ann. and Mag. of natural History, une espèce de diphye qu'il nomme diplues elongata, et qu'il rencontra sur les côtes de l'Irlande. Cette localité lui paraît curieuse, en ce sens qu'il croit que les diphyes n’ont généralement été rencontrées que dans les mers chaudes ; mais nul doute que les océans du nord ou du sud n'aient des espèces qui leur soient propres.
En 1841, M. Mine Edwards (Ann. Sc. nat., t. XVI, p. 199, avec pl.) créa le genre Lesueuria, et donna de précieux détails sur l'œquorea violacea, sur la circulation du beroe ovaius, sur deux espèces de stéphanomies, etc. Le même auteur a enrichi de belles figures originales l'édition avec gravures enluminées du Règne animal de G. Cuvier, et on lui doit des détails anatomiques sur les genres qu’il a fait connaitre dans son précédent mémoire et sur le beroe de Forskahl et la cyanea aurita.
Ici se termine la longue énumération des travaux sur les acalèphes. Ceux que nous pourrions avoir omis seront indiqués dans l'article suivant.