PREMIÈRE DIVISION
je FAMILLE. LES BÉROÏDES, BEROIDEX.
Les acalèphes béroïdes, nommés vibrantes par Chamisso et Eysenhardt , conduisent aux médusaires par des espèces qui sont privées des rangées de cils qui caractérisent les véritables béroïdes. Eschscholz les divise en trois familles dans son ordre des cténophores, et M. de Blainville les réunit sous le nom de cihogrades.
Les zoophytes béroïdes sont , par leur organisation , assez compliqués, plus voisins qu’on ne le pense communément des mollusques nucléobranches, et ont une grande analogie avec les biphores ou salpas, et même, dans quelques cas, avec les ptéropodes'. Cette opinion est confirmée par les recherches que MM. Quoy et Gaymard ? ont faites sur les béroës : « Ils doivent « avoir dans l'espèce animale une place un peu plus élevée que « celle qu’ils occupent, et faire, en attendant qu’on reconnaisse en « eux toutes les conditions pour être des mollusques acéphales , « le passage entre ces derniers et les zoophytes. En effet, nous « avons reconnu des branchies dans les cirrhes locomotrices, et «une circulation si active qu’elle doit nécessairement entraîner « toutes les conditions qui la font exister et qui en dépendent, « bien que nous n’ayons pu voir d’organe d’impulsion ou de cœur
« proprement dit. Les callianires jouissent de la même organisa- « tion. »
* Zoologie de la Coquille , ch. 17, 1, 2, 2° division, p. 95 et suiv, (1829.) * Zoologie de l'Astrolabe, t, IV, p. 1 et 8,
« Les béroïdes ont pour principaux caractères d’avoir un corps « gélatineux éminemment contractile, libre, toujours régulière- « ment pair, bien que diversiforme, muni de rangées de cils : vibratoires , peu discernables chez quelques espèces, ayant un « canal intestinal complet, c’est-à-dire terminé par deux ouver- «tures , dont l’une peut faire fonction de bouche et l’autre « d'anus. »
Les béroïdes, en général, présentent dans leur organisation les détails suivants” : leur corps, très-diversiforme , est mucilagineux, diaphane, peu consistant, se brisant aisément à la moindre pression, présentant sur sa surface des lignes translucides à peu près droites, qu’elles soient verticales ou horizontales, et partant d’une extrémité qu’on pourrait appeler cirrhuigere, et se perdant vers le pôle opposé ou aguifère. Ces lignes sont formées par un canal fin, droit, parfois doublé sur les bords, et garni au milieu et sur les côtés de petites lignes régulières, de lames branchiales , minces, courtes , attachées par les extrémités sur un support capillacé, comme le sont les lames de bois des volets dits persiennes, et se mouvant de haut en bas en demicercle, absolument de la même manière que des volets. Ces lames, qu’on nomme cils, sont très-irritables, très-mobiles, assez analogues à celles des cordons respiratoires des physales , et décomposant la lumière qui traverse leurs interstices, en isolant les rayons lumimeux et produisant le phénomène d’irisation.
L’extrémité aquifère, quel que soit le diamètre de son ouverture , paraît avoir pour but de recevoir la colonne d’eau sur laquelle agissent ses parois pour assurer la locomotion, en même temps que parfois, et rarement cependant , l’eau qui traverse le canal central fournit à la respiration de l’animal , et par suite, en entraînant des substances dissoutes , à sa nourriture. On remarque en effet que, protégé au milieu du canal central traversé par l'eau, se trouve le tube digestif, formant tantôt un seul conduit droit, tantôt un canal composé d’entonnoirs accolés sommet à sommet, ou séparés dans quelques cas par un étroit tuyau de communication. Quelquefois enfin le tube digestif ne va pas jusqu’au milieu du corps, et là se divise en conduits égaux en
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! Zoologie de la Coguille, 1829, €. IX, 2° partie, p. 96 et Suiv.
BÉROIDES. | 63 nombre aux rangées respiratoires ou Ciliaires, et s’y joint pour disparaitre en canal central de chaque rangée. Enfin, dans une espèce , on trouve près du sac stomacal des grains nombreux qui seraient peut-être des ovaires. Toujours, cependant, existent deux ouvertures aboutissant au canal de l’axe du corps; l’une plus petite , souvent ciliée sur son pourtour ou la bouche, l’autre grande , où viennent aboutir les prolongements cirrhigères quand ils existent; et l’anus recoit aussi, dans l'ampleur de sa cavité, l'eau que ses parois compriment, et celle-là est véritablement l'organe locomoteur. par excellence, lorsque les prolongements latéraux et musculaires viennent à manquer.
Les béroïdes acils conduisent aux méduses : comme ces dernières, on les trouve dans toutes les mers du monde, nageant entre deux eaux à l’aide de l’élasticité contractile de leur tissu cutané, et surtout par le moyen des mouvements ondulatoires des nageoires quand elles existent, ou par l’entonnoir postérieur ou aquifère. Dans l’eau, leur position est très-oblique ou presque horizontale, ce que l’on concevra d’autant mieux, que l’eau qui passe dans la cavité de l'axe doit servir elle-même à la locomotion. Ces animaux se nourrissent-ils du frai et des matières graisseuses dont la mer est parfois couverte dans l’intervalle de plusieurs lieues? Les béroïdes produisent aussi le phénomène de phosphorescence souvent à un haut degré. |
M. Cuvier indique les ramifications vasculaires dans les côtes saillantes ou en dentelles qui se rendent d’un pôle à l'autre, et les mouvements de fluides qui semblent les contracter. De plus, la bouche est placée à une extrémité et conduit à un estomac occupant l’axe du corps , près duquel sont deux organes que ce savant croit analogues à ceux qu’il a nommés ovaires dans les méduses. On voit que les idées de M. Cuvier ont été modifiées sur celles émises par MM. Audouin et Milne Edwards, qui décrivent ainsi l’organisation de ces animaux. Suivant eux, il existe dans l’axe des béroés une cavité qui va d’un pôle à l’autre, et qui communique au dehors à l’aide d’une ouverture inférieure qu’on peut considérer comme l’avant-bouche. Dans le tiers supérieur de cette cavité est contenu et comme suspendu une sorte de tube intestinal droit et cylindrique qui a son ouverture extérieure au pôle supérieur, et qui porte de chaque côté deux cordons gra-
64 ACALEPHES.
nuleux (peut-être les ovaires) ? La cavité est remplie par un . liquide en mouvement qu’on voit passer dans deux tubes latéraux , lesquels se divisent bientôt chacun en quatre branches, et parviennent à la surface du corps , en s’ouvrant dans les canaux longitudinaux qui conduisent le liquide dans les cils, dont le mouvement est continuel, et qui paraissent des organes respiratoires. Enfin, des parties latérales de chacun des huit canaux costaux naissent une infinité de petits vaisseaux ou sinus transversaux qui les font communiquer entre eux, et qui s’enfoncent dans le parenchyme environnant. De chaque côté du sphéroïde et intérieurement, on aperçoit deux petites masses qui occupent chacune le fond d’une cavité ou cul-de-sac, et donnent naissance à deux longs filaments contractiles sortant par deux ouvertures circulaires et situées vers le tiers inférieur du corps : ces filaments se divisent ensuite en un grand nombre de branches.
M. Quoy, en étudiant à la lumière, avec le soin le plus scrupuleux, le béroë allongé * ( beroe elongatus , Q.-G.), y a vu les particularités suivantes, et s'exprime ainsi qu'il suit : « La grande ouverture terminale donne dans une cavité allongée qui contient de chaque côté deux organes dont nous n'avons. pas bien pu nous rendre compte, mais que nous supposons devoir servir à la digestion; une très-petite ouverture placée au pôle opposé, est probablement l'anus. Sur chacune des parties latérales de ces corps existent deux canaux un peu en forme d'S, échancrés pour s’accommoder au renflement du canal central ; ils s'ouvrent latéralement vers le tiers supérieur par deux orifices béants qui donnent issue aux deux filaments indiqués ci-dessus, plus ou moins longs, ciliés sur un seul côté , très-irritables, rentrant ou sortant promptement à la volonté de l'animal. Sont-ce des espèces de tentacules propres à le fixer, ou des ovaires ? Cette dernière opinion ne nous paraît pas probable, car nous n’y avons jamais vu de gemmules attachées. Ce sont ces corps qu’on a voulu figurer dans les béroés globuleux et ovales de l'Encyclopédie méthodique. Les espèces transverses les possèdent , mais nous n’avons pu les découvrir dans celles dont les parois sont opaques et l'ouverture très-large. Vers l'extrémité
t Zoologie de l'Astrolabe, t. IV, p. 37.
BÉROÏDES. 65 du grand canal est un organe assez compliqué, allongé, pointu en haut, renflé en cœur au milieu, et divisé en deux branches inférieurement ; ilen part de chaque côté un canal qui se divise promptement en deux branches, puis en quatre, ce qui forme huit canaux pour l’ensemble , lesquels se recourbent en gagnant la périphérie du corps, qu’ils semblent diviser en huit parties égales. Ces vaisseaux (car c'en sont réellement ) sont extérieurement couverts dans toute leur étendue de petites lamelles ciliées plus où moins rapprochées, quelquefois légèrement imbriquées , qui sont toujours en mouvement et font évidemment les fonctions de branchies, en même temps qu’elles servent un peu à la progression * de l'animal. Il s'opère au centre du corps que nous venons de décrire, et qui est probablement un cœur, une circulation très-active que facilitent les branchies qui sont toujours en mouvement. Nous avons cru voir, ce qui serait bien particulier, qu’il y avait à la fois deux courants dans le même vaisseau, l’un concentrique et l’autre excentrique, ce qui est assez facile à distinguer par la qualité grumeleuse du sang. Si ce n’est. qu'une illusion, il faudrait lattribuer à deux systèmes de vaisseaux si bien unis que nous n’aurions pu distinguer leurs limites. Voilà deux fonctions subordonnées bien distinctes, la circulation et la respiration, qui tendent à rapprocher les béroés des mollusques acéphales. » ù
«Nous ne connaissons rien de relatif à la génération, si ce n’est que, sur un individu remarquable par sa mollesse presque diffluente et les nombreux appendices dont il était recouvert, nous avons vu des ovules engagés dans les plis des lamelles branchiales ; et, dans un autre, ces mêmes corps être pris dans le canal central. Quelques espèces ont sur le pôle supérieur une petite palette rétrécie au milieu, et assez souvent colorée en rouge, |
« Les particularités propres au tube nous ont aussi échappé. Nous crovons cependant que lanus doit s’ouvrir à l’extrémité opposée à la bouche, quoique nous n’ayons pu le mettre hors de doute par nos dessins, à l'exception d’un seul individu que
* Les branchies des salpas sont recouvertes de semblables lamelles, ainsi que s’en est assuré le docteur Quoy.
ACALÈPHES, ts)
nous avons représenté avec deux ouvertures anales portées par deux tubes, et desquelles sort une matière excrémentitielle.
«Il est des béroés qui ne présentent que les huit principaux vaisseaux déjà décrits; mais il en est d’autres qui joignent à ceux-ci des ramifications sans nombre , blanches ou colorées en rose et en jaune.
« La vie semble répandue dans les moindres parcelles de ces êtres fragiles que les plus petites circonstances brisent : aussi arrive-t-il quelquefois que la surface de la mer est couverte de leurs débris, dans lesquels on voit encore les cirrhes branchiales vibrer et décomposer la lumière en brillants reflets. Leurs mouvements sont extrêmement lents ; ils n’ont en partie lieu que par ces mêmes branchies ; car il est rare que le large entonnoir qui forme l’ensemble de l’animal se contracte et renvoie l’eau qu’il contient, à la manière des médusaires.
« Il n’est pas nécessaire de dire que, dans ceux qui s’allongent en lanières, comme les cestes , les organes qui viennent d'être mentionnés suivent cette disposition ; mais alors les deux filaments rétractiles, qui sont à la partie supérieure dans les autres espèces, sortent près de la grande ouverture qui est tou-
jours mans : c’est ce qu'on peut voir dans les callianires et les OCYrOÉS. »
De ce qui précède il résulte que les béroïdes, ou du moins les genres de cette famille étudiés dans ces derniers temps, sont plus voisins des mollusques acéphales que des zoophytes, qu’ils ont les plus grands rapports avec certaines espèces d’ascidies transparentes; qu'enfin ils conduisent aux firoles et aux salpas, et forment un ordre de mollusques qu’il sera possible de distinguer un jour.
Les béroïdes voguent dans toutes les mers, libres qu'ils sont dans leurs allures et dans leurs mouvements. Ils se laissent aller aux courants en ondulant leurs parois et oscillant leurs cils; ils paraissent obliquement couchés entre deux eaux par les temps de calme , alors que la mer est belle. Dans les nuits paisibles, lorsque le sillage est médiocre, les béroïdes jettent un éclat des plus brillants, et leur phosphorescence au moindre choc est des plus vives. On ignore quelle peut être leur génération, leur nourriture, le moyen de protection qu’ils emploient pour défendre leur
BÉROIDES. 67 fragilité dans les tourmentes qui bouleversent la surface de la mer. On doit supposer qu'ils augmentent leur pesanteur spécifique pour se précipiter à une certaine profondeur, là où la mer est calme et où les lames sourdes se font moins sentir,
Les béroïdées peuvent être divisées ainsi :
1° pivision. CILIOBRANCHES ou IRIPTÈRES. (Rang.)
Corps pair ou symétrique, diversiforme ou obovalaire ; à rangées réguliéres verticales ou horizontales, s'étendant d’un pôle à l’autre, ou parfois interrompues, de lamelles vibratoires ou mobiles, appelées cûls ; appareil circulatoire en réseau; système nerveux.
1° TRIBU, Corps transversal rubané, à rangées de cils supérieures ; des
prolongements cirrhigères. Les cEsToiDEs ; genre cesle, et par analogie lemnisque.
2° Riu. Corps vertical, à prolongements latéraux, diversiformes ou aliformes , à rangées de cils sur le corps ou sur les ailes; sans prolongements cirrhigères. Les cALLIANIRES ; genres callianire, chiaïe, polyplère, mnénie, bucéphale, bolina.
3° TRIBU. Corps vertical , à prolongements latéraux, aliformes, dilatés, à 2 rangées de cils sur le corps, des prolongements cirrhigéres. Les LEUCOTHOÉËS ; genre leucolhoé.
4e TRIBU. Corps vertical, ayant 2 paires de folioles à une extrémité, à prolongements latéraux, dilatés, à rangées de cils sur le corps ou sur les ailes. Les cALYMMÉS ; genres calymma, eucharis, alcinoé, lesueurie, axiolime.
ot TRIBU. Corps saccéiforme , comprimé, à rangées de cils, médianes et marginaies. Les nÉIS ; genre nés.
Ge rriBu. Corps vertical, à appendices aplatis et disposés dans le sens horizontal. Les Gcyroks ; genre ocyroé.
7° rriBu, Corps globuleux ou ovale ou comprimé, à 8 rangées des cils, allant d’un pôle à l’autre; 2 bras cirrhigères latéraux. Les CYDIPPES ; genres cydippe , eschschollzie, anaïs , merlensie.
Se rriBu. Corps globuieux ou subglobuleux, à 8 rangées de cils, sans prolongements cirrhigères. Les BÉROÉS ; genres béroé, idya, médéa, cydalise, pandore.
2° Division. ACILS. Corps simple, biforé, muqueux, sans cils.
ArrenDix. Faux #ÉnoïpEs ; genres galéolaire, doliole, rosace, Sulculéolaire, praïa, noctiluque, appendiculaire, bipinnaire.
68 ACALEPHES.
1'e TRIBU. LES CESTOIDES, CESTOIDEX.
Callianiridæ, Eschscholtz, Syst. der Ac., p. 21.
LES cestes ont le corps peu haut, mais démesurément développé dans le sens transversal : ils nagent dans la mer sous forme de longs rubans gélatineux.
Les cestes ne comprennent que deux genres, qui tous les deux demandent un nouvel examen. M. Mertens a émis l’opinion adoptée par M. de Blainville, que les cestes n'étaient que des béroës développés outre mesure latéralement. Leur ampleur, la moilesse de leur tissu et la facilité avec laquelle ils se déchirent, rendent l'étude de ces zoophytes fort difficile. Ils paraissent vivre lors même que leur corps est rupturé, c’est-à-dire que leurs fragments conservent une vitalité propre, et jouissent de mouvements réguliers comme l'animal entier. Le docteur Quoy (Zoologie, t. IV, p. 9) pense qu'il n’y a de différence entre les vrais béroës et les cestes, qu’en ce que les deux filaments rétractiles qui partent du pôle supérieur des béroés, sortent, chez les cestes, de la grande ouverture occupant la partie moyenne du corps.
Les cestes sont les géants de la famille des béroïdes. Ce sont, en effet , les acalèphes de cette tribu qui acquièrent la plus grande taille ; leur diaphanéité est relevée par l'éclat des faisceaux de cils de leur rebord. Ils semblent organisés pour les vastes espaces de mer, et ne s'approcher des côtes que poussés par les : vagues et par les vents. La Méditerranée en possède deux espèces, ou au moins une fort distincte. La mer du Sud, entre les tropiques, en possède une troisième; la quatrième a été rencontrée par les latitudes septentrionales de l’océan Pacifique. Le lemnisque vit exclusivement sous l'équateur, dans les canaux échauffés qui morcellent les îles de la Malaisie.
1% GENRE. CESTE,, cesTux , Lesueur.
Cestum, Mertens, Beobach. und unters., Mém. Saint-Pétershourg, 1833, p. 488.
Corps gélatineux, libre, pair, s'étendant latéralement en un appendice rubané, par conséquent peu haut, mais en revanche démesurément large relativement à sa hauteur. Bord supérieur garni d’un double rang de cils; l’inférieur muni de deux rangées
BÉROÏDES. 69 de cils plus petits et moins nombreux. Bouche médiane, ouverte au bord inférieur, communiquant avec un estomac transversal aboutissant à une ouverture supposée anale, très-petite, ayant deux canaux qui s'étendant dans toute la longueur des deux ailes latérales. Cette bouche laisse sortir deux appendices simples et rétractiles, frangés ou cilifères, qui se brisent aisément.
Le genre ceste a été établi par M. Lesueur, dans le Bulletin de la Société Philomatique de juin 1815, sur un individu incompiet pris dans la mer de Nice, et que ce naturaliste comparait à un béroé que Pon supposerait tiré latéralement par les deux points opposés, sans lui faire perdre de sa hauteur. M. de Blainville, dans le tome XII du Dict. Se. nat. (p. 21), a reproduit les idées émises par M. Lesueur, et quelques considérations générales. M. Lamarck, dès 1816, avait reproduit les renseignements dus à Lesueur. « Le ceste ou la ceinture de Vénus, avait-il dit « (An. s. vertébres, t. If, p. 466) ,est un genre d'animaux très- «singulier par laplatissement de son corps, sa hauteur verticale «pelite, et son énorme étendue en largeur qui lui donne la «forme d’un ruban très-long, situé horizontalement, ayant les « tranches verticales.» M. Cuvier ( Æég. anim. , p. 282) a caractérisé ainsi ce genre : « Très-long ruban gélatineux, dont Pun « des bords est garni d’un double rang de cils. L’inférieur en a «aussi, mais plus petits et moins nombreux. C’est au milieu du « bord inférieur qu'est la bouche, largé ouverture qui donne dans « un estomac percé au travers de la largeur du ruban, et allant «à un anus très-petit. De l’extrémité voisine de lanus partent «des vaisseaux qui parcourent les deux extrémités du ruban. « Aux côtés de la bouche s'ouvrent deux sacs qui sont probable- «ment des ovaires. On peut comparer cet animal à une callianire «à deux côtés, et dont les ailes seraient excessivement prolon- « gées. » Eschscholtz s’est borné à donner à ce genre la diagnose suivante : Corpus transversum , angustum, elongatum ; lentacula indivisa, ciliata. Mais on est redevable à cet auteur de la connaissance des deux appendices cilifères, qu'avant lui on ignorait exister chez ces animaux. Delle Chiaie, dans le 4° volume de ses Memorie sulla storia et notomia del regno di Napoli (t. IV, p. 15; Naples, 1829), a publié sur le ceste de nouveaux détails anatomiques, en même temps qu'il a figuré les extrémités qu ruban que M. Lesueur n’avait pas connues.
M. de Blainville admet le genre ceste de Lesueur; il lui donne pour diagnose ces caractères : corps très-court, non distinct, et compris entre deux très-longs prolongemenis bilatéraux ,
cestoïdes , portant les ambulacres des cils sur leurs bords et ainsi
‘au nombre de quatre seulement. Les ouvertures buccale et anale sont évidemment opposées et petites. Une paire de productions cirrhiformes et cirrhigères sortent par l’orifice buccal.
On connaît aujourd’hui quatre espèce de cestes, et on ne peut se dissimuler que les acalèphes de ce genre ne soient des plus remarquables par leur singulière conformation et par leur fragilité. :