‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 18 sur 328 · LE CALLIANIRE TRIPLOPTÈRE, CALLIANIRA TRIPLOPTERA · texte numérisé non relu

LE CALLIANIRE TRIPLOPTÈRE, CALLIANIRA TRIPLOPTERA

C. pinnis utroque latere trilamellosis, ciliatis ; cirrhis duobus tripartitis. Tamarck, An, t. IT p.467. — Beroc hexagonus. Encyclop., pl. 90, fig. 5, p. 150. — Appendicibus uroque latere alæformibus tribus. EschsCh., 4c., p. 28. — De Blainville, Dict. sc. nat.,t. VI, p. 41, supplément.

Nageoires latérales composées de trois lames minces, irisées, deux Cirrhes trifurqués.

Habite les mers de Madagascar et de l’Inde.

BÉROIDES. " 4° GENRE. CHIAIE, curara, Less.

ALcyxoE, Delle Chiaie.

Corps ovale, obloug, quadrangulaire, ouvert aux deux extrémités, ayant au sommet une ouverture buccale, infundibuliforme, mince à son bordquiest évasé en entonnoir, et se terminant en bas par une ouverture anale petite et arrondie. Sur le corps se dessinent douze rangées de cils irisés décrivant six lignes elliptiques d’inégale longueur. Quatre tentacules linéaires rubanées occupent le tiers supérieur du corps, et quatre larges ailes attachées à sa moitié supérieure se détachent sur les côtés.

M. de Blainville place ce genre dans la section des vrais eucharis d’'Eschsholtz, ayant quatre nageoires aliformes, une à chaque angle du corps; des rangées de cils peu saillantes et ne dépassant pas la bouche. Son groupe des eucharis comprendrait donc les genres eucharis (Esch.), polyÿptera ( Lesson) et mnenia. Voici la définition qu’il en donne: «Corps plus ou moins allongé et cylin- «drique, ayant ses orifices opposés assez grands, le buceal «<infundibuliforme, huit ambulacres subégaux, presque com- « plets à l’angle Ge crêtes plus ou moins saillantes : deux paires « d’appendices buccaux. »

1. LA CHIAIE NAPOLITAINE, CHIAIA NEAPOLITANA , Less. Alcinoe papillosa. Delle Chiaie, Mém., t. LV, p. 7, et pl. 51, fig. 1. (PI. 4.)

Corps couvert de papilles, blanc bleuâtre avec des cils fortement irisés. La nuit sa phosphorescence est telle qu’elle jette un vif éclat lumineux sur les vagues. Elle paraît dans le golfe de Naples au mois d'avril, principalement le matin; elle séjourne dans ces parages jusqu'aux premiers jours de mai. Elle se maintient à fleur d’eau les ailes éployées et le corps horizontalement couché. Elle se brise au moindre contact, et à peine la sort-on de l’eau qu’elle s’affaisse et se détruit.

M. Delle Chiaie a imprimé sur ce curieux zoophyte les détails suivants :

« Son corps est ovalaire, oblong, quadrangulaire, ouvert aux deux extrémités : à la partie antérieure est l'ouverture qui forme l’entrée de la bouche, et qui est infundibuliforme, mince dans son périmètre et plissé à l’intérieur ; à la partie postérieure existe l’anus. Les deux angles marginaux du corps ont une côte latérale pectinée, qui reflète toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, et qui, de forme elliptique et rétrécie à ses deux extrémités recourbées, part de l'ouverture antérieure et va finir à : l'ouverture opposée,

78 ACALEPHES.

« Les deux autres côtes, amincies tant dans la partie supérieure que dans la partie inférieure, internes, plus courtes que les précédentes, presque droites et parallèles, partent de l’anus et se terminent dans la direction de la bouche, prolongées qu'elles sont par une crête redressée et ovale; de la base extérieure de cette crête part une cirrhe amincie , marquée à ses quatre angles de lignes irisées, qui tantôt s’allonge, et tantôt se roule en spirale. L'espace qui existe entre la partie externe de la base de cette extrémité et l’entonnoir de la bouche, est le point d'insertion de l’aile, ou bras cilié, dont le périmètre arrondi d’abord, puis aminci à l'extrémité, se prolonge vers chacun des quatre côtés du corps qu’il enveloppe au moyen des trois autres ailes, pour le précipiter au fond de la mer. C’est là qu’elles se déploient toutes quatre pour ramener le corps à la surface, et leur manœuvre est facilitée par quatre laniéres disposées de façon à remplir l'office de rames et de tentacules

« La face supérieure des ailes et l’extérieur du corps de ce Cureux zoophyle sont parsemés de tubes contractiles et souvent creux au sommet ; leur contour est aussi bordé d’une frange excessivement ténue de petits tubes, laquelle se continue non-seulement sur le périmêétre de l'entonnoir buccal, mais peut-être même se prolonge sur les bords à peine relevés de la cavité elliptique qui s’étend le long de l’axe de la face supérieure et inférieure du corps. De plus, l'intervalle qui existe entre chaque côte extérieure, peut s’allonger au point de ANT deux autres ailes longitudinales, ou lobes natatoires de Rang.

« Anatomie. Au fond de l'entonnoir qui constitue l’entrée dé la bouche, où les quatre vrilles apportent les aliments dont ils dirigent l'introduction vers cette entrée, commence le canal intestinal qui est droit, et s'étend jusqu’à l'extrémité opposée du corps où il va s'ouvrir dans un entonnoir semblabie. Le tube intestinal qui ne s’élargit un peu que vers le milieu de son trajet, parcourt l'axe central de la cavité abdominale ; ce sont peut-être les papilles tubuleuses répandues sur la surface du corps qui introduisent aussi l’eau, pour la faire sortir ensuite par lanus ; ces papilles qui ont une structure gélatineuse et transparente, remplissent ainsi l'office de canaux aquifères. Je ne leur ai trouvé, du reste, aucune analogie vasculaire qui puisse me conduire à les comparer aux papilles tubuleuses des holothuries, qui, orne ces espèces , servent de vaisseaux sanguins et respiratoires.

« Il est curieux d'observer dans un vase de cristal rempli d’eau de mer, leur mouvement de contraction et de dilatation , comme aussi la manière dont s’ouvrent et se ferment leurs fossettes terminales, qui peuvent encore au besoin s'attacher aux Corps adjacents et contribuer au mouvement progressif, de même que les côtes longitudinales. Ges dernières représentent les branchies, et sont douées d’un mouvement si rapide qu’on les croirait pectinées d’un seul côté. Mais ayant réussi à en examiner un pelit morceau au microscope, il en est résulté clairement pour moi la certitude qu’elles présentent un vaisseau médian

BÉROÏDES. 79 longitudinal qui est garni à droite et à gauche et dans une direction opposée, de nombreux canaux, peu longs et tous égaux, quoique, par un mouvement de contraction, ils paraissent alternativement inégaux. Enfin sur le dos de ces canaux transversaux existe une suite de petits cils disposés en dents de peigne, et ce sont eux qui, en se mouvant avec une indicible rapidité, font prendre aux côtes divisées les couleurs de l'arc-en-ciel.

« Ceci posé, traçons maintenant le cours du système vasculaire de cet acaléphe. Le vaisseau médian des deux plus petites branchies, et celui des deux plus grandes se recourbent postérieurement et viennent s’anastomoser avec le cercle vasculaire placé au fond de l’entonnoir de Janus ; antérieurement il n'y a que les canaux des deux plus grandes branchies qui fassent de même ; ils s'unissent au vaisseau circulaire dés le commencement de l’entonnoir oral, et se continuent de ia même manière, par les côtés de cet entonnoir et avec une seule série de branchies, jusqu’au fond où ils s’anastomosent et atteignent peut-être par le canal seul, en parcourant la ligne médiane , le sommet de l'autre entonnoir. Le vaisseau des plus petites branchies se bifurque jusqu’à l'extrémité de chaque vrille , ou d’autres canaux pectinés, placés dans ses angles rentrants, viennent prendre leur source. C’est du même anneau vasculaire oral que naît le canal qui entoure entièrement chaque aile, tant à droite qu’à gauche. Il convient de dire ici que la description que je viens de faire de l’appareil circulatoire , concerne seulement la face supérieure ; je devrais faire la même description pour l’inférieure, je m’en dispense pour abréger. Je dois dire en outre que le sang qui circule dans les vaisseaux , étant vu au microscope, semble chargé d’une grande quantité de matière aqueuse, dans laquelle nagent des globules cruoriques oblongs.

« L’ovaire est composé de quatre séries de petits tubercules coniques, qui parcourent toute la longueur de l'intestin ; ils sont remplis d’une substance granuleuse, blanchâtre , et ont chacun un petit canal au sommet. Le tout petit tube qui prend sur le dos de l’animal, près de l’entonnoir, ne serait-il pas peut-être le conduit de l’ovaire ? Et les petits tubereuies dont nous avons parlé ne chasseraient-ils pas les œufs à travers la cavité abdominale ? Ça été pour moi une difficulté sérieuse que la recherche ultérieure de ces parties, à l’occasion desquelles Rang a dit, et non sans raison : « Rien n’y décéle la présence d'organes «digestifs, non plus que de l'ovaire » (ouvrage cité, pag. 169).

M. Delle Chiaie à réuni, dans sa pl. 51, de nombreux détails que nous n'avons pu reproduire dans notre planche. Aïnsi il donne :

Fig. 1. &@) Entonnoir oral , où commence le tube des aliments qui parcourt l’axe central de la cavité abdominale (cc) et finit à l’entonnoir anal (8B). (ee) Ailes supérieures. (ff) Ailes inférieures. (gg) Les

4 » + os »

(3j) Les lobes nataloires. Fig. 2. (1!) Grandes branchies. (m) Bran-

80 ACALEPHES.

chies plus petites dont paraît (fig. 15) un morcean grossi par son diamètre, et vu au microscope (fig. 12), elles se bifurquent aux deux angles de chaque vrille (n), et de même que celles du côté opposé qui sont coupées, et celles de la face inférieure ; elles s’anastomosent avec l’anneau (0) de l’entonnoir de l'anus: antérieurement avec l'artère de l’aile (p) en se terminant dans l’entonnoir oral avec lequel elles communiquent par le vaisseau (r); canal intestinal (s) avec les ovaires ({{) ei le conduit de l’ovaire (u). Fig. 3. Ovaire grossi et (fig. 13) papille du corps raccourcie. du

5° GENRE. POLYPTÈRE , POLYPTERA.

Lesson, Ann. sc. nal., 1836, p. 267.

CALLIANIRA , Cham.

MNEnrA, Eschs.

Corps hyalin, très-fragile, tubuleux, cylindrique, dilaté antérieurément; bouche transversale; une seule aile placée sur le côté, grande, large, cestoide, ciliée sur chaque bord, à cils irisés. Ailes intermédiaires plus petites , au nombre de six. Quatre sont supérieures, lancéolées, soudées au corps par leur base, ciliées sur leurs bords. Les deux inférieures diffèrent des quatre premieres, et ont de grands rapports avec les deux ailes latérales, cestoïdes, et, comme elles, sont ciliées.

M. de Blainviie, tout en adoptant ce genre dans les dernières additions faites à son Traité de Zoophytologie, dit que c’est une coupe établie d’après une figure incomplète, et dont il est diflicile de se faire une juste idée. Cela est vrai, mais cet acalèphe a des formes si tranchées et si spéciales, qu’il est impossible de ne pas en faire un genre appartenant à la tribu des callianires. M. de Blainville le définit ainsi: « Animal sans nageoires aliformes et dont les crêtes ciliigères forment deux à deux des sortes de voiles longitudinales, dont les extérieures sont plus longues que les intérieures et dépassent la bouche.»

LE POLYPTÈRE DE CHAMISSO, POLYPTERA CHAMISSONIS.

Less., Ann. sc. nat., avril 1836, p. 267. — Callianira heteroptera, Cham. et Eys., Act. d. Bonn, t. X , p.2, pl. 31, fig. 3, ab. —- Mnenia chamissonis ; corpore elongato, compresso. Esch., Ac., 32. — Eucharis heteroptera Blainv., Zooph. correct, 1837, p. 640.

Corps mollasse, gélatineux, hyalin; cils vibratoires très-irisés , toujours en oscillation.

Habite l'Océan Atlantique entre les tropiques, suivant Eschscholtz ; es mers du cap de Bonne-Espérance, la rade de Table-Bay, suivant

M. Chamisso.

BÉROIDÉS. 8i 6° GENRE. MNÉNIE, MNENIA.

Eschsch., 4Acalèphes, p. 31.

Corps vertical, ovale allongé, ayant deux ouvertures , aboutis sant à deux cônes, et bordé sur les côtés de deux ailes entières, unies à la base, et cordiformes au sommet. La bouche est garnie de deux piliers saillants eten partie libres. Quatre ou six rangées de cils de chaque côté; l'extrémité lisse ou munie de deux petits prolongements.

M. Eschscholtz se borne à caractériser le genre mnenia en ces termes : Corpus extus læve, appendicibus circum 08, et hine lobatum. M. de Blainville réunit les mnenia aux alcinoés de Rang, et leur applique cette diagnose : « Espèces dont le corps cylindrique, vertical, est embrassé par les deux lobes du manteau et dont les ambulacres inégaux font deux pointes sur les Icbes et deux sur le corps; ceux de cette dernière partie se prolongent sur les appendices buccaux; ie corps n’a pas de prolongements cirrhigères.

1. LA MNÉNIE DE SCHWEIGGER , MNENIA SCHWEIGGERI. Corpore ovato, postice mutico. Eschsch., 4c., p. 31, pi. 2, fig. 3. Corps ovalaire allongé, translucide, à extrémité anale mutique, ayant quatre grandes rangées de cils et deux petites. Habite la baie de Rio de Janeiro, au Brésil, Son nom rappelle un professeur allemand.

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