‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 236 sur 328 · LA RHIZOSTOME BOURBONNIENNE, RHIZOSTOMA BORBONICA · texte numérisé non relu

LA RHIZOSTOME BOURBONNIENNE, RHIZOSTOMA BORBONICA

Eschsch., 4c., p. 54, esp. 12 : Margine disci integro, tenui , maculis albis Subtriangularibus in orbem positis exornato ; brachiis octo, dichotomis, fimbriatis ; capitulis pedunculatis , minoribus albis , majoribus violaccis, zona alba præditis. — Cassiopæa borbonica, Delle Chiaie, Mem. sulla Storia, etc., t. EX, pl. 3 ef 4,p. 75 ei suiv. : Corpus orbiculare, hyalinum, subtus brachiatum ; pedunculo nullo ; tentaculis ad periphæriam nullis, ora quatuor, vel plura in disco inf eriori. (Delle Chiaie, p. 83.) — Cappello marino reale des pêcheurs napolitains ( Delle Chiaie ): Disco orbiculari, supra convexo, sublus concavo; margine integro, tenui, maculis albis subtriangularibus in orbem positis exornato ; brachiis octo, dichotomis , fimbriatis ; capitulis pedunculatis, minoribus albis, majoribus violaceis, zona alba prœæditis ; aperturis quatuor, in nucleo disci inferioris. — Hab. rarissima in mari Tyrrheno pruriginem con- Lractata nullam afferens ; marginem disci ac brachia alternatim contrahendo et extendo progrediens.

Ombrelle à pourtour entier, mince , maculé de taches triangulaires blanches, ayant huit bras dichotomes, fimbriés, à petits faisceaux portés sur un pédoncule ; les plus petits blancs, les plus grands violets , avec un anneau blanc.

Habite la Méditerranée, où cette rhizostome estrare ; le golfe de Naples. Delle Chiaie l’a dédiée au due Ferdinand de Calabre. Les pêcheurs l’appelient vulgairement chapeau marin royal.

Delle Chiaie a publié sur cette méduse le Mémoire suivant : « Une des plus belles et des plus élégantes méduses appartenant au genre cassiopée des zoologistes modernes est, sans contredit, celle que j’entreprends aujourd’hui de décrire. Un éminent personnage à qui, pour le bonheur des peuples de l’une et de l’autre Sicile, la divine Providence a destiné l’héritage de la sagesse et du trône de Ferdinand, a daigné, par l'intermédiaire du docte chevalier Joseph Saverio Poli, m'en faire don et m’ordonner en même temps de la décrire. L’honorable mission que son Altesse Royale le duc de Calabre , notre auguste prince héréditaire, a bien voulu me confier, ne pouvait m'être plus agréable , car ni les auteurs anciens ni les modernes, dont j’ai pu consulter les ouvrages, n’ont décrit cette cassiopée.

« C’est par cette raison que j'ai cru de mon devoir de l’appeler cas-

siopée bourbonnienne , comme un témoignage d’éternelle reconnaissance pour l’illustre et royale famille des Bourbons, qui n’a jamais refusé son auguste patronage aux hommes qui cultivent les sciences et les arts. En établissant cette dénomination spécifique, j'ai encore eu pour but de donner une preuve de mon humble dévouement à son Altesse Sérénissime , qui se livre avec génie et avec amour à l'étude de la nature, et sait reconnaître les avantages qui peuvent en résulter pour la société et pour la gloire nationale. J’ai donc l’espoir que ce court Mémoire sera accueilli avec bienveillance par un prince aussi magnanime, et que son Altesse Sérénissime voudra bien prendre en considération ce qu’il serait possible de faire à Napies dans cette branche de zoologie et d'anatomie comparée.

…. « La rhizostome bourbonnienne a le disque ou chapeau d’un jaune verdâtre, convexe dans sa partie supérieure, et de 8 pouces de périmètre. Son bord:est pendant, entier et garni d’une couronne de taches presque triangulaires et blanchâtres. La face inférieure du disque est concave ; elle a dans le milieu une protubérance orbiculaire, convexe et haute de i pouce environ. De son contour naissent huit bras longs de 1 pouce, divisés chacun vers le sommet en deux branches soudées entre elles par une membrane mince et déliée. Le bord externe et interne des huit bras principaux a une rangée de franges. Non loin de là prennent naissance diverses tiges susceptibles d’allongement et de contraction, et qui sont de plus garnies à leur extrémité d’un corps sphérique violet, traversé par une zone blanche au milieu ct finissant par une petite ouverture buccale; ces tiges ou pédicelles, symétriquement disposées, commencent à la pointe des divisions de chaque bras; réunies alors en une seule branche, elles les parcourent entiérement jusqu’au bras contigu, avec lequel elles se confondent. De même, les huit séries de pédicelles se réunissent en quatre couples, pour former un nombre égal de lignes primaires disposées en croix sur la protubérance que j’ai indiquée. Parmi les corps sphériques déjà mentionnés, on en voit d’autres plus petits ct blancs; ils sont courtement pédicellés et chargés d’une fonction différente.

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« Cette cassiopée présente, dans les espaces intermédiaires et alternes avec chaque bras, quatre ouvertures semi-lunaires et un peu larges, regardées par erreur Comme des bouches, et dont, plus loin , je m’oceuperai plus spécialement. Cette particularité, fondée sur la conformation de parties qui ne peuvent se modifier autant après la mort du zoophyte , conservé dans Pesprit-de-vin, me paraît suffisante pour décider que la C. borbonica diffère essentiellement de la C. frondosa , Lam. ; car Pallas, bien qu’il ne l’eüt pas observée vivante, lui a cependant donné huit ou dix bras, avec un nombre égal de bouches, caractère qui, peu d’années aprés, a été vérifié par Lesueur, dans l'Océan des Antilles, où il trouva vivante cette cassiopée, qui était munie de dix bouches et non pas de quatre, comme on l’observe dans la ©. borbonica. Et afin qu’on saisisse mieux les différences que présentent les deux espèces en question, la ©, frondosa de Lam., et la C’. borbonica de Chiaie, je rapporte la description de Palias *, de Péron et Lesueur ?, et des autres auteurs * qui l’ont décrite après eux. Enfin la figure donnée par le premier, et fidèlement imitée dans la pl. 92, fig. 1, de l'Zncyclopédie méthodique, suffit pour lever tous les doutes qui pourraient rester dans l'esprit du lecteur.

« La À. borbonica se tient dans la mer, tantôt sur la face supérieure, tantôt sur la face inférieure de son disque, avec tous ses bras. Ses pédicelles et les globes qui y sont attachés offrent, par leur ällongement et par leur contraction, le spectacle le plus intéressant pour l’œil de l’observateur. Elle est très-rare dans notre mer, où, le 1" octobre 1823, elle fut pêchée par les marins attachés au service deS, A. R. le duc de Calabre.

« En coupan la protubérance décrite plus haut, le long de la série croisée de ses pédicelles, on voit apparaître en dessous quatre membranes excessivement minces, qui, attachées à la face interne de ses parois et à la face externe de l'estomac, forment autant de cavités ayant chacune la bouche proprement dite. L’estomac est placé dans le centre inférieur du disque ; libre sur les côtés , il adhère en dessous aux tu-

‘ « Discus orbiculatus, tenuis, planiusculus, supra convexior ; ambitu maculis difformibus, guttisque opaco-albis, variegatus ; limbo cinctus membranaceo, fasciolis albis seu fimbriato. Subtus in medio disco nucleus seu corpus adnatum subrotundo-octagonum minoribus , decagonum in majori meo specimine, supra planum, et ramentis in octo vel decem series ab angulis ad centrum conferlis, villosum... Aperturæ externe in nucleo, inter singula brachiorum paria singulæ, oblongæ. » (Spic. z00log., fasc. X, p. 30-31, pl. 2, fig. 1, 2, 3.)

* Cassiopea Pallas, Péron et Lesueur, num. 85 : Ombrelle orbiculaire , aplati, lisse, marqué de taches polymorphes d’un blanc opaque; dix échancrures à son pourtour ; dix bouches ; dix bras parsemés de cotyles blancs, aplatis et pédicellés ; couleur... 6-7 centimètres ; de la mer des Antilles. ( Ann. du Mus. d'hist. nat. de Paris, t. XEV, p.357.)

# « C. frondosa : Orbicularis, planulata, margine decem lobata, brachiis decem ramoso-frondosis, cotylis pedicellatis. » Dix bouches. Lamarck, Hist. des Anim. sans vert., (. IE, p, 512, n° 5.— Cuvier, Règ. anim., t. IV, p.58. Paris, 1817.

niques de la protubérance, C’est dans l’estomac que viennent s'ouvrir huit grands canaux, résultant chacun d’un grand nombre de petits canaux latéraux ; ils contiennent les sucs qui, après avoir été absorbés par l'appareil buccal de chaque globe violet, se sont fait un passage à travers les petits vaisseaux de chaque tige.

« Les ovaires sont placés sur l'estomac ou au milieu des cavités indiquées tout à l’heure, et correspondent aux bouches du zoophyte. Ils ont une forme à peu près arquée; ils reposent sur les quatre canaux principaux de l’estomac qui sont le plus près d’eux, et se terminent peut-être avec les canaux particuliers, dans les globes blancs que j’ai mentionnés plus haut. Chaque ovaire est formé d’une substance gélatineuse, gorgée de grains et renfermée dans une membrane pleine de bouffissures. Je n’ai pu établir, d’une maniére complète, l’analogie de leur structure avec les ovaires des actinies, parce que quand j’en entrepris la section, l’esprit-de-vin avait altéré leurs formes. J’ai inutilement essayé d’injecter les ovaires de mercure, afin de constater si la sortie des œufs s’opérait par chaque globule blanc ou par quelque autre passage ouvert entre les quatre cavités, après lesquelles ils auraient dû s'échapper par les bouches déjà décrites. Quoi qu’il en soit, de tout ce que je viens d’établir, il reste au moins prouvé que ces dernières ne doivent plus être considérées comme des ouvertures destinées à l’introduction des aliments, ainsi que le pensait Baster. La division établie récemment par Péron dans le genre méduse de Linnée, est fondée sur le nombre et la destination de ces bouches, qui, ayant donné souvent passage à des poissons ou d’autres petits corps marins, ont été prises - pour les véritables ouvertures chargées de l’introduction des aliments. Mais cette opinion ne concorde ni avec les faits ni avec la raison. Ces bouches sont destinées à la libre entrée et à la libre sortie de l’eau de mer nécessaire à la respiration et à la modification des sucs nutritifs.

« L’estomac et ses canaux proviennent d’une seule et mince membrane ; le liquide jaunâtre qui y est contenu se fraie un passage dans seize vaisseaux principaux, garnis d’un grand nombre de ramifications réticulées et dirigées vers le bord du disque. Ils s’anastomosent admirablement , tant entre eux qu'avec les rameaux contigus. El faut noter de plus un vaisseau assez grand , qui, en tournant autour du disque , communique avec les diverses ramifications. Des canaux qui cheminent sous les huit bras naît un tronc vasculaire qui s’anastomose avec les deux petits canaux des franges qui font l'office de branchies. Le liquide contenu dans les canaux est jaunâtre; l’effet de l’eau-de-vie est de le rendre d’un jaune citrin. Il ne peut plus être révoqué en doute que de ce liquide dépend l’action vitale et l'accroissement de Pindividu. On voit qu’en général l’organisation des méduses est excessivement simple, en comparaison de celle des moliusques. Comme les polypes, elles possédent un moyen particulier de multiplication des espèces ; la régénération des parties détachées ayant lieu, comme on le croit, par le dévelop-

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pement d’un individu tout à fait semblable à celui auquel appartenait le fragment déchiré. La C. borbonica est extéricurement semée d’une infinité de petites"vésicules appelées , par Lamarck, dans les autres espéces qui en abondent, érachées agualifères. Le liquide qui y est contenu, ét qui paraît être de Peau de mer, peut librement passer de l’une à l’autre vésiculé.

« L'espèce que je décris, au sortir de la mer, laisse échapper de la surface extérieure de son corps une grande quantité d’une sorte de muci- Jage filamenteux qui, dans l’esprit-de-vin, s’augmente encore et devient plus visqueux.

« La medusa pulmo, du prof. Macri, m’a présenté une suile de petits trous absorbants, placés au sommet et sur la face interne de chaque bras. Ils communiquaient avec un canal situé le long de l’axe de chaque bras, et ouvert dans l’estomac. De ce canal sortaient ensuite des vaisseaux longitudinaux qui, en guise de rayons, arrivaient jusqu’à la périphérie du disque ou chapeau de cette méduse. 1]s s’anastomosaient encore avec d’autres canaux qui, par leur disposition concentrique, oc- Cupaient toute la face inférieure du chapeau, Les parois de l’estomac étaient aussi fortement fibreuses que celles de la protubérance à laquelle les huit bras sont attachés. Je n’y ai rencontré aucunes traces d’ovaires, et les quatre ouvertures, appelées bouches par quelques auteurs, correspondaientaux quatre cavités que j'ai décrites dans la C. borbonicd. On trouve encore dans notre golfe la #7, proboscidalis, Gm.; M. cymballoides, Cuv.; M. tyrrhena et luberculala, de Macri. Ce dernier auteur, dans un savant Mémoire lu à l’Académie royale des sciences, le 23 avril 1819, a décrit trois nouvelles espèces de méduses ; ce sont, fo, la IV. frondosa, différente de celle à laquelle Pallas a donné le même nom spécifique ; 20. la AZ. fungus marinus , et 3°. la 7. tuber. »

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