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LIVRE TROISIÈME

3° FAMILLE. LES DIPAVDES, prruypx.

Quoy et Gaim., Ann. Sc, natur., janvier 1827.

Les acalèphes de cette famille sont remarquables en ce que chaque individu résulte constamment de l'association de deux pièces soudées, dont l’une s'adapte à l’autre en se fixant dans une cavité destinée à la recevoir.

Dans leur travail publié en janvier 1827 dans les Annales des Sciences naturelles, Quoy et Gaïimard, qui ont tant contribué à l'accroissement de cette famille en genres et en espèces, les caractérisent ainsi : « Les diphyes, dans leur état parfait, se composent toujours de deux animaux réunis, de forme différente, dont chacun jouit d’une vie distincte qu’il peut conserver longtemps quoique séparé de son congénère. Le premier qui se présente est formé de deux cavités, dont une, complète, a cinq dentelures à son ouverture , et la seconde n’est qu’un canal plus ou moins parfait, formé de deux feuillets laissant passer un chapelet de suçoirs et d’ovaires qui appartient au second acalèphe. Ce dernier, ordinairement plus petit que le précédent, auquel il est uni d’une manière plus ou moins intime, est pourvu de trois cavités; c’est dans celle du milieu, par laquelle l’emboîtement se fait, que sont fixés les suçoirs. »

Ce Mémoire de MM. Quoy et Gaimard servit à M. Eschscholtz, en 1829, à établir des coupes nombreuses parmi les diphydes, et c’est ainsi qu'il proposa dans son Système des Acalèphes (p. 121 à 139) les genres et les espèces suivantes :

SYPHONOPHORÆ.

**, DIPHYDÆ.

1. EupoxiA. -— Tubulus suctorius unicus. Pars corporis organa nutritoria fovens simplex (cavitate natatoria haud instructa).

1. E, Bojani, parte corporis cavitate natatoria instructa quam àtera triplo longiori, ad orificium quadridentata. Tab. 12, fig. 1. Mer Atlantique.

2. Æ. Lessonti, partibus cartilaginosis corporis longitudine æqualibus; parte nutritiva lanceolata, compressa. Tab. 12, fig. 2. Mer du Sud.

3. Æ. pyramis, partibus corporis arcte unitis, corpus pyramidale telragonum formantibus. Pyramis tetragona. Otto, ên d. Act. Acad. ; L., Carol., 11,t. XLII. Mer Méditerranée.

4, E. triangularis, salpa triangularis. Quoy et Gaimard. Freycinet, ’oyage, p. 511, tab. 74, fig. 9, 10. Nouvelle-Guinée.

2. Ersaæ, Eschsch. — Tubulus suctorius unicus. Pars corporis nutritoria cavitate parva natatoria, tubuli instar prominenti, instructa. 1. Æ. Quoyi, parte nutritiva corporis lanceolata ; parte natatoria apice libro processu membranaceo bilobo. Tab. 12, fig, 3. Mer Atlantique.

2. E. Gaimardi, parte nutritiva corporis late triangulari; parte natatoria apice libero , altero latere elevata et truncata, altero bidentata. Tab. 12, fig. 4. Mer Atlantique.

3. AGLAISMA, Eschsch. — Tubulus suctorius unicus, Pars Corporis nu= tritoria cavyitate parva natatoria interna instructa.

1. À. Baærü, parte corporis nutritoria cuboidea, parte natatoria apice libero tridentata. Tab. 12, fig, 5.—Æglaja Baœærii. Isis, Band, 16 (1825), 743, tab. 5, fig. 14. Atlantique, entre les tropiques.

4. AByLa, Eschsch. — Æbyla, calpe (etrosacea?), Quoy et Gaimard, Ductus nutritorius tubulis pluribus obsitus. Pars Corporis nutritoria cavitale parva natatoria interna, extrorsum se aperienti, instructa.

1. À, trigona, parte corporis nutritoria compressa parallelogramma ; parte natatoria apice clauso acuminata. Gibraltar. — Quoy et Gaimard, ÆAnnal. d. Sc. nat., X, 1827, t. IE, B. fig. 1-8. 1sis, Band, 21, 333, t. 3. —/#/orlterbuch der nat. Gesch., 1.76.

2, A. penlagona, parte corporis nutritoria cuboidea, parte natatoria apice clauso obtusa. Gibraltar. — Cualpe penlagona. Quoy et Gaimard, [. c., t. 2, À. fig. 1-7.— Isûs, 1. c., 332, U. Worterbuch d. IV, G., 1. 16.

3. ROsacea ceutensis, parte corporis nutritoria subglobosa, latere unico ad orificium cavitatis natatoriæ truncata. Gibraltar. — Quoy et Gaimard, L. çc. — Isis, 1. c., 339, t. 4, fig. 1, 2.

4, Rosacea plicata, parte nutritoria reniformi. — Quoy et Gaimard, £. c. — Æsis, l. c., 940, t. 4, fig. 3. — Gibraltar.

5, GymBa, Eschsch. Cymba, enncagonum et cuboides, Quoy et Gaim. Ductus nutritorius tubulis pluribus obsitus. Pars corporis nutritoria cavitate parva natatoria , tubuli instar prominenti, instructa.

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1. C. sagitlata, parte nutritoria apice libero bifida; parte natatoria ad cavitatis orificium irregulariter sexdentata. Gibraltar. — Quoy et Gaimard, L. c., t. 2, C. fig. 1-9. — Jsis, 21, 334, t. 3. — Und Worterbuch d. N. G.,l, c.,t. 76.

9, C. enneagonum, parte nutritoria spinis novem crassis Circundata ; parte natatoria minima. Gibraltar. — £nncagonum hyalinum, Quoy et Gaimard, !. €., t. 2, D. fig. 1-6. — 1sis, 21, 335,1, 3. — Und Worlerbuch d. IN. G.,t.76.

. ©. cuboides, parte nutritoria cuboidea, parietibus concavis, parte natatoria parva apice libero quadridentata. Gibraltar. — Cuboides vilreus, Quoy et Gaimard, {. c.,T.H. E. fig. 1-3. Isis, 1. c., 336, t. 3. — Und Worterbuch d, N, G., it. 76.

6. Drruyes , Cuvier. — Ductus nutritorius tubulis pluribus obsitus. Tubuli squamis cartilagineis obtecti. Pars corporis nutritoria cavitate natatoria interna, extrorsum se aperienti, instructa.

1. D. angustata, cavitate natatoria partis nutritorii altero duplo longiori ; cavitate ductus nutritorii, ultra medium corporis protensa. Tab. 12, fig. 6. Mer du Sud, entre les ODA "eS, Band, 16 (1825), tab. 5, fig. 16.

2. D. dispar, cavitatibus natatoriis æqualibus ; cavitate ductus nutritorii ultra medium cCorporis protensa. Mer du Sud, sous l'équateur. — Chamisso, /V. Act. Acad. L. Carol., X, 365, tab. 32, fig. 4.

3. D. campanulifera, cavitate natatoria partis natatoriæ quam altera majori; cavitate ductus nutritorii ante medium corporis desinenti. Gibraltar. — Diphyes, Quoy et Gaimard, Ann. des Se. nal., X, 1827, tab. 1, fig. 7. — Isis, Band, 21, 330, tab. 3 — Und Worterbuch d. N. G.,t. 76.

4, D. appendiculata, cavitate natatoria partis nutritoriæ altera fere duplo majori ; cavitate ductus nutritorii brevissima. Tab. 12, fig. 7. Mer du Nord.

G. Cuvier, dans l’édition du Règne animal qui porte la date de 1830 (t. III, p. 288), se borna aux détails donnés par MM. Quoy et Gaimard, et ne paraît pas avoir étudié soigneusement ces acalèphes.

Ainsi, pour G. Cuvier, les diphydes sont « un genre très-sin- « gulier, où deux individus différents sont toujours ensemble , « lun s’emboîtant dans un creux de l’autre, ce qui permet ce- « pendant de les séparer sans détruire leur vie propre. Ils sont « gélatineux, transparents, et se meuvent à peu près comme les « méduses ; l’emboîtant produit du fond de son creux un chape-

« let qui traverse un demi-canal de l’emboîté, et paraît se com- « poser d’ovaires, de tentacules et de sucoirs comme ceux des « genres précédents. MM. Quoy et Gaimard y ont établi des « divisions d’après les formes et les proportions relatives des « deux individus. Ainsi, dans les diphyes propres , les deux indi- « vidus sont presque semblables, pyramidaux, avec quelques « pointes autour de leur ouverture, qui est à la base de la pyra- « mide. Dans les calpés , l'emboîté a encore la forme pyrami- « dale, mais l’emboîtant est fort petit et carré. Dans les abyles, « l’emboîté est oblong ou ovale, l’emboîtant un peu plus petit et «en forme de cloche. Dans les cuboides , c’est l’emboîté qui est « petit et en forme de cloche; l’emboîtant est beaucoup plus « grand et carré. Dans les navicules, l'emboîté est en forme de « cloche ; l’emboîtant aussi grand, mais en forme de sabot. Il y « a encore plus'eurs autres combinaisons. »

En 1530, M. de Blainville, le savant qui a le mieux étudié les acalèphe$ de cette famille, a publié, dans son Traité des Zoophytes (p. 125 à 142, et addit., p. 638 à 640), des vues d’une haute portée. Il caractérise ! ces animaux dans ces termes :

« Corps bilatéral et symétrique , composé d’une masse viscérale tréspetite, nucléiforme, et de deux organes natateurs, creux, contractiles, subcartilagineux et sériaux : l’un antérieur , dans un rapport plus ou moins immédiat avec le nucléus, qu’il semble envelopper, l’autre postérieur et fort peu adhérent. Bouche à l’extrémité d’un estomac plus ou moins proboscidiforme. Anus inconnu. Une longue production cirrhiforme et ovigère sortant de la racine du nucléus et se prolongeant plus ou moins en arrière.

« Les animaux qui constituent cette famille, quoique fort communs dans toutes les mers des pays chauds, paraissent avoir été signalés pour la première fois d’une maniére certaine par M. Bory de Saint- Vincent, qui en a parlé dans son Z’oyage aux côtes d'Afrique, en les considérant comme des biphores. Tilésius en a dit également quelque chose dans la partie zoologique du /’oyage de Krusenstern;mais M. Cuvier est le premier qui en ait formé un genre distinct sous le nom de diphye , ou du moins qui l’ait publié dans la première édition de son Règne animal. En effet, M. Lesueur , plus d’un an auparavant, m'’avait envoyé le dessin d’un genre de la même famille, auquel il donnait le nom d’amphiora , et qui, d’après ce que je sais maintenant des diphyes, en était au moins bien voisin, mais que le défaut de

1 Dict. Sc.mnat., t., LX (1836).

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renseignements sur les caractères de ce genre m’empêcha sans doute de rendre public. Nous devons même ajouter que M. Lesueur avait été plus heureux que M. Cuvier, en ce qu’il avait en sa disposition un animal vivant et complet , tandis que celui-ci faisait d’une diphye un composé de deux individus, en donnant pour type la moitié antérieure seulement, à laquelle il attribue deux ouvertures, l’une pour la bouche et l’autre pour la sortie de la production cirrhigère, qu’il regarde comme l'ovaire.

« Depuis lors, MM. Quoy et Gaimard, ayant eu l’occasion d’observer un grand nombre d’espèces différentes dans les eaux du détroit de Gibraltar, en firent le sujet d’un Mémoire spécial, accompagné de figures nombreuses, et qui, envoyé à l’Académie des sciences , a été publié dans les Ænnales des Sciences naturelles.

« En même temps qu’ils firent parvenir leurs observations en France, ils voulurent bien m'envoyer plusieurs diphyes conservées dans l’esprit-de-vin , et c’est ce qui m’a permis de me faire une tout autre idée que celle qu’on avait de ces animaux. En effet, M. Cuvier, en créant ce genre , le plaça, on ne peut {rop deviner pourquoi, dans sa classe des acaléphes , entre les béroés et les porpites.

« Pendant le reste de leur voyage, MM. Quoy et Gaimard eurent l'occasion de rencontrer d’autres diphyes, dont ils firent des genres distincts.

« J’ai eu aussi l’heureuse occasion de me procurer de charmants dessins de diphyes, faits par M. Lesueur, dans le golfe de Bahama , lors de son passage en Amérique. |

« M. Paul-Émile Botta , placé à ma recommandation sur un bâtiment de commerce qui vient de faire le tour du monde, m’a également communiqué les observations qu’il a pu faire sur les diphyes , en sorte que’, quelque difficile que soit leur étude , j'ai pu arriver à entrevoir leurs véritables rapports naturels, surtout en m’aidant de l’examen de certaines espèces de physophores.

« Le corps d’une diphye, au premier aspect, et surtout à ce qu’il parait pendant la vie , semble n’être composé que de deux parties polygonales, subcartilagineuses , transparentes , placées à la suite l’une de l’autre, et se pénétrant plus ou moins, celle de derriére dans une excavation de celle de devant. Ces deux parties plus ou moins constamment dissemblables , offrent, en outre, cela de commun, qu’elles sont ordinairement creusées plus ou moins profondément par une cavité aveugle et s’ouyrant à l’extérieur par un orifice fort grand et régulier, quoique diversiforme : en ajoutant à cela une production regardée comme un ovaire par M. Cuvier, et qui sort de la cavité supérieure de la partie cartilagineuse antérieure ; c'était tout ce qu’on avait remarqué sur les diphyes avant le Mémoire de MM, Quoy et Gaimard : ils ont cependant décrit les nombreuses espèces qu’ils ont observées, à peu prés comme M, Cuvier , avec cette modification cependant , qu'ils

ont considéré les deux parties comme appartenant au même animal ; mais l’étude des différences de forme nécessaire pour l’établissement des genres nouveaux qu'ils ont proposés , et surtout les bonnes figures qu’ils ont données , ont permis d’aller plus loin, et de voir dans les diphyes autre chose que les deux parties subcartilagineuses. En effet, en prenant pour exemple les calpés, et surtout les cucubaies ou les capuchons, on voit que le corps des diphyes forme un véritable nucléus, situé à la partie antérieure de la masse totale, et que ce nucléus est composé d’un œsophage proboscidien à bouche terminale en forme de ventouse , se continuant dans un estomac entouré de granules verts hépatiques, et quelquefois dans un second rempli d’air. On remarque, en outre , à la partie inférieure, un autre amas glanduleux, qui est probablement l'ovaire et en rapports plus ou moins immédiats avec la production cirrhigère et peut-être ovifère qui se prolonge en arrière. Ce nucléus paraît plus ou moins enveloppé par le cartilage antérieur, qui lui offre , en effet, une cavité quelquefois distincte d’une seconde, dont il a été parlé plus haut, servant à la locomotion, et d’autres fois confondue avec elle ; il est du reste en connexion intime avec son tissu par des filaments que nous croyons vasculaires. Il en est de même de la partie postérieure du corps. Nous avons déjà fait remarquer que cette partie était creusée par une ‘grande cavité qui se continue dans presque toute sa longueur ; c’est du fond de cette cavité que naît un prolongement peut-être également vasculaire qui se porte au-dessus de la racine de la production ovigère, et qui s’unit sans doute au nucléus. Ainsi il me paraît certain que cette partie appartient réellement à la diphye ; mais l’on conçoit comment elle s’en détache au moindre effort, puisque son union se fait par le moyen d’un seul filament,

« D’après ce qui vient d’être dit de l’organisation des diphyes , on voit que la partie que M. Cuvier regardait comme constituant l’animal à elle seule, n’en est qu'un organe peu important ; qu’il faut y joindre la partie postérieure , qu’on regardait comme un individu distinct; mais surtout qu’il faut tenir compte du nucléus viscéral , qui, avec la production ovifère , forme la partie essentielle de l’animal.

« D’après cette maniëére d'analyser une diphye, il est évident que ce ne peut être un animal du type des actinozoaires; mais pour établir ses rapports naturels, voyons ce que les observateurs cités nous oné rapporté de leurs mœurs et de leurs habitudes.

« Les diphyes sont des animaux d’une grande transparence , qu’il est souvent fort difficile d’apercevoir dans les eaux de la mer, et même dans une certaine quantité d’eau prise à part.

« C’est essentiellement à d’assez grandes distances des rivages qu’on les rencontre dans les mers des pays chauds , et souvent en très-grand nombre. ;

« Elles flottent et nagent, à ce qu’il paraît, dans toutes les directions, l'extrémité antérieure ou nucléale en avant, et par la contraclion des

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deux parties subcartilagineuses chassant l’eau qu’elles conservent ; aussi leur ouverture est-elle toujours dirigée en arrière. Quand les deux organes natateurs sont également pourvus d’une cavité spéciale , il est probable que la locomotion est plus rapide; elle peut du reste être exécutée par l’un ou par l’autre proportionnellement à leur grandeur. |

« Le postérieur est si peu solidement attaché au nucléus, qu’il arrive souvent que par accident il s’en détache , au point que M. Botta croyait qu’une diphye entière n’était formée que d’une seule de ces parties , n'ayant que fort rarement trouvé ces animaux complets.

« Pendant la locomotion , la production cirrhigère et ovifere , à ce qu’il paraît, flotte étendue en arrière, en se logeant en partie dans une gouttiére dont le bord inférieur de l’organe natateur postérieur est creusé ; mais elle n’a pas la même longueur , l’animal pouvant la contracter fortement et même au point de la faire rentrer entièrement ; d’aprés cela, il est évident que cet organe est musculaire. Mais ce qu’il offre de plus remarquable , c’est que dans toute sa longueur , et espacés d’une maniére assez réguliere , se trouvent des organes que MM. Quoy et Gaimard regardent comme des suçoirs , et qui jouissent en effet de la faculté d’adhérer et d’ancrer l’animal , comme s’en est assuré M. Bolta. Je n’ose décider ce que cet organe peut être ; mais je suis porté à croire , ou bien que c’est un prolongement du corps analogue à ce que nous avons vu dans les physophores ", ou que c’est, sinon un ovaire, du moins un assemblage de jeunes individus , un peu comme dans les biphores.

« Dans l’état actuel de nos connaissances sur les diphyes, il me semble qu’elles sont pour ainsi dire intermédiaires aux biphores et aux physophores : elles se rapprochent des premiers, dont l’enveloppe subcartilagineuse est quelquefois tripartite, comme nous l’apprenons de M. de Chamisso, en ce que la masse des viscères est nucléiforme , qu’elle est contenue cn grande partie dans cette enveloppe, que celle-ci a deux ouvertures , et que c’est par la contraction que s'exécute la locomotion.

« On trouve, au contraire, à rapprocher les diphyes des physophores, en regardant les organes natateurs comme analogues de ceux que nous avons vus dans le genre diphye, où le plus petit est en avant et le pius grand en arriére , l’un et l’autre étant parfailement bilatéraux. La bouche est aussi à l’extrémité d’une sorte de trompe. Il y a quelquefois un renflement bulloïde plein d’air ; enfin, le corps est terminé par une production cirrhigère et peut-être ovifère.

! C’est l'opinion de M. Eschscholtz, qui donne à cette partie le nom de ductus nulrilorius ou de canal nourricier, qu’il dit simple dans la première section, ou pourvu d’un seul suçoir, et complexe, ou pourvu de plusieurs suçoirs dans la seconde.

432 ACALEPHES.

« Au reste, nous sommes obligé de convenir que ces rapprochements, pour être mis hors de doute, ont besoin d’une connaissance plus complète que celle que nous avons non-seulement de l’organisation des diphyes et des physophores, mais même de celle des biphores eux-mêmes.

« Dans la maniére de voir de M. Mertens, naturaliste de l’expédition russe , les diphyes ne seraient que des stéphanomies, et il considère les productions ovifères et cirrhigères des diphyes comme analogues aux portions postérieures tubuleuses des stéphanomies. »

Les genres établis par MM. Quoy et Gaimard et par Lesueur, ajoute M. de Blamville, ne sont connus que par des figures , et on doit cependant les adopter, au moins provisoirement, pour faciliter leur étude. Les genres d’otto ne reposent que sur des pièces détachées et incomplètes ; on doit principalement les diviser en deux grandes sections, suivant que la partie antérieure est pourvue d’une seule ou de deux cavités. M. Eschscholtz, ajoute M. de Blainville, a égard à la considération du nombre des cavités de l’organe natateur antérieur, et à celle d’un seul ou de plusieurs sucoirs à la production tubuleuse; il en est résulté des genres tout aussi nombreux que ceux de M. de Blainville, mais formés sur d’autres caractères et ce, à la même époque.

M. de Blainville admet donc dans ses zoophytes faux, et dans son deuxième groupe, ou les DIPHYDES, les genres ci-après :

$. 1. Diphyes vraies.

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