‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 24 sur 328 · L'ALCINOÉ DE LA NORWEGE,, ALCINOE NoRWEGICA, Less · texte numérisé non relu

L'ALCINOÉ DE LA NORWEGE,, ALCINOE NoRWEGICA, Less

Mnemia norwegica, Sars, Berk., p. 32, pl. 7, fig. 16 : Corpore hyalino, oblongo, compresso , radiis omnibus postice concwrrentibus ; appendicibus circu 08 4 lancéolatis, planis, ciliatis; lobis corporis maximis.

Corps arrondi, allongé, ayant au pôle supérieur une ouverture petite, du rebord de laquelle partent huit rangs de cils; sac stomacal presque droit, aboutissant à une ouverture ovalaire, ayant quatre appendices lancéolés, mobiles, frangés sur les bords. Corps excessivement renflé au-dessous de sa partie inférieure par deux énormes ailes for-

mant une portion volumineuse, convexes et sillonnées par deux lignes vasculaires , qui partent de deux rangées ciliaires moyennes. Transparence hyaline, cils irisés.

Habite les côtes de Norwège.

M. Sars donne une minutieuse description de cet acalèphe singulier et que nous croyons identique avec la bolina d’Irlande de M. Patterson. Malheureusement nous n’ayons pu lire son texte, et par conséquent | reproduire les curieux détails qu’il renferme. Seulement il représente les franges des appendices comme étant légèrement triangulaires, courtes et pectinées , et les lamelles des cils comme interseciées par des paquets de corps capillacés , égaux, au nombre de huit.

15° GENRE. LESUEURIE, LESUEURIA.

Milne Edwards, Institut, 16 août 1841; et Ann. sc.nat.,t. XVI (1841), p. 199.

Corps ovalaire, comprimé, à huit côtes saillantes , dont quatre de la longueur du zoophyte et n’en dépassant pas le milieu , avec huit rangées de cils ; huit lobes au pôle inférieur.

On ne connaît qu’une espèce, des côtes de France et d'Italie, de ce genre curieux.

LESUEURIE VITRÉE , LESUEURIA VITREA.

Milne Edwards, Institut , 16 août 1841 ; et Ann. sc. nat., t. XVI (1841), p. 199, pl. 2,3et4.

Corps transparent, d'aspect vitré, haut de deux centimètres.

Il est commun dans la baie de Nice.

Si tous les acaléphes avaient été étudiés avec le même soin que la lesueurie, leur histoire serait facile à faire , et bientôt nous aurions un livre didactique sur ce sujet. Malheureusement il n’en est pas ainsi. Il n’y à aucune branche de l’histoire naturelle qui ait plus de lacunes. L’Acalèphologie est dans l’enfance et ne repose que sur des documents de valeur fort différente, et qu’il faut employer faute de mieux. Ici nous allons reproduire en entier, sans en changer une virgule, l’excellent travail de M. Milne Edwards. Ce sont de ces documents fondamentaux qu'il faut offrir pour modèle aux naturalistes qui veulent faire marcher cette branche si négligée de nos connaissances en histoire naturelle.

« L’on s'accorde généralement à classer dans l’embranchement des animaux rayonnés tous les zoophytes marins, qui organisés pour la nage, ressemblent un peu à des champignons par leur forme extérieure , et se font remarquer par la transparence et l’aspect gélatineux de leurs corps. La plupart des zoologistes rangent dans la même classe un certain nombre d'animaux marins dont la conformation générale diffère de celle de ces méduses, mais dont les tissus présentent le même caractère et dont la structure est également appropriée à la na-

BÉROÏDES. 91

tation, Quelques auteurs cependant trouvent que ces êtres, connus sous le nom de béroïdes et de physophorides , ont plus d’analogie avec les mollusques qu'avec les méduses, et les séparent des autres zoophytes pour les placer avec les ascidies dans la grande division des mollusques acépbales , dont les représentants principaux sont les huîtres, les moules, etc. Une discordance d’opinion si grande, entre des hommes qui font autorité dans la science, ne peut dépendre que de l’imperfection de nos connaissances relatives au mode d'organisation de ces animaux à affinités douteuses ; et en effet, les formes extérieures de ces êtres ont été décrités avec assez d’exactitude ; mais les naturalistes qui ont eu l’occasion de les observer ne se sont que peu apppliqués à en étudier la structure intérieure.

« En explorant la baie de Nice, j’ai trouvé en assez grande abondance un de ces animaux qui, à raison de sa transparence vitrée, se prête admirablement aux recherches physiologiques , et qui m’a permis ainsi de constater quelques faits dont la connaissance pourra intéresser les zoologistes. Cet animal est de la famille des béroïdes , et se rapproche des mnénies de M. Eschscholtz et des alcinoés de M. Rang, mais ne me paraît pouvoir rentrer dans aucune des divisions génériques déjà établies , et devra probablement constituer le type d’un genre nouveau que nous désignerons sous le nom de lesueuria, en l'honneur du compagnon de Péron, dont les travaux sur les acalèphes appellent la reconnaissance des zoologistes.

« Le corps de notre lesueuria (pl. 2, fig. 1, et pl. 3, fig. 1), long d'environ deux centimètres, est ovalaire et assez fortement comprimé; de façon à offrir quatre pans d’inégale grandeur, ou plutôt deux faces et deux bords dont la disposition est parfaitement symétrique. Son extrémité supérieure est creusée par une dépression évasée et profonde (pl. 3, fig. 1) qui simule l'entrée d’une cavité intérieure, mais qui n’est point perforée et qui donne naissance par son bord à huit côtes verticales légèrement saillantes; quatre de ces côtes descendent jusqu’à l'extrémité inférieure du corps et occupent la ligne de jonction des deux faces élargies du corps , avec les deux pans plus étroits que nous avons désignés ci-dessus sous le nom de bords; les autres côtes, que l’on pourrait appeler accessoires , n’occupent que la moitié de la longueur de l'animal, et sont disposées par paires sur les deux faces dont il vient d’être question; enfin, de même que les précédentes, elles sont garnies de cils vibratiles. La conformation de la portion inférieure du corps est plus compliquée. On y remarque d’abord huit grands lobes, arrondis par le bas et séparés entre eux par des échancrures trèsprofondes. Pour en faciliter la description, je les distinguerai en lobes principaux , lobes latéraux et lobes accessoires. Les lobes principaux (pl. 5, fig. {), au nombre de deux, occupent la presque totalité de la moitié inférieure des deux faces du corps, et sont contigus par leurs bords avec les lobes marginaux (pl. 3, fig. 1, b), qui sont également

au nombre de deux; ces derniers terminent les petits côtés ou bords latéraux du corps , et sont divisés chacun en trois lobules vers leur bord inférieur; enfin, les lobes accessoires (pl. 3, fig. 1, €), au nombre de quatre , recouvrent en partie les lobes principaux, et vont rejoindre comme ceux-ci les lobes marginaux; ils naissent de la surface externe des premiers de ces lobes, dans l’espace compris entre le bord latéral de ceux-ci et l’extrémité inférieure des côtes ciliées accessoires dont il a déjà été question, de façon à laisser entre eux un espace assez considérable. Quatre tentacules (pl. 3, fig. 1,e), @e longueur médiocre et de forme conique, naissent au point de jonction des lobes marginaux avec les lobes accessoires et les lobes principaux , et une bordure meinbraneuse les unit au bord des grands lobes correspondants.

« Les franges vibratiles qui garnissent les huit côtes dont il a déjà été question sont disposées par petites rangées transversales, et fixées sur une série de petites crêtes arrondies el parallèles (pl. 4, fig. 2); ce sont de petites lanières membraneuses, plus ou moins profondément divisées en filaments vers le bout, et offrant, quant à leur disposition et leurs mouvements , la plus parfaite ressemblance avec ceux des cydipes et des béroés. Celles des côtes latérales se terminent au bord inférieur des lobes marginaux, et on ne trouve pas d’appendices vibratiles sur le bord de ces lobes ; mais celles des côtes accessoires se continuent avec une rangée simple de filaments semblables, qui borde tout autour la portion libre de chacun de ces lobes accessoires. Les lobes principaux ne présentent rien de semblable, mais se terminent chacun par deux lévres d’inégale longueur, que sépare un sillon transversal ; la lèvre interne descend beaucoup plus bas que la lèvre externe, et au milieu de celle-ci on remarque un petit lobule saillant et obtus (pl. ?, fig. 3). L'ouverture buccale occupe l’extrémité inférieure du corps et consiste en une large fente transversale, comprise entre les deux lobes principaux, et bornée de chaque côté par les lobes latéraux, qui ont une grande épaisseur et s’avancent très-loin entre les premiers (pl. 3, fig. 1, f). Enfin, l’entrée de la cavité disgestive cest rétrécie par une membrane froncée qui se porte des lobes principaux aux lobes latéraux, et le pourtour de l’orifice ainsi circonscrit est garni par un grand nombre d’appendices filiformes et trés-contractiles (pl. 2, fig. 3: ctpl. 3, fig. 1, €), qui constituent une espèce de frange transversale et correspondant par leur insertion au fond du sillon que nous avons déjà indiqué comme divisant l’extrémité de ces lobes en deux lèvres superposées.

« La cavité alimentaire occupe l’axe du corps e& consiste principalement en une grande excavation de forme à peu près cylindrique, qui surmonte l’ouverture buccale , et qui peut être considérée comme une chambre pharyngienne (pl. 3, fig. 1, g). Ceite chambre communique librement au dehors par l'ouverture dont il vient d’être question, et s'étend jusque vers le tiers supérieur du corps, où elle se termine

BÉROIDES, 93 brusquement, Dans sa partie inférieure , Clle n'offre rien de particu= lier; mais dans sa moitié supérieure, on aperçoit deux appendices membraneux, qui correspondent à la ligne médiane des lobes principaux et qui ressemblent assez à une sorte d’intestin droit suspendu au milieu de l'appareil digestif, mais qui, dans la réalité, consistent chacun en une double lamelle membraneuse , légèrement froncée et adhérant aux parois de cette cavité {pl. 2, fig. 4, g; et pl. 4, fig. 1, L). Cet organe ne renfermait pas de corps oviforme ; mais, d’après sa structure et d’après sa ressemblance avec lappareil générateur des eydippes, je suis porté à le considérer comme étant un ovaire. À la voûte de la cavité pharyngienne se trouve une ouverture médiane qui conduit dans une seconde chambre commune à l'appareil digestif et au système vasculaire, et tout autour on aperçoit une multitude de cils vibratiles qui se meuvent avec rapidité et déterminent l'entrée des liquides gastriques dans ce système de canaux.

« L'orifice dont il vient d’être question débouche dans une cavité subpyriforme (pl. 3, fig. 1 ; et pl. #, fig. 1, c) qui occupe l'extrémité supérieure de l’axe du corps et qui constitue, comme l'estomac des méduses , une sorte de réservoir central de l’appareil circulatoire. Tous les gros vaisseaux en partent, et le trajet de ceux-ci est facile à constater , soit par l’observation des mouvements du liquide chargé de globules qui les traverse sans cesse pendant la vie, soit par l'injection de matières colorantes dans leur intérieur. Quatre de ces troncs naissent dans le tiers inférieur de cette cavité gastrique et se dirigent obliquement en haut et en dehors (pl. 8, fig. 1, et pl. 4, fig. 1, d d ); parvenue au fond de la grande dépression infundibuliforme de lextrémité supérieure du corps (pl. 3, fig. 1, a), ces canaux se divisent chacun en deux branches, qui continuent à se porter en haut et en dehors, jusqu’à ce qu’elles aient gagné le bord de cette excavation, puis se recourbent en bas et suivent les côtes ciliées dont il a déjà été question. Le vaisseau qui longe ainsi chacune des côtes accessoires se continue ensuite sur le lobe accessoire correspondant, dont il suit le bord libre jusqu’à la base de l’appendice tentaculaire ; le vaisseau qui marche sous chacune des côtes ciliées principales, parvenu au bord inférieur des lobes latéraux, se recourbe en haut et en dedans pour aller se terminer au même point que le précédent, et les deux branches nées d’un même tronc primilif se réunissent ainsi de nouveau au sommet de la grande échancrure qui sépare le lobe accessoire des deux lobes principaux correspondants. Deux autres canaux (pl. 3, fig. 1, h) naissent également des côtés du réservoir central, maïs un peu plus bas que les troncs que je viens de décrire, et se portent directement en bas, en suivant la ligne médiane qui divise en deux moitiés symétriques chacun des lobes principaux. Ces vaisseaux sont placés trèssuperficicilement, comme les précédents, et offrent à leur extrémité inférieure un petit renflement pyriforme, d’où naissent deux branches

94 ACALEPHES.

qui se portent directement en dehors, en suivant le bord du repli labial externe de ces lobes ; puis se recourbent en haut et vont s’anastomoser ayec les deux branches que nous avons déjà vües se réunir dans l’angle formé par la jonction du lobe: accessoire avec le lobe latéral, Une branche se détache de ce point anastomotique et descend le long de l’appendice tentaculaire correspondant (pl. 3, fig. 1, c). Enfin, de chacun de ces même points de jonction naît un autre canal (pl. 3, fig. 1, j) qui suit le bord inférieur du lobe principal, et qui, arrivé sur la ligne médiane de ce lobe, se réunit à son congénère pour constituer un tronc médian {pi. 3, fig. 1, j), qui remonte en ligne droite vers le réservoir central, en longeant la face interne du lobe et en marchant par conséquent au-dessous du vaisseau superficiel que nous avons déjà vu suivre le même trajet; à son extrémité supérieure , il s’élargit etcommunique avec l'extrémité inférieure de la cavité centrale de l’appareil vasculaire, laquelle représente, comme je l'ai déjà dit, l’estomac des méduses.

« Un liquide incolore, mais chargé de petits globules arrondis, circule dans ce système de canaux et paraît être mis en mouvement par les cils vibratiles dont l'entrée du réservoir central est garnie. Le courant n’est ni rapide ni régulier, mais paraît se diriger de bas en haut dans les canaux situés sous les côtes ciliées, et de haut en bas dans les canaux appartenant aux lobes principaux.

« Le cercle circulatoire est par conséquent complet, et il est à noter que les vaisseaux des deux faces opposées du corps ne communiquent directement entre eux que par l'intermédiaire du réservoir gastrique. Au-dessous du renflement pyriforme de l’extrémité inférieure du vaisseau superficiel et médian du lobe principal, on aperçoit un petit appendice cylindrique et tubulaire (pl. 3, fig. 1, et pl. 2, fig. 3, b) qui naît au fond du sillon situé sous la base de la lèvre externe de ce même lobe , et qui est entourée à sa base par de nombreux filaments tentaculaires. Cet organe est ouvert librement à son extrémité inférieure et se termine par quatre lobules (pl. 2, fig. 3, c); un canal dilatable en occupe toute la longueur et se termine supérieurement par un tubercule arrondi qui fait saillie dans l’intérieur du renflement vasculaire placé au-dessus, et qui paraît être perforé de façon à établir une communication entre le système circulatoire et l’extérieur. On peut considérer par conséquent ces organes comme des appareils excrétoires et les comparer à ceux que M. Ehrenberg a décrits chez certaines méduses , et que ce savant désigne sous le nom d’anus.

« D’après les détails qui précédent, on a pu voir que la structure des lesueuria est plus compliquée que celle attribuée jusqu'ici aux animaux de la même famille, et cependant les organes dont il vient d’être question ne sont pas les seuls dont ces animaux sont pourvus ; ils en possédent d’autres dont importance est non moins considérable,

« Lorsqu'on examine avec attention le fond de la grande excavation

BÉROIDES. 95

de l'extrémité supérieure du corps (pl. 2, fig. 2), on y aperçoit quatre mamelons qui correspondent à la ligne médiane des quatre lobes principaux, et au milieu de ces bosselures on découvre un petit tubercule qui occupe J’axe du corps et qui se fait remarquer par sa couleur rouge (pl. 8, fig. 1, et pl. #, fig. 1, &); sa forme est sphérique et sa surface granulée de façon à présenter exactement l’aspect de ces corps brillants qu’on trouve au pourtour de l’ombrelle de la plupart des méduses et que M. Ehrenberg considère comme étant des yéux. Le savant que je viens de citer a remarqué au-dessous de chacun de ces points oculiformes des méduses un petit corps jaunâtre ou blanchâtre qui paraît y envoyer deux filaments, mais qui ne donne pas d’autres branches, M. Ehrenberg pense que ces corps sont des ganglions nerveux ; mais son opinion a été rejetée par quelques naturalistes comme ne reposant pas sur des preuves suffisantes. |

« Dans l’animal dont la description nous occupe ici j’ai constaté l’existence d’un organe semblable, et sa conformation est tellement caractéristique, qu’on ne pourra, je le crois, se refuser à admettre que c’est bien réellement le centre d’un système nerveux. Effectivement, presque immédiatement au-dessous du point oculiforme se trouve un corps subpyriforme d’apparence ganglionnaire (pl. 3, fig. 1, et pl. 4, fig. 1, L), qui est d’un tissu plus opaque que les parties voisines et qui donne naissance à un grand nombre de filaments. La disposition de cet appareil a la plus grande analogie avec celle du système nerveux des biphores * ; seulement les filaments, que je considère comme étant des nerfs, ne sont pas placés tous sur le même plan, et forment quatre faisceaux qui descendent obliquement vers le bord inférieur et externe des lobes principaux du corps; quelques-uns de ces filaments déliés paraissent s'arrêter vers la base des lobes accessoires, maïs on peut suivre la plupart jusqu’auprès de la rangée d’appendices filiformes située prés du bord de chacun des lobes principaux, et pendant leur trajet vers cette partie plusieurs paraissent se ramifier. Enfin il existe aussi, au milieu de chacune des côtes ciliées, un petit filament longitudinal (pl. 4, fig. 2) qui paraît être aussi de nature nerveuse et qui donne de chaque côté une multitude de ramuscules; ceux-ci naissent par faisceaux, d’une maniére trés-régulière, au-dessous de chacune des crêtes transversales auxquelles se fixent les franges vibratiles, et vers le milieu de l’espace que ces crêtes laissent entre elles ; il paraîtrait même exister un petit renflement ganglioniforme à l’origine des branches correspondantes aux crêtes, mais je n’oserais affirmer que la tache qu'on aperçoit dans ce point appartienne réellement à l'appareil dont il est ici question. A l'extrémité supérieure du corps, les filaments verticaux se continuent au delà des côtes ciliées et se réunissent deux à

! Voyez les figures que M. Milne Edwards a données du système des biphores, dans la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier (Mollusques, pl. 121).

06 ACALEPHES.

deux en se dirigeant vérs le ganglion central placé sous le point oculiforme ; j'ai pu les suivre jusque tout auprès de cet organe, mais il m’a été impossible de m’assurer si effectivement ils communiquent avec ui. Quoi qu’il en soit, il me parait évident que les iesueuries possèdent un systéme nerveux bien distinct et que ce système, loin de ressembler à celui dont M. Grant à annoncé l’existence chez les cydippes, offre la plus grande analogie avec celui des tuniciers. Cette analogie est en faveur de l’opinion de M. de Blainville touchant les affinités naturelles des béroïdes avec les mollusques ; mais tout ce que nous savons du mode de structure des autres parties du corps montre l’existence de liens bien plus nombreux et plus étroits entre ces animaux et les acaléphes ordinaires. Du reste, Iles passages entre les mollusques et les zoophytes sont plus nombreux el plus marqués qu’on ne l’admet généralement ; et pour mettre la classification de cette partie du règne animal en harmonie avec les véritables principes d’une méthode naturelle, il faudrait peut-être rapprocher plus qu’on ne l’a fait ces deux grandes divisions. »

44° GENRE. AXIOTIME, Ax1OTIMA.

Eschsch., Ac., 34. — Axia, ibid., Isis, 1825,

Corps horizontal, peu élevé, irrégulier; sans appendices alaires ? mais ayant quatre lamelles de cils disposées en croix.

Ce genre est fort obseur. M. Eschscholtz se borne à le caractériser ainsi : Corpus appendicibus ad os destitutum.

M. de Blainville pense avec Mertens que ce n’est qu’un béroë incomplet. Ge genre avait d’abord été nommé axia, par Eschscholtz, lorsqu'il le publia pour la première fois dans PZsis.

L’axiotime ne paraît pas pouvoir être rapporté à un béroé, car il tient des calymma et des bucéphalon. Les rangées de cils vibratiles sont au nombre de quatre, et cruciées lorsque les lobes latéraux du Zzoophyte sont rapprochés. Ils sont très-distants quand il est dans un état d'expansion. Le tube digestif, compliqué à sa naissance, n’a qu’un canal droit et étroit au milieu du corps.

On n’en connaît qu’une espèce de la mer du Sud.

L’'AXIOTIME DE GAEDE, AXIOTIMA GAEDII.

Esch., Ac., p. 34, pl. 2, fig. 6.

Corps horizontal, peu élevé, subglobuleux, gélatineux, blanc hyalin, à quatre squamelles irisées.

Habite la mer du Sud entre les tropiques.

BÉROÏDES. 97 5e TRIBU. LES NÉIS, NEISIDÆ, Less.

ONT un corps plus haut que large, mince, comprimé, sacciforme, ayant huit rangées de cils, deux au milieu se soudant à leur extrémité, et deux contournant les bords qui sont épais et sans ailes. Les néis sont des callianires très-voisins des mnénies.

Page 1