LA DIPHYE À APPENDICES , DiPHYES APPENDICULATA
Eschsch., Ac., p. 138, pl. 12, fig. 7 : Cavitate natatoria partis nutriloricæ fere duplo majori; cavitate ductus nutritorii brevissima.— De Blainv., Zooph., loc. cit.
Portion nucléale du double plus grande que la portion natatrice ; conique, obtuse au sommet, à nucléus ovalaire, pointu ; prolongement cirrhigète et stomacal , fort long , à ramuscules nombreux et courts sur une tige unique ; portion natatrice terminée en pointe mucronée dans le haut et dans son bord libre, finissant en une ouverture arrondie , à lèvres simples et protégé par un cône, qui est le prolongement de son arête dorsale. Transparence hyaline.
Habite la mer du Nord.
2e cExre. HÉTÉRODIPHYE, HETERODIPHYES , Lesson.
Corps natateur toujours plus grand, et de forme assez différente, que la portion nucléale; le nucléus peu ou point distinct; le chapelet stomacal et ovarifère, partant de la petite pièce, et supporté par la portion natatrice.
Les combinaisons de formes dans les deux pièces de ces diphyes sont singulièrement nombreuses, et ont porté les naturalistes à établir une foule de petits genres que nous conservons pour rappeler les principaux traits de leur organisation.
A sOUS-GENRE. CALPÉ, CALPE.
Quoy et Gaim., Ann. Sc. nal., janv. 1827.
Corps nucléiforme , sans trompe exsertile, ayant une sorte de vésicule aérifère et, à sa base, un ovaire prolongé en une longue production cirrhigère et ovifère; organe nucléal ou antérieur court, cuboïde , ayant une cavité distincte; organe natateur ou postérieur très-allongé , tronqué aux deux extrémités, ne pénétrant pas dans l’antérieur, et pourvu d’une ouverture terminale ronde.
A ces caractères, M. de Blainville ajoute que ce genre est trèsdistinct des diphyes, avec lesquelles il a de grands rapports, mais qu’il est remarquable non-seulement. par la disproportion des deux corps natateurs, mais encore par leur.non emboîtement ou, en @aütres termes, par leur simple juxtaposition. M. de Blainville, qui a eu occasion d'examiner l’acalèphe, type de ce sous-genre, lui à reconnu un nucléus composé d’une sorte d'estomac, avec une boucñe sessile et même une petite plaque hépatique, de couleur verte, appliquée contre lui, et en outre d’une sorte de vessie aérifère située en arrière. A la racine inférieure du renflement stomacal est l'ovaire, formé par un amas de granules, et qui semble se prolonger én arrière en une longue production chargée de corps oviformes , et d’autres plus longs et plus en forme de cloche. Cette production, sortie de l’organe natateur antérieur, passe sous le postérieur, en suivant la gouttière dont il est creusé à sa face inférieure. Du reste, celui-ci, également itronqué aux deux extrémités, est creusé dans presque toute sa longueur par une grande cavité, du fond de laquelle on voit très-bien partir un vaisseau qui se continue jusqu’à la racine de l'ovaire du nucléus.
MM. Quoy et Gaimard, les créateurs de ce genre, auquel ils donnèrent le nom du lieu où fut pris l’espèce-type, proche la
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inontagne de Gibraltar ; le mont Calpé, des anciens, lui assignent les caractères suivants : animal libre, gélatineux, très-résistant, transparent, polygonal, formé de deux parties. La plus considérable, subpyramidale, ayant cinq côtés, séparés par des arêtes, dont une plus saillante, en forme de crête. Cette première partie a deux cavités, dont une ovalaire, grande, à ouverture munie de cinq pointes; autre cavité n’est, à proprement parler, qu'un canal formé de deux membranes réunies pour donner issue aux sucoirs et aux ovaires réunis. La seconde partie , beaucoup plus petite, est une sorte de cube joint à l’extrémité du corps et créusé de trois cavités.
Eschscholtz réunit les calpe et les abyla, et en forme le genre abyla, qu’ilcaractérise par cette phrase: Ductus nutritorius tubulis pluribus cbsitus ; pars corporis nutritoria cavitate parva natatoria interna, eætrorsum se aperienti, instructa.
Nous définissons ce petit sous-genre ainsi : Sacs stomacaux nombreux et portés sur un cordon ovarigère; pièce nucléale cubique; pièce natatrice longue, pentagonale, et terminée par une ouverture arrondie bordée de cinq dents.
{. LA CALPÉ PENTAGONE, CALPE PENTAGONA.
Quoy et Gaim., Ann. Se. nal., 1827, pl. 2, A, fig. 1 à 7. — Blainvilie, Man., pl. 4, fig. 3. — Griff., An. Kingd., pl. 5, fig. 7. — Abyla pentagona, Eschsch., Ac., p.132, n° 9; Isis, p. 332, pl. 76. — Piphyes ealpe , Quoy et Gaim., Astrol., pl. 4, fig. 7-71 : Corpore translucido, pyramidale, pentagono, partibus inæqualibus ; anteriore cubica, biforata ; posteriori ore quinque partita. Franslucide; portion nucléale cubique; portion natatrice à cinq
dents sur le pourtour de l’ouverlure qui est ronde. Longueur de 10 à
12 lignes.
Habite la Méditerranée au détroit de Gibraltar. Se trouve aussi dans
J'Océan Atlantique. À MM. Quoy et Gaimard ont étudié avec soin cet acalèphe, et dans
ieur premier Mémoire, inséré dans les Annales des Sciences naturelles,
ils ont publié à son sujet les détaiis suivants : « Des deux parties qui composent ce zoophyte, la première a une grande cavité complète, cylindrique , un peu renflée au milieu, dans presque toute la longueur du corps. Elle se termine en un petit conduit qui communique avec le cube, et auquel vont se joindre quatre stries intérieures , qui paraissent être des vaisseaux, tandis que l’autre extrémité , trés-arrondie , qui constitue la bouche , est circulaire, munie d’une petite valvuletrés mince, et entourée de cinq pointes, dont trois plus grandes et deux plus petites. De ces cinq pointes partent autant d’arêtes parcourant toute la longueur de l’animal et limitant les cinq côtés.
« Sur un de ces côlés est un canal incomplet, c’est-à-dire qu'il est
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formé de deux lamelles ou crêtes, dont une, beaucoup plus développée, se replie verticalement sur elle-même, et recouvre l’autre, laquelle est denticulée en scie, et aussi repliée sur elle-même, mais en sens 0pposé de la précédente. Ce canal , qui règne dans toute la longueur de l'individu, sert au passage d’une longue file de suçoirs et va communiquer avec la deuxième partie de lanimal. C’est à l’extrémité de la grande crête que se fixe le cube, et c’est à sa gauche, lorsque cette crête est dirigée en bas, que se trouve une échancrure triangulaire , à toucher ce même cube.
« La deuxième partie est formée par ce cube qui sert à compléter l'extrémité de lanimal, en s’y appliquant hermétiquement. Ce cube est composé d’un petit appendice bifurqué et de trois cavités , savoir : une moyenne, largement ouverte, du fond de laquelle part un chapelet de suçoirs et d’ovaires réunis ; la couleur de ces derniers varie de l’argenté au jaunâtre. C’est aussi près de cette ouverture que se fixe le corps de l’animal , à l’aide d’un petit appendice trés-adhérent et qu’il faut rompre pour séparer ces deux parties. Des deux ouvertures situées de chaque côté de celle-ci et comme creusées dans l’intérieur du cube, l’une est ovalaire , fusiforme, communiquant à l’extérieur, et l’autre est arrondie avec un petit appendice ; toutes deux aboutissent à un canal commun qui parait aller s'ouvrir dans la cavité principale du grand corps, côtoyé de très-près par la Lige commune des suçoirs. MM. Quoy et Gaimard n’ont pu s'assurer s’il communiquait avec elle.
« Il est vraiment difficile de se former une idée de cet acalèphe par une simple description ; sa transparence est telle, que le dessin luimême n’en donne qu’une idée imparfaite.
« La locomotion des calpés ne diffère point de celle des diphyes et se fait à l’aide de l’ouverture terminale de la pièce postérieure. »
Dans la description que les mêmes auteurs ont insérée dans le texte de la partie zoologique du 7’oyage de l’Astrotabe , ils n’ont ajouté aucun détail nouveau digne d’être cité. Ils disent toutefois qu’ils en ont examiné un assez grand nombre d'individus pour être bien sûrs de l'intégrité de l’espéce, et que ce n'étaient point des parties détachées de zoophytes plus complexes. Leur tissu, malgré sa parfaite transparence, est assez ferme. Le biphore polymorphe, salpa polymorpha, que MM. Quoy et Gaimard ont figuré pl. 74, f. 4 et 5 du Z’oyage de l’Uranie et qu’ils ont décrit page 512 du texte, n’est pour eux, comme pour Eschscholtz, qu’une des pièces natatrices du sous-genre abyla, séparée de la pièce congénére.
M. Eschschol!z place dans son genre abyla , les resacea ceutensis el plicata de Quoy et Gaimard que nous avons décrits p. 142. Tout en avouant l’analogie qu'ont les rosaces avec les diphyes par leur nature générale , nous ne pouvons nous dissimuler les nombreuses disparates qui ne permettent pas de placer à côté des caipés des acaléphes dont l’organisation est encore si obscure. M. de Blainville avouait ne con-
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naître le genre rosace que par les figures et la description de MM. Quoy et Gaimard, et ajoutait que ces figures incomplètes ne lui permettaient pas d’assurer positivement ce que ce pouvait être. Il supposait même que les rosaces dépendaient plutôt des physophores que des diphyes. Nous serions assez disposés à les regarder comme une pièce dépendante de quelque genre inconnu de notre famille des pléthosomes ou
polyitomes.