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LE BRACHYSOME ÉRYTHROPHYSE, BRACHYSOMA ERYTHROPHYSA

Epibulia (brachysoma) erythrophysa, Brandt, Ac., p. 33. — Rhizophysa, Mertens , Mfs.: Corpus infra vesicam pallide purpuream oblongum-ovatum, trunco brevissimo instructum, cui proboscides plures (plus quam sedecim), pallide rosec , nec non ovariorum nonnulla purpurea adnexa ; tentacula ramosa, pallide purpurascentia.

Vessie aérienne rose, donnant attache à un corps oblong-ovalaire, rélréci en tronc trés-court, d’où partent des suçoirs d’un rose pâle, ayant à leur base des paquets d’ovaires ; tentacules rameux d’un pourpre pàle.

Brandt ajoute à la description qu’il a donnée de cette espèce : « Spe- « Cies epibuliæ Chamissonis, quæ pari modo huic sectioni adnume- « randa , simillima codem die cum epibulia Mertensii, sed vespertino « tempore capta , tubulorum sucioriorum, nec non organorum Cäp- « turæ et propagetioni destinatorum positione quodam modo apolemiam « TEVOCANS, »

Nous supprimons ie genre epibulia d’Eschscholtz comme formé d’es-

pèces disparates. En effet, l’auteur allemand a établi les epibulia sur des acalèphes fort peu connus, et auxquels il supposait des piéces natatrices. Il ne les a caractérisés que par leurs tentacules rameux, dont les rameaux sont des filaments simples, sans réservoirs pleins de liquide à leur base. 11 soupçonne que la cupulila boodwick de Quoy et Gaimard appartient à ce genre ; mais la cupulite est évidemment un organe natateur d’un autre genre. Suivant Eschschoitz, ses epibulia avaient pour caractères : T'entacularamulis simplicibus obsila :; partes cartilagineæ adhuc incognilæ. EL Brandt ajoute : T'entacula compostila ramulis:, à. e. lentaculis proprüis simplicibus.

2° TRIBU. Vessie aérienne petite, suivie d’un tube digestif s’évasant en un plateau circulaire d’où partent des tentacules cordonnés avec des suçoirs et des paquets d'ovaires. Les DIS- COLABES, discolabcæ.

9° GENRE. DISCOLABE, piscoLaBe, Eschsch., 155 (1899).

Rhizophysa, Quoy et Gaim., Ann. Sc. nat., 1827. — Rhodophysa, de Blainv. (1830).

Vessie aérifère petite, arrondie, simple , d’où part un pédicule creux, allongé, nu, s’évasant en un disque horizontal, pourvu de quatre tentacules, avec sucçoirs, et d’une rangée d’appendices coniques marginaux. s

Eschscholtz donne à son genre discolabe les caractères suivants : Vesica aerifera rotunda, simplex ; corpus in apice vesicæ pedunculatæ disciforme , nudum. M. de Blainville ( Man., p. 635) pense que les discolabes doivent appartenir à la famille des méduses, et Eschscholtz lui-même penche à joindre à ce gere la medusa conifera de Modeer (voy. p. 267, n. 25), ou l’obelia sphærulina de Péron (Æreyc., pl. 92, fig. 43). Nous admettons volontiers que le zoophyte de Slabber, la medusa conifera de Modeer, ou l'obelia sphærulina de Péron, soit une vraie discolabe, mais les discolabes n’en appartiennent pas moins à la grande famille des physophorées.

Les appendices qui partent du disque charnu de lespèce type, sont formés par une quantité considérable de petites pièces discoïdes, agglutinées entre elles. Au milieu de la face inférieure du disque se trouvent des tentacules simples, pourvus d’une

rangée de sucoirs, entourés à leur base de corps jaunes, espèces d’ovaires où d'œufs.

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LA DISCOLABE DE LA MÉDITERRANÉE , DISCOLABE MEDITERRANEA.

Eschsch., Ac., p. 156 (1827) : Appendicibus marginalibus disci rosaceis circiter ducdenis. — Ibid., Isis, t. XXI, p. 341, pl. 4. — Rhizophysa discoidea, Quoy et Gaim., Ann. 8c. nat, t. XXT, pl. 4, p.341.—Rhodophysa discoidea, de Blainv., Man., p. 193. — Physophora discoidea, Quoy et Gaim., Astrol., pl. 1, fig. 22 à 24 ( figure grossie) : Physophor@, corpore plano, discoideo , desuper pediculato, albo ef roseo variegato, ovariis circumdaio ; plurimis tentaculis,

Vessie rougeâtre ; ovaires mélangés de jaune et de rose; le corps blanc: long., 1 pouce 1/2; diamètre du disque, 5 lignes.

Habite la Méditerranée, à l’entrée du détroit de Gibraltar.

Nous copions la description de MM. Quoy et Gaimard ; car celte espèce, dont la place est controversée, a besoin d’être revue et d’être soigneusement décrite : « Il manque probablement quelques parties à cet acalèphe, dont la forme est si singulière. fl pourrait facilement être pris pour une médusaire, sans la bulle d’air qui le caractérise. Ce zoophyte ressemble au plateau d’un électrophore. De sa partie supérieure s'élève un assez long pédicule qui en représente 1e manche; il est terminé par une ampoule aérifère ; peut-être devait-il être pourvu de vésicules locomotrices. Quoi qu’il en soit, la disposition évidemment radiaire de cet axe le rend trés-remarquable. Du pourtour du disque et en dessous pendent une douzaine d’appendices floconneux, légèrement rosés , composés de petits globules se tenant les uns les autres. Ce sont probablement des groupes d’ovaires. De la ligne médiane sortent trois ou quatre appendices transversalement striés, qui ne dépassent point ordinairement les ovaires du contour ; ils sont très-rétractiles. MM. Quoy et Gaimard les considèrent moins comme de vrais tentacules que comme des divisions de la tige. » ,

4° GENRE. DIPHYSE, pipaysA, Quoy et Gaim.

De Blainv., Man., p. 117 (1830).

M. de Blainville caractérise ce petit genre en ces termes : «Corps cylindrique allongé, contractile, musculaire, composé de trois parties, l’antérieure vésiculeuse ; ia moyenne portant à sa partie inférieure deux organes natateurs, creux, placés l’un devant l’autre, et enfin la troisième, la plus longue, pourvue en dessus d’une plaque fibrillo-capillacée, et en dessous de productions cirrhiformes; bouche terminale, anus? »

M. de Blainville en a étudié les diverses pièces sur des individus rapportés par MM. Quoy et Gaimard. La seule espèce connue est la diphysa singularis, dont MM. Quoy et Gaimard n’ont pas donné la description. L

Nous ne plaçons ce genre proche les discolabes qu'avec doute, incertain que nous sommes de sa vraie place.

3° TRIBU. Vessie ample, large, très-développée, ovalaire, évasée , à soupape à la partie supérieure, et le plateau de cette même vésicule couvert de sacs stomacaux exsertiles, cylindracés , dilatables, ventrus, perforés, d’entre lesquels partent huit tentacules fort longs, couverts de filaments alternes, courts, et chaque filament pectiné terminé par trois petites ampoules ou suçoirs. Les ANGÈLES, angelæ.

Be GENRE. ANGÈLE , ANGELA, Lesson.

Corps entièrement vésiculeux, ou vessie aérienne, évasée ; subarrondie, élargie à sa base, à sommet comme mamelonné, et garni de valvules claustrales; plateau couvert d’un grand nombre de tubes digestifs, vermiculés, allongés, cylindracés, dilatables en sac ventru à la base, rétréci au sommet, qui a une bouche arrondie et plissée sur les côtés. Du plateau partent huit tentacules fins, très-longs, formant tube, et garnis sur leurs côtés de petits sucoirs alternes, courts , terminés par trois glandes.

Ce genre curieux fait le passage des physophores aux physales. Il consiste presque en entier en une vésicule munie de sucçoirs et de tentacules. Dans la partie ombiliquée du sommet, on peut reconnaître les rudiments d’une voile; toutefois la régularité de la forme de la vessie et la texture des suçoirs et des tentacules, ne permettent pas de le placer autre part qu’avec les physophorées.

L'ANGÈLE CYTHÉRÉE , ANGELA CYTHEREA , Lesson. (PI. 9, fig. 1.)

Corps vésiculeux , membraneux, lavé de rose, passant au rose vif à Ja partie supérieure de la crête. Suçoirs et sacs stomacaux purpurins, de même que les tentacules.

Notre planche représente cet acaléphe gracieux de grandeur naturelle. Le dessin nous a été communiqué par M. Rang, sans nom et sans renseignements. Nous croyons que l’espèce vit dans les mers d'Afrique et sur les côtes de la Sénégambie.

he TRIBU. Une petite vessie aérienne formant tête, et de son collet naissent des appendices natateurs pleins, diversiformes, d’une seule nature. Du pied de Ja vésicule partent des suçoirs allongés, vermiformes, et des paquets d’ovaires pédicellés. Les ATHORYBIES, athorybiæ.

Cette tribu fort naturelle ne présente plus l’ampoule vésicu-

PHYSOPHORÉES. 497 leuse, réduite à ses seuls organes digestifs et reproducteurs. Les appareils flotteurs deviennent apparents et compliquent l’organisation de l'animal; ils sont d’une seule sorte et placés de manière à former un verticille régulier. Ce groupe ne comprend que deux genres.

Ge GENRE. ATHORYBIE, ATHORYBIA.

Eschsch., 4€., p. 153 (1829). — Rhodophysu, de Blainville, Man., p. 123 (4830). — Physophora, Forsk., Lamarck. — Séephanomia, Quoy et Gaim.

Vessie aérifère supérieure, petite, ovalaire, rétréeie à sa base et donnant naissance à un corps très-court, cylindrique, charnu, renflé, d’où naissent sur les côtés des organes flotteurs, cartilagineux, pleins, disposés cireulairement ou en verticilles, formant des sortes d’appendices costaux partant du même point; de la base du corps sortent des sucoirs buceaux et des prolongements cirrhigères au nombre de quatre, entourés à leur base de quelques vrilles et d’ovaires. ou

M. de Blainville, en créant le genre rhodophyse presque en même temps qu’Eschscholtz proposait celui d’athorybia pour recevoir quelques acalèphes découverts par MM. Quoy et Gaimard, y joignait le zoophyte qui est devenu le type du genre discolabe. M. de Blainville a émis Popinion que ces animaux ne doivent point appartenir à la classe des radiaires, mais que ce sont de vrais mollusques ou malacozoaires. Il pense que les dessins de MM. Quoy et Gaimard donnant à ces animaux une disposition radiaire, ne peuvent être rigoureusement exacts et ont été faits sous l'influence d’une fausse idée d’analogie. Toutefois il convient que pour la rhirophysa discoidea, qui est dépourvue d'organes natateurs, la disposition des productions ovigères est bien radiaire, et se demande si, dans le eas où le dessin serait exact, cet animal ne formerait pas le passage des mollusques aux radiaires, ou si ce serait réellement une méduse voisine des porpites ?

Pour nous ies athorybia sont de vraies physophores conduisant des tribus les plus simples aux tribus à organes diversiformes, dont elles sont le chaînon intermédiaire. Eschscholtz caractérise ainsi le genre : « Tentacula ramulis clavatis, clava apice tricuspi- « data, partes cartilagineæ solidæ tantum, radiatim dispositæ. »

1. L’ATHORYBIE EN ROSE, ATHORYBIA ROSACEA.

Eschsch. , AC., p. 154, n° 3 : Parlibus cartilagineis imbricalis, incurvis, exlremilate inferiori rotundis. — Physophora rosacea, Forsk., Descript. (1775), p. 120, n° 46, et pl. 43, fig. 8 : Orbicularis ; imbricata, foliolis obiongis, horizontalibus, vesicæ affixis. Non absimilis flori pleno deorsum inclinato, lota hyalina diametro pollicari. Folia semipoll. oblonga, obtusa, plana, decurva, nunerosa plurium serierum, densa, mobilia, ad vesicam aeream sessilia. Vesica aerea in medio, ovata, oblusa , rufescens. Tentacula nonnulla subtus , filiformia, fuscescentia, varie dilatabilia : inter dum foliis longiora. In sp. V. vesica sola cum tentaculis perdurat ecætera delabuntur. — 1bid., Gmelin, Syst. nat., p. 3159, esp. 2 : Hyalina, pollicis diameto , flori pleno deorsum inclinato similis; vesica media obtusa ovala rufescente ; foliolis planis, obtusis, curvis in densas series congesiis iecla. Hab. in mari Mediterraneo. — Modeer, Nouv. Mém. Ac. Stockh., t. X , 1789. — Bruguière, Encycl., pl. 89, fig. 10-11. — Physophora rosacea, Lamarck, t. IT, p. 478 : Orbicularis, depresso-conica ; lobulis lateralibus foliaceis in rosam densam imbricatis. — Rhodophysa rosacea, Blainv., Man.,p. 123. ;

Vessie aérienne, sessile , ovalaire, obtuse, rougeâtre, appareils natateurs oblongs, obtus, recourbés, groupés et serrés de manière à simuler une fleur pleine , translucides ; suçoirs dilatables brunâtres. Largeur, { pouce.

Habite la Méditerranée.

2. L’'ATHORYBIE HÉLIANTHE, ATHORYBIA HELIANTIA. Escbsch., Ac., p. 153, n° 1 : Partibus cartilagineis angustis, ulrinque acurina-

lis, incurvis. — Rhizophysa heliantha , Quoy et Gaim., Ann. Sc. nat. ,X,

pl. 5, A. — 15is,t. XXI, p. 340, pl. 4 — Rhodophysa heliantha, de Blainv.,

Man., p. 123, pl. 2, fig. 3. — Siephanomia helianthus, Quoy et Gaïm., 4strol.,

p.63, pl. 2, fig. 1 à 6 : Ovata, uppendicibus longis, subcylindraceis, recurvatis;

tentaculis rubris, apice trifidis.— Griff., An. Kingd., pl. 5, fig. 5. — Lamarck,

9e édit. t. IT, p. 86 (1840).

Vessie aérienne brun-rouge ; suçoirs rougeâtres avec des sortes de cœcums jaunâtres à leur base; pièces natatrices cartilagineuses, solides , dolabriformes, incurvées en dedans, assez nombreuses, hydrocolores; tentacules blancs, avec les renflements des rameaux brunâtres.

Habite la mer Méditerranée. : à

Cetle espèce curieuse se retrouve décrite par MM. Quoy et Gaimard dans la partie zoologique de l’Æstrolabe, sous le nom de stéphanomie. Nous en reproduisons le texte. « Ce zoophyte tient récilement plus aux physophores qu’aux stéphanomies, et il ne lui manque que des ampoules pour appartenir au premier de ces genres; mais il est évident que la place leur manque et qu'on ne peut pas dire qu’elles sont tombées. Ainsi, on voit combien ces distinctions artificielles de genres sont souvent difficiles à établir. ,

« M. de Blainville {tom. EX, p. 115 du Diclionnaire des sciences naturelles) a élevé des doutes sur la disposition radiaire des folioles de ce zoophyte. Malheureusement nous ne pouvons pas revenir sur ce que

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nous avons fait, dans le cas où nous nous serions trompé, car notre dessin était à peine achevé que tous ees corps étaient désagrégés. Mais nous nous souvenons très-bien que dans l’eau ils s’étalaient en roue, ce qui ne voudrait pas tout à fait dire qu’ils fussent placés en verticille sur leur tige. Hors du fluide, ils se groupaient de la manière dont nous les avons représentés. Nous laissons à d’autres le soin d’éclaircir ce sujet. | 1 é

« Quoi qu'il en soit, cette jolie espèce est giobuleuse, ovalaire; son axe trés-court, à plusieurs divisions, est surmonté d’une grosse vésicule lisse, couleur de carmin. C’est sous son cou rétréci que se groupent de nombreux appendices recourbés, étroits, subaplatis, pointus à leur extrémité, avec une strie longitudinale dans leur milieu. Els sont tellements transparents, qu’on à de la peine à les apercevoir. Lorsqu'ils retombent le long de leur tige, ils donnent au zoophyte l’aspect d’un petit melon à côtes. Sous les ramifications de l'axe, et au milieu d’un paquet oviforme jaunâtre , est une large ampoule à goulot évasé, qui ressemble à un suçoir ; sa base est recouverte par des espèces de petites franges. Du milieu de lous ces corps sortent quatre longs ientacules blancs, ponctués d’une teinte plus mate. Ils paraissent creux el donrent atlache, d’un seul côté, à de petits boutons pédiculés, de forme cylindrique, trifides à leur pointe et recouverts d’un petit ruban rouge en spirale. |

« Après la désunion des parties de cet animal, les tentacules vivent encore très-longtemps. Doure heures après cette séparation, on Îes voyaitse rétracter, lorsqu'on touchait seulement le vase qui les contenait.

« Cette stéphanomie a été prise dans la Méditerranée, sous Gibraitar, par M. le capitaine d’Urville. C’est peut-être celle que Forskahi a voulu rendre dans le dessin peu reconnaissable qu’il a donné pl. 43, fig. Bb, et qui a été reproduit dans l'Encyclopédie méthodique , pl. 89 : fig. 10-11, »

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