‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 277 sur 328 · LA PHYSOPHORE CUPULITE , PHYSOPHORA CUPULITA · texte numérisé non relu

LA PHYSOPHORE CUPULITE , PHYSOPHORA CUPULITA

Cupulita Boodwich, Quoy et Gaim., Uranie, p. 580 (1824), pl. 87, fig. 14 à 16 : Cupulita, corpore cucurbitaceo, ore angusto, rotundo.

Corps en forme de petite outre, à une seule ouverture, communiquant à un canal très-évasé en dedans.

Habite le Port-Jackson.

La seule partie connue de cet acaléphe appartient évidemment à un agalma ou à une physophore, mais il y a beaucoup de raisons pour que ce soit à ce dernier genre. M. Cuvier pensait que la cupulite devait

être placée à côté des hippopodes. MM. Quoy et Gaimard, qui ont fait.

un genre de cette portion d'animal, sont plus tard revenus à l’idée que leur cupulite n’était qu’une portion mutilée de physophore. Nous partageons cette dernière opinion : au reste, fidèle à notre manière d'agir, nous soumettons au jugement du lecteur les seuls documents originaux que nous possédions sur le genre cupulite, tel que l’avaient établi les zoologistes que nous venons de nommer. Leur genre curu- LITE, Cupulila, a pour caractères : « Animaux mous, transparents, réunis deux à deux par leur base, et entre eux par les côtés, à la file les uns des autres, composant des chaînes flottantes dont une des extrémités est terminée par une queue rougeâtre, rétractile, probablement formée par les ovaires. » La cupuLiTE B0opwicu (cupulila Boodwich) a été prise et dessinée par M. Gaudichaud, en vue de l’entrée du Port- Jackson. On a adopté, pour ce nouveau genre, le nom de cupulile, parce que ces animaux, pris isolément, ont quelques rapports de forme avec la cupule d’un gland. Chacun d’eux est uni par sa base à un de ses congénères et par les côtés à un autre, de manière à former une chaîne plus ou moins longue, dans le genre de celles des biphores. De

PHYSOPHORÉES. "509 mème que ces derniers, ils n’adhérent que faiblement les uns aux autres et peuvent vivre séparés. C’est du moins ce que fit conjecturer le grand individu représenté, figure 12, que M. Gaudichaud trouva désuni et dans un lieu peu éloigné des précédents.

« Cependant il se présente une difficulté à cet égard. Si les cupulites peuvent se séparer impunément, à quoi sert cette espèce de queue rouge qu’on voit à une des extrémités de la réunion, et qui semble être un chapelet d’ovaires ? Elle est contractile et imprime des mouvements à Ja misse entière. Appartient-élle à tous, ou seulement à quelques-uns ? en cas de désagrégation complète, que devient-elie ? Ce sont des questions que de nouvelles observations pourront seules aider à résoudre, et en attendant nous dirons :

« Que chaque animals considéré séparément, est arrondi sur les côtés, aplati à son fonä, et présente à la partie supérieure un col court, renflé, terminé par une petite ouverture circulaire; c’est Ja bouche, qui s’élargit aussitôt des deux côtés pour former une ample cavité dans laquelle on ne voit aucune trace de viseères. Cette ouverture sert à la progression de l'individu; et lorsqu'il y en a plusieurs réunis, elle agit de concert avec l’espèce de queue généraie pour les mouvements de l’ensemble.

« La seule espèce de ce nouveau genre rappelle la mémoire de l’infortuné Boodwich, voyageur anglais, qui vient de mourir en Afrique, sur les bords de la Gambie. Grâce à son intéressante et courageuse épouse , les résuitats du voyage de Boodwich ne seront pas perdus pour la science. »

6° TRIBU. Vessie aérienne, petite, supportant un axe ou tube cylindrique, garni dans le haut d'organes natateurs ou ampoules, et dans le bas d'organes diversiformes, pleins, protecteurs des suçoirs rameux qu’ils enveloppent et abritent, et le corps terminé par deux ou quatre tentacules fort longs, portant des ovaires pédicellés. Les AGALMAS, agalme.

Il est peu de tribus plus distinctes que celles-ci. Nous suivons en effet une progression ascensionnelle dans la complication des organes qui se multiplient pour donner au zoophyte une vie plus complexe, et dont nous ignorons complétement tous les phénomènes physiologiques. A la simple vessie des rhizophyses, nous voyons s'ajouter les paquets d’ovaires des discolabes:; puis la vessie s’élargit pour émettre les nombreux sacs stomacaux.et les huit tentacules des angèles. À la vessie aérienne, les athorybies joigrent des organes natateurs pleins; à cette même vessie les plysophores ont au contraire des organes natateurs creusés de

canaux, Enfin nos agalmas joignent les organes natateurs pleins à ceux vides et creusés en ampoules. La dernière tribu qui nous reste à examiner présente bien d’autres complications, et chez elle il y a luxe en réunissant toutes les parties que possèdent les autres.

Je GENRE. AGALMA , AGALuA.

Eschsch., 4c., p. 150 (1829). — Lamk., 2° édit., t. LIT, p. 85 (1840).

Vessie aérienne petite, ovalaire, libre ou enclavée par les premières pièces natatrices, qui sont éparses ou distiques sur l’axe ou la tige, et suivies de pièces solides, pleines, triangulaires ou allongées et recourbées, enveloppant une sorte d'estomac nucléiforme, à huit roseties, ou des sacs stomacaux rameux , terminé par deux ou quatre tentacules portant des ovaires en palettes, parfois terminés par des pointes.

Nous avons dû modifier les caractères de ce: genre pour le rendre applieable à plusieurs espèces nouvelles dont nous aurions pu faire des petits genres distincts, mais leurs caractères de peu d'importance n’eussent reposé que sur de légères modifications et non pas sur des faits essentiels de texture. Eschscholtz définit dinsi son genre agalma : «Tentacula ramulis clavatis, clava « apice bicuspidata. Parties cartilagineæ superiores cavitate na- « tatoria instructæ, He inferiores solidæ, irregulares , « SpPArsæ. »

« Des tentacules pourvus de rameaux renflés en massue à l'extrémité, ét terminés par deux pointes , avec des pièces cartilagineuses es dont les supérieures sont creuses, distiques, et les inférieures pleines, irrégulières et rapprochées, sans ordre. » A l’intérieur de chaque rameau des tentacules, on distingue un canal de couleur foncée, tourné en hélice.

$. 4%. VRAIS AGALMAS. Ampoules nombreuses; pièces solides cunéiformes.

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