‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 291 sur 328 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

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7° sAMILLE. LES VÉLELLES, vELELLÆ.

Forment une famille très-naturelle caractérisée par un squelette horizontal surmonté d’une crête verticale. Cette famille n’a que deux genres, les velella et les rataria.

La charpente solide * des vélelles se trouve formée de deux feuillets extrêmement minces et intimement soudés l’un à l’auire. Cette sorte de squelette affecte aussi deux systèmes opposés par leur direction; l’un est horizontal et se présente sous l'aspect d’une lame convexe en dessus, concave en dessous, qui semble être le résultat de la soudure de quatre fragments unis par des bords taillés en biseaux ; l'ajustement de ces quatre pièces donne naissance à quatre rainures ou à deux seulement, l’une longeant obliquement de gauche à droïte ou de droite à gauche, et dans toute la longueur cette lame horizontale ; l’autre coupant la première à angle plus ou moins aigu, est beaucoup plus courte qu'elle, puisqu'elle ne s’étend que dans le sens transversal. La deuxième lame est verticale; son bord inférieur occupe le sillon de la grande rainure, et le supérieur, qui est libre, est ordinairement arrondi. Cette lame, qu’on nomme crête ou voile , est le résultat de deux feuillets très-minces, très-diaphanes, d’un nacré brillant, qui sont appliqués l’un sur l’autre. Coupé en segment de sphère à son bord libre, cette crête présente dans sa partie moyenne une pièce cunéiforme plus large au sommet, qui y est enclavée. La forme du bord supérieur de cette pièce, omise dans une foule de figures, varie depuis l’angle aigu, la coupe rectiligne, jusqu’à la forme échancrée ou concave. La partie inférieure de cette crête verticale se trouve ajustée sur la pièce horizontale inférieure , au-dessus du grand sillon dont la direction sénestre ou dextre constitue, relaiivement à une ligne droite

* Voyez Z0ol. de la Coq., pi. 6, fig. 1, la gravure des détails €, D, £ tr, et Ms. remis à l’Institut en 1825.

VÉLELLES. 261 qui couperait l'animal par le milieu et dans son plus grand diamètre , un angle d’au moins 23 degrés. Les deux portions, soit verticale, soit horizontale de cette sorte de squelette, présentent une identité parfaite de construction. Chaque pièce, dans son ensemble , est formée par deux parois minces, parcheminacées, garnies en dedans de ressauts disposés en lignes, qui s’entrecroisent de telle sorte que les unes se dirigent dans le sens longitudinal, et les autres dans le sens transversal. Ces ressauts sont eux-mêmes des petites lamelles creusées en demi-canaux. Or, comme chaque pièce des deux parois offre parfaitement la même symétrie, il en résulte que ces demi-canaux, en s’ajustant par leurs bords libres, constituent des tubes ou conduits entiers, hermétiquement fermés, et dans lesquels l'air circule ; et c’est à cet appareil fort simple que les vélelles doivent de voguer sur la surface de la mer sans être submergées. Très-certainement, par un mécanisme qui nous est inconnu, ces animaux peuvent chasser l’air contenu dans ces canaux, et se laisser submerger à certaine profondeur pour éviter les perturbations dont les grains des tropiques frapperaient leur existence. Ces tubes aérifères sont donc le moyen par lequel une vélelle augmente ou diminue sa pesanteur spécifique. x

Une membrane cellulaire assez épaisse enveloppe et déborde le système horizontal de la charpente en dessus comme en dessous. Un épiderme pellucide éminemment nacré et très-brillant revêt seul le système vertical ou la crête ; en dessous de la lame horizontale sont logés tous les viscères : d’abord dans la rainure profonde et oblique qui traverse le grand diamètre de sa face inférieure est inséré l’appareil digestif, qui se compose d’un tube ventru et d’une bouche au centre, rétrécie en deux cylindres qui se prolongent en branches et se ramifient aux deux extréinités du zoophyte, en se perdant dans le tissu cellulaire, de manière à ce qu’on ne puisse s'assurer de ce qu’ils deviennent. Sur le pourtour de cette ouverture moyenne et protégée par la lame cartilagineuse horizontale dont elles occupent toute la surface, sont placées en grande quantité des poches stomacales musculeuses très-contractiles, presque globuleuses quand eiles sont remplies par les aliments , et munies à leur sommet d’une bouche destinée à opérer la succion; la membrane où s’attachent tous

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les suçoirs est beaucoup plus épaisse que celle du pourtour, et au point où finit la lame horizontale du squelette, elle donne attache à une série régulière de tentacules cylindriques, pointus, très-élastiques et rangés avec une grande symétrie. Ces organes de tact, d’une texture délicate et fragile, fréquemment tortillés sur eux-mêmes, sont munis à leur pointe, qui est aiguë, de sept à huit petites glandes qui paraissent très-sensibles. Ce sont ces tentacules qui saisissent les petits animaux dont se nourrissent les vélelles, et qui les retiennent pendant que les ventouses stomacales s’appliquent sur eux pour en sucer la substance. Le résultat de la digestion est presque immédiatement transporté dans le grand canal digestif à parois membraneuses que nous avons mentionné, et c’est alors qu’on le trouve rempli d’un chyme rouge imitant parfaitement la lie de vin.

Le tissu cellulaire de la partie dorsale du corps est granuleux , de texture muqueuse, et se dissout avec beaucoup de facilité.

Les vélelles se réunissent par grandes troupes qui flottent par les beaux jours sur la surface de la mer entre les tropiques. Leur nourriture consiste en petits mollusques, en petits poissons qu'elles saisissent avec leurs tentacules en passant près d'eux. Elles n’ont point de matière toxique apparente pour frapper leur proie; elles-mêmes sont dévorées par une foule d’autres animaux, tels que des planaires, des crabes, etc. Elles n’ont aucune saveur comme aliment pour l’homme.

De Chamisso et Eysenhardt placent les vélelles parmi leurs medusæ chondrophoræ. Brandt (Prodr., p. 38) les caractérise par ces mots : VELELLIDÆ, corpus depressum , testa cartilaginea vel calcarea cellulas &ere impleta continente instructum ; mais Brandt fait sous ie même nom une sous-famille à laquelle il donne pour caractères spéciaux la phrase suivante : Corpus supra cristatum, testa cartilaginea munitum.

Les vélellides, suivant Eschschoitz, sont des acalèphes « sans « cavité digestive centrale, pourvus de suçoirs, dont un plus « grand, au centre, tient lieu d'estomac, et enfin sécrétant un « test interne, cartilagineux ou calcaire, celluleux et contenant « de l'air dans ses cellules, ce qui en fait un organe natatoire « passif. » Ge test est, ou d’une seule pièce, plane, circulaire, ou composé de deux moitiés formant par leur réunion un corps

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oblong, tantôt plat, tantôt relevé en manière de crête. La coquille est entièrement enveloppée par la masse charnue du corps de l'animal, qui forme sur son bord externe une membrane épaisse, et sur tout le reste une couche très-mince. Toute la face inférieure est couverte par les organes nourriciers parmi lesquels on distingue un gros suçoir central, analogue à un estomac, et susceptible d’avaler de petits animaux. Voici comment Eschscholtz divise les vélelles : 4. Test avec une crête.

a) Crête musculeuse et changeant de forme 1 rataria. b) Crête cartilagineuse immobile 2 velella.

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