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LIVRE HUITIÈME

8° ET DERNIÈRE FAMILLE. LES PORPITES, porPIT

Les porpites ont un squelette cartilagineux, horizontal et arrondi, sans crête ou voile.

Nous trouvons dans les physalies un ensemble d’organes fort remarquable que nous suivons dans les vélelles et par suite dans les porpites. Les vélelles ont en effet le canal digestif des physales, avec une bouche subcentrale entourée de sacs ou suçoirs nombreux, entremêlés eux-mêmes d’une série marginale de tentacules. Il est vrai que ces tentacules ne sont plus chez les vélelles que d’une sorte, et beaucoup moins compliqués sans doute que ceux des physalies. Enfin, la partie vésiculeuse de ces dernières est remplacée par des tubes assez consistants chez les vélelles, et quant à la crête cloisonnée de celles-là, elle est chez celles-ci remplacée par une crête à deux parois aréolées. Chez les porpites nous voyons à peine une légère modification de l’organisation des vélelles. Le disque central résulte également de deux lames avec des tubes aérifères seulement ; il est enveloppé de toute part et sans crête; mais il y a toujours un canal alimentaire s’allongeant au milieu en une bouche supportée par un tube , puis enveloppée de sucoirs et enfin de tentacules préhenseurs et glanduleux : seulement ceux-ci sont tout à fait attachés par une insertion marginale. Les porpites nous conduisent donc aux cyclolithes, dont l’axe calcaire doit avoir en dessous des sucoirs en ventouses comme ceux des physales; puis de là it n’ya plus qu’un pas pour atteinüre les fongies qui appartiennent à cette grande division, et les actinolithes qui conduisent aux actinies charnues et diversiformes, simples ou agrégées.

Les porpites ont leur disque interne parfaitement arrondi, il paraît, à la vue simple, aréolé en dessus et lamelleux en dessous ; mais il est composé de deux lames cartilagineuses très-minces , soudées intimement à leur bord , puis garnies en dedans de demi

er

! Lesson ,:Voy. de la Coquille , 1. EX, p. 2, 2 div., p. 55 (1829), et MS., 1825,

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tubes élevés, très-courts, qui s’ajustent pour former des canaux entiers que parcourt l'air qui y est introduit, et qui peut en être chassé, par où et comment, c’est ce que nous ignorons encore. Ce disque très-mince, d’un blanc nacré pellucide, est complétement enveloppé par le tissu cellulaire; mais il semble toutefois formé de cercles arrondis et rapprochés, coupés par des rayons divergents espacés et comme ponctués. Le dessus du disque est comme lisse, tandis qu’en dessous un tissu musculeux, épais, supporte une grande quantité de ventouses ou sucoirs 1rrégulièrement rangés tout à l’entour de la bouche subcentrale, dont la forme est celle d’une. bouteille, Une portion membraneuse déborde ce disque en forme de feston circulaire plus ou moins étroit, et donne attache à une couronne de tentacules réoulièrement pressés les uns près des autres, et tous cylindriques et en massue, c’est-à-dire plus épais à leur extrémité libre qui est garnie de glandes miliaires pédicellées.

La manière de vivre des porpites est parfaitement analogue à celle des vélelles. Les tentacules à glandes ont pour fonctions de se saisir de la proie que les sucoirs doivent digérer, et dont le produit circule dans le canal digestif. Leur locomotion sur la mer est purement passive, du moins en apparence, et leur disque couché à plat sur la ligne des eaux, laisse flotter librement, et dans le sens horizontal, les bras irritables disposés à l’entour, et voguant comme une petite couronne de passiflore bleue.

On n’est point d'accord sur le nombre des espèces de porpites qu'il faut admettre. M. de Chamisso, en parlant de la porpita gigantea de Péron, dit : « Nous ne devons citer qu’une espèce de porpite, suivant l'opinion de M. Cuvier, et on doit rejeter les quatre espèces de M. de Lamarck; la porpita gigantea s’est présentée à nous dans toutes les mers intertropicales. » Il est. inutile d’ajouter que cette opinion, que rien n’appuie, est complétement erronée. Eschscholtz , dans son Memoire sur les Acalèphes, placeles porpites dans la famille des vélelles, où il classe les genres rataria , velella et porpiia ; dans ce dernier genre, cet auteur admet cinq espèces.

Un très-grand nombre d'animaux marins se nourrissent de porpites, notamment un pinnothère pélagien minime et des planaires ; aussi n'est-il pas rare de rencontrer des disques entière-

ment nus que leur légèreté spécifique soutient sur la mer, on des disques dont les parties musculeuses sont très-diversement déchiquetées. Ces fragments mutilés, très-abondants sur la mer, ont donné lieu à quelques auteurs de créer des espèces fictives telles que la porpita nuda et la porpite appendiculée représentée par Bosc, pl. 15, fig. 5 et 6 de son Histoire des Vers.

La zone équatoriale des deux Océans semble être la patrie exclusive des porpites ; il est rare, en effet, de les rencontrer hors des limites de la torride.

Nous établirons dans les porpites trois petites coupes génériques qui sont fondées sur des caractères assez précis : les vraies porpites, porpita ; les radeaux, ratis ; et les prunelles, «ces,

Aer GENRE. PORPITE, porriTa, Lamarck.

Holothuria , Forsk. — Medusa , Lin. — Polybrachionia , Landsdown Guilding, Zool. Journ., XI, 403. — Bull. de Férussac (1828), t. XIV, p. 297, n° 269.

Sac stomacal central, cylindracé, perforé au sommet, au milieu d’une aire couverte abondamment de sucoirs proboscidiformes, implantés sur toute la partie inférieure du disque. Charpente solide ou test arrondi, plat, formé de deux pièces annexées, et traversé au centre de canaux pneumophores; surface supérieure du disque plane, ayant des rayures rayonnantes du centre à la circonférence. Repli circulaire de la page inférieure donnant naissance à une rangée de tentacules marginaux, nombreux, serrés, munis de glandes sessiles ou pédicellées à leur sommet.

Le genre porpite tient des vélelles par l’ensemble de ses caractères, mais déjà par sa forme rayonnée c’est un zoophyte plus normal , nous conduisant aux polypes saxigènes du genre fungia. Chez ces derniers on trouve aussi un estomac central entouré de suçoirs, occupant la face inférieure d’un disque pierreux , tandis que la face supérieure est comme lisse. Par les canaux aérifères, les porpites se lient encore aux diverses familles munies de vessies. Lamarck supposait qu’il existait trois papilles autour de la bouche, mais personne ne les à revues depuis lui. G. Cuvier nommait tentacules extérieurs, ces tentacules de la marge du disque, munis de petits cils à globules sessiles ou pédiculés.

Lamarck, dans son istoire des Animaux sans vertèbres, à défini ainsi le genre porpita :

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