DEUXIÈME DIVISION
LES BÉROÏDES FAUX OU ACILS.
Nous sommes forcés de placer à la suite des béroïdes, des acalèphes qui tiennent peut-être plus des diphydes que des béroés; cependant, dans l'état actuel de nos connaissances , il serait fort difficile de les placer dans une de ces familles, sans déranger toute harmonie de leurs caractères zoologiques. Les béroïdes faux comprennent donc plusieurs genres fort opposés entre eux, et qui ne sont placés dans cet appendice qu'en attendant qu'ils puissent être classés à leur véritable place.
140 ACALEÈPHES.
4% GENRE. GALÉOLAIRE, cazeozarra, Lesueur, in Blainy.
Quoy, Ast., p. 43. — Beroides, Quoy et Gaym., Ms.
Corps gélalineux , résistant, régulier, symétrique, subpolygone ou ovale, comprimé sur les côtés et garni de deux rangs latéraux de cils extrémement fins. Une grande ouverture postérieure percée dans une sorte de diaphragme avec des lobes appendiculaires binaires en dessus, conduisant dans une grande cavité à parois musculaires. Un ovaire à la face antérieure supérieure, sortant par un orifice médian et bilabié (de Blainv.).
M. Quoy trouve beaucoup d’analogie entre ce genre et celui nommé ersæa, par Eschscholtz, qui appartient aux diphydes ; mais M. de Blainville pense que les galéolaires différent au contraire des diphyes pour se rapprocher des béroés. Les galeolaria bilobata et rissoi de Lesueur, ne sont pas encore décrits et sont conservés en portefeuille par leur auteur.
Sans les deux rangs de cils que présentent ces acalèphes, c’est parmi jes diphyes qu’il faudrait les classer ; toutefois, comme les diphyes sont composées de deux pièces et que les galéolaires n’en ont qu’une, leur place est encore plus naturelle parmi les béroïdes.
1. LE GALÉOLAÏRE AUSTRAL , GALEOLARIA AUSTRALIS. Quoy, Asir., pl. V, fig. 30 et 31, p. 43. — Beroides australis, Quoy et Gaym., Ms,
Corps pyramidal, subcomprimé, gélalineux, tronqué à la base, bilabié, à un seul tentacule, à ouverture ampie, à parois latérales avec des cils; long d’un pouce.
Habite l’océan Indien.
On a donné le nom de béroïde à ce corps, parce qu'il semble faire | le passage des ciliogrades aux diphydes. M. de Biainville la changé en celui de galéolaire, d’après des manuscrits de M. Lesueur, qui l’a observé le premier. On doit donc adopter le nom de ce dernier naturaliste. Ce genre semble avoir beaucoup d’affinités avec l’ersæa de M. Eschscholiz, qui appartient aux diphydes.
Sa forme est celle de la partie postérieure d’une diphyde ; elle est pyramidale, subaplatie, pointue à une extrémité, comme tronquée à l’autre , avec une grande ouverture donnent dans une cavité plus large, qui à la forme mitrale du corps. Cette ouverture est pourvue d'ung vaivule mince et surmontée d’une lèvre bifurquée, derrière laguelle, sur un plan oblique, est un petit appendice tentaculaire recourbé, rosé. Lés côtés du corps ont une ligne longitudinale déliée de petites cirrhes écartées, qui ressemblent un peu à celles des béroés. Nous n’y avons remarqué aucun des canaux qui distinguent ces zoophytes.
BÉROIDES. Aa
Le galéolaire est de consistance assez ferme, de coulew blanche ; sa longueur est d'environ un pouce. Il à été pris dans l’océan Indien par 36° 32! de lat. sud. :
D'aprés la caractéristique du genre, par M. de Blainvile, il paraitrait que les individus qu’a eus M. Lesueur avaient plus de parties que n’en offrent nos deux espèces, auxquelles il semble en effet manquer quelque chose.
2. LE GALÉOLAIRE À QUATRE DENTS, GALEOLARIA QUADXIDENTATA. Quoy et Gaym., Astr., pl. 5, fig. 32 , 33, p. 45.
Corps pyramidal, hyalin, subcomprimé, tronqué à la base, à ouverture garnie de quatre pointes.
Habitation inconnue.
Cette espèce ne différe de la précédente que par le contour de la bouche, qui est entourée de quatre pointes. La lèvre bifurquée qui les surmonte parait aussi plus longue. Il n’existait point d’appendice tentaculaire sur le plan incliné qui vient aprés l'ouverture, et sil y avait de petites cirrhes sur les côtés du corps, elles étaient tellement déliées que MM. Quoy et Gaymard n'ont pu les apercevoir.
2e çenre. DOLIOLE, norioLuu, Otto ‘ (1822).
Corps très-simple, imitant un petit baril sans fond ou disposé en tube cylindracé, un peu renflé au milieu, court, ample, légèrement contracté aux extrémités qui sont béantes; nulle trace apparente de viscères.
Ce genre est loin d’être admis par tous les auteurs. M. Cuvier en fait un béroé sans côtes et sens cils. M. Delle Chiaie, un fragment de lholothurie inhœrens; MM. Quoy et Gaimard, un salpa dont les viscères auraient été mangés par quelque ver parasite. M. de Blainville penche pour cette dernière opinion, et nous la partageons également.
LE DOLIOLE DE LA MÉDITERRANÉE, DOLIOLUM MEDITERRANEUM.
Oito, Nouv. Act. cur. nat., tt. XT, pl. 42, fig. 7.— De Blainville, Manuel, p. 142 et 646, pl. 6, fig. 10.
Zoophyte très-simple , gélatineux blanc hyalin. ï Habite la mer Méditerranée, et nage à l’aide de mouvements de contractions ct d’expansions de ses deux orifices, et en expulse l’eau par sa coniractilité.
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!« Animal simplicissimum, gelatinosum, hyalinum, dolioli sine fundo, seu « tubi subcylindrici, brevis, ampli, in utraque fine paullulum coarctali et «hiantis speciem exhibens ; absque nullis, uti videtur organis ; natat et victitat «in mari, dum aperturis binis motu continuo alterne coutractis et expansis « aquam recipit et ejicit. » (Otto. )
5} GENRE. ROSACE, ROSACEA , Quoy et Gaym.
Corps libre, gélatineux, très-mou, transparent, suborbiculaire, à ure seule oxverture terminale à l’un des pôles, donnant dans une cavité ovale qui communique à une dépression d’où sort production cirrhigère et ovifère.
1 se poirrait que ce genre fût établi sur une pièce isolée d’un nul e la famille des polytomes.
. LA ROSACE DE CEUTA , ROSAGEA CEUTENSIS.
Quoy et Ga dé , Ann. SC. nat., janv. 1827, pl. 4, B, fig. 2 et 3; Blainv., pl. 6,1ig. 8.
Corps tr) s-mou, arroudi, bosselé, de la grosseur d’une petite cerise ; ayant unelpetite bouche ronde, percée entre quatre renflements.
Habite } détroit de Gibraltar, près de Ceuta.
Cet indWidu, très-mou, de la grosseur d’une petite cerise, transparent, offre une cavité conique pénétrant dans l’épaisseur de l’animal, et allant fommuniquer, par un étroit canal, à une dépression extérieure qui loge des suçoirs et des ovaires de couleur jaune. L’ouverture ou ll bouche de cette cavité est ronde, placée entre quatre renflements qui lui donnent l’aspect d’une rosace. D’autres renflemenis se voient dans diverses parties du corps de l'individu qui, en général, est arrondi et comme bosselé.
Sur delx individus trouvés dans le détroit de Gibraltar, prés de Ceuta, M} Quoy en vit un privé d’ovaires et de suçoirs.
2, LA ROSACE FRONCÉE, ROSACEA PLICATA.
Quoy et Gaym., Ann. sc. nat, pl. 4, PB, fig. 4.
Corps gélatineux, mou, lisse, ovalaire, réniforme, ayant à un des pôles un trou assez large, peu profond, plissé sur les bords, du miiieu: duquel yart un étroit canal qui va se terminer au pôle opposé, dans une cavité arrondie ; dépression à la face inférieure , logeant des suçoirs placés sur une tige commune et des corps qui ressemblent à des ovaires.!
Habite le détroit de Gibraltar.
En Lu d’être mieux éclairé sur la nature de ce corps, dont on n’a trou é qu’un individu, MM. Quoy et Gaymard le placent parmi les rosaces) bien qu'il soit susceptible de former un genre distinct.
Il es} gélatineux, mou, de la consistance des petites méduses , lisse, subovalaire et réniforme. A l’un des pôles esi un trou assez large, peu profond, plissé sur ses bords, du milieu duquel part un étroit canal qui va se terminer près du pôle opposé, à une cavité arrondie.
A ja face inférieure de l'animal est une dépression logeant des suçoirs | lacés sur une tige commune et d’autres corps qui avaient l’ap- Pa d’ovaires.
BÉROIDES. 143
Le fragment n'avait point de mouvement, les suçoirs seuls s’agitaient,
et ils finirent par se séparer de lui : le tout était transparent. On peut
voir dans les figures gravées les différences qui existent entre cette espèce et la précédente. La patrie est la même.
4e çenxre. SULCULÉOLAIRE , suLcuLeoLARIA, de Blainv.
Corps subecartilagineux, transparent, allongé, cylindroïde, traversé dans toute sa longueur par un sillon fort large, bordé de deux membranes, tronqué aux deux extrémités, avec une ouverture postérieure garnie dans sa circonférence de lobes appendiculaires, et conduisant dans une cavité fort longue et aveugle (de Blainv. )-
Ce genre a été formé par M. de Blainville, d’après des figures inédites de Lesueur, qui pourraient bien appartenir à des portions détachées de pléthosomes ou de diphyes.
Les trois espèces citées par cet auteur, et non décrites, sont les sulculeolaria quadrivalvis, biacuta et minula du golfe de Nice.
LA SULCULÉOLAIRE A QUATRE VALVES, SULCULEOLARIA QUADRIVALVIS, Blainv., Æ{las, pl. 6, fig. 6.
Corps allongé, renflé vers ie milieu, légèrement ouvert au sommet, à sillon central profond ; ouverture buccale débordée par deux lobes arrondis ; transparence hyaline.
Habite le golfe de Nice.
9° GENRE. PRAIA, PRAIA, Quoy et Gaym.
Corps subgélatineux, assez mou, transparent, binaire, déprimé, obtus ou tronqué obliquement aux deux extrémités, creusé d’une cavité assez peu profonde, avec une ouverture ronde presque aussi grande qu’elle, et pourvu d’un large canal ou siiion en dessus ( de Blainv. ).
Ce genre paraît être fondé sur une vessie natatrice de physophore. MM. Quoy et Gaymard en font, dans leur travail publié, uñe diphye.