‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 56 sur 328 · LA PRAIA DE SAN-YAGO, PRAYA DIPHYES · texte numérisé non relu

LA PRAIA DE SAN-YAGO, PRAYA DIPHYES

Diphyes prayensis, Quoy et Gaym., Astrol., pl. 5, fig. 37-38.

Corps mou, long de dix-huit lignes sur six àe largeur, arrondi sur une face, aplati sur l’autre, légèrement échancré à l'extrémité, où est percée une ouverture transversale sans dents, munie d’une valvule mince, et donnant dans une cavité peu profonde, conique, communiquant dans un vaisseau qui occupe toute la tongueur de l'individu ; sur Vautre face est un canal large, longitudinal, béant, formé par deux replis.

Habite le port de la Praya, dans Pile de San-Yago.

BÉROIDES. 145 « Cette espèce, moins grande que la précédente, est aussi douteuse. Elle est molle, longue d’un pouce et demi, sur un demi-pouce de largeur, arrondie sur une de ses faces, aplatie à l’opposé, légérement écharcrée à l’extrémité, que nous reconnaissons devoir être la postérieure, et où se trouve une ouverture transverse sans dents, munic d'une valvule mince, dans laquelle on peut introduire l’extrémité du petit doigt; cette ouverture donne dans une cavité peu profonde, conique , allant s'ouvrir dans un vaisseau qui occupe toute la longueur de l'individu. À l’opposé de cette face est un canal large, longitudinal}, béant, formé par deux replis.

« Ce zoophyte a été trouvé au port de la Praya, à Saint-[ago, l’une des îles du Cap-Vert. »

Ge c£xre. NOCTILUQUE, nocrizuca, Suriray, Lamk, Schweig, de Blainv.

Gleba, Brug., Encycl.?

Corps gélatineux , transparent, subsphérique, réniforme dans ses contractions et paraissant enveloppé d’une membrane chargée de très-fines nervures. Bouche inférieure contractile, infundibuliforme, munie d’un tentacule filiforme.

La noctiluque a des rapports avec les mollusques ptéropodes du genre firole. Toutefois on peut se demander qu'est-ce que les noctiluques? Un seul naturaliste s’est beaucoup occupé de ces animaux marins, c’est M. Suriray. Aussi reproduirons-nous intégralement le mémoire qu’il a consacré à l'examen de ces êtres ambigus et d’une classification fort problématique. Toutefois je pencherais à placer parmi les méduses les noctiluques, qui semblent appartenir à cette grande famille par plus d’un point d’analogie.

M. de Blainville dit dans ses annotations , en parlant des noctiluca, que le mémoire de M. Suriray m’ajoute pas grand chose à ce qu’il savait déjà sur ce zoophyte, dont la véritable place dans la série reste fort incertaine.

LA NOCTILUQUE MILIAIRE , NOCTILUCA MILIARIS.

Lamarck, t, IT, p. 471, d’après ms. de Suriray. —Medusa marina, Slabber, liém. physiq., pl. 8, fig. 4 et 5.

Corps très-minime, hyalin, garni en dedans de petits corps ronds qui sont peut-être des gemmules. Donne aux eaux de la mer une phosphorescence des plus vives; excessivement abondante dans les bassins du Havre.

Habite la Manche.

146 ACALEPHES.

Le Mémoire qui suit ' a été présenté 4 l’Académie des sciences en avril 1810, et n’a point été publié depuis ; aussi le genre des animaux qu’il fait connaître n’a-t-il été adopté que par un petit nombre de naturalistes et connu seulement que par quelques renseignements fournis, d’après nous, par de Lamarck, dans son Système des Animaux sans vertèbres. Les naturalistes qui se sont occupés de la noctiluque n’ont pas tous été d’accord sur la place qui devait lui être assignée dans la série des animanx, et plusieurs de ceux qui l’ont observée après nous lui ont appliqué des noms nouveaux que nous ne croyons pas devoir adopter. M. de Blainville, qui a douné les renseignements les plus exacts sur le curieux animal qui va nous occuper , en parle en ces térmes dans son excellent Traité d'Actlinologie, p. 141, et Dict. des sciences nat., t. LX,p. 128 :

« Quoique je range provisoirement la noctiluque dans cette section (3° section du groupe des diphyes), je suis loin de croire que ce soit sa véritable place; il me semble, en effet, avoir beaucoup de rapports avec le zoophyte dont MM. de Chamisso et Eysenhardt ont fait leur genre flagellum, et que MM. Quoy et Guimard ont aussi désigné sous une dénomination particulière.

« Ne serait-ce pas un animal voisin des cucubales et des capuchons, dont les organes natateurs seraient réduits à l’enveloppe membraneuse ?

« Depuis la présentation de mon Mémoire à l’Académie , j'ai constamment observé les mêmes phénomènes de phosphorescence générale et particulière dans nos mers pendant la saison, c’est-à-dire en été. Cependant il y à eu interruption dans les eaux de la Marche, qui nous avoisinent, pendant que le choléra-morbus régnait au Havre et aux environs (mai, juin , juillet). :

« Plusieurs naturalistes de la capitale, qui viennent de temps en temps visiter notre port, n’ont plus remarqué cette phosphorescence qui attirait précédemment leurs regards et qui, depuis, s’est produite de nouveau.

« À la même époque, tous Les habitants de la ville ont été témoins de la mortalité subite:et presque générale des poissons retenus dans nos iriples fossés d’eau saumâtre. Toutes les anguilles et les pleuronecles venaient mourir sur les rives.

« J'ai ssumis au microscope quelques gouttes de cette eau devenue un peu putride, et j’ai reconnu que sa couleur, légèrement sanguinolente, dépendait d’un développement d’infusoires de diverses espèces.

« Je laisse aux savants physiologistes le soin de nous expliquer cette interruplüion dans la phosphorescence de nos bassins et de notre rivage,

1 Recherches sur la cause ordinaire de la phosphorescence marine, et description de la noctiluca miliaris, par M. Suriray, D. M. P. (Magasin de Zoologie, journal publié par F.-E. Guérin [ an 1836], sixième année, 5° livrais., p. 4 et suiv.)

BÉROIÏDES. 147 ainsi que la mort presque générale des poissons des fossés, coincidant avec le choléra dans les environs.

« Les jeunes noctiluques que j’ai observées depuis la rédaction de mon travail , et au printemps seulement, ne sont que le quart ou le tiers des adultes ; leur tentacule est proportionnellement plus long, plus épais; la membrane externe plus remplie de nervures et beaucoup moins claire, ce qui est le contraire dans les animaux microscopiques des eaux douces et salées ; plus ceux-ci sont jeunes , plus ils sont transparents et faciles à étudier.

«L'intérieur de la noctiluque n’est pas constant. Quelquefois on ne rencontre que peu de gemmules ou corps ronds ; d’autres fois il y en a tant, que l’on dirait des grappes pressées le unes contre les autres (fig. 10), Des naturalistes, dont l’opinion est d’une grande prépondérance, pensent qu'il y à dans ces cas un mélange d’estomacs remplis de nourriture un peu opaque et d’ovules plus ou moins avancés vers leur maturité.

« Constamment on observe, à la base du tentacule, un rudiment d’œsophage, et ensuite une cavité stomacale plus ou moins enfoncée, qui se remplit en quelque temps de liqueur colorée.

« La figure 11 indique un estomac et quelques-uns des vaisseaux annexes, remplis d’encre en peu d’heures après que l’animal fut plongé dans cette liqueur, qui n’avait pas tardé à le faire périr. (Juin 1836.)

« De tous les phénomènes de la phosphorescence : , en général, celui qui nous occupe maintenant a le plus piqué la curiosité des observateurs, d'autant plus multipliés qu’il se reproduit très-souvent et sur toutesies mers : on dirait que la nature, qui cache la plupart de ses secrets dans une profonde solitude, aurait eu dessein de laisser étudier et pénétrer celui-ci, en le multipliant sur une aussi grande surface de notre globe. La plus grande partie des navigateurs a été saisie d’étonnement en voyant s'étendre la lumière, ou plutôt une espèce de feu, sur un élément qui lui est si contraire, et s’est contentée d'admirer; un petit nombre a voulu expliquer ce qu’il n’a point approfondi , quoique pourvu de tout ce qu’il fallait pour parvenir à la vérité.

« Cependant, je ne sache pas que les physiciens se soient occupés sérieusement de notre phénomène avant le dernier siècle ; depuis, ils ont présenté des mémoires ou annotations, fruits de leurs recherches, mais que des circonstances particulières ne leur avaient pas permis sans doute de pousser jusqu’à leur nec plus altra.

« C’est pourquoi, du conflit de leurs opinions, on ne voit qu’'incerti-

tude, et, après le résumé de leurs systèmes, on est encore réduit à se faire les questions suivantes :

Rene EEE té

+ * Recherches sur la cause ordinaire de la phosphorescence, présentées à l’{nsütut de France par M. Suriray, D, M., le 1% avril 1810.

CAE

Première question.

« L'immensité de l’océan est-elle imprégnée d’un fluide lumineux, sui gencris, plus ou moins apparent, suivant l’état de l’atmosphère ?

Deuxième question.

« La phosphoresecnce de la mer est-elle due seule aux animaux?

Troisième question.

« Ÿ a-t-il deux phosphorescences combinées, l’une due à des animalcules phosphoriques, l’autre aux influences de l'électricité ou de quelque autre agent qui nous est inconnu ?

Qualrième question.

« La putréfaetion des êtres organisés ne fournit-elie point une espèce particulière d'huile phosphorique qui vient brüler à ja surface et se régénère continuellement ?

«Ayant été plus à portée de consulter la nature que les livres, j'ignore si les naturalistes ont proposé d’autres systèmes ; quant à moi, je ne présente que des faits auxquels j’ai donné toute l’attention possible, et seulement ceux qui sont les plus concluants et dont l’harmonie peut éclairer ce point de la science en litige depuis longtemps... Quelle est la cause de la phosphorescence de la mer ?

«Pour parvenir à la solution de ce problème, j'ai suivi une marche qui m'a paru nouvelle. L'idée m’en a été suggérée par M. Péron, dont j'ai eu l’avantage de faire la connaissance lors de son excursion scientifique sur nos côtes maritimes, et dont les avis ont élé pour moi des traits de lumière. Voici le plan :

« 1°. Tenir un journal exact de la phosphorescence qui avait lieu dans les bassins du port et sur le rivage.

« 20. Comparer celle de l’été à celle de l’hiver.

« 39. Noter les influences atmosphériques, électriques , ceïles des vents et du calorique.

« 4°. Suivre les grands phénomènes de la mer lumineuse.

« bo. Étudier comparativement la phosphorescence en détail et en petit.

« J’ose me flaiter que cette méthode, quoique la pius longue, m’a conduit au but, et je me trouverai bien dédommagé de mes peines si je puis espérer offrir quelque chose de nouveau, après neuf années d'observations et d’expériences.

« J’omets de parler des phosphorescences particuliéres, telles que celles des pennatules, des néréides , des aphrodites et des petites méduses. Diverses macérations des parties de poisson m'ont aussi présenté Ja production lumineuse ; mais tous ces phosphores diffèrent de celui de nos polypes noctilugues, dont la réunion plus ou moins grande ainsi

BÉROIÏDES. 149 que le degré de force vitale, suffisent pour expliquer tant de résultats divers.

« Je considérerai d’abord la phosphorescence en grand, et puis en petit, afin que ceux qui n’ont été témoins ni de l’une ni de l’autre puissent s'assurer que les expériences faites en petit dans mon cabinet sont en rapport avec celles faites en grand et au large.

« Il ne faut pas que l’énorme quantité de nos animalcules, nécessaire pour expliquer la phosphorescence qui s'étend sur le vaste océan, soit une objection. Quelques naturalistes modernes conviennent que les polypes en générai sont les êtres les plus nombreux de la nature, ceux qui ont le moins de facultés et qui cependant offrent des phénoménes de la plus grande importance.

« D’après le rapport unanime des navigateurs , il paraît que la phosphorescence est la même sur toutes les mers; plus considérable dans celles de la zone torride, où elle se présente quelquefois avec un tel éclat, qu'un vaisseau semble passer au travers des flammes; en y plongeant un mouchoir, on le retire tout gluant et scintillant. Il est rare que l’on observe sur nos côtes cet appareil phosphorique aussi développé. Dans la saison du maquereau, nos pêcheurs rencontrent, à cinq ou six lieues au large, la mer recouverte, dans une très-grande étendue et par sillons irréguliers , de couches de matière jaunâtre et gluante qu'ils prennent pour le frai de ce poisson ; ils m'ont assuré que la mer n’est jamais plus lumineuse que dans ces endroits et à cette époque ; elle le devient beaucoup moins dans le courant de l’année, et il faut qu’elle soit agitée par une cause quelconque.

« Je sais que des physiciens, tout en accordant que la mer peut être scintillante par l’effet des petits animaux phosphoriques, ne veulent point confondre cette lumière avec celle du sillage d’un navire, ou les apparences laiteuses produites quelquefois à trois ou quatre pieds de profondeur , sous une surface tranquille et que l’on attribue à la diversité des courants; plusieurs d’entre eux pensent que c’est un phénomène électrique ou dépendant d’un autre fluide de la nature qui nous est inconnu jusqu’à ce jour. Remarquez que les observateurs, du moins ceux que j'ai pu consulter, regardent comme une condition nécessaire pour le développement des nuances lumineuses, les frottements ou l’agitation de l’eau ; un léger mouvement ondulatoire suffit le plus souvent, ce qui coïncide avec des faits qui se sont reproduits fréquemment à mon examen. En effet, quoigue le concours des circonstances füt le plus propice, j'ai toujours observé que l’eau prise dans la rade conservait une grande obscurité lorsqu'elle était dans un repos parfait, exempte de petits animaux capables de la troubler, Il me parait donc du plus grand intérêt d’éclaircir la troisième question. Je rapporterai les expériences qui pourront y avoir du rapport, afin que l’on juge si une seule cause préside à plusieurs phénomènes diversement modifiés, mais nuljement contraires,

« Lorsque la température est élevée de 18 à 20° (therm. de Réaumur) et que le temps est très-orageux , j'ai aperçu distinctement, en nageant ou en plongeant dans une eau très-limpide et dont le fond était sablonneux, une quantité considérable de globules brillants, les uns roulant sur la surface, les autres se précipitant de plusieurs pieds et formant une masse d’un faible éclat, semblable à celle de la fumée d’un morceau de phosphore qui vient de brûler lentement.

« En agitant brusquement, après une heure de repos, un grand bocal rempli d’eau et ne contenant que sur la surface des polypes en pleine vigueur, la lumière pénètre toute la masse du liquide et fait même apercevoir le fond du vase; si l’on met à sa partie supérieure une bordure opaque, l'œil placé de côté ne verra point d’étincelles, mais seulement cette clarté qui s’évanouit bientôt lorsque l'agitation cesse. Cette même eau filtrée conserve son obscurité naturelle, quoigu’on l’agite. et qu’en l’imprègne à plusieurs reprises du fluide galvanique, n'ayant plus de rapport avec la phosphorescence de la mer que l’électricité qui m’a paru agir sur l’eau douce distillée comme sur l’eau salée. Ges deux espèces de lumière ci-dessus sont bièén moiïns tranchées lorsque l’eau est vaseuse et sale; que dis-je? on n’en voit même qu’une qui ne se modifie qu’à la surface: il faut aussi la réunion de la chaleur, du calme ét de beaucoup de polypes : alors la chute d’une petite pierre ou de quelques gouttes d’eau fait naître à l’instant de largesplaquesirrégulières, dont là lumière peu durable approche de celle du soufre dans sa combustion lente. Si des insectes ou des petits poissons viennent traverser horizontalement cette couche d’animalcules, ils tracent un sillon brillant, souvent tortueux, tel que l’on croirait voir nager des anguilles phosphoriques. Le dégagement spontané des bulles d’hydrogène n’est pas moins agréable à ja vue. :

« Chaque partie d’un grand bassin offre des résultats divers, suivan£ la quantité et la position de nos globules animés. Sont-ils éparpillés sur une surface calme? une très-légère secousse produii un effet analogue à ceux de quelques tableaux de l'appareil électrique. En effet, l'équilibre étant rompu par la chute d’une ou de deux gouttes d’eau, les étincelles s'étendent instantanément du centre à une circonférence de dix à douze pieds de diamètre, sous la forme de portions de cercles concentriques où de rayons irréguliers.

« J'ai vu queiquefois survenir des bouffées d’un vent médiocre qui recouvraient successivement les parties qu’elles touchaient d’une faïble lueur toute particulière et ressemblant à de la gaze; mais, si le vent devient plus fort et contina , les vagues se résolvent en bandes argen. tées plus ou moins larges, qui changent de dimension selon les obstacles. Pour que ces observations se présentent avec le plus d'intérêt , il faut que le spectateur profite d’une soirée très-obseure , la mer étant pleine, et les autres conditions réunies : lorsque les vents favorables changent tout à coup et passent au nord-ouest, et sont accompagnés de

BÉROIDES. 151 pluie, la mer cesse peu à peu d’être lumineuse, soit que nos sphéroïdes s’erfoncent assez profondément pour n’être plus aperçus , soit qu’un ballottement continuel ait épuisé momentanément leur phosphorescence, qui se ranime cependant un peu, en vidant sur la vague un flacon plein d’un acide concentré quelconque : je présume que c’est la dernière cause qui contribue davantage à rendre à l’eau marine toute

son obscurité.

« On sera peut-être surpris de retrouver , pendant la saison la plus froide, la mer quelquefois étincelante, mais à un moindre degré. L’abaissement de L’eau et de l’air diminue peu lirritabilité de nos polypes, puisque je les ai vus luire par la percussion, le thermomètre de Réaumur marquant à l’air +, le même , plongé dans l’eau de la mer, montait à ‘. J’observe que, d’après mon journal, la température moyenne et ordinaire pendant l'hiver est de 5 à 6° au-dessus de zéro. La plupart des mollusques, testacés ou nus, la classe des insectes comprenant les plus volumineux, disparaissent à l’approche des premiers froids, s’enfoncent dans la vase en gagnant le large, tandis que plusieurs polypiers, presque tous les vrais infusoires, les plus petits insectes, parmi lesquels se trouvent abondamment ies cyclopes, vivent et paraissent pleins de vigueur, même sous Ja glace de nos bassins : ainsi Fabricius , dans sa Fauna Groenlandica , a trouvé la mer phosphorique dans le détroit de Davis, ce qu’il attribue à des myriades de cyclopes brévicornes : pour moi , quelques recherches que j’aie faites , je n'ai rencontré aucun individu de cette famille nombreuse qui jouisse de cette propriété.

« Après avoir exposé ce que j'avais observé de la phosphorescence étendue dans de grandes masses de son liquide natal, je vais la considérer circonscrite dans de petits vases transparents, même dans une goutte d’eau, les yeux armés d’un bon microscope.

« Convaincu qu’elle ne provenait que d’une multitude considérable d’animalcules s’agitant diversement et confondus, il s'agissait de déterminer , par une espèce d’analyse de cette masse animée, ceux à qui Von devait attribuer la principale cause de la scintillation. Après avoir filtré la plus grande partie d’une eau très-lumineuse, je n’ai pu y reconnaître , avec une forte lentille, que des monades et autres trèspetits infusoires qui ayaient traversé le papier. Malgré la plus grande agitation , cette eau est toujours restée obscure ; il n’en était pas de même de celle qui restait sur le filtre ; je la versai dans un verre à vin, et après demi-heure de repos, le plus léger souffle me fit apercevoir , seulement sur la surface, des points scintillants. Je reconnus, à la faveur d’une loupe et d’une forte lumière dirigée de bas en haut , des globules aussi diaphanes que le plus beau cristal, paraissant immobiles , et plus enfassés vers les paroïs que dans le milieu du vase ; dans le reste du fluide , je découvris facilement des monocles, des brachions, des vorticelles et autres infusoires qui me paraissent inconnus ; jen

pris quelques-uns avec un tube capillaire, moyen très-simple par lequel on les obtient individuellement , et je les mis dans une eau marine parfaitement filtrée ; malgré l’irritation du vinaigre ou d’un stylet, aucun ne me parut phosphorescent, tandis que, réitérant les mêmes essais sur nos globules, j'obtins autant d’étincelles qu’il y avait d’individus ; je m’empressai d’en soumettre quelques-uns aux numéros 3, 2, 1 de mon microscope Deïharre; je vis des sphères animées, hyalines et pourvues d’un seul tentacule.

«J’omets de parler de plusieur tentatives qui ne m’avaient point réussi, et qui ne peuvent offrir d'intérêt ; si j’avais différé mon travail de quelques mois, une circonstance imprévue et assez rare m'aurait épargné des essais aussi difficiles que délicats ; je veux parler de la phosphorescence extraordinaire du 7 juin dernier et jours suivants ; par le vent sud-ouest et un temps pluvieux, l’eau du petit quai et celle d’un bassin furent recouvertes par de grandes plaques d’une teinte semblable au mélange de lie de vin et de cidre ; je crus , avec plusieurs personnes , qu’elles proyenaient de vidanges de quelques cuves de teinture , jy donnai G’abord peu d'attention, mais le lendemain au soir, vers le crépuscule, outre cette couleur permanente, j’observai que le choë des rames et le sillonnage des naceiles développaient de larges zones bleuâtres qui avaient près d’une minute d’existence : la chute d’une grosse pierre produisait un centre lumineux d’où jaillissaient des gouttes phosphorescentes qui s’attachaient aux corps voisins. Je n’avais jamais eu occasion de jouir d’un appareil de phosphorescence aussi lumineux, même dars la nuit la plus profonde : je crus qu’il fallait profiter de cet heureux hasard pour me livrer aux détails d’observation. Des matelots enfoncèrent plusieurs seaux dans un grand banc de ces animaux marins, banc épais de trois ou quatre pouces, sans compter ceux qui se trouvaient éparpillés inférieurement : en transvasant le plus doucement possible , on ne voyait pas d’eau, maïs une masse phospho-. rique ; si on y plongeait la main, on l’en relirait toute gluante : en froissant légèrement le pouce contre l’index, on éprouvait la sensation d’une friabilité su genceris, approchant de celle produite par la crevasse d’une membrane vésiculeuse élastique. La propriété giutineuse est assez forte pour que ces animalcules se collent aux doigts et aux parois du papier à filtrer , au fond duquel on ne pourrait parvenir à les concentrer ; ils peuvent encore donner des traces de lumière vingtquatre heures après la filtration, quoique le papier ait conservé très-peu d'humidité ; mais il faut les écraser avec les doigts, ce qui m’a fait distinguer la phosphorescence passive de l’aclive.

« Le 8 , à dix heures du soir, le vent avait formé, dans un angle du bassin , un grand banc en forme de trapèze, sur lequel une douce pluie développa une belle phosphorescence étoilée ; les autres parties du bassin , quoique leur équilibre fût rompu par la même cause , restérent obscures. Je remplis, au centre de la lumière même , un long tube de

BÉROÏDES. 153

verre de deux pouces de diamètre, et le portai dans mon cabinet: bientôt les trois quarts supérieurs furent occupés par une masse rougeâtre, demi-opaque et paraissant tout enflammée dans l'obscurité, chaque fois qu'on lui communiquait une légère secousse. Après une demi-heure de repos parfait, la surface était seulement recouverte d’un anneau lumineux de deux lignes d’épaisseur, dont le brillant était entretenu par le mouvement plus libre et plus prompt des tentacules à la surface que dans les parties inférieures : le lendemain, cette masse inanimée se précipita au fond du vase, et avait perdu toutes ses propriétés, : si une moindre quantité de polypes avait été disséminée dans une plus grande étendue de liquide, clle aurait pu luire pendant dix à douze jours , en ayant soin de l’agiter rarement.

« Le9, un vent nord-ouest souffla fortement, et dispersa nos globules , qui reparurent le 12, presque en aussi grand nombre , mais ce fut pour la dernière fois. Je voulus examiner de plus près comment se comportait cette lumière , dont l’intensité augmente selon la réunion de plusieurs circonstances.

«Après quelques instants de repos dans une parfaite obscurité, afin de disposer mes yeux à être plus sensibles à une faible lumière, puisqu’une partie devait être absorbée par les verrés , j’examinai dans le champ d’une lentille de deux lignes de foyer plusieurs globules trèsscintillants, et je reconnus deux lumières très-distinctes : la première était faible , annulaire et presque permanente ; la deuxième plus vive, plus fugace et centrale , pouvait être comparée à une étincelle électrique ; lorsqu'elle était simultanée dans plusieurs individus, elle pouvait seule faire reconnaître leur forme ; mais il fallait que la force vitale ou l’irritabilité füt portée au plus haut degré, soit par la chaleur, soit par l’irritation mécanique ou chimique.

« Après ces observations ténébreuses et microscopiques , je soumettrai à l’examen celles qui ont été faites au grand jour, et donnerai une anatomie oculaire de notre animalcule , la plus satisfaisante qu’il m'a été possible ; mais au préalable je crois utile de donner un parallèle succinct de mes expériences avec celles de quelques auteurs, et de diviser la propriété phosphorique de ma noctiiuque en

Jai ible :

Phosphorescence active annulaire et faible ;

centrale et vive ; par une forte irritation ; Phosphorescence passive par froissement , quelques heurcs

avant la mort.

Expériences el opinions de quel-

ques observateurs. Les miennes propres.

« 19, Vianelli, qui a été suivide «1°. N’ayantpuconsulter cesgra- M. Nollet et de Griselini, a pré- vures, j'ignore si elles se rapportendu que les points lumineux de tent au dessin que j’ai tracé ; ceux

la mer sont des vers luisants, dont il a fait dessiner et graver la figure.

« 2°. M. Leroy, médecin à Montpellier, n’ayant jamais pu découyrirsur,le filtre de trace d'animaux, ne pouvant d’ailleurs concevoir comment ils ne pouvaient être lumineux que par la percussion, en nie l’existence.

«3°. Ilcroitque c’est une matiére phosphorique qui brûle et se détruit à la surface en se régénérant continuellement ; qu'un grand nombre de liqueurs l’a fait déflagrer ; qu'elle est de nature huileuse ou bitumineuse, et que, ne pouvant passer au travers des filtres , elle n’est que suspendue dans l’eau de mer.

«40, D’autres physiciens, non moins recommandables, ont aussi adapté la phosphorescence aux animaux, d’après les deux faits suivants : 1°. En mettant différents poissons dans de l’eau de mer qui n’était point lumineuse, la putréfaction commence dans les vingt-quatre heures , et la surface devient sensiblement lumineuse pendant six à sept jours; 2°. on répéta l’expérience avec le même succès, avec de l’eau douce, dans laquelle on avait fait dissoudre du muriate de soude , dont les proportions sont indiquées.

qui ont étudié sur le rivage maritime savent que les vers luisants sont en trop petit nombre pour expliquer un phénomène général.

« 2°. Si ce médecin ayail eu occasion de les observer dans la saison la plus favorable , il les aurait vus briller quelquefois spontanément sans la plus légère percussion.

«30, La phosphorescence que nous examinons a lieu sans le contact de Pair atmosphérique, même à plusieurs pieds au-dessous de la surface de l’océan ; il n’est pas facile, je crois, de déterminer jusqu’à quelle profondeur.

« 4°, Ces expériences sonttrès-positives, et méritent qu’on les discute. Il eût été important d’abord de savoir si l’eau avait été bien filtrée; celle qui ne l’est point perd souvent sa qualité phosphorique par un ballottement plus ou moins long, et ne la recouvre qu'après quelques heures de repos, lorsque lirritabilité de notre polype est régénérée. Des faits multipliés m’ontappris qu’il ya une distinction très-essentielle à faire entre la phosphorescence produite par la putréfaction des poissons dans l’eau salée naturellement ou artificiellement, et celle qui fait le sujet de ce Mémoire. La première est permanente pendant plusieurs jours, d’un aspect laiteux; eau qui la contient est louche, fétide ;

passée au filtre ordinaire , elle conserve encore sa clarté, ce qui n'arrive jamais à l’eau de mer. La deuxième ne peut coïncider ayec cette première, qui {ue en peu de minutes, et détruit la qualité phosphorescente des polypes les plus actifs.

BÉROÏDES. 155 « Pour peu que l’on veuille examiner ces deux phosphorescences, l’on

verra facilement qu’elles diffèrent autant dans leurs causes que dans leurs résultats.

Description de la noctiluque marine.

« Sa grosseur est à peu prés celle d’une tête de petite épingle, son tentacule est invisible ; vu leur grande diaphanéité, quelques individus peuvent échapper à l’œil le plus clairvoyant ; il est nécessaire d’en réunir un grand nombre au moyen d’un long tube de verre que l’on remplit d’eau marine dans les jours les plus avantageux , alors nos polypes se réunissent à la surface , d’où ils descendent quelques lignes, et où ils remontent bientôt après une légère secousse : c’est dans ce déplacement qu'on les distingue facilement avec une loupe ordinaire. Le tentacule ne sert point au mouvement d’ascension , mais seulement à celui du léger balancement que l’animalcule exécute quelquefois. Je ne sais si l’on doit attribuer la faculté de descendre ou de monter à la modification qu’il prend souvent, tantôt il est sphérique ou elliptique, tantôt cordiforme ou bien oviforme.

« Il estrare de trouver deux individus dont l’organisation , tant interne qu’externe , soit la même; ils n’ont de ressemblance que dans leur tentacule et leur membrane externe remplie de nervures apparentes : lorsqu'ils sont en contact avec de l’eau douce ou celle qui est salée et putride , ils se dépouillent en peu d’heures de cette membrane, qui commence par se rider , et disparaît entiérement avec le tentacule, c’est alors qu'ils deviennent tellement diaphanes , qu’on à peine à les distinguer de l’eau ; ils perdent toute leur propriété phosphorescenie.

« Les parties internes de ces corps hyalins, qui se sont conservées dans leur intégrité, offrent des différences : tantôt ce sont de petits globules isolés, jaunâtres et renfermant un point brun, ou d’un rouge intense , tantôt des grappes dont le pédicule se confond avec la base du tentacule.

« Je ne dois pas omettre de faire observer que, dans une profonde obscurité, la néréide phosphorique, étincelant vivement, peut paraître ronde comme notre polype, et que l’un et l’autre, dans ectte circonstance , paraissent beaucoup plus volumineux : il suffit d'examiner l’eau contenue dans du verre mince, pour reconnaitre l’origine des étincelles, êt il faut avoir recours à une bonne ioupe et à un jour convenable.

« Les animaux Cont je donne le dessin ont été vus au n° 2 du microscope Delbarre; un seul, représenté par la figure 3, a été dessiné à Ja lentille n° ir; ]a lumière traversait directement le porte-objet. Si on rend celui-ci noir et opaque , et que l’on se serve du miroir métallique de réflexion, alors les parties intérieures paraissent blanches pour la plupart, etes ovaires ou les œufs sont tantôt de couleur d’ambre, tantôt de beau carmin : ce sont ces derniers qui donnent à une couche fpaisse de ces animalcules une légère teinte de vin, à la vue simple,

156 ACALEPHES.

tandis que quelques individus séparés de la masse ne paraissent que blanes et diaphanes. »

Te GENRE. APPENDICULAIRE , APPENDICULARIA, Cham. et Eysenh.

Frélillaire , Quoy et Gaim., Ms., AstroL., p. 304. — Oikopleura chamissonis , Mertens, Ac. Pélersb., t. 1 (1831), p. 205, pl. 1 et 2.

La place de ce genre, très-mal connu d’ailleurs, est encore complétement incertaine , bien que Mertens pense que ce soit un ose ptéropode. Nous nous bornerons donc à rapporter ce qu’en disent les observateurs qui ont JU le singulier animal sur lequel il repose.

D’après Chamisso et Eysenhardt leur appendicularia flagellum (pl. 54, fig. 4) est un corps gélatineux, subovoïde, à peine long de trois lignes, ayant des points rouges transparents internes ; un appendice gélatineux, cestoïde, bordé de rouge, plus long du double ou du triple que le corps , servant à la natation par un mouvement d’ondulation très-marqué. Habite le canal Saint- Laurent dans le détroit de Beehring.

D’après M. Quoy (Zool. Ast., p. 10), son genre frétillaire est fondé sur un animal rencontré dans plusieurs mers et notamment aux environs du cap de Bonne-Espérance. Son abondance était telle qu’il teignait l’eau en rouge-brun. Ces frétillaires se tortillent sur elles-mêmes et paraissent comme enveloppées dans une large membrane dont elles se séparent sans paraître en souffrir. On en trouve beaucoup plus de libres que de munies de cet appendice.

L’oikopleure bifurquée, oikopleura bifarcata, Quoy et Gaim., Ast., pl. 26, fig. 4 à 7, est donc ce fretillaria si abondant sur le banc des Aiguilles et vis-à-vis la baie d’Algoa. Son corps est anguilliforme , aplati, pointu à son extrémité qui est munie d’une nageoire échancrée; son axe est parcouru par un canal sur les côtés duquel on voit des granulations blanches. La partie qui correspond à la tête est surmontée d’un capuchon membraneux, très-délié, frangé, ou apparaît un point rouge entouré de jaune. Cet animal, sans cesse en mouvement, altère promptement l’eau qui le contient, meurt et devient opaque.

L’oikopleure serait-il une larve? A ces faits MM. Quoy et Gaimard ajoutent : «C’est pour éveiller Pattention des naturalistes voyageurs qu’en terminant cette partie des zoophytes nous donnons une figure , probablement incomplète, d’un animal dont le genre est encore si peu connu qu’on ne sait dans quelle classe le placer. D’après M. Mertens il devrait appartenir aux

BÉROIDES. 157 mollusques, quoiqu'il faille convenir que ses dessins ne donnent guère l'idée de ce que doit être un mollusque.

« Voici ce que nous avons observé : En décembre 1828, étant sur les sondes du banc des Aiguilles, en vue de terre, et vis-àvis la baie d’Algoa, nous vimes par intervalle, dans d’assez grands espaces , et par zones, la mer devenir rouge-brun. En y plongeant un filet d’étemine nous reconnûmes que cette couleur était due à une énorme quantité de petits animaux longs d’une ligne ou deux, tout blancs, si ce n’est vers la tête où ils avaient un point rougeâtre. On jugera par là combien ils devaient être pressés pour refléter une couleur rouge aussi intense que celle que nous représentons.

« Le corps de cet animal est anguilliforme, aplati, pointu à son extrémité, laquelle est garnie d’une nageoire qui nous à paru échancrée:; son axe est parcouru par un canal dans lequel, ou plutôt sur les côtés duquel, on voyait des granulations blanches appartenant probablement à la génération. La partie qui correspon& à la tête est surmontée d’un capuchon membraneux, trèsdélié, frangé, dont la petitesse ne nous a pas permis d'examiner les organes qu’il pouvait contenir et que M. Mertens à reconnus dans des individus beaucoup plus grands. C’est là qu’est placé le point rouge en partie entouré de jaune.

« Ces êtres étant dans un mouvement perpétuel de vibration qu’ils impriment à tout leur corps, Pétude en devient un peu embarrassante. Ils semblent vouloir se délivrer de leur enveloppe céphalique; ils altèrent promptement l’eau qui les contient, et dans une demi-heure ils sont morts. Alors leur corps se recourbe dans divers sens, la tête en bas; il devient opaque, d’un blanc mat, et l’on ne peut plus rien distinguer de leur organisation. Nous les avons représentés dans ces diverses positions. Ce sont sans doute ces animaux ou bien de très-petits biphores qui, lorsqu’ils recouvraient une vaste étendue, ont donné lieu aux anciens navigateurs de parler de mers couleur de sang.

« S'il existe dans les eaux salées des animaux susceptibles de subir des métamorphoses avant que de devenir parfaits, ceux-ci pourraient bien alors être des larves. En ayant rencontré dans plusieurs lieux , nous les avions nommés frétillaires; mais, après avoir pris connaissance du mémoire de M. Mertens, nous avons reconnu qu'ils devaient faire partie de son genre oikopleure, que M. Chamisso avait découvert longtemps avant, plus imparfaitement il est vrai, mais auquel il avait donné le nom beaucoup plus euphonique d’appendicularia. »

8e GENRE. BIPINNAIRE, BIPINNARIA Sars, Beskrivelser, 1835, p. 37.

Corps gélatineux , allongé, cylindrique , déprimé; avec deux ailes, dont une postérieure, terminale et cordiforme ; l’autre triangulaire et placée au milieu du corps. Bouche entourée de rayons lancéolés.

Qu'est-ce que les bipinnaires ? Sars les place à la suite de ses acalèphes, en leur donnant pour caractères génériques : Corpus gelatinosum longum cylindrico-depressum, pinnis duabus, una pestice terminali cordiformi, altera triangulari in medio corpore. Os appendiculis seu brachiis lanceolatis circumdatum.

Cet animal aurait besoin d’une étude sérieuse pour être placé dans la série des êtres suivant ses vrais rapports.

LA BIPINNAIRE ÉTOILÉE , BIPINNARIA ASTERIGERA. Sars, Beskriv,, p. 37, pl. 15, fig. 40 : appendicibus seu brachiis 12 circa os.

Corps allongé, cylindrique, comprimé, ayant à la queue une nageoire terminale échancrée en cœur, et au milieu du corps une nageoire triangulaire , bouche largement ouverte, à cinq lobes ciliés, entourée de douze lanières longues, étroites , lancéolées.

Habite les côtes de Norwège.

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