DES MÉTHODES OU SYSTÈMES
Les zoophytes pour lesquels nous adoptons le nom d'acaléphes, emprunté à Aristote, et qui font l'objet spécial de ce livre, sont ceux qui composent la troisième classe des zoophytes de G. Cuvier, telle qu'elle se trouve établie dans la dernière édition du Règne animal, car les idées de ce savant ont dû subir, suivant les temps, de nombreuses varations. Ces acalèphes répondent aux animaux radiaires du système de M. de Lamarck, et en partie aux zoophytes faux de M. de Blainville, et aussi à ses zoophutes vrais du type actinozoatre de la classe des arachnoderniaires. Mais nous reviendrons sur les opinions qui ont influencé ces diverses classifications.
G. Cuvier, dans son Tableau élémentaire de l'Histoire naturelle, publié en lan vr {1 vol. in-8°, Paris), n'avait point alors d'idées bien distinctes sur les acalèphes, dont il traite dans son chapitre IE, consacré aux zoophytes mous sans organe respiratoire et sans pieds rétractiles, ainsi qu'il le dit textuellement. Pais, dans sa section À, il range les
grands zoophytes dans lesquels on aperçoit des fibres et des intestins, et que l'on nomme vulgairement des orttes de mer. À la tête de cette classe, il place les genres méduse et béro, en les faisant suivre des actinies, des zoanthes, puis des hydres où polypes à bras.
En 1817, dans son Règne animal, G. Cuvier établit formellement, dans ses zoophytes, une troisième classe sous le nom d'acalèphes (acalephæ), et proposa trois ordres : le premier, comprenant les acalèphes fixes pour les animaux appelés vulgairement orties de mer fixes, les actinies ; puis, dans un deuxième ordre, il rangea les acalèphes libres, les méduses, béroés, etc. ; et dans le troisième et dernier, les acalèphes hydrostatiques, les stéphanomies, etc.
Dans l'édition de 1830 du Règne animal, M. Cuvier, après avoir profité des travaux de MM. de Lamarck et de Blainville, a grandement modifié ses idées. Il renvoie les acalèphes fixes à leur véritable place, c'est-à-dire aux zo00phytes polypes, dont ils sont le premier anneau, et les acalèphes (acalephæ), tout en formant sa troisième classe des zoophytes, ne renferment plus que les animaux appelés par les anciens orties de mer libres : « Ce sont (dit G+ « Cuvier) des zoophytes qui nagent dans les eaux de la « mer, et dans l'organisation desquels on aperçoit encore « des vaisseaux qui ne sont à la vérité le plus souvent que « des productions des intestins creusées dans le paren- « chyme du corps. »
Cuvier admet deux ordres dans ses acalèphes : le premer, celui des acalèphes simples, comprend les méduses, les béroés et les cestes : « Animaux qui floitent et nagent « dans l'eau de la mer par les contractions et les dilatations « de leur corps, bien que leur substance soit gélatineuse, «sans fibres apparentes. Les sortes de vaisseaux que l'on « voit à quelques-uns, sont creusés dans la substance « gélatineuse. Ils viennent souvent de l’esto
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. 3 « manière visible, et ne donnent point lieu à une véri- « table circulation. »
Le deuxième ordre renferme, sous le titre d'acalèphes hydrostatiques, les genres physalie, physophore, hippopode, racémide, rhizophyse, stéphanomie et diphye. « Ces z00- « phytes se reconnaissent, ajoute Cuvier, à une ou plu- « sieurs vessies ordinairement remplies d'air, moyennant «lesquelles ils sont suspendus dans les eaux. Des ap- « pendices singulièrement nombreux et variés pour les « formes, dont les uns servent probablement de sucçoirs, « les autres peut-être d'ovaires, et quelques-uns plus « longs que les autres de tentacules, se joignent à ces « parties vésiculeuses pour composer toute l’organisation « apparente de ces animaux On ne voit pas qu'ils aient « de bouche bien reconnaissable pour telle. »
Les idées de M. Cuvier se résument dans le tableau suivant: 1. Méduses propres. | 2. Equorées (phorcynies, fovéolies ).