‹ Histoire naturelle des zoophytesChapitre 89 sur 328 · L'OBÉLIE SPHÉRULINE, OBELIA SPHÆRULINA · texte numérisé non relu

L'OBÉLIE SPHÉRULINE, OBELIA SPHÆRULINA

Péron, Méd., p. 43, esp. 80.— Lesueur, pl. 6, fig. 170 à 173. — Medusa conifera, Modeer. — See-nesselchen, Slabber, Phys. belust., p. 40, pl. 9, fig. 5 à 8 (1781). — Encycl., pl. 92, fig. 12 à 15, — Lamarck, Syst., t. IT, p. 510. — De Blainv., pl. 41, fig. 8.

Ombrelle orbiculaire, garni de seize tentacules courts ; appendice susombrellaire , terminé par une espèce de petit globe microscopique ; couleur hyalino-bleuâtre.

Habite les côtes de la Hollande.

3° TRIBU. LES MARSUPIALES , MARSUPIALÆ.

SONT des méduses sacciformes ou en cloche, ayant de quatre à huit faux bras diversiformes sur le rebord de l’ombrelle qui a parfois deux replis simplement munis d’éminences papilleuses.

268 ACALÉPHES.

Sac stomacal simple et remplissant toute la cavité interne, ou oblong , allongé et frangé à son ouverture. Vaisseaux disposés en croix et contournant les angles du zoophyte pour aller se perdre dans les faux bras. Point de pédoncules , point de cirrhes, point d’ovaires apparents.

Les méduses de cette tribu ont une organisation bien distincte des autres genres. Leurs faux bras sont comme articulés avec des tentacules simples, au nombre de quatre ou de deux : parfois ces bras portent des cotylets,

Ale GENRE. MARSUPIALE, MARSUPIALIS Less., Prod., 10.

Carybdea, Péron. — Oceania, Eschsch.

Ombrelle conique, sacciforme, arrondi, allongé, terminé à son rebord qui est largement ouvert par quatre faux bras, renflés ou comprimés, comme articulés ou terminés par un petit point globuleux.. Le sac stomacal dans la première espèce la : mieux connue est en entonnoir, évasé et quadrilobé dans le haut, rétréci et entouré de quatre sucoirs dans le bas.

26. LA MARSUPIALE DE PLANCUS , MARSUPIALIS PLANCI ; Less., Prod. , 25.

Urtica soluta marsupium referens, Plancus, Conchyl., p. 41, pl. 4, fig. 5 (1739). — Medusa marsupialis, semi ovata, margine tentaculis quatuor, Linn. ; Gm., esp. 8, p. 3154. — Modeer, Encycl., pl. 92, fig. 9. — Carybdea marsupialis, Péron, Méd., esp. 12, p. 21, et Ann., t. XIV, p. 333. — Lesueur, pl. 5, fig. 4. — C. conoidea crumeniformis : margine lobis, quatuor linearibus distantibus, Lamarck, Syst., t. II, p. 496. — Oceania marsupialis, Eschsch., Ac., p. 101. — C. corpore subovato , hyalino, crumeniformi , margine lobis quatuor linearibus, distantibus instructo. Risso, Nice, t. V, p. 294. — Carybdée marsupiale, Milne Edwards, Ann. sc. nat., t. XX VIII, p. 248 à 266, pl. 11 et 12. — G. Cuv., Règ. an., pl. 55, fig. 1. (Copiée de Milne Edwards.)

Ombrelle suboyale , hyalin, cruminiforme , à bord entier, garni de quatre lobes, ou appendices tentaculaires très-gros et fort courts ; longueur, quatre centimètres.

Habite proche les rivages, dans la Méditerranée ; apparaît, en mai, sur les côtes de Nice.

M. Milne Edwards (Ann. sc. nat., tom. 28), a publié de curieuses observations sur cette méduse sous le titre : Observalions sur la structure de la méduse marsupiale ; il les a communiquées à l’Académie des Sciences le 18 février 1833. Ce Mémoire est ainsi Conçu :

« IL est peu d'animaux dont la vue excite plus de surprise que celle

î A partir de cet alinéa, le Mémoire de M. Milne Edwards est intégralement copié, texte et notes. À

MÉDUSAIRES. 269

de ces masses gélatineuses, mais animées, qui nagent dans la mer et portent le nom générique de méduses. Lorsqu'ils flottent dans le liquide qu'ils habitent, leur corps, mou et léger, présente souvent les teintes les plus agréables ef les formes les plus gracieuses ; mais lorsqu'on les retire de l’eau, ils s’affaissent aussitôt, prennent l’apparence d’une masse de gelée tremblotante , n’exécutent aucun mouvement, meurent sans avoir donné de signe de vie, et enfin ne laissent, par la dessiccation , que des quantités à peine perceptibles de matières solides, L'organisation de ces êtres bizarres n’offre pas moins d’intérêt que leurs formes extérieures. Quoi de plus singulier, en effet, qu’un animal n'ayant point de bouche, mais pourvu de suçoirs analogues aux racines des plantes, et dont la cavité digestive se prolonge dans toutes les parties du corps sous la forme de canaux vasculaires, de façon à remplir en même temps les fonctions d’un estomac et d’un cœur! Telle est cependant le mode d’organisation que M. Cuvier à découvert dans l'un des zoophytes appartenant à cette famille, la rhizostome ; et, d’un autre côté, les zoologistes s'accordent à dire que dans le même groupe se trouvent d’autres médusaires dont le corps ne présente à l’intérieur ni canaux vasculaires ni cavité stomacale, et dont par conséquent la structure diffère, sous l’un des rapports les plus importants, de celle des espèces voisines, et même de celle de tous les autres animaux. Enfin, chez d’autres médusaires , également dépourvus de l’appareil vasculo-digestif des rhizostomes, l’une des surfaces du corps devenue trèsconcave et en forme de cloche serait , d’après l’opinion généralement reçue, la premiére ébauche d’un estomac, et réaliserait la vue théorique des anatomistes, qui font dériver cette cavité d’un simpie repli cutané plongeant dans l’intérieur du corps.

« Ces premières notions sur l’anatomie des méduses devaient nécessairement exciter l'intérêt des naturalistes, et appeler leur attention sur la structure de ces zoophytes si remarquables ; en effet, elle est devenue pour plusieurs savants de l’Allemagne le sujet de recherches importantes ; mais, jusqu’en ces derniers temps, ces travaux ont porté principalement sur les espèces dont l’organisation est évidemment la plus compliquée et la plus voisine de celle des rhizostomes, tandis que les médusaires agastriques ou celles d’une structure trés-simple, comme les carybdées de Péron, ont été moins étudiées. .

« Ce fut avec empressement que je saisis l’occasion d’un séjour à Naples, où les méduses sont plus variées que sur nos côtes occidentale et septentrionale , pour chercher à faire sur l'anatomie de ces animaux de nouvelles études. Ce que je désirais surtout, était de rencontrer des médusaires dites agastriques ; je n’y réussis pas, mais je parvins à me procurer à l’état vivant une autre espèce qui me parut non moins intéressante à examiner.

« C'était une petite méduse, ayant la forme d’une cloche semi-elliptique, dont le bord supportait quatre bras ou tentacules. L'aspect de

cet animal était tellement semblable à celui de la medusa marsupialis de la Méditerranée, figurée par Plancus et par Péron, que'je ne pouvais avoir de doute sur sa détermination , et au premier abord, je n’aperçus dans son corps hyalin aucune trace de vaisseaux ou de cavité intérieure, autre que le sac à large ouverture formé par la concavité de sa face inférieure, ce qui s’accordait parfaitement avec les caractères assignés par Péron et Lesueur, à leur genre carybdée et adoptés par les autres naturalistes ‘.

« Je n’hésitai donc pas à regarder ma méduse comme étant la carybdée marsupiale; mais en l’étudiant avec plus d'attention, je ne tardai pas à m’apercevoir que son organisation était loin d'offrir l’extrême simplicité, que l’on y suppose généralement?, et à penser que cet animal pourrait bien être le même que celui figuré par Bruguière, dans l’atlas de l’Encycl. méthodique *, mais sans avoir été décrit ni même nommé par cet auteur {.

* Dans le Traité sur les Zoophytes, publié en 1830 , par M. de Blainville (Dic£.

des sc. nat.,t. LXIX), on ne trouve, relativement à ces animaux, que le passage

suivant :

« Carybdée, carybdea. Corps hémisphérique subconique, ou même semi- «elliptique, garni dans sa circonférence de lobes foliacés, subtentaculaires, « creusé en dessous par une grande excavation stomacale aussi grande qu’elle. »

« Espèce. Le carybdée périphylle, C. periphylla, Péron et Lesueur, Hist. gén. « des Méd., p. 20, pl. 11, fig. 19-22.

« Le C. marsupiale, C. marsupialis, id. , ibid. , p. 21 ; Plancus, Conch., tab. 4, « fig. 5.

« Observ. C’est encore un genre que nous ne connaissons que d’après les « figures citées. » (Blainville, loc. cit., p.253.)

? Voici comment M. Cuvier s'exprime relativement à ces animaux dans Ja dernière édition de son Règne animal (1830) :

« Lorsque ces animaux (les méduses astomes) si simples prennent plus de « concavité, leur surface inférieure devient intérieure , et peut être regardée « comme un véritable estomac ; ce sont les carybdées de Péron. Ceux où l’on «ne voit à l’intérieur aucune trace de vaisseaux ne différent proprement des « hydres que par la grandeur. (Ex. : Medusa dns Gm., Plancus, Conch. « min. nal., tab. 4, fig. 5 .)»

3 Atlas des Vers, pl. 92, fig. 9. ù

Depuis la lecture de ce Mémoire à l'Académie, j'ai reçu de l'Allemagne le beau travail que M. Eschscholtz vient de publier sur les acalèphes , et j'ai vu avec plaisir que le résultat de mes recherches s'accorde pleinement avec l’opinion que cét habile naturaliste s’était faite de la carybdée marsupiale d’après les figures que je viens de citer. Il n’a pas eu l’occasion d'étudier par lui-même cette médusaire; mais ila cru devoir y rapporter la figure de Bruguière, et la ranger d’après cela dans la division des océanies de Péron. On verra en effet que la structure de la carybdée, loin d’être aussi simple que le supposaient MM. Péron. et Lesueur, Blainville, Cuvier, etc., est même plus compliquée qu’on n'aurait pu le croire d’après la figure de Bruguière, sur laquelle M. Eschscholtz s’est guidé pour la classification de ces animaux. (System der Acalephen. Eine ausführliche Beschreibung aller Medusenartigen strahltiere, bearbeitet von D'. F. Eschscholtz; mit mit 46 Kupfertafeln.}

MÉDUSAIRES. 271

« En effet, ayant placé la carybdée dans un vase de verre rempli d’eau de mer bien limpide, et la regardant par transparence à la Iumière vive du soleil, je vis distinctement, toutes les fois que l’animal se plaçait dans une position favorable à l'observation, des prolongements tentaculaires, suspendus au fond de l’espèce de cioche formée par son corps, et sur les parois de cette cloche quatre lignes se portant du centre vers la circonférence. Or, c’est précisément ce que l’on voit aussi dans la figure de Bruguiére , et ces tentacules devaient faire présumer l'existence d’une cavité gastrique creusée dans la substance des corps de la carybdée, en même temps que ces lignes me parurent devoir être autant de canaux vasculo-digestifs analogues à ceux que l’on connaît chez la rhizostome. Du reste, ces parties étaient si peu apparentes, qu’elles pouvaient facilement échapper à l’observation, et leur existence ne pourrait me faire douter de la détermination spécifique déjà adoptée. «

« En m’aidant de moyens d'investigation plus perfectionnés, j’ai vu ces prévisions se vérifier; je me suis assuré que ces tentacules terminaient inférieurement une vaste cavité gastrique , et j’ai pu constater l’existence d’une petite bouche , s’ouyrant au dehors entre la base de ces appendices.

« Les tentacules sont au nombre de quatre, elles ont la forme de petites lanières terminées en pointe, et elles ne descendent guëre au delà de la moitié de la bourse extérieure formée par le corps de l’animal ; enfin, elles entourent la bouche et se continuent supérieurement avec les parois de l’estomac (b) , qui s'élèvent vers le fond de la bourse en formant une pyramide à quatre faces ,-dont le sommet serait dirigé en bas. :

« Il m'a été facile de faire passer à travers cette ouverture buccale l’extrémité d’un tube de verre tiré à la lampe, et d'introduire ainsi dans la cavité alimentaire un liquide coloré. Or, l’estomac à peine rempli, l'injection se répandit dans quatre canaux centrifuges et pénétra jusqu’à l’extrémité des appendices, ou bras dont le. bord de la bourse est garni. Ces canaux naissent du milieu du point de réunion de chacune des quatre parois de l’estomac, avec le fond de la bourse immédiatement au-dessus des bras , et se séparent de cette cavité en formant une croix régulière. Parvenus au niveau du bord inférieur de la bourse, ils se retrécissent beaucoup pour se continuer sous la forme d’un vaisseau cylindrique , jusqu’à l’extrémité de ces appendices, dont ils occupent le centre, et pendant leur trajet de l’estomac à la base des bras, ils m'ont paru donner naïssance de chaque côté, à des flaments vasculaires qui se distribuaiert dans la substance du corps.

« Du reste, la nature de ces vaisseaux m’a semblé être la même que chez les rhizostomes, où, dépourvus de parois propres, ils sont creusés dans le parenchyme du corps et où le lacis vasculaire qui les termine, ne consiste évidemment que dans une série de lacunes en communica-

tion les unes avec les autres. Dans les rhizostomes, cette disposition est très-facile à apercevoir ; on dirait que le réseau capillaire de leur ombrelle est formé par le rapprochement de deux surfaces inégales, dont les aspérités nombreuses s’uniraient de façon que l’espace laissé entre elles et rempli de liquide nourricier, serait intercepté par un nombre immense de petites îles ou de colonnes , au milieu desquelles serpenteraient les lacunes vasculaires. Or, il est à remarquer que la structure qui se voit ici partout et à l’œil nu, se retrouve aussi à l’aide du microscope, dans certaines parties du système capillaire des animaux supérieurs, pendant les premiers temps du développement de l’embryon dans l’œuf, ainsi que dans certaines fausses membranes et même dans les conduits par lesquels le sang passe de l’artère dans la veine, dans les poumons de ia salamandre; faits, dont la connaissance pourrait bien jeter beaucoup de jour sur le mécanisme de la formation des vaisseaux sanguins en général, et sur certains phénomènes physiologiques ‘.

« Mais revenons à l’anatomie de la carybdée.

« Au point de jonction des canaux dont il vient d’être question, avec la cavité gastrique , on distingue à l’œil nu, quatre petites taches jaunes placées de manière à représenter les quatre angles d’un carré, et lorsqu'on les examine à l’aide d’une forte loupe , on voit qu’il existe dans chacun de ces points un paquet de vaisseaux contenant un liquide d’une teinte jaune d’ocre. Ces vaisseaux sont logés dans l'épaisseur des parois de la bourse; ils sont tous terminés en cul-de-sac et se réunissent pour former deux ou trois troncs principaux qui débouchent dans la cavité alimentaire. *

« Enfin, près du bord inférieur de la bourse, il existe une autre série de taches également au nombre de quatre, mais d’une couleur brune foncée : elles occupent le milieu de l’espace qui sépare les appendices marginaux, et sont placées au-dessus d’une petite échancrure. Au moyen de la loupe, on voit que ces taches sont dues chacune à l'existence d’un petit corps sphérique, ayant un aspect granuleux comme s’il était rempli de petits œufs, et au-dessus de cet organe, on distingue aussi une espèce de poche froncée, qui est renfermée dans là substance gélatineuse de la bourse et qui se termine à la fente marginale déjà indiquée. :

« Quels peuvent être les usages de ces diverses parties ?

« D’après la forme des canaux borgnes qui viennent déboucher dans l'estomac, on ne peut douter que ces vaisseaux ne soient des organes sécréteurs. Or , parmi les divers appareils de cette nature dont les animaux sont pourvus, ceux dont l'existence est la plus constante, sont en

‘ Nous sommes portés à croire que c’est par l'influence des courants dent ces lacunes sont le siêge, qu’ils acquièrent des parois propres. ( Voyez l’article Organisation du Dictionnaire classique d'Histoire naturelle.)

MÉDUSAIRES. 273 premiére ligne les ovaires, et en seconde ligne , le foie ou les canaux biliaires qui en tiennent lieu. L’analogie doit donc nous faire supposer que les vaisseaux dont il est ici question, représentent l’un ou l’autre de ces organes, et de ces deux hypothèses qui s’offrent si naturellement à l'esprit, le choix ne me paraît pas difficile à faire.

« En effet, les propriétés physiques du liquide jaune contenu dans ces vaisseaux , et la communication de ces organes sécréteurs avec la cavité digestive, me paraissent indiquer que ce sont des canaux biliaires, et leur ressemblance avec ces canaux chez certains insectes et crustacés est si grande, que l’analogie vient aussi confirmer cette opinion.

« D'un autre côté, les petits appareils situés au pourtour du corps, ne rempliraient-ils pas les fonctions d’ovaires? La vésicule, pleine de granules que l’on y remarque, rappelle les poches ovifères que les monocles et d’autres crustacées inférieures, portent au-dessous de leur abdomen , et l’appendice plissé qui surmonte chacune de ces petites sphères , présente tous les caractères d’une poche sécrétoire.

« Voyons jusqu’à quel point l’examen anatomique d’autres médusaires pourra étayer ou infirmer cette opinion. Si les organes que nous soupçonnons être les ovaires , en remplissent réellement les fonctions, nous devrons les retrouver dans d’autres animaux de la même famille, car dans chaque groupe naturel, ce sont les parties les plus importantes de l’économie qui présentent le moins de variations.

« La grande abondance des rhizostomes dans les mers qui baignent les côtes de l’Europe, a permis à plusieurs anatomistes d’en étudier avec soin leur structure interne. Nous citerons surtout avec éloge les recherches de MM. Cuvier, Eisenhardt et Tilesius, mais nous ne possédons encore aucune observation bien probante sur la formation même des œufs.

« D’après une remarque de Müller et de Gaëde , on pourrait croire que les espèces de franges placées le long des bras ou tentacules , seraient les ovaires, car leur bord inférieur est garni d’un grand nombre de vésicules, qui sont souvent remplies d’une foule de corpuscules ronds et brunâtres, lesquels, d’après ces auteurs, seraient des œufs ‘. Mais d’après la plupart des auteurs , ce seraient les membranes minces et plissées, situées en manière de cloisons entre la cavité centrale et les quatre cavités latérales de ces animaux, qui rempliraient les fonctions d’ovaires ?.

« Cette dernière opinion est aussi basée sur ce que l’on trouve quelquefois engagées, entre les replis de la cloison, des granules et des vésicules , qui pouvaient bien être des œufs, mais qui pouvaient également

* Voyez Observations sur l’Anatomie et la Physiologie des Méduses, par M, Gaëde (Journal de Phys., t. LXXXIX, p. 148). ? Cuvier, Règne animal, 2° édit., t. ILX, p. 277.

avoir été formées par d’autres parties du corps et non par la surface , où une couche de mucus gluant les tenait accolées.

«Or, l’examen microscopique de la structure des parties dont il vient d’être fait mention, ne me semble être favorable ni à l’une ni à Vautre de ces opinions.

“Ainsi, les membranes froncées qui bordent les pieds de la rhizostome d’Aldrovandi (Lam.), sont terminées par une multitude de petits appendices cylindriques, arrondis et renflés au bout, qui constituent une sorte de frange marginale { pl. 13, fig. 4 et b). Ces appendices ont une structure très-simple , et on aperçoit seulement.dans leur intérieur un canal terminé en cul-de-sac, qui par son extrémité opposée va aboutir dans une branche voisine du système vasculo-digestif :. Leur aspect rappelle tout à fait celui des villosités qui garnissent la surface de la membrane muqueuse intestinale, chez certains animaux supérieurs , et une expérience très-simple que j'ai faite sur un de ces animaux, dans la vue d’éclairer une autre question , me porte à croire que ce sont aussi essentiellement des organes absorbants, opinion qui du reste avait déjà des partisans.

« Les rhizostomes, comme on le sait, n’ont pas de baies qui établisse une communication du dehors avec la cavité centrale du corps, et les auteurs ne sont pas d'accord sur la voie par laquelle les substances nutritives y pénétrent. Suivant Baster , Müller, Péron et Lesueur , etc., les cavités qui entourent celles-ci et qui s'ouvrent librement au dehors, seraient les vrais estomacs, et l’absorption des matières nutritives se ferait à travers la membrane qui les sépare de la cavité centrale, et qui, selon d’autres naturalistes, remplissent les fonctions , soit d’un organe respiratoire, soit d’un ovaire. D’après des auteurs plus récents, ce serait au contraire par de petites ouvertures situées à l'extrémité des bras et faciles à apercevoir, au moyen de la loupe, que les aliments s’introduiraient dans le même système.

« Pour éclairer ce point de physiologie comparée, je teignis fortement en rouge une certaine quantité d’eau de mer, et j’y plaçai une rhizostome vivante. L'animal ne parut souffrir en rien de la présence de la matière colorante , et bientôt je vis son corps commencer à prendre ja teinte de l’eau dont il était baigné. Or, la couleur rouge se manifesta d’abord dans les franges dont nous venons de parler , et pendant toute la durée de l’expérience, dont mon frère le docteur W. Edwards fut témoin * , ce furent aussi ces parties qui présentèrent ja teinte la plus

! D’après Gaëde chacun de ces canaux serait, chez la medusa aurila, un conduit excréteur qui conduirait dans la rigole formée par le reploiement de la membrane marginale des bras. Mais cela paraît peu probable, puisque dans la rhizostome ces conduits sont simplement des branches du système vaseulo-digestif général. ( Voyez loc. cit., p. 348.)

* À Naples, en novembre 1827.

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intense. La matière colorante m’a paru avoir été absorbée aussi par les membranes qui concourent à former les parois latérales de la cavité centrale , mais je ne vis rien qui püt me faire penser qu’elle eût pénétré par l’extrémite perforée des bras, plutôt que par toutes les autres parties de la surface du corps.

« Je plaçai ensuite la rhizostome , ainsi teinte en rouge, dans de l’eau de mer ordinaire; sa couleur diminua alors peu à peu , et les franges brachiales me parurent être le siége principal de l’excrétion à l’aide de laquelle l’animal se débarrassait de la substance tinctoriale ; elles sécrétaient une humeur épaisse et albumineuse qui présentait une teinte rouge très-notable , et il m’a paru aussi qu’une portion de la matière colorante s’échappait avec l’eau qui circule dans les canaux vasculo-digestifs, par le bord de l’ombrelle et par les ouvertures capiilaires situées à l’extrémité des bras,

« Les franges qui garnissent les bras des rhizostomes sont donc bien certainement des organes d’absorption, et leur structure les rend en effet très-propres à remplir cette fonction, qui ici dépend probablement tout entière , d’un phénomène analogue à celui désigné par M. Dutrochet sous le nom d’endosmose. Ces franges et la membrane qui les porte, sont aussi le siége de la sécrétion d’une humeur visqueuse, qui doit tendre à y faire adhérer les corpuscules qui viennent se loger dans les replis nombreux de cette partie du corps. Du reste, comme nous le verrons bientôt, il en est de même pour les bras de Ja carybdée , où il n’exisie cependant ni membranes flottantes, ni franges, .et où ces appendices sont cependant les organes de préhension de l’animal. Quoi qu’il en soit , nous n’apercevons rien ici qui soit de nature à faire considérer ces franges comme étant des ovaires.

« La membrane froncée qui constitue une sorte de cloison entre ia cavité centrale et les quatre cavités latérales , ne semble pas être davantage un organe de reproduction. Si l’on examine superficiellement et à l’œil nu, une de ces membranes, on voit vers sa partie supérieure une sorte de bordure renfiée, qui au premier abord peut être prise pour une série de poches glandulaires ; mais lorsqu'on étudie sa structure au microscope, on voit que cetie apparence n’est due qu’à l’existence d’une multitude de suçoirs, ayant la plus grande analogie de forme avec les appendices que l’on remarque dans certaines parties du corps des divers zoophytes , tels que les vélelles , les astéries , etc. D’aprés cela, il paraîtrait donc que ces membranes seraient bien plus propres à servir à l’absorption ou à la respiration , comme c’est l'opinion de M. Eisenhardt , qu'à former des œufs.

« Mais ces rhizostomes, dont la structure s'éloigne à à tant d’égards de celle des carybdées , présentent comme elles, vers le bord de leur ombrelle , une série de poches sphériques , remplies de granules colorées et surmontées chacune d’un appendice digité qui paraît être creux ei communiquer par son extrémité inférieure , soit avec le dehors, soit

avec l’un des canaux vasculo-digestifs. La structure de ces organes ne m'a paru différer sous aucun rapport important de celle du même appareil chez la carybdée , seulement leur nombre est ici de huit, tandis que dans cette derniére il n’est que de quatre.

« Pour connaître avec certitude les usages de cet appareil , il faudrait avoir fait des observations directes qui nous manquent encore ; mais jusqu'ici, tout me porte à croire que ce sont réellement les ovaires.

« L'existence des points coloriés, qui dépendent de la présence des granules dont nous venons de parler, avait déjà été aperçue depuis longtemps dans la rhizostome bleue. Dans la medusa capillata, Gaëde a trouvé une disposition analogue à celles que nous venons de décrire chez la rhizostome d’Aldrovandi; chez cet animal , il existe , dit-il, huit petits corps ronds situés sur le bord de l’ombrelle , et formés d’une petite vessie placée entre deux tortillons , et contenant à l’extrémité une foule de petits corps hexagonals. Enfin, le même auteur, et avant lui Müller, ont aussi constaté l’existence de parties semblables dans la medusa aurila, mais ce dernier auteur regardait ces granuies comme étant des excréments.

« Jusqu'ici on ne les a point aperçus dans la plupart des autres méduses * , mais si l’opinion que nous avons émise sur leurs usages est exacte, cela ne devrait pas nous étonner , en supposant même qu’elles existassent partout comme dans les quatre types dont nous venons de parler , car si les granules colorées qui remplissent les vésicules sont des œufs, elles ne doivent pas y rester toujours , et étant vide , toué l'appareil échapperait bien facilement à une investigation qui ne serait pas dirigée dans le but spécial de le découvrir. Quant aux parties que l’on désigne généralement sous le nom d’ovaires chez les méduses monostomes , elles oceupent la même place que les canaux biliaires de la carybdée, et nous paraissent devoir être des organes semblables. Chez les rhizostomes, on ne voit rien d’analogue; et en admettant l'opinion que je viens d’émetire sur les usages de ces parties, on pourrait jusqu’à un certain point se rendre compte de cette différence, car les carybdées et les autres médusaires monosiomes peuvent recevoir dans leur estomac des matières volumineuses et d’une consistance telle que pour être aptes à servir à la nutrition, elles aient besoin d’être attaquées par un liquide propre à déterminer la désagrégation de leurs éléments organiques, tandis que la cavité centrale des médusaires astomes, ne communiquant au dehors que par des canaux très-déliés, il est impossible que des substances alimentaires solides d’un volume

* M. Eschscholtz en a signalé l'existence chez plusieurs méduses où on ne les avait pas encore aperçus, telles que le sthenonia albida, Es., la cyanea ferruginea, Es., la pelagia panopyra, Pér., la P. discoidea, Es. , la chrysaora lactea, Es., et la C. hysoscella, Pér.; mais il ne me parait pas avoir cherché à en déterminer les usages. (Voyez op. cit.)

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supérieur à celui des animalcules inférieurs les plus simples pussent y pénétrer , et l'on comprend facilement que dans cet état de choses, l'animal n’a pas besoin d’une puissance digestive aussi grande que les médusaires monostomes.

« Pour terminer la description anatomique de la carybdée marsupiale, j'ajouterai encore que les appendices cylindriques et subulés qui terminent les quatre tentacules dont son ombrelle est bordé (pl. 11, fig. 2), présentent dans leur substance une foule de petites masses ovalaires, qui paraissent être destinées à sécréter le mucus gluant dont ces filaments sont enduits ( pl. 11, fig. 2 ). Ces appendices sont trèsextensibles , et l’animal paraît pouvoir les diriger à volonté en dehors, ou les reployer dans l’intérieur de sa bourse, de façon à porter vers sa bouche les matières qui adhérent au mucus dont nous venons de parler.

« D’après ces détails , on voit que la structure de lä carybdée marsupiale est bien diflérente de ce qu’on la supposait généralement. Cet acalèéphe, que Plancus, Mooder, Péron et Lesueur, M. Cuvier et M. de Blainville croyaient si simple, est pourvu d'autant d’organes spéciaux qu'aucun des zoophytes de la même classe , et sa structure est beaucoup plus compliquée qu’on ne pourrait le croire, même d’après la figure de Bruguière ‘. Il ressemble beaucoup aux callorhoé et aux pélagies de Péron, et lorsqu'on connaîtra l’organisation des médusaires figurées récemment par M. Lesson sous les noms de carybdée ailée ?, et de bursaire de Vénus *, il est probable qu’on les réunira avec la carybdée marsupiale en une même division générique.

« Du reste, quoi qu’il en soit de ces rapprochements et des conjectures que nous avons faites relativement aux usages des différents organes des carybdées, nous voyons que l'observation a fait disparaitre tout ce que l’on attribuait d’extraordinaire à l’organisation de ces animaux. En sera-t-il de même pour les autres acalèphes, que l’on regarde comme des masses gélatineuses sans cavités digestives, ni canaux vasculaires, ni appareil spécial de reproduction ? Malheureusement l’occasion nous à manqué pour résoudre ces questions intéressantes, mais les recherches importantes de M. Eschscholtz montrent déjà que, dans la

La méduse figurée par Bruguière pouvait faire deviner l’existence de plusieurs des organes dont nous avons constaté la présence ; mais d’autres lui avaient échappé, et espèce de bordure marginale qu’on voit autour du disque de cette dernière peut même faire douter de son identité avec la carybdée marsupiale; mais, dans tous les cas, ces animaux sont très-voisins. C’es{ d'après cette figure un peu grossière que M. Eschscholtz décrit la carybdée marsupiale, et la range en Conséquence dans le genre océanie de Péron; nos recherches, comme on le voit, confirment pleinement ce rapprochement.

? Carybdea alata, Reynaud. Centurie zoologique, par M. Lesson, pl. 33, p. 95.

* Bursarius Cythereæ, Lesson. Voyage autour du Monde , par M, Duperrey, partie zoologique (Zoophytes), pl. 14, fig. 3.

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plupart des cas au moins, des observations incomplètes avaient fait croire à une simplicité qui n’existe pas, et nous devons espérer que les naturalistes voyageurs, en prenant cet auteur pour modèle et en ne se contentant pas de la description des formes extérieures seulement, viendront bientôt combler les lacunes laissées par lui et donneront à cette question une solution complète. »

27. LA MARSUPIALE AILÉE , MARSuPIALIS ALATA, Less., Prod., 26. Carybdea alata, Reyn. in Less., Cent. xool., p. 95, et pl. 33, fig. 1.

Ombrelle cuculliforme, conique, à bords lisses, garni de quatre bras courts et gros, garnis d’un repli membraneux et terminé par quatre longs filaments déliés. Consistance muciiagineuse, couleur hyaline.

Habite l’Océan Atlantique.

M. Reynaud a décrit ce zoophyte dans une ceaturie en ces termes :

« Cette méduse, dessinée de grandeur naturelle, a la forme d’un cône arrondi au sommet , évasé à sa base, qui est largement ouverte. Son bord est simple, parfaitement entier , et les quatre bras ou tentacules allongés qui le garnissent s’insérent à quelques lignes au-dessus de ce même rebord. Ces tentacules , d’abord arrondis, assez consistants, sont en dedans garnis d’une membrane mince, élroite, qui semble servir d’aile locomotive, et se terminent en brins filiformes , lisse , hyaline , et de consistance mollasse et gélatineuse; eile est creuse en dedans, et ses parois ont peu d’épaisseur. Une tache bleue assez apparente se dessine à son sommet ; ses mouvements sont faibles et sa progression a lieu par les contractions de son rebord, contractions qui poussent le sommet du cône en avant.

« Cette méduse vit dans l'Océan Atlantique.

98. LA MARSUPIALE FLAGELLÉE, MARSUPIALIS FLAGELLATA , Less., Prod., 27.

Ombrelle infundibuliforme, muqueux, lisse, conique, d’un blanc mat, sans aucune apparence extérieure de rangées vasculaires. A quelque distance du rebord , naissent quatre bras, épaissis, rebordés , amincis au sommet et terminés par une sorte de petite tête globuleuse. Un seul dessinait une Janiére plus longue que les trois autres tentacules. Consistance mollasse et mucilagineuse.

Habite les mers qui baignent les côtes de la Nouvelle-Guinée, L’'individu décrit a été pris le 3 septembre 1823.

12e GENRE. BOURSE, Bursarius, Less., Prod., 11.

Ombrelle sacciforme, arrondi au sommet, dilaté à la base qui est largement ouverte, bordée d’une membrane diaphane, plissée , et dont la circonférence est munie de quatre piliers d’une

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seule pièce chacun, subcomprimés ; les deux du milieu terminés par deux très-longs tentacules cylindracés.

29, LA BOURSE DE VÉNUS > BURSARIUS CYTHEREÆ, . Lesson, Coquille, pl. 14, fig. 1, t. IF, p. 108.

Corps mollasse, charnu, blanc de cristal d’une transparence parfaite, granuleux à sa surface, présentant quatre lignes rubanées plus claires. Les deux tentacules rosés.

Habite les mers de la Nouvelle-Guinée.

La description que nous en avons donnée, Zoologie de la Coquilie ( page 108 ), est ainsi conçue : « Le zoophyte qui nous occupe, à cela de remarquable, de conduire des bérosomes à cils aux médusaires vraies. Ce genre est bien distinct du précédent, et l'animal type présente les particularités suivantes : son corps est sacciforme, arrondi au sommet, dilaté à la base qui est largement ouverte, bordée d’une membrane diaphane plissée, et dont la circonférence est munie de quatre piliers d’une seule pièce, subcomprimés : les deux du milieu terminés par deux très-longs tentacules eylindracés.

« La mer était parfaitement calme , la journée chaude, lorsque nous capturàmes un grand nombre d’individus de la bourse cythéréenne, près de l’île de Rawack, sur la côte d’Ouarido ou de Waigiou, au milieu des archipels morcelés de la Papuasie. Ses mouvements de contraction étaient vifs et rapides , et l’animal paraissait animé par une vitalité des plus grandes. à

« La consistance de la bourse est charnue, muqueuse : sa transparence est parfaite ; sa hyaléinité des plus transparentes. Sa forme est un cylindre recouvert de granules à l’extrémité arrondie, qui est ombiliquée. De cette ouverture partent quatre rubans assez larges, formés de lignes placées les unes à côté des autres : ces quatre rubans régulièrement espacés entre eux. La grande ouverture a son rebord renforcé par des portions convexes, arrondies. Une membrane est tendue circulairement sur le pourtour du pôle le plus large ; cette membrane est couverte de stries régulières, et laisse au milieu un grand espace pour l'ouverture natatrice. Vis-à-vis les quatre rubans, sur le péristome, s’attachent quatre piliers élevés et consistants. Les deux latéraux sont comprimés sur les côtés, obconiques. Les deux du milieu sont élargis, et finissent en petits cônes surmontés chacun d’un très-long filament tentaculaire, partout d’égale grosseur, et de couleur carnée ou rosée, tandis que le zoophyte entier est d’un blanc de cristal. »

15e GENRE. MITRE, mirra, Less., Prod., 12.

Ombrelle sacciforme, oblong, arrondi au sommet, renflé au milieu, dilaté au bord, d’où partent huit longs bras capillacés se continuant dans le parenchyme jusqu’au sommet. Sac stomacal

supérieur formé de quatre feuillets disposés en croix, du sommet desquels partent les huit vaisseaux qui descendent dans les huit tentacules marginaux.

30. LA MITRE DE RANG, MirrA RANGIt, Less., Prod., 29. (pl. 4, fig. 5.) Ombrelle blanc hyalin, conique, légèrement renflé au milieu,

dilaté à l’ouverture, avec huit longs bras hydrocolores. Habite les mers d'Afrique, où M. Rang l’a découverte.

A%e GENRE. EURYBIE, euryera, Eschsch.

Ombrelle ovoïde, à double enveloppe, lintérieur formant un sac à quatre loges, conique et perforé au sommet, et donnant naissance à quatre bras médiocres, assez gros, ayant en dedans et à leur extrémité de cinq à six cotylets.

Eschscholtz définit ainsi ce genre : Æppendices ventriculi lata sacciformes. Cirrhi marginales cotyliferi.

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