‹ Histoire naturelle du corailChapitre 11 sur 78 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

abandonnés, repris, abandonnés de nouveau, et restent indéfiniment sans résultats.

On verra dans l'historique quelle fut la cause qui poussa les savants français à refuser d'admettre les découvertes de leur compatriote aujourd'hui célèbre.

Quant aux règlements, s'ils ont été bien des fois soumis à des modifications, et s'ils ont été abandonnés ou s'ils n'ont point conduit aux résultats espérés, 1lest facile d'en trouver les raisons, pour quiconque cherchera à se rendre un compte exact de ce qui existe.

Tous les projets ont eu, plus ou moins directement, pour but de ramener la pêche entre les mains des Franpais. Or, se placer à ce point de vue, ce n'est pas tenir compte des changements considérables qui sont, depuis bien des années, survenus dans les conditions de navigation du matelot français; c'est oublier, en outre, que nos marins ont perdu l'habitude de la pêche du Corail; c'est enfin méconnaitre qu'on ne peut les y ramener brusquement. Penser différemment, c'est se faire illusion, et supposer presque qu'on en est encore à l’époque où existait la compagnie d'Afrique.

Quand il sera question de l'avenir de la pèche et de ses rapports avec la colonisation, on verra quels moyens sernblent propres à répondre à un besoin vivement senti par tous ceux qui ont étudié sérieusement l’'Aloérie.

Mais une autre cause, une cause non moins directe, a frappé d'impuissance tous les projets, toutes les propositions, Une législation sur une pêche, quelle qu’en soit

d'ülleursla nature, pour Être sérieuse, doit être basée sur

INTRODUCTION. XV les données scientifiques, surtout sur celles qui sont relatives à la reproduction. Or, pas un des règlements ne s'est appuyé sur des recherches scientifiques, car elles u'existaient pas.

Monsieur le maréchal Vaillant, alors qu'il était ministre de la guerre et que l'Algérie dépendait encore de ce département, porta le premier la question sur son véritable terrain. [l voulut en faire sérieusement l'étude en 1855, et, désirant agir en toute connaissance de cause, il demanda à la Société d'acclimatation de lui faire connaïtre les faits scientifiques propres à guider son admimstration. Mais la Société dut répondre que la science était muette, et qu'il était nécessaire de faire d’abord des recherches suivies.

La guerre d'Italie appela le maréchal à d’autres destinées, et on laissa la question de côté.

Plus tard une administration spéciale fut créée pour les affaires de l'Algérie. Lorsque M. le comte de Chasseloup-Laubat en eut la direction, il se rappela la pêche du Corail, qu'il avait étudiée jadis sur les Heux mêmes, en parcourant, en 1834, la nouvelle conquête de la France. Il décida done que des recherches sur la reproduction seraient d'abord entreprises, et que plus tard on s'occuperalt des règlements.

Les études furent offertes à M. de Quatrefages, que sa haute position scientifique désignait naturellement :

«S'il ne s'agissait que d'aller passer deux mois en » Algérie, j'accepterais avec plaisir un travail qui me » fournirait l’occasion de faire un voyage curieux etutile

» (m'écrivait, le 15 juillet 1860, M. de Quatrefages); mais

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