XVI INTRODUCTION
» ces études demanderont de nombreux déplacements et » un temps qui ne sera certainement pas moindre d'une » année, si même on peut espérer de les mener à bien » dans un temps aussi limité. Les travaux que m'im- » pose ma position au Muséum ne me permettraient pas » d'entreprendre toutes les recherches quisont nécessaires » pour résoudre les questions relatives au Corail : je ne » puis donc en conscience accepter cette mission, mais » j'ai pensé à vous. Vos voyages en Corse, aux iles » Baléares et autres points de la Méditerrante, où vous » avez eu l’occasion d'étudier le Corail et les animaux » qui en sont les plus voisins, vous mettent plus que tout » autre en état d'accomplir la tâche que je suis, à mon » grand regret, obligé de refuser. »
Telle est l’origine de la mission dont j'ai eu l'honneur d'être chargé, sans l'avoir sollicitée, sans l'avoir mème connue à l'avance.
Que M. de Quatrefages trouve ici l'expression de la vive reconnaissance que je lui dois, pour m'avoir fourni aussi spontanément l'occasion de faire de nombreuses
et intéressantes études.
La mission qui m'a été confiée commençait le {€ octobre 1860, elle devait finir le 1% octobre 1861; elle n'avait donc qu'une année de durée : ce temps était trop court, je men aperçus bientôt, pour pouvoir résoudre toutes les questions.
Des modifications dans les administrations supérieures appelèrent M. de Chasseloup-Laubat au ministère de
la marine, et le gouvernement général créé en Algérie,
INTRODUCTION. XVII tout en continuant la mission dans toutes ses conditions, n'en prolongea pas la durée.
Pour moi, il n'y avait pas à balancer.
Je n'étais arrivé à reconnaitre la reproduction du Corail que le 4 septembre 1861, après bien des difficultés et presque au moment où se terminait ma mission ; et, avant de faire connaître les observations recueillies en 1860 et 1861, je désirais vivement, non-seulement les vérifier une seconde fois, mais encore les contrôler par une étude comparative, sur le plus grand nombre possible des êtres voisins du Corail et vivant sur les mêmes fonds que lui.
Je demandai un congé d'une année à M. le Ministre de l'instruction publique, et j'entrepris à mes risques et périls, malgré les sacrifices qu'allaient m'imposer les voyages et l'éloignement de ma chaire, une nouvelle série d'observations qui dura pendant tout le printemps, l'été et l'automne de 1862.
Aussi, est-ce avec confiance, je l'avoue, que je présente à l'appréciation des naturalistes les résultats obtenus sur la reproduction du Corail pendant trois campagnes.
Ces résultats seront confirmés plus tard par la publication de faits entièrement semblables, recueillis dans l'étude de la plupart des Coralliaires, et spécialement des Alcyonaires, des Zoanthaires et des Antipathaires, qui vivent dans les mers de l’ancienne Barbarie.
C'est ainsi que les faits acquièrent en histoire naturelle une valeur réelle : car ce n’est qu’en les multipliant pour les rapprocher, les comparer que l’on peut espérer
d'éviter les erreurs,