FÉCONDATION
zoanthodèmes femelles, sans cela la fécondation ne pourrait s'accomplir.
Quand il y a diœcie, tout est abandonné au hasard.
On doit remarquer qu'il ne peut être question que de la sécrétion des glandes mâles; car, ainsi qu'on le verra plus loin, les éléments femelles ne sortent pas de la cavité où ils ont été produits.
Quand le même zoanthodème porte des Polypes mâles et des Polypes femelles, les chances du hasard disparaissent un peu; mais encore faut-il 1ei que la maturité des deux éléments coincide.
Le cas où il y a hermaphrodisme est celui où les conditions de fécondation se trouvent le mieux remplies, mais on à vu qu'il était relativement rare.
Quoi qu'il en soit, la fécondation s'accomplit presque tou- Jours, car la transformation des œufs en embryons est constante.
L'imprégnation de l'œuf a lieu non-seulement dans la eavité des Polypes, mais plus profondément encore dans l'ovaire même ; on en trouve la preuve dans ce fait que chez les AIcyonaires et les autres Zoanthaires, on ne rencontre Jamais dans la cavité générale de véritables œufs, et que dans l'ovaire au contraire les embryons sont presque toujours déjà formés.
Il faut donc ou que le spermatozoïde pénètre au travers des parois de la capsule cellulaire de l'œuf, ou bien que celle-ci soit déchirée et rompue en partie pour lui permettre d'arriver au vitellus.
Cette dernière circonstance parait exister le plus souvent, car on trouve des œufs encore suspendus aux replis radiés et enfermés dans leurs capsules uit peu altérées, déchirées, et cela toujours à l'opposé du point d'attache du pédoncule (4).
Ce fait a de la valeur, il permet d'expliquer quelques particularités qui paraissent exceptionnelles et qui, mal interprétées,
(1) Voy. pl. XIT, fig. 53.
pourraent conduire à des conséquences erronées, comme on le verra plus loin.
Le rôle du lait à été diversement interprété, suivant que les auteurs ont eu des opinions différentes sur la nature du Corail.
On à vu précédemment ce que réellement il fallait entendre par lait. Nous le rappellerons. C'est le liquide renfermé dans toutes les cavités du sarcosome, les vaisseaux et le corps des animaux, il doit être considéré comme un mélange de tous les éléments histologiques de Forganisme avec les liquides élaborés par la digestion et l'eau venue du dehors. D'après cela, il peut renfermer aussi les produits des glandes génitales, mais seulement pendant là saison d'été, car en hiver la reproduction cessant, ces produits ne peuvent plus s'y trouver. Ceci nous à conduit à conclure, on se le rappelle, que le rôle du lait relativement à la conservation de l'espèce n'avait rien de spécral.
Iest une opinion accréditée parmi les pêcheurs que je citerai entre tant d'autres. Le lait est pour eux la semence du Corail. «Prenez, me disait l'un d'eux, une pierre ou une brique ; faites » couler sur elle un peu de lait en pressant le bout d'une
» branche et frottez ensuite avec ce bout. Exposez la pierre au » soleil et lancez-la à la mer; la place où le lait se sera des- » séché donnera naissance à un pied de Corail. »
Ce patron, homme intelligent et qui m'apportat avec beaucoup de soin du Corail toujours vivant et fort bien choisi, fut un jour témoin de la naissance de larves. Il lui en coûta d'abandonner ses anciennes opinions, cependant il parut admettre son erreur; fut-il de bonne foi? Je ne saurais le dire.
Évidemment cette opinion n’a aucune valeur, mais elle est un reflet, une exagération naïve de quelques-unes de ces opinions que les anciens auteurs ont eues sur le Hquide lacté du Corail, et qu'ils ont, en qualité de savants, entourées de raisonnements plus où moins Spécieux.
FÉCONDATION. 4/9 Boccone a fait jouer un grand rôle à son levain, on à vu que c'est ainsi qu'il appelait le lat. EH le croyait destiné, quand la coction était suffisante, à accroître l'axe en se coagulant (1). Sans analyser ici toutes les opinions qui seront reproduites encore à propos de l'accroissement du polypier, on peut dire que ce liquide blanc à beaucoup embarrassé ceux des naturalistes qui considéraient le Corail comme une pierre, et que leurs explications cherchaient à concilier sa fluidité et sa couleur blanche avee la dureté et la couleur rouge de la pierre.
Du reste, à part l'opinion de M. le professeur Milne Edwards que l’on à vue plus haut (2), peu d'auteurs modernes se sont occupés du lait à ce point de vue, surtout depuis que la vraie nature du Corail à été découverte par Pevssonnel.
Mas avant d'aller plus loin, voyons ce que l'on savait sur la reproduction.
Donati est l'un des auteurs qui prétendent avoir reconnu la semence véritable du Corail; mais ses descriptions renferment des indications qui font se demander si réellement il a rencontré les œufs :
€ J'ai vu au bas du ventre de quelques Polypes quelques