FÉCONDATION
Les rapports des sexes doivent d’abord être rappelés.
On à vu que les glandes peuvent être portées par un seul et même Polype, c'est le cas de Fhermaphrodisme, cas rare où le rapprochement est le plus complet.
Jamais je n'ai rencontré de zoanthodème dont tous les habitants fussent dans cette condition, on trouve à la fois des animaux mûles et des animaux femelles mêlés avec des Polypes hermaphrodites. I y a alors polvgamie, pour employer l'expression de Linné.
Les rameaux peuvent être monoïques, et dans ce cas, les males sont tantôt isolés sur des branches distinctes de celles habitées par les femelles, tantôt mêlés avec elles. Enfin les
(4) Voy. pl X, fig. 48 (b). Cette partie représente une portion du cordon pelotonné qui renferme des éléments beaucoup plus petits et de nombreux nématocystes : elle complète Pidée que Fon doit avoir de la structure Cu repli.
FÉCONDATION. 145 zoanthodemes ne renferment souvent qu'un seul sexe, ils sont complétement dioïques.
La fécondation, on le sait, consiste dans lacte mystérieux qui suit la rencontre de l'œuf et du spermatozoïde.
On peut dire cet acte mystérieux, car rien n'est encore connu de son essence même.
L'analyse microscopique à été, ilest vrai, poussée Jusque dans ses limites les plus reculées.
Ainsi, on à vu les spermatozoïdes remonter, dans les profondeurs de l'organisme des animaux supérieurs, jusqu’au point où se détache l'œuf; on les à suivis et on les a vus le couvrir, et c'était là un grand progrès. On à été plus loin encore : les Allemands surtout, désireux d'éclairer les mystères de la reproduction, ont découvert sur à membrane vitelline ce qu'ils ont appelé le micropyle ou la petite porte par où le zoosperme pénètre dans le vitellus et détermine ee mouvement vital si particulier, qui est l'origine de la formation d'un être nouveau.
Après tout cela que savons-nous? Sans doute, les filaments spermatiques sont les seules parties actives de la semence du male, c'est un fait avéré; sans doute, nous avons acquis la conviction qu'ils pénètrent dans l'œuf, mais évidemment nous n'en savons pas davantage sur l'action réciproque de ces deux éléments.
Laissons de côté ces mysteres de la physiologie générale, et disons où à lieu là rencontre de l'œuf et du spermatozoïde ; avouons n'avoir pu reconnaitre si elle se fait dans des conditions indiquées par Bischoff ou autres observateurs, et n'avoir pas constaté l’existence du micropyle.
La capsule ovarienne est très-délicate ; elle se déchire avec la plus grande facilité; de petits tas de cellules restent épars çà et là accolés à la membrane vitellme, qui elle-même offre peu de résistance, et ne peut guère être dépouillée sans se rompre. il est done bien difficile de vérifier la présence du micropyle.
L'arrivée des spermatozoïdes dans l'œuf n'est pas moins difficile à constater.
Comment. en effet, dans une cavité comme celle d'un polype, où sont réunis tous les organes, pouvoir suivre les antmaleules au milieu de tant de débris? Aussi la seule chose qu'il soit possible d’aflirmer, c’est qu'on trouve les spermatozoïdes ou dans le voisinage de l'œuf, ou sur sa capsule, et cela suffit.
Quand les sexes sont portés par des zoanthodèmes distincts et éloignés, il faut que les courants de l'eau favorisent les mouvements des filaments spermatiques, sans cela la fecondation n'aurait pas lieu.
Dans ce cas, les choses se passent absolument comme chez les Mollusques fixés et à sexes séparés, alors il est nécessaire que la fécondation soit favorisée par les courants.
Ne trouve-t-on pas encore ici une grande analogie avec ce qu'on observe dans les plantes dioïques : pour les vents qui, en portant des nuages de poussière pollinique du côté des femelles, favorisent la fécondation ?
C'est une observation facile à faire pendant la période de la, reproduction. Les mâles rejettent par là bouche au moment de la fécondation un liquide blanc qui retombe peu à peu au fond de l'eau, en formant un nuage qui va en s'affaiblissant de plus en plus, à mesure qu'il s'étend davantage (1). Si l'on puise avec une pipette ou tube de verre bien effilé un peu d’eau au milieu du nuage, on la trouve sous le microscope remplie de particules caractérisiques, de spermatozoïdes. I faut donc que rien ne s'oppose à l'arrivée de ce nuage sur les
(1) Voy. pl. XIE, fig. 61. Ce qu'on a cherché à rendre dans cette figure est trèsfacile à reproduire. Que l’on prenne un flacon d’eau pure et que l’on vienne à faire touchet la surface du liquide par un pinceau chargé de la couleur blanche que l’on empleie dans l'aquarelle sous le nom de blanc d'argent, à l'instant on voit le blanc se précipiter et former une traînée verticale autour @e laquelle se produisent des cercles cui peu à peu se dissolvent et disparaissent dans l’eau en la blanchissant.