‹ Histoire naturelle du corailChapitre 40 sur 78 · COMPOSITION CHIMIQUE DU CORAIL · texte numérisé non relu

COMPOSITION CHIMIQUE DU CORAIL

» bien particulière, celle de résister à l’action de cet acide, » qui ne respecte aucune couleur végétale rouge, mais qui ne » détruit pas l’oxyde rouge de fer, ce dont je me suis assuré » par expérience ; car j'ai imité jusqu'à un certain point le » Corail en mêlant ensemble quatre-vingt-quatorze parties de » carbonate de chaux, cinq de carbonate de magnésie et un » d'oxyde rouge de fer. Cette poudre avait la même nuance que » le Corail, et n’a pas perdu sa couleur rouge dans le gaz » oxymuriatique, ni dans l'acide liquide (4). »

D’après Vogel, l’action du gaz sulfhydrique a été la même sur le Corail naturel et sur le Corail artificiel; dans l’un et l’autre cas, l'hydrogène sulfuré à produit une couleur noire.

L'ébullition dans l'huile et la cire fait disparaître, cela était bien connu, comme la chaleur elle-même, la transparence et la couleur.

Tous les chimistes ne partagent pas les opinions de Vogel. Ainsi, M. Guibourt, dans son Histoire des droques simples ; laisse paraître quelques doutes sur la nature de la couleur. « J'ai » vu, dit-il, des boucles d'oreilles de Corail blanchies par » l'application d’un cataplasme de farme de lin, reprendre » leur couleur primitive après quelques jours d'exposition à » l'air; on sait aussi qu’une forte transpiration fait perdre au » Corail une partie de la couleur... : nul doute que l’oxyde » de fer ne fasse une partie essentielle de la matière rouge du » Corail; maisil est possible qu'il ne la compose pas à lui tout » seul (2). »

MM. Pelouze et Fremy émettent aussi des doutes sur l'existence du fer.

M. Fremy, en particulier, pense que la couleur est peutêtre de la même nature que celle des coquilles, qui s’altère avec une grande facilité par l’action des acides, qui n’a rien

(4) Voy. loc. cit., p.124.

(2) Voy. Histoire des drogues simples, t. IV, 1854, p. 312 à 314.

de métallique, et qui est évidemment une matière animale. Du reste, le savant chimiste, en me faisant part de ses doutes, ajoutait que des analyses nouvelles étaient nécessaires.

Il y aurait, sans aucun doute, une observation fort mtéressante à faire dans la comparaison analytique du Corail rouge et du Corail blane. I serait curieux de voir si le fer à disparu dans ce dernier.

Les matières organiques colorantes rouges sont souvent noirces par le gaz hydrogène sulfuré ; aussi cette réaction n'est-elle pas suffisante pour faire regarder l'oxyde rouge de fer comme la seule cause de la couleur.

On peut maintenant se rendre un compte exact de ce qu'est le Corail noir connu, dans le commerce, sous le nom de Corail mort, de Corail noir, de Corail pourri. En éxaminant des produits de pêche (comme J'ai eu si souvent occasion de le faire à la Calle), il est facile de s'assurer de ce fait, que, le Corail pêché mort, quand 1l n'est pas franchement rouge, a dû séjourner au fond de la mer, sur ou dans la vase; les corailleurs le pensent du reste eux-mêmes.

La putréfaction qui suit la chute des rameaux sur les fonds produit certainement du gaz sulfhydrique, et dès lors le Corail noirait et s’altère de la circonférence vers le centre ; cela est si vrai, que l’on rencontre de gros morceaux parfaitement uoirs à l'extérieur et très-rouges encore vers le cœur. se passe donc dans la vase quelque chose d’analogue à ce qui se passe quand on place du Coral dans l'hydrogène sulfuré.

En faisant pourrir des échantillons pour dégager les spicules, 1l west arrivé d'oublier quelque temps les flacons, et alors j'ai eu des sclérites qui n'avaient plus lour belle teinte ; 1ls devenaient ternes et nolrcissalent.

Mais je dois cependant faire ici une remarque, relativement à l’action de l'hydrogène sulfuré : des morceaux placés dans les mêmes conditions, dans du sulfhydrate d’ammoniaque, sont devenus extrêmement noirs, tandis qu'a côté d'eux 11 en est

COMPOSITION CHIMIQUE DU CORAIL, 917 qui sont restés tout à fait rouges; des morceaux de Corail blanc n'ont pas changé de couleur.

L'étude microscopique sur des coupes minces de Corail ainsi altéré ne montre rien de particulier ; la couleur noire est aussi diffuse et uniformément répandue que la couleur rouge; seulement, dans les coupes, les fêlures se forment avec une bien plus grande facilité que sur le Corail rouge; elles montrent avec la plus grande évidence les lignes circulaires onduleuses, marquant l'accroissement de la tige.

De tout ceci il résulte que les doutes relatifs à la nature de la substance rouge doivent être pris en considération. Aussi une étude analytique comparée du Corail rouge, du Corail blanc et du Corail rose, dont les teintes sont dégradées, serait fort intéressante ; elle pourrait conduire à des résultats d’une grande valeur, et permettrait peut-être de déterminer d'une manière exacte la nature de la matière colorante.

VUS VPENTT { “4 PL , : F2 :

Page 1