‹ Histoire naturelle et médicale des différentes espèces dĩpécacuanha du commerceChapitre 3 sur 9 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Nous diviserons les différentes espèces d*ipécacuanha du commerce en deux sections. La première comprendra les ipécacuatiha bruns j la seconde les ipécacuanha blancs.

Que Ton ne croie pas que nous attachions ici a cette dénomination tirée de la couleur seule , Tidée et surtout Fimportance qu'on lui a attribuée jusqu'en ces derniers temps. En effet, parmi les ipéca-^ cuanha bruns nous rangerons non*seûlement ceux qui offrent cette teinte spéciale bien prononcée ^ mais aussi toutes les .variétés dési-^ gnées jusqu'ici sous les noms A' ipécacuanha gris ^ fuut^è, cendt*é^ et même Tipécatmanha noir, qui n'oflte jamais^ cette couleur pure ^ mais seulement une teinte brune très-foncée ; en un mot, cette section renfermera toutes les espèces qui ne présentent pas la coloration blanche, caractère distinctif de celles de la seconde section. ^Chacune de ces sections sera ensuite divisée en espèces , et les espèces ' elles-mêmes en variétés.

C'est spécialement pour la distinction des espèces qui appartiennent à ces deux sections, que nous avons cherché à découvrir dans la structure même de ces racines^ des caractères fixes et à l'abri de toute espèce de variations. Or, nous avons remarqué dans les ipécacuanha tirés de la famille des Rubiacées; par exemple, qui forment notre première section , que les racines produites par le callicocca et celle» du psjchotria présentent dans leur structure dtm moyen» de distinction propres à les caractériser invariablement ^ et à faire cesser le»

( i6 ) erreurs que la considération seule de la couleur a^att introduites dans leur distinctioD. C'est ainsi que Fipécacuanha du Brésil ou racines de calUcocca sont contournées , rugueuses et formées de petits anneaux sailians » très - rapprochés les uns des autres ; tandis que Tipécacuanha du Pérou (racines du psychotria) offre simplement des étranglemens de distance en distance , sans anneaux , mais seu^ lenaent des stries longitudinales.

Ces caractères distinctifs sont extrêmement faciles à saisir; ils of« freut de plus le grand avantage d'être invariables. Nous ferons voir bientôt , en traitant de chacune des espèces en particulier , qu'ils sont constamment accompagnés de certains autres , tels que la saveur , lodeur, la cassure, la composition chimique, etc., lesquelles ne présentent pas des caractères moins tranchés^ que la structure exrieure, dans ces deux espèces.

Quanti la couleur» elle ne pous a plus servi que de caractère pour les variétés» et non pour les espèces, comme les différens auteurs lavaient fait jusqu'à ce jour. En effet , elle offre trop de variation le plus souvent dans les niémes espèces , pour pouvoir servir à les caractériser spécialement. Ainsi on désignait en général , sous les noms ai ipécacuanha brun et à' ipécacuanha gris y les racines du psychotria et celles du calUcocca. Or , quelques auteurs rapportent au psycho^ ^r/A l'ipécacuanha brun , tandis que d'autres désignent sous ce nom les racines du calliccoca. M. Brotero ^ par exemple , qui le premier a fait connaître le calUcocca ou cephaelis , appelle ses racines ipecacuanhafusca ^ c'est-à-dire ipécacuanha brun, tandis que M. Pel^ letier, dans l'analyse qu'il a donnée |récen|men|; de cette racine ^ Tap^ pelle ipécacuanha gris.

Cette variation , cette incertitude dans la dénomination rigoureuse de ces deux espèces , proviennent évidemment du peu de valeur et de l'inexactitude des caractères sur lesquels on a fondé cette distinction; la couleur étant un des moins fixes, puisqu'elle paratt dépendre dans ce cas de circonstances accessoires ; telles que la nature

<ki sol^ l'époque de l'aimée, où les rmcines ont été recueillies , etc. Si ron examÎDe sur de grandes quantités l'ipécacuanha du Brésil , qui est entièrement et exclusivement fourni par le cephaelis , on en trouvera des échantillons d une teinte brune bien manifeste ; d'autres, au contraire^ parfaitement gris* Or, dans le premier cas, on les rapporterait au cé/^Aae//>^- dans le second, au contraire^ on dirait qu'ils sont produits par le psychotria , tandis que ces deux variétés ne proviennent évidemment que du premier de ces deux végétaux.

M. Pelletier^ dans son Analyse chimique des différentes espèces d'ipécacuanha , a été entratoé dans cette erreur^ d'autant plus facile â commettre alors , que personne n'avait encore proposé de moyen fixe de distinction entre ces deux espèces. Il a analysé sous deux noms différens et comme deux espèces dktinctes , provenant du ce-' phaelis et du psychotria^ les racines du premier de ces deux végétaux , fermaM^eulemaEit deux variétés relatives à Jeur coukur.

On voit y d^rtè» ce qui' précède y qu^en s'en rapportant seolefli^nt i la couleur extérieure, comme on la fait jusqu'à présent, il est impossible dé caractériser d'une manière vraiment certaine les deux espèces d'ipécacuanha fournies par la famille des Rubiacées.

Ce sont ces coosidératioM^qui nous ont engagé A chercher ailleurs que dans la couleur l^s moyens de distinguer invariablement l'une 4^ l'autre <^8 deux espèces; et cçst dans^ leur forme , leur structure , l'arrangement et la disposition naturelle de leurs parties, que nous les avons trouvés* Nous avons dû changer en conséquence les noms de brun^ gris , etc. , sous lesquels on les dénoxpmait jusqu'à ce jour » en quelque sorte au hasard. Nous leur en avons . sub&titué. d'autres , qui indiquent la structure particulière à chacune d'elles , structure toujours ijuvariable dans la même espèce , et plus convenable , par conséquent , pour fournir ses véritables caractères distinc-* tifs.

Ainsi les racines du cephaelis ou ipéca, du Brésil, irrégulièrement eontoiumées, offrant de petits anneaux saiUang , trè8«*rapprôeliél9et rugueux^ porteront le nom d'^pée^ce^anAa armeiéÇipeo. anaulaia)/

( i8 ) tandis que je désignerai sous le nom Sipécacuanha simple , strié ou sans anneaux , les racines du psychotria ou ipéca, du Pérou.

Chacune de ces deux espèces sera ensuite subdivisée en variétés relatives à la teinte particulière de leur couleur extérieure.

Nous adopterons à peu près les mêmes moyens de distinction pour les espèces de la seconde section . c'est-à-dire les ipécacuanha blancs , en tirant cependant nos caractères distinctifs , des différentes espèces végétales qui les produisent.

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