‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 102 sur 260 · SOUS-ORDRE DES "APODES · texte numérisé non relu

SOUS-ORDRE DES "APODES

Les MALACOPTÉRYGIENS composant ce groupe sont privés de nageoires ventrales. Toutes les formes qui le composent se rapprochent de l’Anguille et leurs ouvertures branchiales sont très petites.

Les Congeridés sont des Poissons sans écailles et chez lesquels la dorsale, la caudale et l’anale ne font qu'une; ce sont les Anguilles

Fig. 686. — Anguille et larve Leptocéphale.

de mer. L'espèce la plus connue en nos pays est le Congre commun (Conger vulgaris), dont la taille peut dépasser 2 mètres. Son corps est cylindrique; la queue est très longue, la bouche fendue largement avec la mâchoire supérieure proéminente; la rangée externe des dents des mâchoires constitue une bordure tranchante. Ce Poisson est carnassier et vorace: il habite presque toutes les mers. Le Congre, avant de prendre |a forme adulte sous laquelle nous le connaissons, subit une métamorphose; son état primitif est représenté par un petit Poisson qui n'atteint pas 10 cent. et qui est transparent comme du verre. Avant 1860, on considérait ces petits animaux comme des formes parfaites et on leur avait donné le nom de Leptocéphales. On sait maintenant qu'il s’agit des larves de différents Apodes. Le Congre est extrêmement commun sur nos marchés. Dans la Méditerranée, on pêche le Congre à larges lèvres (Congermuræna mystax).

Les Anguillidés renferment l'Anguille commune (Anguilla ul garis) de nos eaux douces, caractérisée par de fines écailles et par la mâchoire inférieure saillänte: sa taille est de 90 cent. en moyenne. Elle ne peut frayer qu'en mer et ses œufs donnent naissance à des Leptocéphales qui, dès qu'ils sont transformés en petites Anguilles ou Civelles, remontent le cours des rivières. L’Anguillé commune (fig. 686) quitte les fleuves d'Europe à la fin de chaque automne pour gagner les lieux de ponte, situés dans l'Atlantique par des fonds de | 000 mètres environ. En Italie, à Commacchio, sur les bords de l’Adriatique, de vastes appareils, formés de digues et de compartiments, attirent les Anguilles dans la lagune et l’on en fait grand commerce: la chair de ce Poisson est sans grande qualité et peu digestive. Ajoutons que tous les Congéridés et Anguillidés ont le sang plus où moins venimeux.

La famille des Murénidés est caractérisée par le genre Murène, chez lequel la peau est nue, les nageoires pectorales absentes, la dorsale et l’anale très développées; les ouvertures branchiales situées dans le pharynx sont très étroites et la dentition est puissante. La Murène hélène (Muræna helena) atteint la taille de 1",50 ; sa tête est petite par rapport à la grosseur du corps; elle est carnassière et vorace: on

. du Dr Richard,

Congre, en bas, et Murene, au-dessus Aron Monaco).

la pêche en Méditerranée.

Les recherches de M. Kopaczewski ont démontré la toxicité du sérum de la Murène, dont la dose de 0 cmc. 05 est mortelle pour un Cobaye, 0 cmc. 4 pour un Lapin, | cmc. 5 pour un Chiende5 kilogrammes.

Ce Poisson est comestible.

Fig. 687, — Gymnote électrique,

BESARPOTSSONS 175

CL J. Boyer.

Sternopysus carapus (Amérique du Sud).

Les Gymnotidés présentent des formes allongées comme l'Anguille. Ces Poissons n'ont ni ventrales, ni dorsales, sauf parfois une adipeuse. La caudale manque presque toujours, la queue étant charnue; l’anale est longue; la vessie natatoire est double. Il y a un Sens omacal et des appendices pyloriques.

Le Gymnote électrique (Gymnotus electricus), dont la taille atteint 2 mètres et qui possède un appareil producteur d'électricité, est de beaucoup le plus puissant des Poissons électriques (Ag. 687). fappareil est formé de masses rougeâtres, molles et HE à la face inférieure de la queue. Les décharges produites ne sont pas mortelles pour l'Homme, mais peuvent le renverser et sont très douloureuses. Le Gymnote existe dans les eaux douces de la partie septentrionale de l'Amérique du Sud. Lorsque les eaux qu'il habite diminuent au cours de la saison sèche et qu'elles paraissent devoir s'évaporer complètement, ce Poisson émigre durant la nuit et recherche d’autres eaux. S'il est trop tard pour émigrer, il s'enroule dans la vase. Le Sternopygus carapus appartient à l'Amérique tropicale.

Signalons ici la famille des Eurypharyngidés:; ce sont là des poissons bien extraordinaires. [ls ne sont en effet que bouche, ils ne sont que récepteur d'aliments: il en résulte que leur forme est des plus surprenantes, car il y a dans le développement de leur fente buccale et de leurs mâchoires quelque chose de gigantesque qui prédomine sur les autres parties de leur anatomie. L'Eurypharynx (Eurvpharvnx pelecanoïdes) a été pêché dans l'Atlantique, au large du Maroc, par l'expédition du Travailleur; des profondeurs de 1 500 à 2000 mètres. Le Eurypharyngidés recueillis au cours des croisières du Travailleur, du Talisman, de l’Albatros, de la Valdivia, et plus récemment par le prince de Monaco, appartiennent vraisemblablement à un seul genre, divisé en quelques espèces encore insuffisamment décrites.

Dans la famille des Saccopharyngidés, le Saccopharynx flagellum de l'Atlantique n'est pas moins surprenant ; sa bouche est très grande et garnie de dents recourbées en arrière; son Corps est celui d’ je Anguille très maigre et très aplatie, mais il se nourrit de proies parfois plus grosses que lui et son estomac peut se dilater à un tel point que l'animal englouti est visible par transparence.

Saccopharynx flagellum, et en tran:parence le poisson qu'il vient d’avaler.

cest un Poisson :

Depart d'une goélette, avec les dorts br

SODTORDREEDESSPEEESOCLISGES

Un certain nombre des Poissons de ce sous-ordre sont encore des MALACOPTÉRYGIENS, mais ils sont tous caractérisés par une vessie natatoire close ou absente. Malgré les particularités anatomiques peu nombreuses qui les caractérisent, ils comprennent des formes extrémement variées et qui au premier abord paraîtraient devoir appartenir à des divisions assez éloignées les unes des autres dans la classification.

La famille des Gadidés renferme des Poissons à tête grande, à nageoire dorsale simple ou divisée et à nombreux cæcums pyloriques. Les Gades, qui en constituent le type, présentent trois dorsales, ou plus exactement une dorsale divisée en trois. parties très nettement séparées ; la nageoire anale est divisée en deux parties; un barbillon est placé quelquelois sous la mâchoire inférieure; la ligne latérale apparaît en teinte claire. Ces Poissons habitent les régions arctiques et tempérées de |’ hémisphère septentrional. Le Capelan (Gadus minulus) est de petite taille et ne dépasse guère 20 cent. On le trouve dans la Méditerranée et l'Atlantique septentrional.

La Morue (G. morrhua) est un Poisson de grande taille; il peut dépasser | mètre de longueur, et comme sa chair est de bonne qualité, il fait l’objet de grandes pêcheries. La Morue (fig. 688) est extrémement prolifique : sa puissance de multiplication n'est dépassée par aucun autre Poisson. Elle apparaît au commencement du printemps sur les hauts fonds pour y pondre plusieurs millions d œufs. À cette époque, les Morues se montrent en bandes pressées, cherchant les bancs de sable, et disparaissent après le frai pour être remplacées par de nouvelles bandes d'individus serrés, innombrables, qui, à leur tour, vont assurer l'avenir de l'espèce. La Morue appartient à l'Atlantique nord et ne se rencontre plus guère au sud de la Bretagne.

La pêche à la Morue, qui se pratique en Islande et à Terre-Neuve, exige un grand nombre de navires et Fig. 688. — Morue.

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