ORDRE DES SAURIENS
Les Sauriens ou Lézards, que l’on classait autrefois avec les Ophidiens ou Serpents pour en constituer l'ordre des Saurophidiens, descendent vraisemblablement des Rhynchocéphales et l'on retrouve des caractères appartenant à ces derniers chez les Geckonidés et chez certains Iguanidés et Agamidés. Les Sauriens présentent certains caractères très nets qui nous permettront de les étudier séparément; mais nous ne devons pas négliger non plus les caractères qui les rapprochent des Ophidiens. Chez les Lézards et les Serpents, le corps est recouvert d'écailles, généralement imbriquées. Ces écailles sont presque toujours remplacées sur la tête par des plaques plus grandes; il en est de même sur toute la partie ventrale des Serpents. Le cloaque (fig. 792) s'ouvre en une fente transversale: chez les lézards, il est situé immédiatement en arrière des membres postérieurs.
Les caractères particuliers aux Sauriens sont la présence à peu près constante des quatre membres et d'un sternum. Les paupières sont mobiles, l'oreille moyenne, le tympan bien développé. En outre, ils ne possèdent pas cette dilatabilité extraordinaire dé la bouche, observée chez la plupart des Serpents, et due chez ces derniers à la présence d'un os interposé entre la mandibule et le crâne. Pour les membres, ils sont exceptionnellement cachés chez certaines espèces de Sauriens et nous verrons qu'il en existe encore d'infimes rudiments chez certains Ophidiens. La coque des œufs des Sauriens est une sorte d’enveloppe membraneuse, parcheminée et peu résistante.
On classait autrefois ces animaux en quatre sous-ordres, suivant la forme de leur langue, celle-ci pouvant être longue ou courte, mince ou charnue, simple ou bifide. Un cinquième
2 Eu sous-ordre était réservé aux formes apodes. EEE YO SN D'après la classification de G.-A. Bou- Fig. 792..— Cloaque d'un lenger, maintenant adoptée, l'ordre des Sau-
Saurien (Lézard). riens est simplement divisé en un certain
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un petit animal qui atteint au plus 15 cent., dont le corps rugueux est recouvert de bandes transversales formées par les écailles plus ou moins saillantes ; la queue est garnie d'épines.
Le Gecko est nocturne et reste caché tout le jour. Dans le Midi on le trouve souvent contre les rochers ou les murailles en soulevant les grandes touffes tombantes de Mesanbrianthèmes.
Ses larges doigts sont adhésifs et il grimpe avec une grande facilité sur les parois les plus lisses. Le Gecko habite toute la région méditerranéenne et, malgré les légendes ridicules qui courent sur son compte, c'est un animal fort utile par le grand nombre d'Insectes qu'il détruit.
Les Agamidés étaient autrefois classés avec les Iguanidés; on les en a séparés pour des détails de dentition et pour leur distribution géographique totalement différente. On pourrait dire que les Agamidés sont les Iguanidés de l'Ancien Continent. Ils pré-
Uromastix acanthinurus, sentent des formes très variées et sont
. Préparé tous ovipares.
RénISnteencs AISer LE: Le Dragon volant (Draco volans) est un Saurien bien singulier (fig. 795).
Le cou présente trois fanons : l’un inférieur et très développé; les Cette espèce habite le Mexique. { deux autres, latéraux, forment, sur les flancs et de chaque côté, un large L'Amphisbène cendrée (Blanus NT er Te repli cutané: ce pli est ordinairement appliqué contre le corps, mais cinereus) est caractérisée par une Fig. 793. — Chirote. en cas de besoin il se déplie et plaque frontale, plusieurs écus- Œ l'animal semble alors muni de sons occipitaux et deux sillons latéraux. deux ailes qui lui constituent un De même taille que le Chirote canali- parachute ; il peut ainsi s'élancer culé, cette espèce est de celles qui ont de branche en branche par des été rencontrées parfois dans les fourmi- petits vols planés; son existence lières ; elle existe en Espagne méridio- est d’ailleurs arboricole. La colonale et dans l’Archipel grec. L’Amphis- ration est généralement fort belle, bène blanche (Amphisbæna alba), de mais sujette à de très grandes vataille plus grande, se trouve au Brésil. riations; sa taille est de 20 cent.
Les Geckonidés (fig. 794) et les Il habite les Iles de la Sonde. Le Iguanidés, dont nous allons parler, com- Riu 704 Caléote versicolore(Caleotes verposaient le sous-ordre des Crassilingues ; Rte sicolor) est arboricole ; ses formes leur langue est charnue avec extrémité sont élancées, ses membres grêles : arrondie ; elle n'est pas protractile, la crête dorsale est c'est-à-dire qu’elle est incapable basse et dentée d'être projetée en avant pour at- (fis. 796); sa coloteindre une proie. ration est extrême-
La famille des Geckonidés ment variable.
présente encore des caractères pri- L'Agame des Comitifs, notamment les vertèbres am- lons (Agama colophicæliennes ou biconcaves obser- norum) a la tête vées déjà chezles Rhynchocéphales. courte et des petits Ce sont de petits Sauriens tra- bouquets d'épines pus, à tête large, cou court, queue sont situés en arépaisse ; leurs yeux sont grands. Il rière des oreilles. Le existe un certain nombre d'espèces appartenant à cette famille; on en connaît trois habitant le bassin de la Méditerranée et d'autres en Asie, Afrique, Australie, etc. Parmi les premiers, citons l'Hémidactyle verruculeux (Hemidactylus turcicus).
Son corps est couvert sur la partie dorsale de nombreux tubercules ; la queue est arrondie. Il n’est pas rare en Italie, Espagne, et dans les îles Grecques.
Le Gecko, ou Platydactyle des murailles (Tarentola mauritanica), est principalement caractérisé par ses doigts larges et aplatis, au nombre de cinq à chaque membre; le troisième et le quatrième doigt de chaque extrémité sont munis d'une griffe. C'est
nombre de familles (1), les Caméléons étant seuls mis à part, dans le sous-ordre des Rhiptoglosses.
Nous commencerons par la catégorie très particulière des apodes, composée d’espèces nettement dégradées, privées de paupières et dont l'existence se passe dans le sol comme celle des Lombrics; ces espèces, qui constituaient le sous-ordre des Annelés, forment maintenant la famille des Amphisbénidés. Cette famille renferme des espèces qui semblent formées d’anneaux réguliers; leur forme est allongée comme celle des Serpents, avec une queue très courte ; leurs vertèbres sont procæliennes et le sacrum est généralement absent, ce qui est exceptionnel chez les Sauriens. Il n'existe pas de membres, sauf chez une espèce du Mexique. Les Amphisbénidés sont fouisseurs : ils vivent dans les galeries qu'ils creusent eux-mémes; il en a été assez souvent trouvé dans des fourmilières, et cela sans que ces colonies d'Insectes en paraissent troublées.
Le Chirote canali- Crâne de Saurien (Sauvegarde de Mérian). culé (Chirotes canaliculatus) mesure 25 cent.; il porte deux membres antérieurs fort petits, placés immédiatement en arrière de la tête (fig. 793). Le corps est cylindrique, de grosseur égale sur toute sa longueur.
Fig. 797.
Moloch.
xs
pe
(1) G.-A. BOULENGER. — Catalogue of Er the Lizards. É Fig. 796. — Caléote. Amphibolurus barbatus.
corps possède une belle coloration. Sa longueur totale peut atteindre 35 ou 40 cent. On le trouve en Égypte, d'une part, puis sur les côtes de Guinée et de la Côte d'Or d'Afrique. Le Stellion commun (Agama stellio) existe dans l’Afriq ue nordorientale, en Âsie occidentale et dans l'Orient européen. Chez cette espèce, toute la partie dorsale est parsemée de taches plus ou moins étoilées, auxquelles elle doit son nom. Les écailles de la queue forment des verticilles réguliers.
Le Fouette-queue (Uromastix acanthinurus) est un Saurien très épais; la tête est courte, le cou est embarrassé de replis, la queue est grosse et arrondie :
c'est le Dabb des Arabes (fig. 798), dont la taille peut atteindre 40 ou 50 cent., et dont ils vendent de jeunes individus empaillés aux touristes.
Il habite toute l'Afrique du nord et l'Asie Mineure. Un animal plus curieux encore est le Moloch hérissé (Moloch horridus). Il n'est pas grand, car sa taille varie de 15 à 18 cent., mais son corps, très large et aplati, est couvert d'énormes épines (fig. 797); il en est de même de la tête, du cou, des membres et de la queue. La tête porte en outre, de chaque côté, deux épines beaucoup plus fortes et dressées comme des cornes. Le Moloch vit dans les régions sablonneuses et desséchées de l'Australie. Il se nourrit de Fourmis, et, malgré ses dehors terribles, il est doux et inof-
Anolis (Ile de Cuba).
Fig. 800. — Amblyrhynque.
Clenosaura acanthura,
Phrynosoma cornutum,
fensif. D'autres Agamidés sont : Physignatus Lesueuri, d'Australie; Amphibolurus barbatus, etc.
Les Iguanidés sont des Sauriens de grande taille, localisés en Amérique.
Leur forme est généralement élancée et leur queue très longue. Une crête dentée orne fréquemment le dos et la queue de ces animaux.
L'Anolis à gorge rouge (Anolis carolinensis) est un joli Saurien de petite taille : 25 cent., mais de belle couleur verte; la gorge est rougeâtre et le ventre Poe La forme est svelte, la tête allongée, la queue très longue, les doigts sont élargis à leur extrémité; on observe chez cet animal un fanon. Il est commun dans le sud des États-Unis et à Cuba.
Le Basilic à capuchon (Basiliscus americanus) doit son nom à un prolongement cutané triangulaire qui surmonte sa tête (fig. 799). La crête dorsale, haute et soutenue par des épines, rappelle la nageoire dorsale des Poissons: elle se continue sans épines sur la plus grande partie de la queue. LéBatieet arboricole : sa taille atteint 65 cent. Il habite le voisinage des eaux au Guatemala. Le Tropidure à collier (Tropidurus torquatus) est ami des régions sèches: il atteint la taille de 30 ou 35 cent. ; sa tête est aplatie. Il est commun au Brésil.
L'Amblyrhynque à crête (Amblyrhynchus cristatus) a la tête grosse et courte (fig. 800). Le cou, le dos et la queue sont ornés d'une crête continue, finement dentée. Le dessus de la tête est recouvert de plaques formant de gros tubercules ; la queue est comprimée. La taille de cet animal atteint | mètre. Il est localisé aux îles Galapagos (Pacifique) et habite les côtes, se reposant au soleil sur les rochers du rivage. Îl nage fort bien, à la manière des Serpents, sans le secours de ses membres, et paraît trouver en mer une Algue qui constituerait une partie de son alimentation.
L'Amblyrhynque subcrêté ue lophus subcristatus) habite les îles qui se trouvent dans la partie centrale du même Archipel. Il est à peu près de même taille que le précédent, mais est plus lourd de formes. Sur le cou, la crête est assez bien développée. Cet animal appartient aux régions basses des îles, mais il se nourrit de végétaux terrestres : il se creuse des sortes de terriers dans les parties meubles du sol; c'est là que les femelles pondent leurs œuls.