SOUS-ORDRE DES MACRODACTYLES
Comme l'indique leur nom, ces Oiseaux sont principalement caractérisés par de longs doigts; certains de leurs caractères rappellent les Gallinacés. Leur vol est assez lourd : ils sont cependant migrateurs.
Les Rallidés ont le corps comprimé latéralement, ainsi que le bec ; la tête est petite; le quatrième doigt, ou doigt postérieur, porte sur le sol; les ailes sont courtes.
Le Rôle d'eau (Rallus aquaticus) est de teinte rousse tachée de noir (fig. 982); le bec, plus long que la tête, est rouge; la taille Ée cet Oiseau atteint parfois 22 cent. Il habite l'Europe et l'Asie; ses migrations le poussent vers le Sud jusque dans le nord de ARE C'est un Oiseau de marais, recherchant la solitude, l'abri des broussailles ou des bois : il vole Al mais il court avec agilité.
Le Crex des prés ou Râle des genêts (Crex crex) a le bec plus court que la tête: la teinte est brunâtre. La distribution géographique de cet animal est à peu près analogue à celle du Râle d'eau. Sa taille est de 25 cent. Il affectionne les prairies humides, mais évite les marécages ; sa course est très rapide, son vol bas et court : il niche sur le sol bien sec.
Les Porzanes (Porzana) sont des Rallidés plus petits, de 17 à 20 cent., amis des marécages et de passage dans nos pays.
Dans la famille des Parridés, on peut signaler le Jacana (/acana jacana) de l'Amérique du Sud, Oiseau aux longues pattes grêles, aux longs ongles, fréquentant les eaux calmes et aimant à se promener sur les grandes feuilles flottantes des Nymphæacées.
Les Poules d'eau appartiennent à la famille des Gallinulidés, dont les espèces présentent un corps assez épais. La tête est grosse ; le bec, les ailes et la queue sont courts. Ces Oiseaux sont tous aquatiques.
La Poule d'eau commune (Gallinula chloropus) habite toute l'Europe ; elle est sédentaire dans une partie de la France et de l'Europe méridionale; elle est migratrice dans le Nord. Cet Oiseau élégant, de teinte brunâtre et grisâtre, atteint la longueur de 35 cent.; il nage fort bien, malgré l'absence de palmure, et plonge aisément.
La Foulque noire ou Macroule (Fulica atra) occupe les mêmes régions; en France elle est sédentaire ou de passage, selon la latitude ; sa taille peut atteindre 45 cent. Elle est plus prudente et plus sociable que la Poule d’eau; on la rencontre parfois en bandes nombreuses. Ces divers Oiseaux ne sont chassés que pour le plaisir de tuer, car leur chair est fort désagréable et sent la vase.
En Îtalie, en Espagne, en ÀAlgérie, on observe de beaux Gallinulidés, les Poules sultanes : le Porphyrion vert (Porphyrio porphyrio) et le Porphyrion bleu (P: cæruleus). Leur longueur est de 45 à 50 cent.
Leur plumage est fort beau.
La seconde espèce est de passage accidentelen France.
Fig. 982. — Râle d’eau.
Récolte des œufs d’Albatros,
ORDRE DES PALMIPÉÈDES
Les Palmipèdes ont les pattes courtes et les pieds palmés en vue de la natation (fig. 983) ; ils sont donc tous aquatiques. Une glande située près du cloaque sécrète un corps gras dont ils enduisent leur plumage pour le rendre imperméable à l’eau. En dehors de ces caractères constants, le groupe est assez hétérogène ; on a dû y établir quatre sous-ordres : celui des Longipennes ou à grandes ailes, celui des T'otipalmes ou à doigts tous palmés, celui des Lamellirostres ou à bec lamelleux, et celui des /mpennés, chez lesquels les ailes sont très réduites.
SOUS ORDRENBES EONETRENNES
Les Longipennes sont des Oiseaux de mer au vol puissant; ce sont par excellence les grands voiliers. Leurs ailes sont en effet très longues et il en est de même de leur queue. Ils sont généralement pélagiques, c'est-à-dire vivant en haute mer et s’approchant rarement des côtes, sauf au moment de la reproduction. Ces Oiseaux paraissent voler sans effort, planant longtemps, portés par les couches d'air et faisant un chemin assez long sans remuer les ailes. Seuls, les trois doigts antérieurs sont palmés. Tels sont les Albatros, les Goélands, les Hirondelles de mer, les Pétrels, etc.
La famille des Diomédéidés est caractérisée par le doigt postérieur extrêmement petit, les narines très écartées et s'ouvrant chacune dans un sillon assez profond, et par un bec plus long que la tête et dont la mandibule supérieure est crochue. Ce sont les Albatros (Ag. 984), aux ailes étroites mais très longues, au plumage dur et épais, généralement propres aux mers de l'hémisphère sud. Cependant, les espèces de l'Océan Pacifique remontent assez loin dans le Nord. Les Albatros sont les plus grands Oiseaux de mer; la distribution géographique des espèces est large, car leur vol puissant et prolongé les porte très loin. Lorsqu'il est fatigué, l’ Albatros se pose sur l'eau ; il nage alors avec aisance, mais de louer dcr rassée. Ces Oiseaux suivent souvent les navires, car ils savent que leur passage comporte l'abandon de divers détritus
£ CES : Fig. 983. — Tête et pied dont une partie convient à leur alimen-
de Palmipède (Canard).
Crâne d’Albatros.
à l'Ile Laysan (Océanie).
tation. [ls ont principalement recours à cette source de vivres lorsque la mer est mauvaise et que les organismes flottants dont ils se nourrissent ordinairement se sont éloignés de la surface: on les a vus parfois en troupes nombreuses sur le cadavre d’un cétacé, voguant au gré des flots, et dévorant ses chairs jusqu'au moment où les éléments du squelette coulent à pic.
Les Albatros se réunissent pour pondre sur les côtes tranquilles : ils sont alors très nombreux dans certaines îles de l'Atlantique, du Pacifique et de l'Océan Indien.
Dans l'île Laysan, au nord d'Honolulu, les œufs d’Albatros sont activement recherchés. Ces animaux s'y reproduisent de novembre à décembre ; ils y pondent un œuf. Pour faire leur nid, ils pratiquent une légère excavation sur le sol ; ils sont innombrables sur une très grande étendue et fournissent une quantité considérable de guano. Pour recueillir les œufs, on établit une petite voie ferrée étroite qui traverse le domaine des Albatros et sur laquelle circulent quelques wagonnets ; une ou plusieurs mules représentent la traction ; des brouettes rayonnent en tous sens au large de la voie pour la récolte. Ces œufs, dont la qualité est bien médiocre, sont consommés par les habitants du pays.
Parmi ces différentes espèces, on peut citer l’Albatros fuligineux (Phœbetria fuliginosa), | Albatros hurleur ou Mouton du Cap (Diomedea exulans), l’Albatros chlororhynque (D. chlororhynchos) ; ces deux derniers apparaissent exceptionnement sur les côtes européennes.
Les Laridés comptent de nombreux Oiseaux, dont les Goélands et les Mouettes sont les plus caractéristiques ; leur plumage est d’un gris bleuâtre, dit bleu de Mouette, que connaissent bien tous ceux qui ont visité nos côtes et qui les ont vus voler si gracieusement en poussant leurs grands cris d'enfants. Les Oiseaux de cette famille restent dans le voisinage des côtes: ils ne s’en éloignent jamais; Poissons, Crustacés, Mollusques, constituent la plus grande partie de leur nourriture, Ils nichent dans les rochers, les anfractuosités des falaises ; en certaines régions, leurs œufs sont assez recherchés.
Les Goélands ou Mouettes pêcheuses appartiennent à l'hémisphère septentrional. Ces Oiseaux sont de grands nettoyeurs, toujours affamés, et qui entretiennent la propreté des rivages ; ils nagent fort vite et plongent facilement. Parmi les nombreuses espèces du genre, on peut citer quelques-unes de celles que l’on observe sur nos côtes, du moins en certains moments de l’année : le Goéland marin (Larus marinus), le Goéland railleur (L. gelastes), le Goéland cendré (L. canus), le Goéland bourgmestre (L. hyperboreus), etc. Parmi les Mouettes, on peut citer la Mouette rieuse (Xema ridibundus), qui appartient principalement à nos côtes méridionales et fréquente aussi certains lacsalpins, au charme desquels elle contribue, et la Mouette de Sabine (X. Sabinei).
Fig. 984 — Albatros.
FÉSROISEAUX 265
Goéland d'Hemprich (Mer Rouge).
À la famille des Laridés appartiennent encore la Pagophile blanche (Pagophila eburnea) et les Risses. Tous ces Oiseaux de mer se nourrissent de Poissons, Crustacés et Mollusques.
Les ailes des Goélands et des Mouettes sont employées dans la parure, ainsi que l'animal entier avec les ailes déployées; les plumes les plus fines sont utilisées comme duvet.
La famille des Lestridés ou Mouettes pillardes comprend des Oiseaux très voisins des précédents, mais ils habitent généralement les régions froides et leurs mœurs sont différentes. Ils marchent assez vite, mais ils plongent mal. Ce sont des pillards qui passent leur temps à dévaliser les autres Longipennes : ils chassent aussi sur terre. Le Stercoraire parasite (Séercorarius parasiticus) est de teinte brunâtre. Sa taille est de 62 cent. Son cri n’est pas sans analogie avec celui du Paon. Cette espèce et quelques autres n'apparaissent qu'accidentellement sur nos côtes.
Le Skua de Mac Cormick (Megalestris Maccormicki) appartient aux régions antarctiques ; il est très combatif. C’est un remarquable nettoyeur, faisant disparaître les cadavres des autres animaux. M. Louis Gain dit qu'à l'époque où les Phoques mettent bas, les Skuas dévorent tous les placentas (1). Le Skua antarctique (M. antarctica) appartient à l'Antarctide sud-américaine.
Les Sternidés ou Hirondelles de mer sont de jolis Oiseaux aux formes élancées, au bec droit ; ils préfèrent les régions tempérées et remontent parfois les fleuves sur une certaine étendue. S'ils nagent et marchent assez mal, leur vol est puissant. La Sterne hirondelle (Sterna hirundo) est la forme typique. L'extrémité de ses ailes dépasse sa queue et celle-ci est profondément fourchue. La taille est de 40 cent. Sa distribution géographique, très large, embrasse une grande partie de l'hémisphère nord. En hiver, elle descend jusqu'aux rivages de l'Afrique septentrionale. Plusieurs espèces appartenant à ce genre touchent nos côtes en passage régulier ou accidentel.
Les Procellaridés, comme les Albatros, sont des Oiseaux de haute mer ; on les nomme aussi Oiseaux des tempêtes. Leur bec est court, mais recourbé en crochet ; ce sont de bons nageurs et des voiliers de premier ordre. Les Pétrels sont caractéristiques de cette famille ; ils ne sont qu'accidentels sur nos rivages. Le Pétrel glacial (Fulmarus glacialis) est blanc avec dos et ventre gris bleuñâtre ; il at- ‘teint 43 cent. Il habite les mers du Nord et remonte assez haut dans les régions glacées, mais il lui faut des eaux libres.
Le Pétrel du Cap (Daption capensis) est de moindre taille et n'atteint pas 33 cent. Il est assez répandu dans le sud de l'Atlantique. Cet Oiseau est blanc avec taches noires. Ces deux espèces suivent très souvent les navires ; elles possèdent comme moyen de défense la faculté de rejeter par la bouche le contenu de leur estomac, liquide infecte fort désagréable pour celui qui le reçoit.
Les Prions sont aussi des Procellaridés: ils ont à la base de la mandibule supérieure des lamelles analogues à celles que présentent les Lamellirostres. Le Prion tacheté (Prion vittatus) se rencontre sur les côtes du Brésil.
Les Puffinidés appartiennent à l'hémisphère nord. Le Puffin cendré (Puffinus kühli) mesure 49 cent. ; il fréquente la Méditerranée. Les autres ne touchent qu'accidentellement à nos côtes : ce sont le Puffin des Anglais (P. puffinus) et le Puffin fuligineux (P. griseus), des régions de l'Islande et des îles Féroé.
Les Thalassidromidés sont encore des Oiseaux des tempêtes, infatigables, et qui volent sans repos autour des navires, se jouant des
(1) Deuxième expédition antarctique française 1908-1910, commandée par le Dr Jean CHARCOT (Masson et C'e, éditeurs, 1914).