‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 21 sur 260 · CI. Gravier · texte numérisé non relu

CI. Gravier

sexuée produisant une larve nageuse chargée de disséminer l'espèce, et une reproduction asexuée par bourgeonnement, qui est destinée à multiplier les individus de la colonie.

Supposons donc que notre polype primitif ait grandi, sécrété son polypier et atteint une certaine taille: à ce moment l'animal mou va commencer à se pincer par un pli qui part des deux bords opposés de la bouche; ce pli s’accentue et divise la bouche en deux parts, la couronne de tentacules en deux moitiés; puis la cicatrice se ferme et la colonne du corps devient fourchue à son sommet, où il y a maintenant deux bouches et deux couronnes de tentacules; puis la division s'accentue et on a finalement sur le sommet du polypier calcaire deux corps mous, deux polypes fusionnés seulement par leur base. Bientôt chacun d'eux sécrète son polypier calcaire distinct planté sur le polypier primitif. Quelque temps après, la même opération recommence ; chacun des deux polypes se divise en deux : cela en fait quatre, et ainsi de suite; si bien que l’on a une colonie composée d’un grand nombre de rameaux dichotomiques partant d’une base simple.

Supposons maintenant que le polype bourgeonné, au lieu de s’écarter de son collègue, y reste adhérent, il va former un corps soudé à lui, mais à deux calices. On obtient alors, par la multiplication des individus, des colonies trapues, massives, dont tous les polypes composants sont soudés les uns aux autres: leurs rosettes comprimées par les voisines ont un aspect hexagonal, et souvent l’ensemble du Madrépore a la forme d'une boule.

Il en est chez lesquels les individus sont grands, parfaitement distincts et forment des masses compactes où tous les polypes sont des unités très nettes; dans d’autres cas les individus sont plus petits, réunis les uns aux autres par une lame de tissu mou qui comble leurs interstices ; il en est enfin où les innombrables polypes peuvent être si petits que l’on a du malà les distinguer à l'œil nu : c’est le cas des Porites.

Chez certains coraux, les individus sont isolés et leurs squelettes distincts dans une même colonie; mais il se produit un tissu de comblement qui bouche les espaces libres laissés entre eux. Ailleurs le tissu calcaire est très compact, fort dur, tandis que dans d’autres cas il est spongieux, poreux et très léger.

ous ne pouvons insister plus longuement sur ces variations du squelette ou polypier des Coralliaires. Nous en donnerons quelques exemples un peu plus loin.

Il nous faut maintenant donner quelques indications sur la vie de ces animaux qui tiennent une si grande place dans le monde des êtres marins.

Un fait très remarquable est la facilité avec laquelle les coraux modifient la forme de leur squelette selon les particularités du milieu ambiant. On pourrait croire que ces squelettes calcaires, compacts,

Flabellum pavoninum, vu de profil.

Mussa angulosa (Antilles).

Flabellum pavoninum, vu en dessus.

Prionastræa.

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