‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 22 sur 260 · CI. Gravier · texte numérisé non relu

CI. Gravier

durs, ont une forme parfaitement définie et que rien n'est plus simple que de déterminer une espèce d'après les caractères que l’on y constate.

Iln'en estrien. Telle espèce rameuse, si elle vit dans une eau calme, devient au contraire trapue, plate, en boule, si elle se trouve dans une eau agitée. Une même touffe peut avoir l'aspect ramifñié et grêle du côté abrité, tandis qu'elle a l'aspect trapu du côté exposé aux vagues. Cette plasticité très remarquable rend fort difficile la besogne des naturalistes. On peut presque dire que la plupart des espèces de coraux ont leur forme d'eau calme et leur forme d’eau agitée, avec tous les intermédiaires.

Ces coraux, quand ils sont morts, et tels que nous les connaissons dans nos musées, sont des masses de calcaire blanc, souvent fort élégantes par leurs ramifications et leurs dentelures ou les méandres capricieux de leurs sillons. Mais quand ils sont vivants, ces squelettes sont revêtus d’une enveloppe vivante aux couleurs admirables; les teintes les plus vives alternent avec les plus atténuées ; les polypes à tentacules vert pâle semés sur des tissus rouge vif, les rosaces péribuccales dorées scintillent sur des fonds bleu foncé ou violets, ou bronzés: toutes les teintes, les bigarrures les plus inattendues, se mêlent, se fusionnent, se heurtent dans des contrastes admirables. Les nombreux voyageurs et naturalistes qui ont parcouru ces récifs ne tarissent pas d'enthousiasme sur la beauté de ce spectacle, qu'un ciel pur, une lumière intense et des eaux transparentes contribuent encore à rendre plus splendide.

D'où viennent donc ces couleurs ? Les unes sont dues aux pigments naturels des téguments ; les autres sont causées par la présence d'innombrables petites algues unicellulaires microscopiques qui vivent dans la peau du coralliaire. Elles

Cœloria Forskaliana (mer Rouge).

Gonastræa.

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