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ORDRE DES SIMIENS

Le groupe des Simiens ou Singes a formé longtemps, avec les Lémuriens et les Hominiens, l’ordre des Primates. Non sans quelque raison, certains zoologistes continuent d'admettre cette classification ; en eflet, si la nouvelle division s'explique assez facilement du côté des Lémuriens,on la comprend moins volontiers du côté des Hommes, car les caractères anatomiques qui les distinguent des Singes sont moins importants que ceux qui distinguent les divers Singes entre eux; c'est ce qui faisait dire à Darwin que si l'Homme n'avait pas été son propre classificateur, il n'eut jamais songé à fonder un ordre séparé pour lui-même. Néanmoins, suivant la classification maintenant adoptée, nous avons divisé les Primates en trois ordres : celui des Lémuriens, qui vient d'être étudié; celui des Simiens, qui va l'être; et celui des Hominiens, qui suivra.

Les premiers Primates sont apparus à la base du système Éocène; c'étaient des Lémuriens, qui paraissent avoir de Sands liens de parenté avec les Insectivores; ces caractères rappellent aussi le Tarsier actuel; ces premières formes sont apparues en Amérique du Nord. Dans l'Ancien Continent, les premiers débris de Lémuriens apparaissent en Europe dans l’Éocène moyen. Plus tard, les Phosphorites du Quercy fournissent plusieurs crânes. En Amérique du Sud, les premiers Simiens se manifestent aux temps Oligocènes. Il en est de même dans l'Ancien Continent, où Le Fayoum, en Égypte, a fourni des mandibules intéressantes. Enfin, durant la période Miocène, ce sont le Pliopithèque de Sansan, l'Oréopithèque du Monte tBamboli (Toscane), le Dryopithèque dé Saint-Gaudens, le Mésopithèque de Pikermi (fig. 1082); viennent ensuite les ndubles découvertes faites dans les monts Siwalik, aux Indes : Simiens divers, y compris des Anthropoïdés, montrant certaines affinités humaines.

Rappelons i ici la très intéressante trouvaille faite à Java, en 1890,

Fig. 1082.

Mésopithèque.

Crâne de Cynocéphale (face et profil),

par Eugène Dubois, dont le Pithecanthropus erectus représenterait, d'après M. Marcellin Boule, « un ramuscule du rameau Gibbon, plus évolué, plus spécialisé que les ramuscules voisins et qui se serait flétri de bonne heure du fait même de sa spécialisation » (1).

On divise les Singes actuels en Arctopithéciens, Platyrrhiniens, ou vrais Singes du Nouveau Monde, et Catarrhiniens, ou Singes de l'Ancien Monde. Au sommet de cette dernière en nous trouvons la famille des Anthropoïdés, dont certaines formes sont si rapprochées des Hominiens.

ARCTOPITHECIENS

Cette division ne comprend qu'une seule famille, celle des Hapalidés, qui renferme les plus inférieurs des Simiens. Ces animaux n'ont le pouce opposable avec ongle plat qu'aux extrémités postérieures ; tous les autres doigts portent des griffes. [ls ont trentedeux dents : leur pelage est soyeux, leur queue longue et touffue. Ils sont doux et craintifs, vivent en petits groupes dans les arbres, car ils habitent les forêts.

Les Ouistitis (fig. 1084) comprennent plusieurs espèces particulières au bassin hydrographique de l’Amazone. L'espèce commune (Hapale jacchus) mesure 25 cent. et habite les rives du bas fleuve ; c'est un charmant petit animal qui s’apprivoise facilement.

Les Tamarins (Ag. 1083) sont peu différents ; ils sont caractérisés par des canines inférieures plus longues; il en existe une vingtaine d'espèces distribuées dans une bonne partie de l'Amérique du Sud, principalement au

Brésil. Le Tamarin de Geoffroy (Midas Geof-

froyi) habite l'Amérique centrale.

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