CI. Underwood
Éléphants de mer.
Otaries sur la grève, en Californie.
(O. stelleri) que l'on trouve sur les côtes de l'océan Pacifique septentrional, notamment aux îles Prybilov, où chaque année se produisent de terribles massacres, principalement dans les îles Saint-Paul et Saint-Georges. Les mâles mesurent 4 mètres ; chacun d'eux dispose d’un certain nombre de femelles.
De taille moitié moins grande est l'Otarie de Californie (O. californiana), dont la tête est longue et étroite et le front très bombé. Elle fréquente les côtes occidentales del’ Amérique du Nord et du Mexique. C'est l'espèce la plus commune des jardins zoologiques ; on connaît l'aboiement joyeux de ces animaux à l'heure du repas, généralement composé de Harengs. En mer, ils se nourrissent de Poissons, de Mollusques et de Palmipèdes.
L'Otarie à fourrure, ou Ours marin Cr a un pelage soyeux et serré qui lui fait bien du tort ; sa taille n'atteint jamais 2,50. Elle habite les mêmes eaux et fréquente les mêmes rivages que l’otarie de Steller. C’est de mai à juin que les mâles arrivent aux îles Prybilov : les femelles viennent plus tard. Les États-Unis autorisaient la Compagnie qui exploitait ces îles à tuer 100 000 bêtes par an pour la graisse, Ja peau et la fourrure. Ces épouvantables tueries, associées à d'autres massacres qui se faisaient en mer à l’aide de bateaux équipés à cet effet, ont amené une telle diminution du nombre des Otaries qu'il a fallu tout récemment en suspendre l'exploitation et prendre des mesures pour assurer le repeuplement des îles Prybilov.
Différentes espèces d'Otaries fréquentent l'Afrique australe, la Nouvelle-Zélande, les îles Kerguelen, etc.
La famille des Trichéchidés ne comprend que le genre Morse (fig. 1074) avec deux espèces. Ce sont des Pinnipèdes de grande taille; certains individus mesurent 5 mètres et pèsent | 500 kilos. La tête est petite comparée au corps, le cou est plus court que celui des Otaries ; il est plus long que chez les Phoques; les yeux sont petits avec pupille ronde, les oreilles sont privées de pavillon. Leur dentition est très particulière, car elle présente à la mâchoire deux formidables défenses qui peuvent atteindre, chez le mâle, une longueur de 60 cent. et résultent du développement des canines; celles des femelles sont plus petites; il n'y a pas d'incisives chez les adultes. D'ailleurs chez ces derniers les dents sont moins nombreuses que chez les jeunes ; en effet, la dentition de lait, plus carnassière, plus normale, se rapproche de celle des Otaries, mais elle subit des pertes et de trente dents tombe à dix-huit pour répondre au régime d'alimentation de l'espèce : Crustacés, Mollusques, Échinodernes.
Le Cheval marin (Trichechus rosmarus) appartient à l'Atlantique septentrional : Groenland, Islande, rivages de la Sibérie, Nouvelle- Zemble, extrême nord de l'Amérique. Le Morse obèse (T. obesus) se trouve dans le Pacifique boréal; ses défenses sont plus longues et moins fortes que chez l'espèce précédente. Ces animaux, à l’époque de la reproduction, apparaissent en bandes : fort agiles dans l’eau, ils ont à terre des allures paresseuses, mais, en cas d'attaque, se défendent avec une grande énergie et tous les observateurs ont remarqué chez ces animaux un sentiment de solidarité très développé allant jusqu’au secours apporté aux blessés; cela indique une intelligence remarquable. De même, les mères défendent leurs petits avec un grand courage. On les massacre, comme les autres Pinnipèdes, pour l'ivoire de leurs défenses, pour leur peau et leur graisse; celle d'un individu fournit à peu près 250 kilos d'huile. Le nombre de ces animaux a beaucoup diminué : on n'en trouve plus qu'au voisinage de l'Alaska.
Fig. 1074. — Morse.
ORDRE DES LÉMURIENS
Les Lémuriens présentent presque tous le pouce opposable aux quatre membres et c'est ce caractère qui les plaçait autrefois près des Singes, car à tous les autres points de vue ils occupent une place assez inférieure dans la classe des Mammifères; cependant leur dentition est complète, mais se rapproche plus ou moins de celle des Insectivores. Ces animaux sont grimpeurs et généralement nocturnes ; leur cerveau ne présente pas de circonvolutions. Leurs yeux sont souvent grands, parfois énormes. D'autres espèces présentent les yeux de côté, ce qui les éloigne encore des Singes; les oreilles sont pointues et velues. Les Lémuriens comprennent quatre familles.
La principale, celle des Lémuridés, est propre à Madagascar.
Deux de leurs caractères sont la présence d'un vide entre les deux incisives médianes de la mâchoire supérieure et la position penchée en avant des incisives inférieures. Leur existence s'écoule sur les arbres.
Les Makis sont fort répandus; ce sont d'assez jolis animaux, très doux et connus depuis longtemps. Leur museau est pointu; leurs membres antérieurs sont beaucoup plus courts que les deux autres. Leur alimentation est très variée. Quelquesuns d’entre eux sont diurnes; on en compte en tout huit espèces.
Le plus commun des Makis est le Catta (Lemur catta), qui vit dans les régions arides du Sud: sa belle queue cerclée de noir et de blanc est remarquable; mais le plus beau et aussi le plus grand est le Vari (L. varius), dont la fourrure blanche tachée de noir est épaisse et soyeuse (fig. 1076); la queue est noire; c'est une espèce forestière.
Les autres espèces sont de grosseurs et de teintes diverses.
Chez les Propithèques (fig. 1075), la queue est très longue, les orei les et le museau sont courts. Les trois espèces de ce genre ont chacune un habitat différent; elles ne se mélangent pas: les variétés elles-mêmes sont dans ce cas.
Ces animaux sont diurnes et végétariens; ils épluchent les fruits avec leurs incisives. Sur les côtés de leur corps, la peau forme une membrane qui, sans avoir le développement du patagium de certaines formes, leur permet de faire dans les arbres des bonds de 8 à 10 mètres ; il est à remarquer que chez ces animaux le pouce opposable n'est pas utilisé pour saisir les objets. Ils sont doux, silencieux et comprennent trois espèces avec quelques variétés. La plus grande forme est le Propithèque diadème (Propithecus diadema), ainsi nommé des poils blancs qui ornent son front, alors que sa face est noire: son pelage est fort beau et sa taille atteint 85 cent. Il est forestier.
Dans un autre genre on trouve le plus grand de tous les Lémuriens (fig. 1077), c'est l’Indris (/ndris brevicaudatus), qui mesure | mètre; sa queue n’a que 5 cent. Il habite, à l’est de Madagascar,
Maki Catta portant son petit sur le dos.
Fig. 1076. — Maki vari.
C1. Berridge. Loris grêle.
la partie la plus chaude et la plus humide; on le rencontre en petites troupes de quelques individus. Voisin de cet animal on peut citer l'Avahis (Avahis laniger), de moindre taille; il est forestier et nocturne.
Signalons encore les Habilémurs, les Lépilémurs et les Chirogales, appelés parfois Lémuriens inférieurs. Les Lépilémurs (fig. 1078) n'ont pas d'incisives supérieures. Les Chirogales s’abandonnent au sommei hivernal.
La famille des Nycticébidés comprend quelques espèces inoffensives, nocturnes et de petite taille, au pelage doux et soyeux. Les unes habitent l'Afrique, les autres l’Extrême-Orient. Les Nycticèbes ont le corps trapu, le museau court, de gros yeux, trente-six dents, pas de queue et des ongles plats, sauf au deuxième orteil, qui porte une grifle. Le Nycticèbe tardigrade (Nvycticebus tardigradus) est la seule espèce de ce genre; il ne mesure pas plus de 40 cent. Son pelage est gris, épais et laineux ; on en a reconnu trois variétés distribuées aux Indes, en Birmanie et dans les îles Malaises: il est arboricole et nocturne.
Les Loris sont très voisins des précédents: comme ces derniers, ils n'ont pas trace de queue et ne comprennent qu ‘une espèce, le Loris grêle (Loris gracilis), qui est moitié moins gros que le Nycticèbe. Son pelage est gris et soyeux; c est un petit animal très doux, aux grands yeux, et particulier aux Indes et à Ceylan. Ses yeux entrent malheureusement dans la préparation de certains philtres contre les maladies des yeux. Pour les extraire, les indigènes tiennent la pauvre bête au-dessus du feu jusqu'à ce que ses yeux éclatent (1). Il est stupéfant de penser qu'une telle cruauté n’est pas interdite par les Anglais.
Les Galagos (fig. 1079) sont représentés par plusieurs espèces africaines. On retrouve ici la grande queue touffue des Lémuridés. Leurs oreilles sont grandes, leur pelage est épais et doux ; ils sont arboricoles, nichant et dormant durant le jour et errant la nuit. La plupart des espèces habitent l'Afrique occidentale, mais l'espèce commune (Galago galago) se rencontre dans toute cette partie du monde au sud du Sahara. Sa taille n’est que de 18 cent., sa teinte roussâtre ; il compe plusieurs variétés. En Afrique orientale, c'est le Calègon à queue touffue (G. crassicaudatus), qui atteint la grosseur d’ un Chat; il niche dans les Cocotiers. C'est un petit animal fort agile qui saute aisément d'un arbre à un autre.
Les Pérodictiques (fig. 1080) appartiennent à l'Afrique occidentale. Le Potto (Perodicticus potto) est caractérisé par un index rudimentaire sans articulations visibles et sans ongle. Chez l'Angwantibo (P. calabarensis), il n'existe qu'un moignon de queue et les doigts des quatre membres sont réunis par une membrane, sauf le gros orteil.
La famille des Tarsiidés comprend les Tarsiers, qui rappellent un peu les Galagos. Ils ont de grandes oreilles et surtout dt grands yeux ; leur museau est très petit, mais leurs membres postérieurs et leur queue sont très longs; cette dernière est nue. Ces animaux appartiennent aux îles Malaises. L'espèce caractéristique du genre est le Tarsier spectre
(1) A. MENEGAUX. — Les Mammifères (Baillière, éditeur).
Fig. 1077, — Indris.
Fig. 1078. — Lépilémur.
Pérodictique Potto.
ne | CI. Berridge.
Potto en attitude de sommeil.
(Tarsius tarsius), dont la face ne paraît formée que de grandes oreilles et d'yeux énormes; son museau est infime. Cet animal a trente-quatre dents, avec quatre incisives en haut et deux seulement en bas: les extrémités portent des ongles plats. C'est une petite espèce dont le corps ne dépasse pas 15 cent. ; la queue en a 25. Le Tarsier est nocturne, arboricole et habite les îles Malaises. On trouve dans les mêmes régions deux autres espèces qui ne sont peut-être que des variétés de la première.
Fig. 1079. — Galago. L'Aye-aye de Madagascar (Chiromvs ma-
Die
Fig. 1080. — Pérodictique.
Fig. 1081.— Aye-aye.
dagascariensis) constitue la famille des Chiromyidés (fig. RE Placé autrefois parmi les Rongeurs, il fallut après l'avoir étudié
considérer comme le plus inférieur des Lémuriens. C’est une espèce dont la taille atteint 40 cent.; sa tête est ronde, avec de grandes oreilles nues; elle ne présente que deux incisives à croissance continue, par mâchoire; c'est leur développement ainsi que l'absence des canines qui, au premier abord, avait fait supposer que cet animal était un Rongeur.
La queue est belle et touflue.
Ses mains sont très longues et ses doigts minces: le troisième est excessivement grêle et nu; le quatrième est le plus long.
L'Aye-aye niche à la partie supérieure des arbres; il chasse durant la nuit. Il a bénéficié longtemps de la superstition craintive des [ndigènes, et il est fort difficile de se procurer l’un de ces animaux ; aussi, ses mœurs sont-elles imparfaitement connues. En captivité l'Aye-aye dort constamment.
ES - means
Tarsier spectre.
Négresses dansant autour d’un Gorille qui vient d’être abattu (Afrique équatoriale).