‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 237 sur 260 · LUI · texte numérisé non relu

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- ; ES Fig. 1086. — Sagouin.

type insectivore. Il n'existe chez ces animaux ni abajoues, ni callosités aux fesses. Alors que chez tous les animaux, y compris les autres Primates, la queue n'est qu'un gouvernail ou un balancier, elle remplit chez la plupart des Platyrrhiniens le rôle d'un cinquième membre: c'est un organe de préhension et parfois de tact; elle saisit les branches des arbres, elle est prenante. Des Singes, tués quand ils étaient suspendus par leur queue, le sont restés parfois après leur mort. Toutes les espèces de ce groupe sont arboricoles et affectionnent les interminables forêts de l'Amérique du Sud. Elles vivent et se déplacent en bandes plus ou moins nombreuses. Ces animaux sont plus doux, mais moins intelligents que les Singes de l'Ancien Continent; cependant ils n’occupent pas leurs loisirs à d'incessantes querelles : ils sont plutôt méditatifs. Leur fourrure esttrès recherchée.

Les Platyrrhiniens ne comprennent qu'une famille, celle des Cébidés, qui ne portent que des ongles plats. Ils affectionnent les régions humides. On les chasse les uns pour leur chair, les autres pour leur fourrure.

Les Douroucoulis forment le passage entre les Lémuriens et les Simiens; ils sont nocturnes, ont de grands yeux, de la barbe et une queue touffue non préhensile ; ils demeurent le jour dans le creux des arbres. Gris en dessus, roux en dessous, le Douroucouli commun (Nvctipithecus ne) ne mesure que 34 cent. (fig. 1085): il habite la Guyane, le Brésil, le Pérou : c'est un animal très vif, sauteur agile; on le rencontre jusqu'à | 000 mètres d'altitude.

Les Callitriches ou Sagouins (fig. 1086) etles Saïmiris (fig. 1088), dont le cerveau est énorme, sont doux et craintifs. Les Sakis (fig. 1087) sont trapus, avec un long poil: leur queue n'est pas prenante ; ils sont nocturnes. Le Saki capucin (Pithecia chiropotes) boit dans le creux de sa main. Les Brachyures sont très voisins des Sakis.

Les Hurleurs sont des Singes robustes, au museau saillant, à la barbe épaisse, à la queue nettement préhensile. Ils ont entre les deux branches du maxillaire inférieur un espace à paroi osseuse dans lequel pénètre une sorte de sac vocal qui, sans effort, leur permet d'ampliñer leur voix. Ces animaux vivent en familles dans les forêts du Brésil et des Guyanes. Le vacarme qu'ils y font est effrayant etcesse brusquement au moindre danger. L’Alouate (fig. 1089) ou Hurleur roux (Mhycetes seniculus) mesure 50 cent.

Les Brachytèles du Brésil n'ont qu'un pouce rudimentaire aux mains et parfois ce doigt manque complètement.

La seule espèce du genre (Brachyteles arachnoïdes), ou Singe-araignée, est de grande taille; cet animal dépasse 1,30. Ses membres sont très. :

longs. Les Atèles (fig. 1090) n'ont pas = 7 Z non plus de pouce aux extrémités anté- L rieures ; leur queue est très longue; ils vivent en troupes nombreuses, sont très doux et s'apprivoisent assez facilement.

L'Atèle Coaïta (Ateles paniscus) mesure 65 cent. ; sa fourrure est noire; on le chasse pour la qualité de sa chair. Les Singes dont nous venons de parler : Hurleurs, Brachytèles, Atèles et aussi Lagothriches (fig. 1091), ont à l'extrémité inférieure de la queue une partie nue et calleuse qui facilite grandement la préhension; chez les Singes du dernier genre, cette partie présente même des sillons comme il en existe dans le creux de la main.

Les Sajous (fig. 1092) ou Sapajous sont de taille inférieure à celle des Atèles: leur ET. queue peut s'enrouler aux branches, mais Fig. 1090, — Atèle.

Fig. 1087. — Saki.

n'est pas préhen- Fig. 1088. — Saïmiri.

sile; ils ont cinq

doigts aux quatre

membres et sont plus ou moins barbus. Ces animaux ne descendent àterre qu'exceptionnellement: ils circulent constamment sur les arbres; ils paraissent être les plus intelligents des Platyrrhiniens et l’on a parfois constaté chez eux des preuves de bon raisonnement. L'espèce la plus commune est le Sajou Capucin (Cebus capucinus), dont la taille est de 45 cent. Il vit en petites troupes de quelques individus, préférant les arbres les plus élevés; il n'en descend que pour boire. Les indigènes qui veulent s'emparer d’un de ces animaux emploient un moyen qui réussit avec plusieurs espèces de Singes: il suffit d’une calebasse s'ouvrant par un trou dans lequel le Sajou peut passer la main; lorsque il'animal a saisi l'aliment qu'on y a placé, la main ne peut plus sortir; et comme il n'a pas l'intelligence d'abandonner sa prise, 1l est aussitôt fait prisonnier. Le Sajou brun ou Apelle (C. fatuellus) est plus petit ; on le rencontre jusqu’à l'altitude de 1 700 mètres: il se déplace en bandes nombreuses. Les différentes régions tropicales de l'Amérique du Sud sont habitées par près de vingt espèces de Sajous.

Fig. 1089. — Alouate,

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