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CI. du Dr Lefèvre, Habitations dans un village Laotien

de cet outil rudimentaire, il s’est employé à en briser des morceaux afin d'obtenir des éclats plus nombreux. En utilisant couramment cette matière, il a été amené à modifier les formes des fragments qui ne lui convenaient pas et à les perfectionner ; il obtenait ainsi des grattoirs, des pointes, des burins, des râcloirs.

C'est plus tard que l'Homme ajouta à cette industrie la fabrication patiente des objets en pierre très finement taillée et en pierre polie ; l'Homme Néolithique, en effet, occupait ainsi ses loisirs à faire des petits chefs-d'œuvre. Mais il est bien entendu que ces pierres représentent une industrie très avancée et résultant des essais successifs de nombreuses générations. C'’étaient des objets de luxe, d'apparat ou de superstition. Le temps qu'il fallait consacrer à leur taille ou à leur polissage n’était évidemment pas proportionné à la rapidité de leur dégradation. C'est pourquoi les silex taillés usuels étaient travaillés plus sommairement.

L'Homme paléolithique habitait des grottes naturelles ou bien des abris sous roches. Dans les grottes, on retrouve les traces de sa présence : des silex, des ossements de Renne, puis des vestiges de foyers, et parfois le matériel des artistes, burins et ocres, qui leur servaient pour la décoration de leur demeure. L'Homme Néolithique construisait des huttes sommaires dont on retrouve les planchers et, là aussi, des traces de foyers. Les colonies humaines les plus curieuses de cette époque étaient construites sur pilotis, dans des eaux peu profondes ; on en a observé dans plusieurs lacs de Suisse, lorsque leurs eaux étaient assez basses pour en découvrir les vestiges. Il existait ainsi des groupes importants de ces huttes ou palafttes, formant des cités lacustres, dans les eaux des lacs de Neuchâtel et de Zurich : celles qui existent actuellement en Extrême-Orient en donnent une idée. L'Homme voulait-il, par ce moyen, s’abriter contre certains dangers ? Quels étaient ses ennemis ? Grands carnassiers ou individus de son espèce avides de pillage ? Les uns et les autres sans doute.

Pour se faire une idée de ce que fut l’art préhistorique, il suffit de considérer ce que font, dans cet ordre d'idées, les peuplades inférieures actuelles : le résultat de l'effort est analogue ; ce sont généralement des représentations gravées ou bien des figurines naïves et grossières. Les objets que nous possédons sont en os, bois de renne, ivoire ou schiste ; les sujets représentés sont généralement des animaux ; l'Homme Paléolithique traçait tout naturellement les formes qui lui étaient familières. Il existe dans les collections plusieurs Mammouths (fig. 1109); le

ammouth gravé sur ivoire, trouvé à La Madeleine (Dordogne), a

; (1) J. DE Morcan. — Fig. 1110. — Renne broutant, gravé sur un bois L'Humanité préhistorique, ou corne de Renne. « Revue du Livre ».

Race noire : Types sénégalais.

été représenté par un artiste habile et qui connaissait bien l'animal. L'Ours des cavernes et le Renne ont été recueillis en plusieurs endroits; le Renne broutant trouvé à Thayngen (Suisse) est exceptionnellement remarquable (fig. 1110); c'est probablement l'œuvre préhistorique la plus réellement artistique. Des figurations humaines ont été trouvées à Brassempouy, à Grimaldi, à Willendorf (Autriche) ;

ce sont surtout des femmes difformes plus ou moins steatopyges et rappelant ainsi les femmes boschimanes. D'ailleurs il semble bien y avoir parenté entre les hommes de Grimaldi et les Boschimans.

Des gravures et des peintures de dimensions considérables ont été découvertes et photographiées dans des grottes qui furent habitées par l'Homme. Là encore on reconnaît les grands Mammifères disparus et contemporains de l'Homme Paléolithique. Les grottes de la Dordogne sont particulièrement riches : l’une d'elles, celle des Combarelles, forme un boyau de 234 mètres de profondeur ; on y a compté une quarantaine de chevaux, 2 Bisons, 14 Mammouths, | Renne, etc. ; toutes ces figures sont gravées. Dans la grotte de Font-de-Gaume, elles sont peintes de rouge et de noir, à l’aide d’oxydes de fer et de manganèse. En Espagne, la fresque de Minateda représente de nom-

breux personnages dans une scène marquable.

L'Homme Néolithique a encore laissé des monuments: ce sont les mégalithes, si nombreux en certains pays, notamment en Bretagne. Ces monuments appartiennent à deux groupes : les menhirs et les dolmens.

Le menhir ou peulven est dressé verticalement; il en existe un dont la longueur atteint 20 mètres. Les alignements sont des rangées de menhirs comme on en peut voir à Carnac(Morbihan). Le dolmen représente une table de pierre plus ou moins énorme ; le bloc principal, de forme aplatie, est placé horizontalement sur trois ou quatre blocs debout. L'allée couverte représente en quelque sorte une série de dolmens; c’est une succession de grandes pierres horizontales soutenues par un nombre plus ou moins grand de blocs debout.

Parmi ces différents monuments, il en est qui sont formés de pierres énormes, dont la composition n'est pas celle de la roche du pays et qui ont été apportées de très loin. On se demande à l'aide de quels moyens l'Homme préhistorique a pu amener de tels blocs là

Menbhir dit Keampeulven au Huelgoat.

Dolmen, dit Pierre-Turquaise (forêt de Carnelle).

très mouvementée: elle est fort re- :

Groupe de huttes Cafres (Natal).

où ils sont, comment il a pu les empiler ou les dresser. En outre, cer- Pad portent des signes gravés dans la pierre; ces signes se suivent parfois très nombreux, mais la science ne les déchiffrera probablement jamais. On suppose que les dolmens représentent des monuments funéraires, des sépultures de notables, et que les menhirs avaient un caractère commémoratif.

La substitution du métal à la pierre, dans l'outillage et l'armement de l'Homme, est encore un mystère. Les préhistoriens et les archéologues n'ont pas encore trouvé le passage de l’industrie primitive à celle du bronze. Cependant, la fabrication et l'emploi de ce métal précédèrent probablement l'apparition du fer. Les anciens considéraient ce dernier comme un métal maudit ; le bronze, au contraire, était sacré, et sa fabrication fut longtemps l'apanage d'associations religieuses semi-industrielles, semi-militaires.

On suppose que le bronze est apparu en Asie, et qu'il fut ensuite apporté en Europe. Il y fut très longtemps utilisé seul, car le nombre des objets qu'il servit à fabriquer est très grand. Dans Ps cités lacustres de Suisse, on a recueilli des haches, mors de chevaux, rasoirs, épingles, bijoux, figurines et poteries diverses.

L'origine du bronze est d'autant plus difficile à fixer qu'elle s’est manifestée, selon les pays, à des dates très différentes, très éloignées les unes des autres, ce qui s “explique par l'absence de communications à cette époque. Il en est de même du fer qui, à mesure qu'il était adopté, provoquait le développement de la fabrication des armes.

Mais, depuis bien longtemps, ie Homme, que l'évolution façonnait ainsi, remarquait de plus en plus la singularité des phénomènes naturels. Éclipses, éruptions volcaniques, tremblements de terre, li inquiétaient ou le terrifiaient. Peu à peu son intelligence se compliqua de ralsonnements plus élevés : : il voulut comprendre et attribua ces phénomènes à des volontés surnaturelles auxquelles il donna bientôt des noms ; les premiers dieux, sinon les religions. étaient ainsi créés et l'étaient pour longtemps.

Les Religions anciennes sont ainsi nées des manifestations de la nature et du besoin, pour l'Homme, d’être préservé de certains dangers ; elles sont nées de l'ignorance et de la crainte, et chaque peuple a créé la sienne avec sa propre mentalité. La plupart des dieux sont cruels et sanguinaires; ils reflètent les sentiments de l'Homme dans les pays où ils ont été imaginés. C'estle casen Extrême-Orient, mais les dieux les meilleurs ont encore bien des défauts très humains:

égoïsme, exigence, manies, sentiments de vengeance, besoin d'appliquer des châtiments féroces et disproportionnés avec la faute commise. [out cela est très peu noble, très peu élevé et sent bien son origine. Il en résulteque partout l'Homme a créé ses divinités à son image ; partout la mentalité de l'être imaginaire est si parfaitement semblable à celle de l'Homme que ce dernier, dans son orgueil,

Femme de Fezzan.

GS Notman.

Race rouge : Un campement d’Indiens.

put croire que c'était lui que la divinité s'était donné la peine defaire semblableäelle-même!

Les dieux furent créés en grand nombre; c'est ainsi que les religions anciennes sont polythéistes. Il est intéressant de constater que maintes divinités furentreprésentées par des formes animales, notamment dans la religion de l'Égypte ancienne, mais, de nos jours encore, les croyances des peuplesde l’'Europenousen offrent des exemples. Néanmoins, les religions ont produit de belles choses : elles exaltent la probité et la charité; elles comportent une morale que les États politiques sont incapables de donner et, malgré leur décadence, eiles sont utiles et dispensatrices de consolations aux affligés. D’autre part, elles provoquèrent un magnifique développement des Beaux-Arts; les plus belles œuvres, les temples les plus grandioses ont été inspirés par la foi. D'ailleurs, « l’origine des religions se confond avec les origines mêmes de la pensée et de l’activité intellectuelle des Hommes; leur décadence ou leur limitation est l’histoire même des progrès qu'elles ont seules rendus possibles » (1). Mais qu'il est stupéfant de penser que les Hommes, qui se sentent à la fois si avides de justice et si incapables de l'appliquer eux-mêmes, durent se résigner à charger des dieux inexistants de la rendre après la mort!

Comme nous l'avons dit plus haut, c’est par l’antiquité prodigieuse de l'Homme dans des contrées très éloignées les unes des autres, c’està-dire dans des climats très différents, que l’on peut expliquer l’existence des races humaines. Chacun sait quelle dissemblance existe entre un Français, un Chinois, un Soudanais et un Sioux. C’est pour grouper ces différents types que l'on a établi ces quatre races : blanche, Jaune, noire et rouge.

Quant aux peuples assez nombreux qui paraissent n’appartenir à aucun de ces types, c’est qu'ils se sont mélangés à une époque plus ou moins reculée. Ici, il est indispensable de dire quelques mots de l'angle facial de l'Homme (fig. 1111). Prenons un crâne humain de profil et supposons deux lignes : l’une passant sur le milieu du front et sur le milieu de la mâchoire supérieure et l’autre allant de la base du nez à l'orifice du conduit auditif; ces deux lignes se croisent sous le nez et y forment l’angle facial. Or les anthropologistes attachent une très grande importance au degré ou écart des lignes de cet angle, qui indique le volume du cerveau et du même coup le développement de l'intelligence. Plus le front est fuyant, plus l'angle est aigu et moins le cerveau est développé. Rappelons-nous que l’angle droit est de 909: or, chez la race blanche, il varie de 809 à 859; chez la race jaune, il

Jeune Indien.

(1) S. REINACH. — Orpheus (Alc. Picard. édit.).

oscille de 75° à 800: chez la race noire, il est de 700 à 750. Pour comparaison, ajoutons ici que l'angle facial du Singe adulte ne dépasse jamais 30°, Il en résulteque l'Homme de race blanche est très nettement le plus intelligent; aussi domine-t-il la terre ; il colonise dans le monde entier et maintient les autres races en servitude, non pour leur bien, hélas!

{ mais pour son propre intérêt. Cepen- +" | dantil ne faudrait pas toujours atta-

ie 11 Anse al cher à l’angle facial une valeur ab- NDa Lvpe sec ue UP D solue, et citons par exemple Ja très blanc: C, Du nègre: D, Du Singe haute intelligence des Japonais qui, cynocéphale, avant de n'être que des guerriers,

furent de très grands artistes.

Les différentes races humaines ne sont pas seulement reconnaissables à la couleur de la peau, car les Hindous sont presque noirs, quoique de race blanche, et certains nègres sont à peu près jaunes; il: existe donc d’autres caractères. La race blanche présente ordinairement le teint clair, les yeux fendus horizontalement, la barbe fournie et les cheveux lisses ; elle habite l'Europe entière, le nord de l’Afrique (Arabes et Berbères) et le sud-ouest de l’Asie (Persans, Hindous). La race jaune a le teint jaunâtre, ou verdâtre, les yeux bridés et étroits avec apparence oblique, la barbe peu fournie et les cheveux gros et raides ; elle occupe l'Asie presque entière et la Malaisie. Chez la race noire, le teint varie du brun clair au noir, la barbe est rare et les cheveux sont très crépus. Le nez est remarquablement écrasé, la bouche est grande et marquée de grosses lèvres. Les nègres habitent l'Afrique presque entière et une grande partie de l'Océanie. Ajoutons ici que cest chez la race noire d'Australie que l’on rencontre les Hommes les plus primitifs. [ls rappellent l'Homme préhistorique, non par leurs caractères physiques, mais par l'emploi de la pierre taillée et d'objets de superstition ; puis par les peintures et gravures des parois de leurs abris ou cavernes. La race rouge, autrefois puissante et guerrière, est à peu près exterminée par la race blanche dans l'Amérique du Nord. Cette race habite aussi l'Amérique du Sud, où elle doit son existence à sa plus grande docilité. Nous n'avons cité ici que les pays d'origine des différentes races; on pourrait ajouter que les jaunes sont nombreux à Madagascar et en Afrique du Sud et que les nègres le sont plus encore en Amérique du Nord et aux Antilles; c'est qu'ils y ont été importés par les blancs et s'y sont multipliés.

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