CI. du Dr Thoulon
Race jaune : Femmes Bach Méos de Tapua (Tonkin).
1868, dans un gisement dont l’âge n'est pas douteux. Ils furent étudiés par Louis Lartet. D'autres découvertes du même âge furent faites dans la même région. D'autre part, le fameux Homme de Menton, exhumé en 1872 par Rivière et dont le squelette entier est au Muséum, doit être rattaché à la race de Cro-Magnon, ainsi que les neuf autres individus trouvés plus tard dans le même lieu. Des crânes plus ou moins complets : d'Aurignac, La Madeleine, Bruniquel, Laugerie-Basse, etc., appartiennent également à ce type, qui a certainement joué un rôle considérable, car il s'étendait jusqu'en Allemagne et en Moravie. L'Homme de Chancelade (fig. 1108) a été découvert en 1888 par: Feaux et Hardy.
Ces trois types ont certains traits communs, qui justifient leur groupement dans l'espèce Homo sapiens; mais ils ont aussi des caractères secondaires, qui marquent nettement les trois races différentes. Les négroïdes de Grimaldi sont certainement des Africains. Les Cro-Magnon seraient européens occidentaux. Les Chancelade auraient supplanté les Cro-Magnon, puis se seraient retirés dans le Nord. Il est intéressant de constater, à ce sujet, que les Esquimaux paraissent être, zoologiquement, très voisins du type Chancelade et « qu'ils continuent l’âge du Renne dans les régions boréales ». En passant du Paléolithique au Néolithique, nous signalerons les trouvailles du Mas d'Azil qui marquent assez bien cette époque de transition.
À l'avenir le développement de la Paléontologie humaine dépendra principalement des découvertes que l’on pourra faire hors d'Europe, notamment en Asie. « Néanmoins, dit M. Marcellin Boule (1), on sait dès maintenant que l'Homme rentre dans le cadre de l'organisation générale et qu'il est assujetti aux lois qui régissent l’évolution des êtres. Sa prééminence réelle, d'ordre purement intellectuel, acquise graduellement au cours d’une lente et laborieuse évolution, lui permet aujourd’hui de soulever un coin du voile qui lui cachait à la fois l'humilité de ses origines et la gloire de son ascension. »
Avant de terminer cette courte étude de l'Homme, il est important de dire quelques mots de l’Age de pierre et de l'Art préhistorique. L'Age de pierre embrasse la partie de l'existence de l’humanité comprise entre le jour où l'Homme a augmenté la production de son travail, en substituant à l’action directe de ses mains quelque chose de plus résistant et de plus puissant, et le jour où il a eu connaissance des métaux: mais on ne connaîtra jamais le nombre de siècles durant lesquels l'Homme primitif a lutté sans armes avant d'arriver à son premier silex. Ajoutons à ce propos qu'il ne faut pas rattacher l’usage de la pierre à l'époque préhistorique telle que nous la comprenons ordinairement. Comme le dit très exactement
Si
(1) Marcellin BOULE. — Les Hommes
Fig. 1109, — Mammouth gravé . fossiles (Masson, édit.). 5
de la grotte des Combarelles.
M. J. de Morgan (1), « la préhistoire s'étend jusqu’à nos jours. En Amérique, en Océanie, en Afrique centrale, les peuples étaient encore à la culture primitive quand les navigateurs européens se sont présentés. Chez beaucoup d’entre eux l’industrie de la pierre était encore florissante ». L'Homme Paléolithique a dû commencer par employer des éclats naturels de silex; lorsqu'il a vu quel parti il pouvait tirer