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LES ÉCHINIDES

Ce nom désigne l’ensemble des Oursins que l’on appelle encore sur nos côtes châtaignes de mer et que l’on vend sur tous les marchés des côtes méditerranéennes.

Les Échinides sont très riches en genres et en espèces et leurs formes très variées ; ils sont représentés dans les grandes profondeurs des mers par des types très spéciaux.

Nous retrouvons, bien entendu, chez les Oursins, la symétrie pentagonale du type Échinoderme, mais elle n'est pas facile à distinguer immédiatement, parce que la carapace est couverte de piquants ; mais, quand on les a enlevés, on trouve les dispositions caractéristiques déjà signalées dans les Étoiles de mer.

Examinons un Oursin de nos côtes vivant dans un aquarium. Son corps, de couleur violette ou vert olive foncé, est bombé, tout couvert de piquants aigus ; son diamètre n'excède guère 7 ou 8 centimètres ; comme il est un peu aplati en dessous, il n'a pas plus de 4 à 5 centimètres de hauteur. Au repos, lérimaluenues peine ses piquants ; mais, s'il entreprend de se déplacer, on assiste à un curieux spectacle : on voit une foule de petits tentacules délicats faire saillie entre les piquants, s’allonger démesurément et s’agiter jusqu'à ce qu'ils aient rencontré un corps solide pour s’agripper :

ce sont les ambulacres; une fois fixés, ils se contractent et tirent ainsi le corps de l'Oursin. Comme tous les ambulacres placés dans le secteur de l'animal qui doit progresser tirent ensemble, celui-ci se met en marche dans la direction où il est tiré:

les ambulacres des autres secteurs restent tranquilles pendant ce temps. Quand l’animal glisse sur la vitre, on peut voir sa bouche, au centre de sa face inférieure, entourée d'ambulacres courts et laissant passer la pointe de cinq dents calcaires.

On distingue aussi parmi les piquants

Fig. 83. — Pédicellaire d'Oursin avec les trois branches fermées et ouvertes (d'après Uxküll).

et les ambulacres de petites pinces à trois mors, portées sur un pédoncule : ce sont des ae venimeux (fig. 83) qui capturent les bestioles assez audacieuses pour se promener sur la peau de l'Oursin. On dit que les pédicellaires se passent de l’un à l’autre leur proie jusqu à la bouche qui, finalement, la dévore.

Les Oursins des côtes se nourrissent surtout d'Algues, mais ils ne dédaignent pas les morceaux de poisson ou les débris animaux. Mais ceux qui vivent dans les profondeurs de plus de 200 mètres, ou sur les fonds vaseux où il n'y a pas de plantes, sont carnivores ou mangeurs de vase.

Les Oursins que l’on trouve sur les côtes rocheuses sont placés dans une sorte de logette hémisphérique où ils restent tapis; ces logettes sont souvent creusées dans les granites les plus durs, et l'on ne se rend pas bien compte du temps qu ea fallu à ces animaux pour creuser. ainsi la roche en tournant dedans : c’est la pointe de leurs piquants et peut-être aussi de leurs dents qui a produit cette usure. Sur les côtes de Bretagne il y a des régions où les rochers sont criblés de ces logettes contenant chacune un oursin.

Quelquefois ces piquants sont très fins et extrêmement longs ; ils sont alors fragiles et se brisent dans la peau des gens imprudents qui circulent, les jambes nues, dans les récifs de coraux où ils habitent. On ne sait si les plaies qu'ils occasionnent sont dues à un venin qu'ils renferment ou à l'intoxication infectieuse générale dans ces pays chauds.

Dans d'autres cas, les piquants, beaucoup plus gros, atteignent Jusqu'à 20 centimètres de long; ils ont quelquefois des ornements en verticilles, en pointes barbelées, en perles élégantes, en palettes ressemblant à des feuilles; chez d'autres, ils ont la forme et la taille d’une olive ou de clous bas, à tête plate; toutes les têtes de clous se touchent, si bien que l'animal est enveloppé dans une double carapace, l’une formée par les têtes de clous, l’autre par la vraie coquille. Dans certaines espèces, au contraire, le piquants sont si nombreux, si petits et si fins, qu ‘ils ont l’air de velours.

La coquille hémisphérique calcaire de l'Oursin est percée de deux grands orifices : l’un au sommet du pôle, bombé: l’autre au milieu du pôle, aplati; ce dernier est la bouche, l’autre l’orifice anal. La carapace n'est pas une enveloppe d’un seul morceau comme la coquille d'un œuf. C’est une véritable marqueterie composée d’une quantité de petites pièces régulières juxtaposées. Ces plaquettes sont disposées en files partant d'un pôle pour aboutir à l’autre; les unes sont perforées de tout petits trous par lesquels passent les ambulacres, tandis que les files intercalées ne sont pas perforées.

Sphærechinus granulartis (côtes de France).

Diadema antillarum.

Phyllacanthus impertialis.

Goniocidaris geranioides.

BÉESRECENODERMES

Echinus acutus, dépouillé de ses piquants.

L'intérieur de la carapace est lisse, mais sa surface extérieure est toute couverte de tubercules formant comme des rangées de boutons vernis : ce sont les articulations sur lesquelles s'attache la base des piquants, articulations très compliquées rappelant celles des os des membres des vertébrés.

À l'intérieur de la carapace (fig. 84) se trouvent les organes digestifs, reproducteurs, nerveux, circulatoire, aquifère, de l'animal. Le tube digestif débute par un appareil très complexe, connu sous le nom de lanterne d'Aristote, destiné à faire mouvoir cinq dents; celles-ci sont très solides à leur pointe, mais à leur base elles sont molles et s'allongent au fur et à mesure qu'elles s’usent par leur pointe extérieure ; des muscles, des ligaments leur permettent de s’écarter ou de se rapprocher comme le bout des cinq doigts d'une main. Le reste du tube digestif fait deux tours festonnés et finit par aboutir à l'orifice anal. Autour de cet orifice se trouvent cinq plaques percées chacune d'un trou pour la sortie des produits des glandes génitales. Mais l’une de ces plaques est poreuse, plus grande que les autres : c'est la plaque madréporique, à travers laquelle passe l'eau du système aquifère destiné à gonfler les ambulacres, comme nous l'avons vu pour les Étoiles de mer. Un réseau de vaisseaux contient en outre du sang.

Le système nerveux consiste en un anneau situé au-dessous de la bouche, autour de l'œsophage, d'où partent cinq nerfs allant rejoindre le pôle anal; quelquefois se trouve à leur extrémité une tache pigmentée qui est peut-être un œil rudimentaire.

Les glandes reproductrices sont des poches simples contenant des œufs de couleur rouge en très grand nombre, et qui, à l’époque de la reproduction, sont tellement gonflées qu'elles remplissent à elles seules plus de la moitié de la cavité de l'Oursin. Ce sont ces sacs à œufs que l'on mange dans les espèces comestibles.

Les œufs, fécondés dans l'eau, donnent

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FOSSES EEE

Clypeaster rosaceus.

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Fig. 84 — Anatomie d'un Oursin.

À, Zone ambulacraire ; B, Zone interambulacraire ; C, Lanterne d'Aristote; D, Œsophage; E, Intestin; F, Rectum; G, Anus: H, Plaque madréporique ; I, Tube aquifere ; J, Muscles.

Fig, 85.

Larve pluteus d'Oursin.

Sperosoma Grimaldii, oursin mou.

des larves, dites Pluteus, très compliquées (fig. 85), qui, comme chez les Astéries, sont très différentes de leurs parents; elles nagent, jusqu au moment où bourgeonne

ans leur intérieur un petit rudiment d'Oursin: la peau larvaire se flétrit alors et tombe. Le petit animal vit dès lors sur le sol sous-marin.

Les Oursins se divisent en deux grandes catégories : les Réguliers, qui répondent au type qui vient d'être sommairement décrit; les Irréguliers, chez lesquels la symétrie pentagonale est masquée par des caractères différents; les deux orifices anal et buccal ne sont plus aux deux pôles : ils tendent à se rapprocher; ces Oursins ne sont plus sphériques : ils s’aplatissent ou deviennent cordiformes. Nous en donnerons quelques exemples.

Echinides réguliers. — La grande famille des Cidarides est représentée par de nombreux Oursins, dont quelques-uns sont de grande taille, ayant de gros piquants pleins qui affectent les formes les plus variées et souvent les plus élégantes. Sur nos côtes, le Dorocidaris papillata se pêche dans les fonds de 100 à 500 mètres ; il a de longues radioles lui permettant de marcher comme sur des échasses. Les Phyllacanthus appartiennent encore à cette famille.

Les Diadema ont des piquants longs et creux. Une belle espèce (Diadema setosum) se trouve dans la Méditerranée. Un groupe d'Oursins de grande profondeur a pzrdu ses plaques calcaires: la peau est molle et le corps aplati (Sperosoma Grimaldi).

Les Echinometra ont le test allongé,

nos ue ue. F RON |

Encope emarginata.

Rotula Rumpphir.

Spatangus purpureus (côtes de France). Aceste bellidifera.

ce qui leur donne un aspect ovoïde. Le Strongylocentrotus lividus est l'Oursin commun comestible de nos côtes rocheuses de l'Océan et de la Méditerranée. Citons, dans les mêmes régions, le Sphærechinus, très gros, à piquants violets.

Les Echinus acutus, melo, esculentus, de nos côtes, peuvent avoir de ,grandes dimensions et atteindre à une capacité de plus d’un litre. EÉchinides irréguliers. — Cette section est constituée par des animaux qui, au lieu d'être régulièrement ronds et à symétrie pentagonale évidente, ont au contraire une symétrie bilatérale, et leur symétrie pentagonale n'est plus apparente ; ils ne sont généralement pas sphéroïdaux, mais plutôt ovoïdes ou plats. Les uns ont des dents, les autres en sont dépourvus ; leurs piquants sont presque toujours très fins. Les Clypeaster sont ordinairement aplatis et les deux faces du test sont reliées intérieurement par des colonnettes calcaires: les lignes de trous donnant passage aux ambulacres forment des dessins en rosaces ressemblant à des pétales de fleurs sur le test. Les Clypeastres actuellement vivants sont peu nombreux et habitent les mers chaudes; les espèces fossiles sont beaucoup plus abondantes. Citons l’Echinocyamus pusillus, qui vit dans nos mers et ne dépasse pas 5 millimètres: c’est le plus petit Oursin connu. Les Scutelles sont tellement aplaties que l’on se demande où, dans certaines espèces, les viscères peuvent trouver à se placer entre les deux faces calcaires du test. Certains de ces Oursins ont le bord découpé par des encoches plus ou moins nombreuses : tels sont les Encopes, les Rotules; d'autres sont perforés de trous. Les familles suivantes n'ont plus de dents; la principale est celle des Spatangues, qui contient quelques beaux Oursins de nos côtes : tel est le Spatangus purpureus, de couleur violette, qui vit dans la vase littorale, vers 30 à 50 mètres de profondeur; l'Echinocardium cordatum, dont le test blanc est aussi mince qu'une coquille d'œuf; il vit enfoncé dans le sable des plages. Les Brissus et les genres voisins leur ressemblent, mais ils sont plus rares (Aceste, Pourtalesia).

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LES OPHIURIDES

Nous ne nous étendrons guère sur ce groupe, qui ne diffère pas beaucoup des Stellérides. Que l'on se représente un petit disque de | ou 2 centimètres de diamètre, duquel se détachent brusquement cinq longs bras grêles, souvent couverts de piquants, régulièrement espacés. On dirait cinq serpents qui mordraient le disque central en agitant leurs queues: d'où le nom d'Ophiure (queue de serpent) que l'on a donné à ces animaux. On y retrouve des organes analogues à ceux que nous avons décrits chez les Astéries : nous n'y reviendrons donc pas. Disons cependant que chacun des cinq bras possède un squelette

Fig. 86.

Larve d'Ophiure.

Ophiures sur une Gorgone (Aquarium de Banyuls).

Pourtalesia. Ophioglypha lacertosa.

axial formé d’un très grand nombre de disques aplatis, articulés comme des vertèbres.

Ces Ophiures sont des êtres extrêmement communs sur les côtes, soit parmi les herbes, les rochers, soit sous les pierres, sur les fonds vaseux ou sableux. Ils sont aussi très abondants sur les fonds de quelques centaines de mètres, mais ce ne sont plus les mêmes espèces que celles des côtes. Enfin, on en a trouvé au delà de 6000 mètres de fond qui sont encore différentes.

Signalons encore une particularité curieuse dans une famille très intéressante de ces animaux. Les bras, au lieu de rester simples, se bifurquent, puis chaque branche se bifurque encore, et ainsi de suite un grand nombre de fois, si bien que le corps central de l'animal se trouve entouré d’un chevelu de plus en plus fin de bras grêles et enchevêtrés : ce sont les Euryales. Chez tous ces animaux, les glandes

reproductrices sont contenues dans le disque central et non dans les bras, et leur tube digestif n'a qu'un seul orifice, la bouche.

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