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apports des fleuves, les détritus terrestres. La marée influe beaucoup sur la composition des faunes et des flores littorales.
La nature des fonds a une grande importance au point de vue de la faune.
Toute une catégorie d'animaux ne peut vivre que sur les rochers; d'autres ne vivent que sur le sable: il en est qui ne peuvent se développer et prospérer que dans la vase. Le support est donc un facteur de la plus haute importance à considérer lorsque l’on étudie la composition des faunes marines. Mais il faut dire que c’est seulement sur le littoral que se trouvent les variétés juxtaposées de ces fonds rocheux, sableux ou vaseux. Au large, dans les grands fonds, le sol est entièrement couvert d'une couche de vase excessivement fine, formée de grains microscopiques, constituant un tapis mou et uniforme sur lequel rampent les animaux abyssaux.
Nous reparlerons plus loin de cette vase dont souvent des débris d'animaux constituent les éléments.
Nous avons jusqu'ici considéré les animaux marins comme vivant sur un fond solide ou ne s'en écartant guère.
Mais il existe une immense quantité d'êtres qui vivent dans les eaux superficielles ou profondes sans jamais toucher le fond. Ils sont dits pélagiques et leur ensemble constitue ce qu'on appelle le plancton (fig. 5 et 6). Les myriades d'êtres qui forment ce plancton appartiennent aux règnes végétal et animal ; ils forment une poussière vivante, le plus souvent microscopique, au milieu de laquelle on trouve des animaux plus gros qui s'en nourrissent, et quelques autres plus gros encore qui les dévorent à leur tour. ‘Lies êtres microscopiques du plancton sont bien plus importants par leur nombre et par la masse de matière vivante qu'ils constituent que les gros êtres pélagiques.
Ce plancton représente l'immense réserve alimentaire dont vivent tous les habitants des eaux. À la base se trouvent les plantes microscopiques , le phytoplancton ; c'est lui qui constitue la vaste prairie flottante que broutent les innombrables herbivores, petits crustacés, jeunes poissons, larves de toutes sortes; c'est là qu'ils puisent l’aliment végétal constitutif de leur chair, que d’autres dévorent, dévorés eux-mêmes par des carnivores. Ceux-ci meurent à leur tour et deviennent la proie d'êtres infimes, les microbes, qui par leur action chimique incessante restituent à la mer leurs éléments inorganiques. Les plantes reprennent ces éléments et le cycle recommence. Il y a donc une circulation continue dans la mer de la matière inorganique directement transformée par le phytoplancton en aliment organique destiné aux animaux marins qui l'utilisent, l'élaborent et le restituent ensuite à la mer sous la forme inorganique, grâce aux microbes.
Les êtres du fond vivent aussi des cadavres de ce plancton qui tombent sur le sol sous-marin; ils n'ont guère d'autre nourriture que
La pêche du plancton à bord du yacht du Prince de Monaco.
les débris qui finissent par atteindre le sol abyssal. Mais plus la mer est profonde, moindre est la quantité de nourriture qui peut arriver au fond; elle est happée en route par les animaux pélagiques, elle est usée par le frottement des couches d'eau successives : aussi les animaux abyssaux font-ils maigre chère, Cette diminution de la nourriture est la cause principale de la pauvreté de plus en plus grande des faunes abyssales qui finissent par disparaître dans les très grandes profondeurs, faute de trouver de quoi se nourrir.
Le plancton animal contient non seulement des adultes, mais toutes leurs larves, et dans le voisinage des côtes il s y trouve en outre une grande quantité de larves nageuses d'animaux qui, adultes, sont fixés sur le fond.
La forme inverse de ces êtres mobiles qui constituent le plancton nous est fournie par ceux qui se chargent de calcaire, s'en imprègnent, en construisent des bâtisses énormes, comme le font les coraux des récifs, ou qui, plus délicats, s’en forment des étuis dans lesquels ils s'enferment. D'autres puisent dans la mer une matière solide, la silice, et s'en font d'admirables squelettes, semblables à des dentelles de fil de verre : ce sont les Éponges.
Les animaux d'eau douce peuvent être considérés comme des continuateurs des animaux littoraux marins. Les modifications de la nature du sol, de la température des eaux,
la nourriture végétale, le peu de profondeur des bassins qu'ils occu-
pent, créent pour eux des conditions d'existence qui sont assez semblables à celles des êtres marins de la côte, abstraction faite toutefois de l’action périodique des marées. [ls vivent tous, à de très rares exceptions près, dans des eaux éclairées par la lumière solaire; il n'y a donc pas à considérer pour eux de faune abyssale. Il est aussi à remarquer que, sauf pour quelques grands lacs, le domaine des animaux d’eau douce est fort limité; les ruisseaux, les rivières, les étangs et les lacs ne représentent qu'une très petite surface par rapport aux mers et continents. Ces eaux douces présentent deux conditions diffé-
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Un atoll avec sa végétation de cocotiers.