EMBRANCHEMENT DES VERS: INDUSTRIE DES SANGSUES
LESBVERS 59
Pêécheurs d'Arénicoles,
toujours efficace. De plus, il est également à craindre que la morsure de leurs mâchoire introduise dans la plaie des germes infectieux. Ce moyen thérapeutique est presque abandonné aujourd'hui.
On les élève dans des marais, surtout en Turquie et en Hongrie, où on les pêche deux fois par an. On les nourrit par un procédé barbare; on fait entrer de force de vieux chevaux dans les marais : les Sangsues se jettent dessus pour se gonfler de leur sang.
À l'époque de la pêche, on place les Sangsues dans des sacs de toile qui en renferment environ 3 kilogrammes: on dispose plusieurs de ces sacs dans des paniers où on les entoure de plantes humides ou dans des caisses pleines de tourbe mouillée, et elles peuvent voyager ainsi de un à deux mois. Pour les conserver, on les met dans des caves, dans des baquets pleins de terre glaise délayée dans l’eau; elles s’y enterrent et il n'y a plus qu'à fermer les baquets au moyen d'une toile ou à les conserver au frais et à l'obscurité, sans jamais leur donner rien à manger. Elles sont livrées aux pharmaciens qui les gardent généralement dans des bocaux pleins d’eau ou de plantes humides.
NÉMATHELMINTHES
La plupart des Vers qui composent cette grande division sont des parasites, et les formes libres sont l'exception. Leur corps est très allongé, cylindrique, pointu aux deux bouts, et entièrement enveloppé par un revêtement d’une matière rigide, translucide, analogue à celle qui forme la carapace des Insectes, la chitine. Leur tube digestif va d'une pointe à l’autre du corps; celui-ci n'est jamais divisé intérieurement en compartiments transversaux ; 1] n'y a aucun appendice locomoteur. Un liquide le remplit où fottent l'intestin et les glandes génitales ; toujours, les sexes sont séparés. Un caractère négatif, c'est l'absence de cils vibratiles. Le développement a lieu sans métamorphoses.
On divise les Némathelminthes en plusieurs sections : Nématodes, Acanthocéphales, Gordiens : on y ajoute souvent les Chétognathes ; nous les placerons parmi les Vermidiens.
NÉMATODES
Les Nématodes sont de beaucoup les plus nombreux des Némathelminthes: la plupart d'entre eux sont parasites et beaucoup habitent dans les divers organes de l’homme.
L'exemple classique de ces animaux est l'Ascaris lumbricoïdes (fig. 124 et 125), qui vit en parasite dans l'intestin de l’homme, surtout chez les enfants. C'est un Ver blanchôtre, pointu aux deux bouts, cylindrique, qui peut dépasser 30 centimètres de long sur 5 millimètres et demi de large: il est à demi rigide. Le mâle a une de ses extrémités recourbée en crochet, d’où l’on voit sortir deux petites aiguilles; la femelle est droite. L'une des extrémités porte la bouche, entourée de trois papilles ; il en part un intestin tout droit qui
Soullier.
Lombric terrestre. Sangsue de la Seine.
va s'ouvrir à l’autre bout du corps en compagnie des conduits génitaux mâles. Ceux-ci, comme l'ovaire, sont de longs tubes tortillés produisant un grand nombre d'œufs ou de spermatozoïdes qui, au lieu d’un fouet, ont des prolongements amiboïdes.
Les œufs, produits dans l'intestin, se développent s'ils arrivent à rencontrer de l'eau ou de la terre humide;si l’on vient à boire de cette eau ou à manger crus des végétaux dont on les a arrosés, on s’infecte du parasite. En hiver, les œufs restent vivants plusieurs mois.
Les Ascaris, communs dans les pays chauds, plus rares dans les pays tempérés, causent des troubles graves chez les enfants, en particulier des troubles nerveux; ils peuvent aussi causer de l’anémie et des hémorragies intestinales par leurs morsures, sans compter que ces plaies sont une porte ouverte à des infections diverses. Ils peuvent remonter dans l'estomac, produire des abcès et des perforations de l'intestin. Ces Vers sont tués par la santonine et le calomel : il suffit de faire bouillir l’eau de boisson et de ne pas manger de légumes crus non lavés à l'eau bouillie pour s'en préserver.
- Dans un genre voisin, l'Oxvurus vermicularis
Pontobdella (fig. 127) est très fréquent dans la dernière portion
maricala. u gros intestin, surtout chez les enfants. Le mâle
a 3 ou 4 millimètres, la femelle 10 millimètres de
long : il détermine d'intolérables démangeaisons; on détruit ces hôtes
gênants par des prises de santonine, des lavages antiseptiques de la région anale et des lavements d’eau froide ou d'eau sucrée.
Les Strongles sont généralement gros : tel est le cas de l’'Eustrongvlus renalis (fig. 130), qui peut atteindre un demi-mètre sur plus d'un demi-centimètre de large ; 1l habite dans le rein de divers Mammifères et de l’homme ; il en détruit lestissus. A
L'Ankylostome duodénal (fig. 126) se trouve en grande quantité dans CA l'intestin grêle de Éd
l'homme ; avec sa
bouche il s'accroche
à une villosité intes-
tinale et produit une hémorragie; comme il peut y avoir un très grand nombre de ces petites pertes de sang, elles finissent par déterminer une anémie profonde qui est connue, selon les cas, sous le nom de
chlorose d'Égypte,
anémie des mineurs,
anémie intertropicale. Ces animaux,
Fig, 120. — Lombric terrestre. Fig. 121. — Naïs.
qui ont de | à 2 centimètres de long, pondent des œufs in-
Fig. 123, nombrables dans Branchellion Fig. 122. — Sangsue. l'intestin de leur du Turbot.
hôte, qui les expulse avec ses excréments. S'ils arrivent dans l'eau ou la terre humide, ils s'y développent en une petite larve qui pénètre avec l’eau de boisson dans l'intestin et y prend sa taille définitive. On tue ces parasites au moyen du thymol ou de la térébenthine. On
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