‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 40 sur 260 · CI. de M. Pruvot · texte numérisé non relu

CI. de M. Pruvot

Spirographis spallanzant (Aq. de Banyuls).

Tubes de serpules,

Spirorbes fixés sur une pierre.

Récif d'Hermella alveolaria, à Pornic.

correspondant pas tous à des segments intérieurs du corps : c'est ainsi que dans la Sangsue vulgaire il n’y a un segment réel que tous les cinq plis. La peau est ordinairement pigmentée et porte des marbrures, des dessins, dés taches colorées qui sont quelquefois fort jolies (fig. 122); chez certaines Sangsues marines, il y a des séries de tubercules et de papilles. On trouve aussi des yeux très compliqués, situés en avant du corps.

La ventouse antérieure entoure la bouche qui est armée de trois lames courbes, finement dentelées, très coupantes, mues par des muscles et dont l'animal se sert pour percer la peau. Dans certaines Sangsues, ces mâchoires sont remplacées par une trompe protractile servant à capturer les proies. Chez les Sangsues buveuses de sang, l'intestin très dilatable se remplit d’une très grande quantité de ce liquide, et le corps gonflé double ou triple de volume. Cette nourriture s’accumule dans des poches de l'intestin et la digestion s’en fait très lentement.

Les Sangsues enferment leurs œufs dans un petit appareil, appelé

Fig. 117. — Larve de Nephtis scolopendroides à divers états d'avancement.

Aunélide fossile cambrienne (d'après Walcott).

Bloc de tubes calcaires de Filigrane.

Tubes des Hermelles formés de grains de sable.

cocon, qu'elles sécrètent au moment de la ponte, où le développement se passe.

Nous avons dit qu'une famille des Sangsues ne possède pas de mâchoires, mais une trompe : ce sont les Rhynchobdelles, parmi lesquelles se trouvent surtout des parasites de la peau ‘des Poissons ; c’est le cas de la Pontobdella muricata, que l'on trouve souvent sur la peau des Raies et qui peut atteindre 15 centimètres de long; du Branchellion Torpedinis, qui vit sur la Torpille. La Glossiphonie s'attaque souvent aux oiseaux de marais, se fixe dans leurs cavités nasale, buccale, œsophagienne et leur cause des maladies graves.

Les Sangsues à mâchoires, ou Gnathobdelles, comprennent divers genres; citons la Limnatis nilotica, dite Sangsue de cheval: elle s'introduit dans la bouche et les fosses nasales des animaux qui viennent boire dans les mares, surtout les Chevaux et les Bœufs, et aussi chez l’homme ; on en a observé de nombreux cas en Algérie, en Égypte: elles produisent une véritable saignée qui peut amener une anémie grave. Les Nephelis se trouvent dans les étangs, sur les plantes, de préférence à la face inférieure des Nénuphars.

Les Hémadipses sont des sangsues terrestres qui vivent dans les forêts et broussailles des

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pays tropicaux. Celles de Ceylan (Hœmadipsa zeylanica de Blainville) se jettent en foule sur les passants, pénètrent Jusqu'à la peau par les moindres fentes des vêtements que leur petite taille permet de traverser, et mordent pour pomper le sang.

Le genre Hirudo est le plus important ; il renferme la Sangsue médicinale.

Les Sangsues étaient autrefois extrémement employées en thérapeutique; c'était au temps où l’on saignait pour guérir de tous les maux. On s'est peu a peu aperçu que le remède n'était point

Fig. 118 — Chetoptère dans son tube parchemine (d'après Milne-Edwards).

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