VI. — EMBRANCHEMENT DES VERMIDIENS
On désigne sous ce nom une série de groupes d'aspect très différent, mais qui se rattachent cependant aux Vers par des caractères incontestables: ce sont en quelque sorte les satellites de l’astre principal. Nous les réunissons, conformément aux idées du Professeur Delage, en un faisceau constitué par six branches. Voici leurs noms : 1° Géphvriens; 20 Bryozoaires; 3° Axobranches; 4° Rotifères; 5° Chétognathes; 6° Brachiopodes.
LESAGEPASRIENS
Ce groupe est composé d'animaux vermiformes très différents entre eux, qui se rapprochent les uns des Annélides, les autres des Bryozoaires; d'autres enfin sont sans ressemblance avec aucune autre famille.
Une des espèces les plus curieuses est la Bonellie (Bonellia viridis) (fig. 137], commune dans la Méditerranée. On peut se représenter cet animal comme une sorte de cylindre vert foncé, ayant la longueur et la grosseur du pouce, surmonté d'un tentacule bifurqué à son extrémité libre, extrêmement souple et atteignant plus d'un mètre lorsqu'il est complètement étalé. L'animal loge son corps dans un trou de rocher, où il demeure caché toute la journée ; puis le soir il allonge son tentacule qui se met à ramper dans toutes les directions. Des
cils vibratiles couvrent cet appendice et les petites particules alimentaires qu'il capture sont conduites par eux jusqu'à la bouche. Une particularité très singulière consiste en ce que le mâle est à peine visible à l'œil nu et se tient caché dans l'œsophage de la femelle, d'où il ne sort que pour la fécondation.
Les Échiures (fig. 138) ont un corps cylindrique ressemblant à celui de la Bonellie, mais dépourvu du grand tentacule qui distingue cette dernière : on les trouve dans l'Océan, où ils vivent enfouis dans le sable.
Les Siponcles vivent aussi dans la vase ; l'un d'eux, le Sipunculus nudus (fig. 139), est un gros ver cylindrique pouvant atteindre 30 centimètres de long sur 3 de large: sa peau est irisée et coupée par de petits sillons qui lui donnent l'aspect d'une marqueterie.
On le trouve fréquemment dans la vase de nos côtes.
LESBRYOZOAIRES
Ce sont des animaux aquatiques, pour la plupart marins, qui vivent en colonies fixées sur des pierres ou des plantes.
Un individu ressemble à une petite boîte à paroi très mince, souvent calcaire, dont le couvercle est percé d’un orifice par lequel passe un panache de tentacules très délicats, disposés en fer à cheval ou en entonnoir (fig. 141).
Au milieu de ces tentacules s'ouvre une bouche conduisant à un intestin suspendu dans la petite boîte, terminé par un anus percé lui aussi dans le couvercle. Des muscles permettent à l'animal de faire rentrer son panache dans la cavité: enfin, dans un coin, des cellules spéciales, en se multipliant, produisent des œufs: ils en sortent par deux petits entonnoirs qui servent en même temps d'organes ex-
Fig. 130. créteurs. Un ganglion nerveux se Fig. 141. Sipunculus Fig. 140. trouve près de la bouche. Bryozoaire ectoprocte Fig. 137. 4 : e RULES Si maintenant on juxtapose un grand G end enr ne : ace ventrale Rate À Ë ; Bonellia viridis. ue. Fig. 138. trompe (d'aprés Délice nombre d avons . en file, tan À Rate Femelle logée dans son trou. chiurus abyssalis projetée et tot en cercle, tantôt ImDriqués COMME ion: B, Contracté dans sa a, Mâle très grossi. (d'après Baltzer). (réduit au 1/3). Hérouard). les tuiles d’un toit, on aura de grandes loge (coupes).
ÉESEVERMIDIENS 63
Fig. 142.
Aviculaire de Bugula sabatiert.
colonies à milliers de logettes qui s'étalent à la surface des plantes aquatiques ou des rochers. D'autres fois les colonies arborescentes sont ramifñées (fig.143), constituant des touffes serrées, ou des tigelles raides, ou des branches dichotomes, etc.
Ces petites logettes placées les unes à côté des autres ont entre elles des rapports organiques à l'aide d'un système de fibres nerveuses qui les relient.
Souvent on trouve dans les colonies des individus qui sont réduits à des baguettes articulées, mues par des muscles, plantées çà et là sur la colonie. Elles s'agitent continuellement, vibrant, d'où leur nom de vibraculaires, pour chasser les petits animaux qui s'aventureraient à marcher sur les loges. Ailleurs les individus ont pris l'aspect d'une tête d'oiseau : d'où le nom d'aviculaires (fig. 142), à mâchoire mobile et venimeuse.
és’animaux donnent des/œufs qui, fécondés, se transforment en larves ciliées nageuses très compliquées; elles sUbissent des imétanos phoses et se fixent ensuite sur un corps solide, où chacune constitue l'individu initial d'une colonie. Sur lui bourgeonnent de nombreux individus nouveaux, qui en font autant, etc. ; ils sont donc nés par vole asexuée.
On observe aussi chez les Bryozoaires une sorte d'œuf d'hiver, dit statoblaste, à paroi très épaisse, destiné à résister aux intempéries et à reformer un animal au printemps. Chez beaucoup d'entre eux on aperçoit dans la logette un corps irrégulier, brun (fig. 144), qui n'est autre chose que l’amas des organes flétris et ratatinés d’un individu décomposé; bientôt on voit un nouvel individu se former auprès de ce corps brun; c'est en quelque sorte un phénomène de rajeunissement au moyen duquel les organes usés sont remplacés par d'autres dans l'intérieur de la loge qui, elle, persiste et ne fait que changer de locataire.
On divise les Bryozoaires en Endoproctes et Ectoproctes, selon que l’orifice anal est en dedans ou en dehors de la couronne tentaculaire ; les premiers ne comprennent qu'un tout petit nombre d'espèces. Les Ectoproctes comprennent : des espèces marines, très nombreuses ; des espèces d'eau douce, moins abondantes.
Parmi les formes marines qui pullulent dans toutes les mers, la plupart habitent sur le littoral, mais il y en a aussi dans les grandes
Fig. 143.
Crisia dentata.
Rameau grossi avec polypes épanouis (d'après Milne-Edwards).
Fig. 144.— Loge d’'Eucratea chelata contenant un corps brun (d'après Joliet).
Frondipora reticularts.
Flustra foliacea.
Retepora cellulosa.
profondeurs de la mer. Plusieurs espèces s’incrustent de calcaire et peuvent arriver à être si nombreuses qu'elles soudent entre eux les cailloux, les débris de coquillage, comme par un ciment. Les Flustres, les Membranipores, les Eschares s'étalent en lames minces; les Crisia, les Bicellaria, les Galeopsis, etc., sont en rameaux délicats. Les Retepora anastomosent leurs branches en dentelle. Les Alcyonidium sont mous.
Parmi les formes d'eau douce, signalons la curieuse Cristatelle (fig. 145), qui vit dans les mares autour de Paris; elle est formée
‘individus réunis sur une sorte de semelle charnue qui leur permet de se déplacer; toute la colonie se promène ainsi et rampe sur les plantes aquatiques. Les Plumatelles ont des colonies formées de tubes cornés transparents, ramifés, au bout de chacun desquels il y a un individu à panache en forme de fer à cheval.
Chez les Endoproctes, nous signalerons seulement la Pedicelline (fig. 146), qui vit sur nos côtes, et les Loxosomes (fig. 150), qui vivent en parasites sur certains vers.
Les Bryozoaires sont de proches parents des Brachiopodes; ils remontent au terrain silurien.
LES AXOBRANCHES
Diastopora lactea.
Il s'agit ici d'une toute petite famille, qui ne comprend que trois genres; mais elle a un intérêt morphologique spécial par suite de ses relations avec divers autres groupements zoologiques.
Les Phoronis sécrètent des tubes souples qu'ils recouvrent d’une l'animal a 3 ou 4 centimètres de long et res- Ils sont réunis,
foule de débris; semble à un petit Annélide sédentaire.
fusionnés, en colonies, AE les eaux peu profondes du littoral de la mer. Ils ont des larves compliquées dites Actinotroques.
Les Cephalodiscus, eux, sont réunis en colonies considérables, ressemblant à de grosses Éponges, constituées par la juxtaposition d'un grand nombre de tubes
mais non
Membranipora Joubini,sur flotteurs de sargasses. En haut, flotteurs grossis,
Fig. 145, — Cristatella n sur la Renoncule aquatique (d'après Allman).
Rhabdopleura mirabilis
e AGOË cornés, souples, minces, dans lesquels sont logés de (d'après Lankester). À, Deux individus dans leur
petits animaux ressemblant à des Annélides avec Rhabd 5 dividi des bras tentaculifères. On en a trouvé récemment on CU tube; B, Un es sorti du plusieurs espèces dans les eaux profondes de l'océan \ ; ON Antarctique.
Le genre Rhabdopleura (fig. 147 et 148) a l’aspect d’un tube ramiñé, collé sur les vieilles coquilles marines: dans chaque branche il y a un individu à double panache relié à ses collègues par un pédoncule charnu qui les fait tous communiquer entre eux. On le trouve en divers points de l'Atlantique, de l’Équateur aux mers boréales.
LESTROMPIFERES
Ce sont des animaux microscopiques, la plupart invisibles à l'œil nu, qui vivent presque tous dans l'eau douce; leur biologie et leur aspect général, de même que leur petite taille, les font ressembler à
des Infusoires (fig. 151 à 154).
Ordinairement, le mâle diffère de la femelle: le
corps est ovoïde, surmonté d'une couronne de longs di Fig, 150
cils vibratiles, dont les ondulations donnent l'aspect Fig. 149. — Phoronis hippocrepia Loxosonice GG d’une roue qui tourne : d’où leur nom. En arrière, (d'après Selys-Longchamps). (d'après Prouho).
une queue leur sert à se fixer sur les plantes aqua- A, Colonie fixée sur une coquille ; B, Un individu isolé; C, Panache A, Mâle avec quatre bourgeons: tiques. La bouche, située au bord de la couronne tentaculaire grossi. B, Profil.
ciliaire, conduit dans un œsophage et, de là, dans
une poche très singulière où se meuvent de petits organes durs res- plus simple; il est dépourvu de tube digestif et ne vit que quelques semblant à deux marteaux frappant sur une enclume; les aliments heures.
sont broyés par cet appareil bizarre et digérés dans un gros estomac Beaucoup de Rotifères sont nageurs; tel est, par exemple, le Braglandulaire. Une vésicule contractile à battements réguliers expulse chionus (fig. 154), revêtu d'une carapace chitineuse, à pointes posles liquides du corps. Le mâle est plus petit et d’une organisation térieures; le genre Hydatine vit dans les mares croupissantes. D'’au-
tres, comme les Mélicertes (fig. 157), se fabriquent un “7 tube de petites pierres où elles s’abritent, en ne laissant passer que leur couronne ciliée.
On rattache les Gastrotriches aux Rotifères: ce sont de tout petits êtres, couverts de poils chitineux, qui: nagent dans les mares.
LES CHÉTOGNATELES
Cette petite famille est composée seulement de quelques genres et d'un très petit nombre d’espèces ; la plupart sont très abondantes dans le plancton marin, dont elles forment un des éléments caractéristiques. Ces êtres, qui n’ont que de 15 à 50 millimètres de long, sont des carnassiers formidablement armés de dents crochues, avec lesquelles ils déchirent les proies qu'ils peuvent attraper. Ils ont la forme en cigare d'une torpille de guerre, avec une queue fourchue en arrière et des nageoires latérales tout à fait analogues aux plans mobiles inclinés qui servent à la plongée des sous-marins; leurs corps est rigide, transparent, et nage en ligne droite, sans onduler. Ils se précipitent ainsi sur leur proie, les dents écartées, et ils les referment dessus quand ils sont en contact. Leur corps est di-
| ; ua ra Fig. 151.
Cephalodiscus Hodgsoni. Cephalodiscus Hodgsoni visé en deux parties longitudinales par une Podina
Colonie de tubes agglutinés, avec ses bourgeons très grossis, cloison verticale et la région caudaleestséparée roseola.
PESAVERMIDIENS
Fig, 154,
du reste par une autre cloison transversale. Ces animaux émettent une faible lumière bleue.
On les trouve jusque dans les profondeurs de
3 000 mètres.
Fig, 152.
Floscularia Fig. 153. \ , coronetta Echinodoris Ajoutons que Wal- (d'après Hudson-Gosse). Desjardini. cott en a trouvé récem-
ment de fossiles jusque dans le Cambrien moyen, ce qui montre que, dans ces temps reculés, des faunes planctoniques analogues à celles qui pullulent actuellement dans nos mers étaient déjà constituées.
PÉRERAGHIOPODES
Ces animaux sont tous marins; leur corps est enfermé entre deux valves inégales généralement calcaires, dont l’une plus grande, ventrale, donne presque toujours attache à un pédoncule fixateur. Elles sont tapissées par une mince membrane, le manteau, enveloppant les viscères. Des deux côtés de la bouche partent deux grands bras roulés en spirales, frangés et ciliés, baignant dans l’eau qui circule entre les valves. Les sexes sont séparés, et les larves pélagiques se fixent au fond de la mer après avoir subi une métamorphose.
Les Brachiopodes actuels ne sont plus que les faibles vestiges d'une classe qui, dans les temps anciens, depuis l'époque cambrienne jusqu'à l'époque tertiaire, a joué un rôle considérable par le nombre énorme de ses espèces et des individus de chacune d'elles. Alors qu'ils pullulaient dans les mers primitives, ils ne sont plus actuellement qu'au nombre de cent cinquante espèces environ, dont la moitié au moins ne sont connues que par quelques individus isolés.
Mais, chose curieuse, alors que tous les êtres ont évolué et se relient à leurs ancêtres par des formes intermédiaires, les Brachiopodes, au contraire, ont conservé leurs formes archaïques au point que les espèces actuelles peuvent se rattacher aux genres les plus anciens dont elles descendent sans modifications importantes. Les Lingules
Magellania Jragilis.
Liothyrina uva sur coquille morte,
actuelles, par exemple, ne diffèrent pas sensiblement des Lingules cambriennes.
Autre fait important : ces animaux si spéciaux, à caractères si nets, présentent cependant des affinités apparentes ou profondes pour d'autres classes du règne animal. C’est ainsi que l'aspect que leur donnent leurs deux valves les a fait ranger d'abord parmi les Mollusques bivalves ; la connaissance plus approfondie de leur structure et de leur développement les a fait transférer ensuite parmi
ot les Vers annelés, puis les (Éambrien Chétognathes. On s'accorde d'Amérique). actuellement pour les rap-
procher des Bryozoaires dans la section des Vermidiens.
Tous, sans aucune exception, sont marins, et la plupart habitent les eaux profondes ; ils y sont clairsemés, souvent très rares, et jamais ils ne se Juxtaposent pour former des colonies à individus communiquant, comme les Bryozoaires.
L'aspect de ces animaux est celui des Mollusques bivalves; ils ont deux coquilles réunies par une charnière ou par des téguments résistants. Leur taille varie de quelques millimètres à 5 ou 6 centimètres. Chez les Brachiopodes, les valves sont l’une dorsale, l’autre ventrale: l’animal est, pourrait-on dire, assis dans une boîte qui est sa valve ventrale, dont la valve dorsale forme le couvercle.
Presque toujours la valve ventrale, plus longue, porte en arrière un orifice par lequel passe un pédoncule chitineux qui sert à l’animal à se fixer aux rochers; grâce à des muscles spéciaux et très compliqués, le Brachiopode peut tourner sur ce pédoncule fixe qui lui sert d’axe, ouvrir et fermer ses valves. Chez quelques autres, la valve inférieure est collée au rocher; le pédoncule, devenu inutile, manque et ses muscles disparaissent.
Un autre caractère intéressant est l'extrême réduction des organes. Lorsque l'on écarte les valves,
Larve nageuse
Fig. 156.
Embryons de Thecidea
pendus au bout de deux cirrhes
Cistella neapolitana. dans la poche incubatrice,.
Brachiopodes.
À, Terebratella dorsata; B, Magasella cumingi, avec l'appareil calcaire de leur valve dorsale,
Fig. 157, Melicerta ringens dans son tube de grains de sable.
Fe LES ANIMAUX
Fig. 158. Fig. 159. Fig. 160.
Rhynchonella Meristella Retzia Wilson. lumida. salteri.
Etage gothlandien (Silurien supérieur).
Spirisera concentrica (Dévonien).
on s'attend à les trouver remplies de tissus charnus, comme on le voit en ouvrant une huître, par exemple; on constate, au contraire, que la masse viscé- ; rale n’occupe qu'une toute petite place dans le fond de la coquille, près du pédoncule; la plus grande partie de la cavité est libre et remplie par l’eau de mer. Dans cette eau baignent deux grands bras, qui servent à l'animal d'organes du tact et de la respiration et aussi à saisir les proies minuscules dont il se nourrit. Chez la plupart des Brachiopodes, le tube digestif se compose d’un estomac, ouvert au dehors par un court œsophage et continué par un intestin rudimentaire dépourvu d'orifice anal. Quelques espèces ont un intestin plus complet pourvu d’un anus. Les viscères sont enveloppés dans le manteau, membrane tapissant l'intérieur des valves calcaires, qui sont criblées d'une infinité de petits trous; des prolongements très délicats de ce manteau y pénètrent; on en ignore le rôle. Un cœur, des vaisseaux, des mus-
KR 2 £ ; 7
RSR PRES
EEE
Fig. 165.
Lingula anatina dans leur trou.
Fig. 166. — Terebratulina septentrionals, jeunes après la métamorphose,
Crania anomala.
À, Sur un caillou; B, Valveinférieure: C, Valve supérieure.
Fig. 169. — Pygope janitor (Jurassique moyen).
cles, des ganglions nerveux, une glande gastrique, deux glandes génitales et deux entonnoirs ouverts dans la cavité ventrale et chargés d’expulser les produits des glandes au
Rhynchonella Racovitzat.
. Valve dorsale et trou de la ventrale.
Fig. 162.
Atrypa reticularis (Dévonien supérieur). Fig. 163.
Produclus horridus
Permien).
dehors sont rassem- ( )
blés danscetteétroite masse viscérale. Les sexes sont séparés et les œufs fécondés dans la mer: les larves
Fig. 167. — Larve pélagique
Res Fig. 164.
nagent pendant un certain temps, Jusqu à ce Rhynchonella qu'elles soient arrivées au moment de la métamor- decorata phose. Tant qu'elles sont jeunes, ieur corps est (Bathonien).
garni de cils, de longues soies et d’une sorte de
tête portant des yeux; puis subitement elles sécrètent une légère coquille, tombent au fond, où elles s’attachent aux rochers par l'extrémité postérieure de leur corps, qui se transforme en pédoncule.
Les Brachiopodes se divisent en deux grandes familles selon que leurs valves sont articulées par une charnière ou simplement superposées sans engrenage.
Brachiopodes articulés. — Ce sont de
Fis, 168. B Discina lamellosa.
À, L'une a son pédoncule sorti; B, Trou par lequel sort le pédoncule sur la
face ventrale,.
de Lingulé.
beaucoup les plus nombreux: parmi les espèces de nos côtes, on peut citer les T'erebratulina (fig. 168), dont la plus commune est T. caput serpentis, abondante sur les fonds de 50 à 100 mètres.
La Liothyrina vitrea atteint 3 ou 4 centimètres de long; elle est transparente et fréquente dans les fonds de 200 à 500 mètres.
D'autres espèces plus petites : Argiope decollata, Cistella, vivent aussi sur nos côtes.
Les Thecidea, fixées aux rochers par leur valve inférieure, élèvent leurs larves dans une poche incubatrice.
Les Rhynchonella, derniers vestiges d’une immense famille presque complètement disparue, ont pour représentants sur nos côtes la R. psittacea, dont les valves sont dépourvues de prolongements palléaux et qui ont quatre entonnoirs excréteurs.
Brachiopodes inarticulés. — Ils sont représentés par trois genres principaux :
Lingula (fig. 165), dont toutes les espèces sont exotiques et vivent
ans des trous, dans le sable littoral de l'océan Pacifique: elles ont un très grand pédoncule et des valves généralement vertes, cornées et souples; Discina, dont les espèces, également dépourvues de valves cornées, rondes, ont un court pédoncule et vivent surtout sur les côtes de l'Amérique du Sud; enfin Crania, assez commune sur nos côtes calcaires, à petite profondeur.
Ces Brachiopodes inarticulés ont un intestin pourvu d’un orifice anal, et diverses particularités de leur organisation les éloignent beaucoup des articulés.
Les larves de ces Brachiopodes inarticulés sont connues surtout chez les Lingules et les Discines; elles ont deux minces coquilles transparentes, entre lesquelles des tentacules, d’abord très courts (fig. 167), apparaissent, puis s’allongent, débordent les valves et servent à la larve à nager. Puis en arrière apparaît un petit bourgeon qui devient peu à peu un pédoncule, Quand il est assez long, la larve tombe au fond, se glisse dans le sable et prend son mode de vie sédentaire définitif.