LES BIVALVES OU PÉLÉCYPODES
Pour avoir une idée sommaire d'un Mollusque bivalve, examinons un volume relié; les deux couvertures s’articulent sur le dos; les deux pages de garde les doublent en dedans ; quelques feuillets forment, au commencement et à la fin, les titres et les tables: entre tout cela la masse des pages forme volume. Comparons cet ensemble à un Mollusque bivalve: les couvertures sont les deux coquilles: les deux pages de garde sont le manteau ; les feuillets de titre et de table sont les branchies; la masse des pages constitue le corps.
Le manteau, dont le bord est souvent pourvu de papilles tactiles (coquille de Sir Jacques), sécrète la coquille, qui s'accroît ainsi par son bord et sa face intérieure, et les deux moitiés de cette coquille sont articulées sur la ligne médiane dorsale par une charnière compliquée, engrenée d’un bord à l’autre par des dents.
Dans beaucoup de bivalves, les deux moitiés du manteau se soudent plus où moins complètement et se prolongent en deux tubes, appelés siphons, qui servent l'un à l'entrée, l’autre à la sortie de
eau, apportant la nourriture et l'oxygène et emportant ensuite les matières de déchet.
Les coquilles sont souvent colorées à leur surface libre, ornées de lignes ou de dessins variés, ou recouvertes d’une sorte d’enduit foncé,
Masgile.
Isocardia cor (Méditerranée).
Cytherea chione avec les deux empreintes musculaires et l'insertion du manteau,
appelé drap marin. Elles peuvent être lisses, vernies ou épineusss (fig. 172 à 175).
La matière calcaire qui compose les valves est formée de deux parties: l’ une opaque, mate ; l’autre brillante, translucide : c'est la nacre; cette nacre est intérieure, en contact avec le manteau qui la sécrète ; elle est composée d'une infinité de petits éléments prismatiques, groupés en lames superposées, à travers lesquelles la lumière produit les irisations propres à la nacre.
Souvent les Mollusques bivalves sont attachés aux rochers par une matière cornée, dite byssus, qui revêt quelquefois l'aspect de filaments bruns, solides, extrêmement fins, sécrétés par le pied.
Ils peuvent être assez développés, chez les Pinna, pour que l'on arrive à les filer et à en faire des gants.
Les deux valves de la coquille sont rattachées l’une à l’autre par un ou deux muscles dont la contraction les ferme, tandis que leur ouverture est produite par un ligament élastique fonctionnant comme un morceau de caoutchouc comprimé.
La masse des viscères contient d’abord un tube digestif partant d’une bouche sans dents; la dernière portion de l'intestin traverse le cœur de part en part. L'estomac reçoit les produits d’une vaste glande gastrique et donne souvent accès à une poche renfermant une tige cartilagineuse, cristalline, dont on ignore l'usage. Un gros rein, des glandes reproductrices, sont entremêlés avec les autres organes. Un pied charnu, musculeux, habituellement locomoteur, s’insère par-dessus ces viscères, sur la ligne médiane du corps. Le système nerveux comprend les trois paires de ganglions caractéristiques. Les sexes peuvent être séparés ou réunis sur le même individu. Les œufs pondus sont flottants ou réunis dans une matière glaireuse qui les fixe au fond (fig. 176).
Tous les Bivalves sont aquatiques, la grande majorité vivant dans la mer. On en connaît sous toutes les latitudes, sauf dans les régions
Fig. 175, — Cardium blanc.