Thaumatolampas diadema. — 19. Argonauta arégo
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Anomia (feuille de rose).
Fig. 176.
Larves véligères (d'après Mac-Bride).
À, De Yoldia;
B et C, De Dreissensia polymorpha.
polaires terrestres et dans les hautes altitudes. Ils sont utilisés en grand nombre pour l’alimentation : telles sont les Huîtres et les Moules; on emploie la nacre de plusieurs autres espèces ; enfin les perles proviennent de certains d’entre eux.
Si l’on prend le nombre de muscles comme base de la classification des Bivalves, on arrive à deux grandes subdivisions, les Monomyaires et les Dimyaires. La forme du contour palléal, la structure des branchies, la disposition des dents de la charnière, les siphons, constituent d’autres caractères d'importance variable.
Nous ne pouvons que citer quelques-unes des familles.
Les Nuculides sont intéressantes à signaler parce qu'elles représentent des êtres dont les formes actuelles n'ont pas sensiblement changé depuis la plus haute antiquité paléozoïque.
Les Anomies sont des Bivalves généralement aplatis, très communs sur nos côtes, fixés aux rochers par un byssus ossifié; on les utilise pour la fabrication des fleurs en coquillage. Les Placuna sont extrémement plates et renferment souvent de petites perles.
Les Arches sont des Mollusques répandus dans toutes les mers. Leur charnière est formée d'un grand nombre de petites dents en série: il en est de même chez les Pectunculus, dont quelques belles espèces vivent dans nos mers.
Les Mptilides sont surtout connues par les Moules, dont l'espèce commune, Mutilus edulis, abonde sur nos côtes. Les Lithodomes
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Fig, 177, — Anatomie d'une huitre.
Arche pesant plus d’un kilogramme.,
Placuna.
font des trous dans les pierres les plus dures et s'y enfoncent complètement.
Dans la famille des Aviculides, nous trouvons quelques espèces intéressantes : les Meleagrina, qui sont les Huîtres perlières; les Malleus, en forme de marteau ; les Perna, qui contiennent des perles; les Pinna, qui atteignent 50 et même 60 centimètres de long.
Les Ostréides sont surtout représentées par les très nombreuses espèces du genre Ostrea. Ce sont les huîtres.
Les Pectinides renferment les Coquilles de Saint-Jacques, appartenant au genre Pecten (Pecten maximus).
Les Spondyles, fixés au rocher, ont des appendices très élégants.
Dans les Eulamellibranches, nous trouvons la grande famille des Unionides, qui vivent dans l’eau douce et dont les types sont les Unio et les Anodontes ; certains présentent cette particularité remarquable d’avoir un embryon, connu sous le nom de Glochidium (fig. 178), qui vit, à l'état de parasite, sur des Poissons d'eau douce.
Les Œtherides ont des coquilles irrégulières, quelquefois très grandes; on les a souvent prises pour des huîtres d’eau douce dans les fleuves. équatoriaux.
Les Drevssensia, qui ressemblent à de petites moules, ont envahi peu à peu toutes les rivières d'Europe, en partant du Volga; elles encombrent les canalisations d'eau potable, notamment à Paris.
Dans la section des T'ellinidés, citons quelques bivalves très abondants sur nos côtes : les T'ellines, les Scrobiculaires que l'on vend sur nos marchés sous le nom de Lavagnon; les Donax, aux jolies coquilles colorées de teintes délicates ; les Mactres.
Les Venerides contiennent une foule de genres : les Venus, les
AB, Avicula; CD, Malleus (d'après Milne-Edwards).
Pecten maximus.
Cvthérées, les Tapes, connues sous le nom vulgaire de Palourdes et de Clovisses ; les Venus mercenaria ou Clams.
Parmi les Cardides, le type le plus connu est le Cardium edule ou Coque. Non loin d'eux il faut placer les Tridacnes, qui sont les géants des Bivalves actuels. Certains beaux échantillons, pesant plus de 100 kilogrammes, sont utilisés comme bénitiers; ceux de l’église Saint-Sulpice sont les plus célèbres. À cette même famille appartiennent de nombreux fossiles, les Hippuriles par exemple, entièrement éteints actuellement,
Les Myes (fig. 179) vivent dans la vase des estuaires, enfoncés quelquefois à un ni mètre : les Lutraires, les Corbules, les Solen ou couteaux sont abondants sur nos côtes.
Les Saxicaves et les Gastrochènes se creusent des trous dans les roches. Les Fistulanes, les Aspergillum ou arrosoirs, les Clavagelles ont une coquille en forme de tube.
Les Pholades sont aussi douées de la faculté de se creuser des loges dans les rochers: certaines d’entre elles sécrètent un mucus lumineux. Non loin d'elles sont les Tarets (Ag. 180), qui font de graves dégâts dans les bois immergés, navires, estacades, digues, qui finissent par être tellement taraudés par ces Mollusques qu'ils tombent en miettes. Les galeries creusées par les Tarets sont tapissées par un revêtement calcaire sécrété par leur manteau. A l’extérieur des bois attaqués on n ‘aperçoit que de tout petits trous servant d'orifices aux canaux innombrables qui en ont ruiné l’intérieur.
Ætheria elliptica (très réduite).
Anodonte,
Unio tuberculatus.
Phodon ovatus.
Fig. 178. — Larve d'Unio (Glochidium) ouverte et fermée (d'apres Balfour).
Huîtres et Ostréiculture. — L’industrie des huîtres a passé par deux phases bien distinctes : la première consistait simplement dans l'exploitation des bancs naturels par la drague ; la seconde a été la longue recherche et la création finale d’une série d'opérations permettant l'élevage des jeunes huîtres. Nous entrons dans une troisième période, celle de l'assainissement des parcs à huîtres.
Les bancs d'huîtres naturels formèrent jadis tout autour des côtes d’ Europe un vaste cordon qui s'est fragmenté en bancs littoraux. Puis ces bancs ont commencé à se restreindre. C'est alors que les naturalistes, les agents de la marine, les industriels, cherchèrent les moyens de recueillir les jeunes huîtres à leur naissance et de les élever dans des parcs. Ce furent de longues années de recherches, de tâtonnements. Dans certains endroits, tels que la rivière d'Auray, les bancs servent à assurer la production des embryons nécessaires au peuplement des parcs.
Actuellement, la pêche à à la drague sur les bancs naturels n ‘est plus autorisée que Senlant une courte période tous les ans. C'est ainsi que dans la baie de Cancale la pêche se fait au mois de mars : elle est connue dans le pays sous le nom de « la caravane ».
Les huîtres de drague sont tantôt consommées immédiatement, tantôt transportées dans des parcs où elles vivent en attendant d'être vendues. L'élevage des jeunes huîtres est venu combler l'insuffisance de production causée par la limitation de la drague. Cet élevage est fort compliqué.
L'’huître est un Mollusque vivipare; elle incube ses œufs entre les valves de son manteau pendant six semaines environ et les laisse échapper vers le commencement de juillet sous forme de larves grises microscopiques qui nagent. Pour se fixer, ces larves exigent un support solide, propre, calcaire, sans trace de vase et dépourvu d'algues ou d'animaux parasites.
On installe à leur intention, vers le moment de leur éclosion, des tuiles en demi-cylindre, pareilles à celles qui servent à faire les toitures, que l'on a eu soin de tremper dans un mélange de chaux et de sable, de façon à les recouvrir d'une mince croûte calcaire. Ces tuiles sont disposées au bord des embouchures des rivières contenant des bancs d’huîtres. On a soin de placer les tuiles alternées, la concavité en dessous. Ailleurs, et c'est ce que l'on fait sur divers points des côtes du Morbihan, les tuiles sont attachées par paquets de quinze ou vingt au bout d’un bâton que l’on enfonce dans la vase, de sorte que l'appareil ressemble à un gros champignon.
Ailleurs on emploie de grands plateaux de bois que l'on superpose en laissant entre eux quelques centimètres, pour que les embryons puissent y pénétrer.
La jeune huître est laissée plusieurs mois fixée à la face inférieure de la tuile ou du plateau, jusqu'à ce qu'elle ait acquis un diamètre de 2 centimètres environ. On procède à à l'opération du détroquage. Des femmes, à l’aide d’un couteau plat et souple, décollent laïmipes couche ete qui recouvre la tuile et supporte les petites huîtres. Il faut maintenant continuer son élevage:
mais elle est encore très fragile et ses ennemis, les Crabes, les Bigorneaux perceurs, les Étoiles de mer, auraient bientôt fait de la dévorer.
On doit donc l’abriter dans de grandes caisses plates, dites « ostréophiles », en toile métallique.
On dépose ces boîtes au bord de la mer.
Dans les grandes installations, des parcs contiennent plusieurs milliers de ces caisses ostréophiles, renfermant chacune jusqu’à 10 000 petites huîtres; mais, ensuite, comme elles grandissent, il faut diminuer leur nombre dans chaque caisse. [Il arrive un moment, après un an environ, où les jeunes huîtres, larges de 4 à 5 centimètres, ayant épaissi leur coquille, peuvent être répandues directement
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À, Mactra helvacea; B, Tapes decussatus; ©, Cardium edule; D, Cardium aculeatum.
sur le sol. On les dépose dans des parcs. Une fois installées là, il faut retourner les huîtres au râteau les porter d’un parc dans un autre, car elles cessent de grandir si, à certaines époques, on ne les change de domicile. À Arcachon, on entoure les parcs de longs roseaux placés très près les uns des autres pour empêcher les poissons mangeurs d’huitres de s'y introduire. Tout cela nese fait pas sans de nombreuses pertes.
Les huîtres de parc amenées en trois ou quatre ans à une belle taille sont alors vendues pour la consommation. Mais il faut leur faire subir un séjour de plusieurs mois dans des bassins où elles engraissent. Certaines régions sont renommées pour la qualité des huîtres qu'elles produisent. C'est ainsi que le pays de Marennes, Belon en Bretagne, sont renommés pour leurs huîtres grasses.
Dans certains des bassins de Marennes, les huîtres prennent une couleur verte qui est particulièrement intense dans leurs branchies. Ce sont les célèbres ( marennes vertes ». Cette coloration est due à une matière spéciale, la marénine, que les huîtres trouvent dans une algue microscopique, une diatomée qui se développe dans certains bassins.
Les principaux centres de production et d’engraissement des huîtres sur les côtes de France sont, sur la Manche : Courseulles, Saint- Vaast, Cancale, Tréguier ; sur l'Océan : Belon, La Trinité, Auray, le golfe du Morbihan, la baie de Bourgneuf, l’île d'Oléron, les Sablesd'Olonne, la région de Marennes, La Tremblade, la baie d'Arcachon.
On trouve sur les côtes françaises de l'Océan, au sud de la Loire, une espèce particulière d’huîtres, dite portugaise. Disons tout de suite que ces coquillages, zoologiquement parlant, ne sont pas des Huïîtres : ils appartiennent au genre Gryphée. L'’huître portugaise, plus robuste, plus vivace, moins délicate que l’huître native, prend sa place, l'expulse Ha retoule de plus en plus devant elle.
Il nous reste à dire quelques mots de la nocivité des huîtres au point de vue de la santé publique. On leur attribue, en effet, de nombreux cas de fièvre typhoïde et de maladies gastro-intestinales. Il n'est pas niable qu'il en soit ainsi, mais il faut tout de suite dire que ce sont là des cas exceptionnels, mais trop
fréquents. Les -... huîtres élevées dans des parcs
Bois perforé par les Tarets, vue intérieure et extérieure du même bois,
Pholas dactylus logées dans le gneiss au Pouliguen.
Venus mercenaria (Clam des Américains).
voisins de l'embouchure d'’égouts de ville accumulent entre leurs branchies et dans leur tube digestif des bacilles qui proviennent des déjections des villes. Si l’on vient à consommer ces huîtres, les bacilles qu'elles renferment déterminent l'empoisonnement du malade.
Mais un grand nombre d'ostréiculteurs, comprenant l'intérêt que présente pour eux-mêmes la parfaite propreté de leurs produits, se sont groupés pour faire les travaux nécessaires à l'assainissement de leurs parcs, et leur association a déjà produit une amélioration considérable.
Moules et mytiliculture.— Les Moules, telles qu'on les trouve à l’état sauvage sur les rochers battus par la mer, sont rarement assez bonnes pour être vendues sur les marchés des villes. Elles présentent de nombreux défauts que la culture a pour but de supprimer ou d’atténuer. Les moules, dans leur condition normale, ont à lutter contre les vagues, et pour cela elles multiplient les fils de leur byssus, afin de se cramponner plus solidement à leur support ; elles sont donc accompagnées d’une grosse touffe de fils bruns et durs fort désagréables. Leur coquille est épaisse, lourde, irrégulière.
Si l'on arrache des rochers des paquets de ces Moules encore jeunes et qu'on les transporte dans des endroits où elles trouvent de nouvelles conditions d'existence, elles modifient beaucoup leur nature. À Noirmoutier, au Croisic, dans des baies abritées, à fond vaseux, n'ayant plus à se défendre contre les vagues, elles perdent la plus grande partie de leur byssus, n'épaississent plus leurs coquilles. Elles engraissent, remplissent de tissus charnus et jaunes leurs coquilles. On n'a plus qu'à les récolter dans les parcs, en choisissant les plus belles.
Ailleurs, par exemple dans la baie de l’Aiguillon, dans l’embouchure de la Vilaine, dans la baie de Bourgneuf, on a installé d'immenses parcs pour la mytiliculture. Voici comment on procède à l'Aiguillon. La baie est remplie d’une énorme épaisseur de vase, dans laquelle on plante de gros pieux. Entre