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CI. Soullier, Phalangium cornutum

Fig. 268. — Filières d'Amaurobius similis (d'après Warburton).

Fig.269,— Toile d'Eperra basilica (d'après Cook).

Toile de la Tégénaire des maisons.

l'Epeira (Nephila) madagascariensis, que l’on a tenté de tirer parti; elle a une belle couleur jaune d'or et peut être tissée.

Les Araignées ont des yeux très brillants, semblables à de petites perles enchâssées dans leur peau chitineuse ; les uns semblent être adaptés à la vision diurne, les autres à la vision nocturne ; mais ils ne sont pas faits pour voir très loin. Cependant les petites Araignées sauteuses du genre Salticus paraissent mieux douées sous ce rapport.

Les Araignées mâles sont généralement plus petites que les femelles ; on trouve en outre une modification très curieuse du palpe maxillaire destiné à porter l'élément fécondateur du mâle dans l'orifice de la femelle. Mais cette opération doit être faite par le mâle avec la plus grande célérité, car la femelle s'empresse de se jeter sur lui et de le dévorer.

les œufs pondus dans les cocons se développent lentement et sans métamorphoses, mais les jeunes subissent des mues qui, après la neuvième seulement, leur donnent leur forme définitive; les paites qu ‘elles perdent dans ces opérations peuvent repousser à Ë mue suivante. Les petites Araignées vont faire leur première toile dans le voisinage de celle de leur mère. Chez d’autres, par exemple certaines Lycoses, les jeunes s’accrochent sur le dos maternel et se font ainsi promener. D'autres se font emporter par le vent.

Les Araignées fossiles sont nombreuses; la plupart ont été trouvées dans l’ambre qui, comme on sait, est une résine fossile. On en a trouvé de plus anciennes dans le terrain carbonifère (Protolycosa anthracophila).

On divise généralement les Arachnides en Tétrapneumones et Dipneumones, selon qu'elles ont quatre poumons ou deux seulement, mais ces divisions sont très inégales.

La première section est celle des T'éraphoses (fig. 271), dont les huit yeux en comprennent deux adaptés à à la vision nocturne. Citons la célèbre Mygale avicularia, énorme Araignée brune, entièrement velue, qui peut atteindre 15 cent. de long; on raconte sur elle une foule d'histoires: il semble que sa morsure venimeuse soit suffisante pour tuer des petits vertébrés, mais nullement pour faire périr un homme. On en trouve une espèce dans le midi de la France.

Les Ctenizes (fig. 272) se cachent dans un re qu'elles creusent en terre, qu'elles tapissent de soie et ferment au moyen d'un couvercle à charnière dans lequel elles cramponnent solidement leurs pattes. Elles sont communes sur le littoral méditerranéen, mais difficiles à trouver, tant le cou-

Fig. 270. — Argyronète

Fig. 271. — Mygale de France et sa toile immergée,

et son nid ouvert,

Araneus diademaltus.

vercle de leur retraite est bien dissimulé. Une autre section est celle des Gnaphoses, qui ont six yeux nocturnes, parmi lesquelles se trouvent les Segestries (fig. 274).

Parmi les Attides signalons le genre Salticus (fig. 273), araignées sauteuses, vagabondes, ne filant pas de toile; très nombreuses dans les pays chauds, on en compte environ cent cinquante espèces en

rance. Certaines d’entre elles ont de très belles couleurs; elles sont diurnes et font des bonds tout à fait caractéristiques. Une des plus connues est le Saltique arlequin (Salticus scenicus), que l'on voit souvent faire la chasse aux mouches se chauffant au soleil, et ruser pour sauter sur elles.

Les Lycoses, ou araignées-loups, appartiennent à la même section ; leurs yeux sur trois rangs, leur céphalothorax prismatique, la manière dont elles creusent des terriers, les rendent fort intéressantes. Ce sont des Araignées errantes, qui chassent et transportent avec elles leur cocon attaché sous le ventre. Les Araignées appelées Tarentules appartiennent à ce groupe; mais le nom populaire est appliqué à tant d’espèces différentes qu'il est difficile de préciser quelle est celle qui doit le porter. Dans le seul genre Lycosa on a décrit plus de quatre cents espèces répandues dans le monde entier ; quelques-unes sont de grande taille et logent dans des terriers soyeux. La Lycosa tarentula et la Lycosa narbonensis sont communes dans la région méditerranéenne. Les Tarentules sont des Araignées que la légende a faussement chargées de toutes sortes de méfaits et dont la piqûre empoisonnée est considérée comme la cause de troubles nerveux, psychiques, etc.

Les Thomises, qu'on appelle aussi les Latérigrades ou Araignéescrabes, parce qu'elles marchent de côté, sont très répandues en tous pays; on en connaît près de cent cinquante genres. Elles se jettent sur les Insectes et les paralysent en les mordant à la nuque au moyen de leurs chélicères venimeuses. La Thomise voyageuse pond ses œufs entre deux feuilles qu'elle réunit par des fils de soie.

Les Tégénaires font de grandes toiles dans les caves et les greniers.

Les Epeirides forment une famille à laquelle appartient

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Fig. 273, — Saltique.

l'Épeire de nos jardins,

Nephila Ségestrie perfide.

madasascariensts,

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Tegenaria partetina.

de formes variées. Elles se placent au centre de leur toile, les pattes étendues, ou bien se cachent sous une feuille dans le voisinage, prêtes à bondir sur la toile si une mouche s’y laisse prendre. Si on cherche à les saisir, elles se laissent tomber à terre et, quand le danger est passé, elles reviennent prendre leur poste d'observation. Citons encore le genre Argiope.

Dans la grande famille des T'heridiides sont rangées des Araignées sédentaires faisant des toiles très irrégulières dans un coin desquelles elles attendent la capture des proies. Les Théridions (fig. 278) sont de petites Araignées que l’on trouve sur les plantes; elles en réunissent les feuilles avec des fils de soie où s’engluent les insectes. Le Theridion civile fabrique à la surface des pierres des maisons de toutes petites toiles qui se couvrent de poussière et salissent les monuments. Le Latrodectus 13-guttatus est la célèbre Araignée, connue dans le midi de la France sous le nom de Malmignatte, qui passe pour être très venimeuse,

Les Pholcus, confondus souvent à cause de leurs très longues pattes avec les faucheurs, sécrètent une toile lâche dans les angles des chambres (Pholcus phalangioides).

Dans la famille des Agelenides nous trouvons plusieurs Araignées intéressantes. Les Agelena sont communes sur les haies ; elles font une toile en entonnoir qui se termine par un tube dans lequel se tient la propriétaire. Elles meurent presque toutes à l'entrée de l'hiver;

quelques-unes, cachées dans les pierres

ou dans les trous de mur, peuvent atten-

dre le printemps. Les Argvyronètes (Argyronela aquatica) sont de très singulières Araignées vivant dans l’eau des

\y ruisseaux et des étangs, où elles filent une toile en forme de cloche qu'elles remplissent d'air. Elles nagent rapidement à la poursuite des insectes aquatiques, mais elles peuvent sortir de l’eau, courir et s'accoupler à terre. Leurs poils

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Dis 217 Clubione:

Fig. 278. — Théridion.

Argiope Bruennichi.

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