‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 69 sur 260 · LES MYRIAPODES · texte numérisé non relu

LES MYRIAPODES

Cesanimaux sont vulgairementnommés « mille-pattes ».

Les Myriapodes forment une classe très largement distribuée dans le monde, aussi bien dans les climats chauds que froids, secs et humides.

Ils sont formés d’un nombre variable d’anneaux placés bout à bout, de sorte qu'on ne peut distinguer ni thorax ni abdomen; la tête seule est bien différenciée. Chez les uns, les anneaux sont. larges, en nombre relativement restreint (dix); chez les autres, bien plus considérable, puisqu'on en trouve cent soixante-treize dans le genre Pauropus.

Sur la tête on voit une paire d'antennes; au-dessous, une lèvre recouvre la bouche autour de laquelle est une paire de mandibules en forme de crochets: il y a deux paires de mâchoires. Chez certains d’entre eux, les premières paires de pattes jouent le rôle de mâchoires, et la plus reculée est pourvue d'une glande venimeuse. Les pattes suivantes sont toutes semblables: chez les uns, il n'y a qu'une paire de pattes par anneau; chez les autres, il y en a deux paires; cela permet de diviser les Myriapodes en deux grandes sections.

La première section, celle des Chilopodes, comprend des animaux carnassiers, dont le plus connu est la Scolopendre (fig. 290). Son corps est aplati ; les anneaux, inégaux, relativement peu nombreux, portent une paire de pattes latérales. Les Chilognathes, au contraire, qui forment la seconde section, sont pourvus de deux paires de pattes par segment; ceux-ci sont arrondis et portent leurs pattes insérées en dessous ; le type est l’lule terrestre, qui se roule en spirale. Ils se nourrissent de végétaux. Ces animaux respirent au moyen de trachées s'ouvrant près de la base des pattes. Un vaisseau contractile joue le rôle de cœur. Le système nerveux se compose d'une chaîne de ganglions disposés par paires, une par segment du corps ; dans la tête, au-dessus de l’œsophage, est un cerveau formé par la soudure de plusieurs ganglions. Les sexes sont toujours séparés ; les Myriapodes pondent des œufs; quelques-uns, comme la Scolopendre, sont vivipares.

Les Chilopodes n'ont qu'une paire de pattes par anneau; certains de leurs représentants, comme les Scolopendres, peuvent atteindre | 2 cent.:

la Sc. morsilans, qui vit sous les pierres dans le midi de la France, arrive presque à 15 cent.; c'est un animal nocturne qui se: nourrit d'araignées et, à défaut, d'insectes. Le Lithobius forficatus est très abondant dans nos bois. On voit souvent dans les maisons une Scolopendre à très longues pattes grêles, très fragiles, qui court sur les plafonds :

c'est la Scutigère (fig. 291).

Les Géophiles (fig. 292), aveugles, presque filiformes, vivent dans la terre et font souvent des dégâts dans les pommes de terre, les ca-

Fig. 297. — Peripatoptis capensis (d'après Bouvier).

Fig. 296. — Peripatopsis Moseleyi, d'après Bouvier.

ana )

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7] NON 20 Fig. 293. — Iule terrestre.

Se DS COS ‘ ie LÉ rottes. Le Geophilus Ga-

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< brielis peut atteindre Fig. 292, 18 centimètres.

Géophile. Les Chilognathes, dont es anneaux portent chacun deux paires de pattes, ont une peau chitineuse solide, généralement foncée.

Les lules sont connus dans nos climats, où ils sont représentés par des espèces ne dépassant guère à cent.; ils ont jusqu à quatrevingts segments; dans les pays tropicaux ils arrivent à 20 cent. Le lulus terrestris (fig. 293) vit dans la mousse de nos bois et au bord de la mer dans le sable fin.

Les Glomeris (fig. 294) ressemblent tout à fait à des Cloportes ; ils s'enroulent en boule et n’ont que douze anneaux. Le Glomeris limbata a le corps d'un beau noir bleu avec chaque segment bordé de jaune vif. Les Polydesmes, comme les Jules, se roulent en spirale et font des dégâts dans les jardins.

LES ONYCHOPEHO RE

Cette division a été établie pour une seule famille d'animaux très singuliers dont le corps ressemble à une chenille en même temps qu'à un Ver annelé ou à un Myriapode. Leur intérêt est très grand pour les naturalistes : ce sont des êtres tout à fait archaïques, tels que nous pouvons penser qu'étaient les premiers êtres vermifores sortis des eaux et commençant à s'adapter à la vie aérienne. Ce sont des animaux qui respirent au moyen de trachées, c'est-à-dire de tubes portant l'air dans l'intérieur de leur corps; ce mode de respiration ne se trouve que chez les Arthropodes terrestres: or, ces Onychophores ne sont pas pourvus de membres articulés (fig. 295).

Ces êtres sont représentés par le genre Peripatus, dont le type est le Peripatus capensis ; quelques autres espèces vivent dans l’Amérique centrale et du Sud, l'Afrique, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, sous les pierres et les débris d'arbres des forêts et ne dépassent guère 6 à 8 cent.; sur leur tête se trouve une paire d’antennes annelées et une bouche contenant quatre gros crochets. Leur corps cylindrique est d’une seule venue : on n'y découvre pas extérieurement de segments; leur peau est fine et lisse et donne attache à deux rangées d'appendices locomoteurs non articulés, terminés chacun par deux crochets; les deux paires de crochets buccaux ne sont que des pattes modifiées pour la mastication : il en est de même de deux papilles situées audessus de la bouche et dans lesquelles s'ouvrent des glandes spéciales. Les pattes ne sont que de grosses papilles coniques; chez certains Peripates il y en a quatorze à quarante-deux paires. Une couche de muscles sous-cutanés donne au corps ses contractions vermiformes ; un intestin tout droit va d'un bout à l’autre du corps: dans la bouche arrivent les canaux de longues glandes salivaires qui sécrètent un liquide visqueux que l'animal lance sur les proies dont il veut s'emparer. Sur la ligne médiane du dos se trouve un cœur rudimentaire : des canaux tortillés servent d'organes excréteurs. Une double chaîne de ganglions ventraux, partant d'une paire de ganglions située au-dessus de la bouche, représente le système nerveux. L'embryon se développe dans une poche des organes maternels à laquelle il est relié par une adhérence compliquée.

Ces singuliers animaux peuvent être considérés comme établissant e passage entre les Vers annelés et les articulés terrestres.

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Fig. 294, — Glomerts.

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Michoptera Woodwardi (houiller de Commentry).

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