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LES INSECTES

GÉNERALITES

Il n'est pas possible d'entreprendre la description des Insectes sans entrer dans quelques détails sur leur structure anatomique. Comme très souvent les mœurs si curieuses de ces êtres s'expliquent par quelque particularité de conformation, il est de toute nécessité d'indiquer les grandes lignes et les principales variations de leurs organes.

| nous faut d’abord donner les noms des grandes divisions de cette classe; nous reviendrons plus loin sur les caractères de chacune d'elles et sur leurs rapports. Les Coléoptères, qui sont si abondants, sont représentés par : le Hanneton, le Carabe, les Charançons, les Bousiers, le Ver luisant, le Cerf-Volant, la Coccinelle. Parmi les Orthoptères, citons : les Blattes, les Mantes, les Sauterelles. Chez les Archiptères, les Éphémères, les Libellules, les Termites. Les Névroptères comprennent : le Fourmi-Lion et le Phrygane. Parmi les Hyménoptères se trouvent : les Abeilles, les Guêpes, les Fourmis. Les Lépidoptères contiennent tous les Papillons; les Diptères, toutes les Mouches; les Hémiptères, les Punaises et les Cigales.

Si l’on examine un insecte, on voit que son corps est formé d'anneaux solides placés bout à bout, bien distincts dans l’abdomen. Mais, dans la tête, ces anneaux sont si bien soudés, qu'il faut avoir recours à des méthodes spéciales pour les reconnaître.

Ces anneaux sont réunis en trois groupes qui composent : 1° Ja tête, formée de six anneaux soudés: 29 le thorax, à trois anneaux; 3° l'abdomen, constitué par cinq à onze anneaux, selon les cas (fig. 298).

La tête porte les appareils buccaux utilisés pour la prise des aliments, les yeux et les antennes. Sur le thorax sont placées trois paires de pattes articulées et une ou deux paires d'ailes. Sur l'extrémité de l'abdomen se trouvent des appendices destinés à la reproduction. La bouche se trouve à l'avant de la tête, l'anus et l'orifice génital à l'arrière de l'abdomen; tout le long du thorax et de l'abdomen, on trouve, de chaque côté, une série d’orifices respiratoires, dits stigmates, à raison d'une paire par anneau.

Les téguments. — Chez les Insectes, le tégument est rigide chez l'adulte et forme un étui de contour invariable autour des organes. La matière qui le compose est la chitine, cassante quand elle est assez épaisse, mais très souple quand elle est en lames minces, par exemple sur les ailes des Libellules.

Cette couche de chitine est sécrétée par la peau située en dessous d'elle : tantôt elle est épaisse et solide, par exemple dans les élytres des Coléoptères ; tantôt elle est beaucoup plus délicate : telle la membrane très mince qui réunit les divers anneaux de l'abdomen ou les segments des membres. Chez les larves des Insectes elle est toujours beaucoup plus mince que chez l'adulte. Elle est alors extensible, car la larve s'accroît, tandis que l'adulte a une forme et une dimension invariables.

Cette peau porte souvent des ornements très variés par leur forme

Fig. 299. — Punaises.

À, Des lits; B, Syromastes.

Fig. 300.

Lucane-Cerf-volant,

N Pattes lfpare \

Thorax ne TR ES UNSS

Pattes 2paire |

Pattes 3*paire /

Différentes parties du corps d'un insecte.

Sauterelle, vue de profil.

et leur coloration. Qui n'a admiré les ailes d'un Papillon aux couleurs étincelantes, la fourrure bigarrée des Chenilles, les reflets métalliques irisés des élytres des Cétoines? Tantôt la peau est complètement nue; ailleurs on voit, plantés sur la peau, des poils rares, mais qui, parfois, se groupent en touffes sur les pattes ou les antennes. Ces poils, portés par un petit tubercule ou dans le centre d’une petite

Antenne Tète

\ # À \ 4 œil

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Aile supérieure

| Aile inférieure

Abdomen

Re

Chalcosoma atlas.

dépression, sont formés d'une tige creuse de chitine contenant un prolongement d'une des cellules de la peau sous-jacente. Si ces poils deviennent plus gros, ils constituent des épines, des soies: quelquefois ils servent de canal excréteur à des glandes cutanées sécrétant un liquide visqueux adhésif, ou bien un liquide urticant, comme chez certaines chenilles.

Composition d’un anneau du corps. — Les ailes sont articulées entre les pleures et le tergum des anneaux du thorax: les pattes s'articulent sur les pleures entre une portion supérieure dite épimère et une inférieure dite épisterne, qui sont des subdivisions des pleures.

Tel est un anneau schématique (fig. 311): mais ses dispositions varient dans la tête, le thorax ou l'abdomen. Cela tient à ce que plusieurs anneaux peuvent se souder, ou parce que leurs appendices locomoteurs ne se trouvent que sur leur thorax, tandis que ceux de la tête sont adaptés à la nutrition et ceux qui terminent l'abdomen à la reproduction.

La tête. — La tête a la forme d'une petite boîte vaguement sphé-

rique, articulée au thorax ; un trou permet aux divers organes céphali-

Fig. 301, — Chalcis. Fig. 302. — Sphinx.

ques de communiquer avec ceux du reste du corps. Par comparaison avec la tête des animaux supérieurs, on y a distirigué diverses parties : front, joues, tempes, etc. Mais ce sont là des dénominations artificielles.

La bouche se trouve à la face inférieure de la tête, entourée de pièces mobiles compliquées dont nous parlerons plus loin. Au-dessus se trouve l'épistome. En dessous, la base de la tête est constituée par

de parties chitineuses compliquées, très différentes selon le mode de nourriture de l'animal qui les porte, mais qui sont cependant toujours construites sur un plan fondamental immuable (fig. 313). On comprend, en effet, que cet appareil doive être modifié dans ses parties lorsque l'insecte se nourrit du nectar liquide des fleurs, ou du bois qu'il ronge, ou des proies qu'il chasse. Si l'on examine la bouche

Fig. 303. Fig. 304.

Sphongophorus ballista.

Fig. 307.

Lophonocerus barbicornis.

une pièce qui borde le trou occipital et se soude au crâne qui forme la voûte de la tête.

Sur les côtés du front sont insérées deux antennes:; près de leur base sont enchâssés dans la chitine trois petits yeux simples dits ocelles, pareils à de petites perles; sur les côtés de la tête sont placés deux gros yeux composés, dits à facettes, constitués par la réunion d'un très grand nombre, souvent plusieurs milliers, d'organites élémentaires.

Les antennes. — Ces appendices (fig. 312), dont il n'y a jamais qu’une paire, sont extraordinairement variés. Ce peut être un simple fouet formé d'articles dont le nombre varie de trois à cent cinquante; dans certains cas, les articles sont longs et les antennes sont très grandes, comme on le voit chez les Longicornes.

Ces appendices ne sont pas toujours rectilignes:; on en trouve dont l'extrémité est renflée en massue, ou pourvus de lamelles en éventail comme chez le Hanneton, ou dentelés en scie, etc. Ils n'ont pas toujours la même forme chez le mâle et la femelle. On les considère comme le siège du sens de l'odorat.

Les pièces de la bouche. — Nous arrivons ici à l’un des chapitres les plus difficiles de l’entomologie. C'est à l'illustre Savigny qu'est due sa connaissance. Nous allons le résumer brièvement.

Nous avons dit que la bouche des [Insectes se trouve à la pointe de la tête, un peu en dessous. Elle est entourée

Fig. 310.

Ædilis montana.

Fig.311,-Coupetransversale d'un insecte à travers le mésothorax (d'après Kolbe).

Fig. 312, — Antennes.

À, De Cigale; B, De Sauterelle; C, De Bombyx; D, De Carabe; E, D'Éristale; F, De Volucelle ; G, De Guêpe; H, de Sphinx; I, De Vanesse ; J, De Hanneton ; K, De Corymbite,

Sphongsophorus Benneti.

Fig. 308.

Psygmatocerus Dejeani.

Fig. 313. — Pièces buccales d'un insecte broyeur (Blatte) [d'après Savigny].

À, Labre: B, Mandibules ; C, Mâchoire; D, Palpe maxillaire; E, Palpe labial; F, Menton; G, Sous-menton.

Fig. 305. Fig. 306.

Hermiptycha.

Fig. 309.

Cosmisoma elesans.

d'un Insecte théorique, on trouve au-dessus d'elle une lèvre supérieure ou labre: en dessous d'elle, une lèvre inférieure ou labium; sur les côtés, entre les deux lèvres, en haut, est plantée une paire de mâchoires supérieures ou mandibules, en bas une paire de mâchoires inférieures. Cela fait, en tout, six appendices, dont deux impairs et quatre pairs.

Prenons un insecte dont les pièces de la bouche soient destinées à couper et à broyer des aliments solides; on dit que leur appareil buccal est construit sur le «type broyeur ». Les pièces en sont adaptées à la capture, au découpage, au broiement des aliments et à saisir et transporter des fardeaux, à batailler contre les ennemis.

Le labre est une lamelle horizontale articulée à la tête et mobile audessus de la bouche. Les mandibules sont deux grosses dents coupantes et pointues, mobiles sur leur base, et formées d'une seule pièce.

Les mâchoires sont plus compliquées; leur partie principale, aïticulée à la base, est une lame dentelée coupante, garnie d’un ou deux palpes, petits appendices formés de segments articulés.

Le labium se compose d'une pièce impaire, le menton, sur laquelle sont plantés, au milieu, la languette, souple et mince, de chaque côté de laquelle s’articulent un palpe analogue à celui de la mâchoire, et souvent deux tigelles fines, les paraglosses.

Examinons maintenant un insecte dont la nourriture consiste en liquides ou en matières molles ; il la prendra, non plus en broyant, mais en léchant (fig. 314); son appareil buccal sera construit sur le «type lécheur ». Le labre et les mandibules ne sont pas différents de ceux que nous avons vus dans les broyeurs : ce sont des outils des-

Fig.315.— Piècesbuccales de microlépidoptère.

Fig. 314.

Pièces buccales de l’Abeille,

tinés à effectuer les travaux les plus variés. Les mâchoires et la lèvre inférieure sont adaptées à la préhension des aliments liquides. Elles sonttransformées en lamelles souples, longues, poilues. La languette médiane du labium prend une disposition en cuiller élastique, creusée d'une gouttière médiane: les mâchoires et les palpes fonctionnent, pourrait-on dire, comme des brosses apportant à la languette le liquide, ou la pâte, ou le pollen des fleurs: ces appendices forment comme une trompe mobile qui nous amène au type suivant.

Il y a des Insectes, par exemple, les Papillons, dont les

Fig, 316. — Pièces buccales de diptères (d'après Lang).

À, Taon; B, Moustique.

P, Palpe maxillaire ; /, Labre ; m, Mandibule : 4, Mâchoire ; o, Levre inférieure.

Fig. 317.

Pièces buccales de Pentatomum (d'après Lang).

Patte thoracique de la première paire.

À, Hanche:;

B, Trochanter; C,Cuisse; D, Jambe; E, Tarse.

pièces buccales sont adaptées exclusivement à la préhension d'aliments liquides, et forment une trompe déroulable que l'Insecte introduit au fond des fleurs (fig. 315). [ls constituent le groupe des Insectes « suçeurs ». La lèvre supérieure et les mandibules s’atrophient ; les mâchoires, au contraire, s'allongent en deux gouttières dont la cannelure de droite, s'appliquant contre celle de gauche, forme un tube souple que El porte roulé en spirale sous la tête et qu ‘il déroule seulement quand :l veut s'en servir. La lèvre est aussi atrophiée et seuls ses palpes sont encore bien développés.

D'autres Insectes, comme les Hémiptères (Punaises), doivent percer la peau des animaux ou l'écorce des plantes dont ils pompent les liquides (fig. 317). Leurs pièces buccales constituent un appareil perforant Le chez ces Insectes dits « piqueurs ». Les deux lèvres, mais surtout l’inférieure, forment une sorte de gouttière tubulaire dans laquelle se meuvent quatre aiguilles fines qui ne sont autre chose que les mandibules et les mâchoires. Chez les Moustiques (fig. 316) on trouve une disposition analogue; mais il peut exister jusqu'à six stylets barbelés qui représentent non seulement les mâchoires et les mandibules, mais deux pièces impaires supplémentaires dépendant du pharynx. Inversement on trouve des réductions dans le nombre des aiguilles par atrophie des mandibules, des mâchoires et des pièces pharyngiennes. C'est ainsi que la Mouche vulgaire ne peut piquer, tous ses stylets étant atrophiés.

Notons enfin que, chez les larves de la plupart des insectes, les pièces buccales sont construites sur le type broyeur, quelle que soit la disposition définitive que l'adulte doive acquérir.

Le thorax. — Cette partie du corps porte les ailes et les pattes. Le thorax est, comme l'on sait, formé de trois anneaux; le premier porte une paire de pattes : c'est le prothorax ;le second ou mésothorax, ainsi que le troisième ou métathorax, portent chacun une paire d'ailes sur le dos et une paire de pattes sous le ventre.

Chez les Insectes qui volent peu, la partie antérieure du thorax est

Fig. 320. — Schéma de l'aile antérieure (d'apres Kolbe).

À, D'un Lépidoptere diurne; B, Du Cerambyx cerdo.

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